VAGINALES DANS LES SUITES DE COUCHES
Ces arguments sont exposés tout au long dans l’ouvrage d’ailleurs excellent à plus d’un titre de M. le professeur Tarnier sur l’Asepsie et l’antisepsie en obstétrique (1).
Voici le résumé des quelques pages consacrées à défendre une opinion qui n’est pas la nôtre :
M. Tarnier nous démontre d’abord la nécessité d’une antisepsie rigoureuse chez les nouvelles accouchées ; pourquoi cette antisepsie est-elle encore nécessaire ?
4. Tarnier et Potocki, De l’asepsie et de l'antisepsie en obstétrique. Paris, 1894, p. 586 et suiv.
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« Parce que, dit-il, il reste. au niveau des organes génitaux plusieurs solutions de continuité, dont l’une, la plaie placentaire, est constante, dont les autres existent très fréquemment et résultent de la déchirure du col, du vagin ou du périnée; or, les unes et les autres peuvent s’infecter. À coup sûr leur contamination est plus à craindre pendant l’accouchement et la délivrance que pendant les suites de couches, et l'infection contemporaine du travail est plus redoutable que celle qui se produit dans les jours suivants, mais il n’en est pâs moins absolument nécessaire d'éviter cette infection tardive ».
Nous ne contredisons pas certes la nécessité de cette antisepsie, mais où nous ne sommes plus d'accord avec M. le professeur Tarnier, c’est sur la façon de faire cette antisepsie : tandis qu’il prétend que non-seulement il faut fairetrois fois par Jour une toilette vulvaire avec tout le soin désirable et recouvrir ensuite la vulve avec des compresses ou du coton antiseptiques, mais encore des injections vaginales antiseptiques, nous, nous sommes d’avis que ces injections sont absolument inutiles et’nous espèrons arriver à le démontrer plus loin.
M. Tarnier nous dit lui-même qu’après la délivrance : « d’une part l’utèrus revient sur lui-même, sa cavité diminue, ses orifices vasculaires s’oblitérent,de sorte que, par ce mécanisme, une barrière plus ou moins facile à franchir est opposée à l’entrèe des microbes dans la matrice et à leur pénétration dans les vaisseaux; d’autre part, à partir de ce moment, il n’est plus besoin pour l’accoucheur de pratiquer le toucher, ce qui supprime l’une des causes de l'infection, l’inoculation extérieure.
Dès lors, si l’utèrus n’a pas ètè contaminé pendant l’accouchement ou la délivrance, il ne peut être envahi que par les microbes qui remontent du vagin et du col jusque dans sa cavité ». Or, il faudrait, ce nous semble, prouver d’abord qu’il existe normalement des microbes pathogènes dans le vagin ét le col et qu’ils n’ont pas êtè
détruits par les antiseptiques employès pendant l’accou-
chement et la délivrance : certains bactériologistes, il est vrai, prétendent avoir trouvé de ces microbes pathogénes, et c’est sur leurs recherches. que s'appuie même M. Tarnier; mais d’autres, au contraire, fort nombreux et non des moins connus, assurent qu’à l’état normal le vagin ne contient pas de micro-organismes pathogènes, ou que, s’ilen contient, ils ont perdu presque toute leur virulence. Dans ces conditions nous doutons qu’il soit. permis d’aflirmer, comme le fait M. Tarnier que, pour éviter l’infection, le procédé le plus simple, et pour ainsi dire infaillible, consiste à détruire à l’aide d’injections antiseptiques les microbes qui se trouvent dans le canal | vaginal.
Dans un autre article (P.583 et suiv.) tendant à démontrer l'utilité des injections vaginales pendant les suites de couches, M. le professeur Tarnier discute les objections
qui sont faites à l'emploi de ces injections. « Pour lui les
femmes chez lesquelles on pratique régulièrement des injections vaginales antiseptiques ont un écoulement lochial inodore, non irritant, tandis que les lochies sont souvent fétides et occasionnent de l’érythème, avec sentiment de chaleur à la vulve chez les accouchées non soumises aux dites injections. » Or, le plus souvent,
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