‹ Intuition et amitiéChapitre 8 sur 63 · Op. cit., cliap. VIII (.\ Lucerne, Marie B · texte numérisé non relu

Op. cit., cliap. VIII (.\ Lucerne, Marie B

LE RÔLR DR l/lNTELLIOKNCR 73

devant l'image penchée et omnisciente du « Hédempteur », ce qu'il voit en cette figure indulgente, ce n'est point, comme il le pense, l'amour qu'elle exprime, mais plutôt, en ces yeux d'intelligent accueil, l'égal dédain qu'ils répartissent'. Et lui-même, ce Philippe charmeur, qui maintes fois par son lyrisme nous émut dans l'àme, cette conscience d'une Lorraine atrophiée et qui veut s'épanouir^, vous connaissez le visage curieux et railleur qu'il nous présente, ce haussement de tête qui s'affirme, et ces yeux demi-clos qui retiennent (presque) leur sourire d'ironie profonde, non l'ironie des yeux mais celle du cœur. Et c'est, dans l'œuvre « inspirée » de ce poète de la race et du désir, 1' « éternel dialogue des deux puissances » qui nous charme et qui nous froisse * ; toujours des fièvres de ce lyrisme sincère triomphe l'ironique retour sur l'àme qui s'enfièvre, et le cœur ne s'est point donné (même à soi) pai'ce qu'un(; intelligence savante le possède et « mécanise » son enthousiasme.

Que nous sommes loin de l'intelligence vivante, et des pèlerinages passionnés qui nous en témoignent et suggèrent l'ardeur! Petite chambre de Hollande, où le métaphysicien héhreu, rongé par la phtisie, développa, siins arrière-pensée, dans les lièvres de la joie intellccliicilc, l'austère poèuK^ de la béatitude; tomiic m(''(li()cre, où la bourgeoise platitude du décor nous laisse i^oùlcr, san^

Page 1