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Eustache. Mémoire sur les lochies, Archives de Tocologie

SEBILLEAU 8

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pus que de fort loin. Elles jouent certainement un rôle protecteur. Les lochies purulentes sont un phénomène exceptionnel. Contrairement à l'avis exprimé par M. Dolèris, Je crois que le phénomène des lochies mériterait à l’heure actuelle une étude détaillée très complète, mais bien différente de celle faite par les anciens.

« Le véritable point commun entre la plaie utérine et les traumatismes de la surface du corps de l’homme, c’est que pour les deux l'infection vient de l'extérieur. Là les preuves abondent. : ;

« Le but à pougsuivre n’est pas comme certains veulent le faire croire, la destruction absolue des organismes, et. le fait qu’on en observe quelques-uns n’est pas une preuve qu'on n’ait exercè qu’une action inefficace. Ce qui paraît aujourd’hui démontré, c’est qu'avec une protection suffisante, les organismes qui peuvent encore se développer dans les sécrétions utéro-vaginales n’y ont que des conditions d'existence tels qu’ils sont mis hors d'état de nuire. Cette protection est surtout nécessaire lors du début de l’effraction.

« Enfin ilne faut jamais oublier qu’on ne doit pas . contrarier l’évoiution élémentaire de la réparation par un

topique trop irritant, ni par des applications répètées intempestives. Il est bien démontré aujourd’hui que les topiques souvent renouvelès à la surface des plaies, si antiseptiques qu’ils puissent être, entravent la réparation, et celle-ci, devenant plus longue, finit par se faire par le processus septique, à une époque où les dangers sont passés, il est vrai, mais en se prolongeant inutilement et

douloureusement.

« En résumé, l’accoucheur ayant pris chez la femme enceinte toutes les précautions nécessaires, telles qu’elles ont déjà êté indiquées, si injection faite aprés la dèlivrance a été bien faite, toute injection nouvelle est inutile. L'expérience nous apprend que les lochies resteront limpides et inodores si ia vulve est bien protègée avec une compresse trempée dans de l’eau phéniquée à 1/40. En outre, la vulve est lavée avec l’eau forte à 1/20 les premiers jours et plus tard avec l’eau faible à 1/40, matin et soir.

« L’injection vaginale quotidienne est parfaitement inutile; comme l'injection dans des drains, elle entrave les phénomènes de réparation.

« Est-ce à dire qu’elle n’aura pas quelques indications comme la rétention de débris placentaires, quelques caillots altérès? Certainement ce n’est plus là une méthode générale. » |

Nous voyons que dans cet article, M. le D' Lucas-" Championniére, s’appuyant sur l’état d’asepsie du vagin dans l’accouchement normal, insiste de nouveau sur Pinutilité et même les dangers des injections vaginales dans les suites de couches, mais il n’est pas exclusif et signale les indications qui autorisent leur emploi dans certains Cas. 5

Voici maintenant le résultat d’un examen microscopique et bactériologique pratiqué par À. Artemieff (1); son

e ne Artemieff, Ueber die micro-und baclerioskopische Untersuchungen der Lochien. Zeitsch f. geb. u. gyn.,1889. Bd. XVII, Hft 2, p. 171.

travail est analysé dans les Annales de gynécologie de M. le professeur Pinard (année 1891, t. 36, p. 153 et suiv e

« 1. — Les lochies des accouchées saines sont constituées par des corpuscules sanguins, des corpuscules de lochies (locheïocyten), des élèments épithéliaux pavimenteux, des corpuseules muqueux et des cellules ayant subi la dégénérescence graisseuse. . |

2. — Durant les premiers jours ce sont les corpuscules sanguins qui dominent (lochies rouges) 5 puis, leur nombre décroiît de plus en plus (lochies séreuses), tandis que celui des corpuscules des lochies augmente. À partir du septième et du huitième et les jours suivants, ces derniers forment la plus grande partie dés lochies (lochies blanches) où ils sont mélangés avec des cellules ayant subi la dégénérescence graisseuse.

3. — Dans la plupart des cas, la réaction des lochies au début est neutre; plus tard (vers le septième, le huitième et les jours suivants) elle est lègèrement acide.

4, — Quand il y a dans les lochies des corpuscules du pus, il faut les considérer comme de véritables produits pathologiques, parce que les lochies des accouchées saines n’en renferment jamais.

5. — Les préparations, soit avec des lochies, soit avec du pus, traitées par les procédés de coloration, fournissent également des caractères différentiels.

6. — Les corpuscules propres aux lochies se distinguent des corpuscules du pus très aisément par leurs dimensions qui pour les premiers sont de 12-14 y, de 8-9 y pour les autres,

CR TATRSE

Les corpuscules des lochies paraissent formés de noyaux fortement colorés (2, 3, 4 et davantage) entourès d’un cercle clair et nettement marqué. Au contraire, les corpuseules du pus sont complètement colorès et leur protoplasma ne laisse voir aucune apparence de segmentation en noyaux.

7. — Les lochies des accouchées tout-à-fait bien portantes ne renferment aucune sorte de micro-organisme. »

Du résultat de cet examen d’Artèmieff, il nous semble que l’on peut conclure tout au moins à l'inutilité des injections vaginales dans les suites de couches.

D'autre part « Ott (1) a examiné les lochies recueillies chez des accouchées bien portantes, dont la température n’a jamais dépassé 372,5 et le pouls 74 pulsations; chez ces femmes on n'avait pas fait d’injections pendant les suites de couches, et on s’était contenté du lavage des organes génitaux externes avec le sublimé. Les lochies ont êtè recueillies entre le troisième et le septième jour dans différents points du canal génital, soit directement, soit avec laide du spéculum et cultivées dans divers milieux. Or, chez 8 femmes on n’a trouvé aucun microbe ; chez une seule on en a trouvè quelques-uns, et dans ce cas les lochies avaient été recueillies à peu de distance de la vulve. ,

Ces constatations coïncideraient mal avec ce fait que pendant la grossesse un certain nombre de bactériolo= gistes prétendent qu’il existe dans le vagin un grand nom-

4. Ott. Zur Bacteriologie der Lochien. Archiv f. Gynœk., 1888, t. XXXII, p. 436. Hft. 3.

ST TER bre de micro-organismes, mais Ott suppose que ces mic robes, s'ils existent, sont balayés et entrainès par la tôte du fœtus, par le placenta et le liquide amniotique pendant l'accouchement et la délivrance, et qu’enfin l’ascension de ces microbes dans les voies vaginales est empêchée par l’écoulement des lochies qui se fait de haut en bas, c’est-à-dire en sens inverse de cette ascension. »

Il est clair que dans ces conditions les injections vagi- nales ne font que s’opposer à cette descente et en conséquence favorisent plutôt l’entrée des microbes dans le vagin et l'utérus, et il est inutile que nous insistions davanlage sur ce résultat diamétralement opposé à celui qu’on voudrait obtenir.

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