Cf. Maurice H.irrés. Lu Colline in^^pin-r. épilogue
distraction qui nou^s enchante, cette existence intellectuelle et grise, enivrée et enfiévrée par ces deux passions souveraines mystiquement compénétrables, le souvenir de Clotilde et la vision de l'Humanité; maison basse d'une ville éteinte, où le physicien génial, identifiant son âme à la mathématique des choses, vécut, dans les fièvres de l'expérience qui s'oriente et de la certitude qui s'exaspère, inerte avec les corps, roulant avec les graves, tournant avec le globe, le poème captivant et sûr de la connaissance exacte; — vous êtes les lieux de l'intelligence parce que vous fûtes les lieux de l'instinct, et que nul retour ironique sur la qualité de leur œuvre et le désir de leur âme ne vint jamais pervertir et « mécaniser » l'élan naturel et incoercible qui soulevait ces enthousiastes!
Est-ce donc que l'ironie de l'intelligence, cette affirmation de l'œuvre légitime et de la fonction nécessaire, leur fut étrangère et scandaleuse? Ces amants de la connaissance ne pouvaient méconnaître de la sorte la bienfaisante action du sourire féminin. Les « barbares », qui nièrent leur œuvre et raillèrent leur effort, ont senti douloureusement — s'ils l'ont sentie — la colère vivante de leur ironie vengeresse et de leur intelligente pitié. Et d'eux-mêmes parfois, intérieurement, ils sourirenf, s'ils f ont connu les faux désirs qui les menaient à l'erreur, s'ils ont reconnu l'excès d'intellectualité qui les avait séduits, s'ils ont rétracté en eux-mêmes le mensonge qu'ils acceptèrent. Mais d'une ironie positive, qui assurait
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leur désir d'intelligence et de vérité, s'ils laissèrent croître en leur esprit'la salutaire puissance, s'ils défendirent contre eux-mêmes par le sourire de leur critique la fécondité de leur génie, ils n'abandonnèrent point à ce sourire la réalité solide de leur œuvre, et ne livrèrent pas l'inquiétude de leur désir à l'ironie de leur négation. Intelligence pure de soi-même éprise, «t trouvant en l'amour de sa propre force l'invite fatale à se ronger soimême et à se nier dans son acte, n'est-ce point, en son divorce avec le réel, l'impuissance malfaisante de l'esprit négateur, l'àme railleuse de Méphistophélès? Si pénétrante et si obstinée celte conscience de l'anéantissement volontaire, que la mort est niée par elle dans le néant qu'elle tue, et que son propre effort de destruction se trouve enfin anéanti par cette négation suprême*. Et n'est-ce point cela même, cette impuissance à nier qui rend inefficace la mainmise sur Faust des puissances infernales? Le corps du héros vaincu, rivé à 1' « instant» par la formule du renoncement au désir, est couché dans la fosse obscure et sulfureuse, et tenu sous la terre par les démons géants et nains. Mais l'àme, la Psyché curieuse et inquiète ^ écKappant à la formule littérale par la conscience do son i^rai désir, éprise de 1' « instant » sans doute— ji.ircc (]iril (^nferme en son ambition d'acir, de lutter, et de créer des audaces, tontes les richesses infinies d'nn(î d'uvre inépuisable. — ràmo toiidut^ et tou-