‹ Invagination intestinale aiguë primitive de l'adulteChapitre 23 sur 33 · PER AN ES · texte numérisé non relu

PER AN ES

Elle est particulièrement indiquée dans les cas où les essais de désinvagination pouvant produire sur le champ des ruptures intestinales sont abandonnées. La gaîne d’invagination, dans ces cas, présente des ulcérations, des plaques de sphacèle, l’hésitation n’est plus de mise. Il faut supprimer les lésions. « L'intervention idéale pour Delore et de Grancher, est alors la résection totale de l’invagination, segment invaginant et segment invaginé. »

Technique : c’est une méthode simple, rapidement réalisée, On attire l’anse à reséquer en dehors sur un lit de compresses, de façon que l’opération, autant que possible, se fasse en dehors du ventre. On pourra même légèrement incliner la table pour que les anses intestinales n’aient aucune tendance à saïllir hors du ventre pendant l’opération.

Après avoir appliqué les deux pinces à mors élastiques, on resèque l’intestin suivant une ligne légèrement oblique, s’étendant du bord libre vers le bord mésentérique.

Le boudin d’invagination reséqué, on a soin, surtout s’il occupe une certaine longueur, de reséquer un coin du mésentère, qui pourrait gêner la suture par son froncement, tout en évitant qu’une portion même minime des deux bouts à réunir ne soit séparée de son pédicule mésentérique. On coupe alors le mésentère en coin à angle obtus, on fait une hémostase soignée et on commence la suture intestinale,

L'’entérorraphie termino-terminale en faveur auprès de nombreux chirurgiens donne d'excellents résultats et doit être pratiquée le plus souvent possible

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épars

après toute résection siégeant sur l'intestin grêle. Les deux extrémités sont approchées l’une de l’autre à l’aide de pinces à mors.

On commencera alors le surjet total qui, partant du bord libre, gagne le bord mésentérique pour se continuer sur la face postérieure de l’intestin et revenir vers le bord libre.

La cavité intestinale étant fermée, on retire les pinces et on commence ensuite le surjet séro-séreux circulaire.

Il ne reste plus qu’à suturer les deux lèvres du mésentère par points séparés au catgut, en évitant la persistance à ce niveau d’un orifice par lequel l’intestin pourrait s’étrangler.

L'’entérorraphie latéro-latérale présente l’avantage de s’appliquer à toutes les portions de l’intestin.

Lorsque l’invagination siège sur le gros intestin, certains préfèrent, après la résection, reconstituer le transit intestinal par une anastomose latéro-terminale. On implante alors la tranche d’un des bouts sectionnés sur la partie latérale d’une autre anse.

Lorsqu'il s’agit de faire vite, on pourra, dans certains cas, employer pour ces anastomoses le bouton de Jaboulay ou le bouton de Villar, mais seulement pour les anastomoses siégeant sur l’intestin grêle.

Quoiqu'il en soit, cette résection est grave. Non seulement elle a le grave inconvénient de soustraire parfois une longueur d’anse intestinale beaucoup plus considérable qu’on ne pouvait le penser, mais d’aggraver le shock opératoire chez un malade déjà

por

peu résistant, Aussi ne devra-t-on jamais la pratiquer chez un malade en pleine stercorémie.

En outre, la présence d’adhérences nombreuses rendant le décollement de l’anse impossible en est une contre-indication formelle.

‘Il ressort enfin des observations publiées, et comme le mentionnent Delore et Grancher, que toutes choses étant égales par ailleurs, la gravité est différente selon que l’invagination est iléo-iléale ou iléo-cæcocolique.

La résection pour invagination iléo-iléale est d’un pronostic plus favorable, bien que toujours très réservé, que celle pratiquée pour invagination cœcocolique. « L'’indication de la résection d’un segment étendu du gros intestin dans l’invagination iléo-cæcocolique ne doit donc pas en fairé méconnaître l’extrême gravité. »

En résumé, malgré le pourcentage de guérisons assez élevé, 40 sur 60, relevé dans les statistiques publiées par Gueulette, qui considère cette intervention comme le procédé de choix de l’invagination chez l’adulte, il importe de faire certaines restrietions. Malgré l’optimisme, qui peut se dégager à la lecture de ces statistiques, on se souviendra que les cas malheureux n’ont pas assez souvent l’honneur de la publication. Le pourcentage de la mortalité, — 82 % — publié par Ridiger, nous semble plus près de la vérité.

Aussi, lorsque les conditions d’une exerèse totale ne paraîtront pas favorables, on aura intérêt à pratiquer des interventions, peut-être moins séduisantes

ER es

mais d’un résultat moins problématique; parnu celles-ci, l’extériorisation suivie de fistulisation semble être en faveur chez nombre de chirurgiens.

L’abouchement des deux anses à la peau peut se pratiquer de deux façons différentes : soit que l’on se contente d’une extériorisation de l’anse suivie à quelque temps de là d’un second temps, soit que l’on pratique la résection de l’invagination suivie d’abouchement des deux bouts à la peau.

L’EXTERIORISATION SUIVIE DE FISTULISATION

C’est une intervention minima dont le but est essentiellement de lutter contre l’occlusion ou la péritonite.

On pratique une entérostomie au-dessus du collet ou à distance, sans même bien souvent examiner les

lésions.

On extériorise le tout, on suture au péritoine par quelques points de catgut les deux anses accolées, anse afférente et efférente, puis on laisse le malade au repos pendant quelques jours. Si l’état général le permet, on pourra alors intervenir dans un second temps pour faire la résection du boudin d’invagination, de façon à rétablir la continuité intestinale.

L’extériorisation est une intervention qui, dans les

CRE AT AUTE À cas graves où elle a été employée, a toujours donné d’heureux résultats. Elle peut sauver le malade qu’une résection aurait tué.

Le Professeur Tixier en a rapporté un cas remarquable à la Société de Chirurgie de Lyon. | Hubier estime également que l’extériorisation suivie de fistulisation paraît être dans ces cas la meil-

Pure des conduites à tenir.

L’ENTERO-ANASTOMOSE :

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