F. J. CUGNET, S F." " VIVE LE ROY
état dî'défeiise ' ^^^ ^^ moyen de cette Proclamation la ville de Québec fut fournie pour la défense de six cent cinquante matelots— dont cinquante savoient bien tirer du canon. Le nombre de miliciens ajouté à soixante hommes de troupes— deux cent quatre-vingts recrues faites quelques mois avant le siège — avec tous les citoyens de la ville tant anglois que canadiens — composa une milice de dix-neuf cent quatre-vingt-dix hommes — y compris la compagnie des Invalides (on l'appella ainsy parce qu'elle n'étoit composée que de vieillards et de quelques personnes d'un foible tempérament). Le Général Guy Garleton fît entrer les vivres qui étoient dans les navires. La ville fut munie par ce moyen d'une grande quantité de molues, d'anguilles et d'autres poissons, — D'ailleurs les magasins du Roy étoient assez fournis de bled — Il y avoit outre cela dans la ville deux cents grosses pièces de canon, cinquante pièces de campagne, huit mortiers, quinze obusiers, et assez de bombes, de boulets et surtout de poudre pour tirer sans ménagement pendant huit mois, — D'ailleurs la ville étant fortifiée par des murs de trente pieds de haut et de douze pieds d'épaisseur — avoit en belle à se défendre— Il n'y avoit en tout que le Saut-au-Matelot et Près-
de-ville qui pouvoient fournir à l'ennemi un passage très étroit — Aussy l'on fit faire plusieurs fortes barrières dans ces deux postes et l'on y braqua une grande quantité de canons — On fit faire outre cela des barricades — tous les canons furent braqués de tous côtés en peu de temps — Gela ne contribuoit pas peu à augmenter le courage des citoyens.
Il étoit alors temps que tous les postes fussent bien ,, Bécen.bre.-
'- ^ ■*■ moiitguniery ar-
fortifiés, car le Sr Montgomery arriva à Québec au "ve à Québec, commencement du mois de décembre, à la tête d'environ sept cents hommes,— Il fit camper sa petite armée à Ste poy et à Lorette — à trois lieues de la ville, et s'étant joint au colonel Arnold qui avoit environ quatre cent cinquante hommes, il fit disperser dans les campagnes voisines de Québec des gardes pour maintenir les habitants dans la neutralité et les empêcher d'apporter des vivres en ville.
Le cinq décembre, les Bastonnois s'emparèrent des 5 décembre, maisons du faubourg S^ Roch et de celles du faubourg S^ I^^mpare^'^des Jean.— Le nommé Dugand, cy-devant perruquier et alors ''" °"'"'' major dans l'armée des Bastonnois, vint pendant la nuit à la tète d'environ vingt hommes dans ces faubourgs et désarma tous ceux qui les habitoient.
Aussitôt l'arrivée de M'' Montgomery devant la ville de e décembre. Québec, il écrivit au Général Guy Garleton la lettre sui- é^ru'rci.*rieum
iroi-ifr> et aux liabilunia
^'^"^'2 de Québec.
A LA MAISON d'hOLLANDE
6 Décembre 1775.
*' Monsieur,
'■'■ Malgré l'injure personnelle que j'ai sonfTortc de votre " part, malgré la cruauté avec laquelle vous avez traité mes " malheureux prisonniers qui sont tombés entre vos " mains, les sentiments d'humanité m'engagent à prendre '' cette voye pour vous sauver de la ruine prochaine qui "menace votre malheureuse garnison— Permetlnz-moy " de vous dire que votre sitiiation m'est très bien con- " nue. En outre un vaste contour de murailles qui de
" leur nature sont incapables de défense, pour garnison " un mélange de matelots dont la plupart sont nos amis, "• de bourgeois dont le plus grand nombre souhaite de " nous voir dans ces murs, et d'une poignée d'une plus ^ chétive levée qui ne soit jamais parée du nom de soldat, "sans espérance de ressource, avec une entière certitu- " de que vous ne manquerez à manquer des choses les " plus nécessaires — D'ailleurs nous nous contentons de " vous tenir bloqués — Tout cela démontre l'absurdité " d'une impuissante résistance. Or — telle est exacte- " ment votre position — Quant à moy, je suis, Dieu mercy, " à la tête d'une armée accoutumée au succès, sûre de la " bonté de la cause qu'elle a entreprise — faite au danger " et aux fatigues, et si indignée de vos cruautés et de vos " mauvais procédés et des moyens bas et honteux dont " vous vous servez pour prévenir contre nous les esprits " des Canadiens — attendant que mes batteries soient dres- " sées, j'ai bien de la peine à contenir mes gens à qui de " foibles murailles à franchir offrent une belle occasion '' de se procurer une ample vengeance — Vous avez fait " faire feu sur les pavillons de trêve — ce qui avoit été " jusqu'ici sans exemple, môme parmy les barbares, — Je " crois de vous faire parvenir ici l'expression de mes sen- " timents en la manière ordinaire — Néanmoins, je veux à " quelque prix que ce soit acquitter ma conscience — ne " vous avisez point de détruire les magasins d'aucunes " provisions, appartenant soit aux particuliers — soit au " public — comme vous avez fait à Montréal et en rivière, ^ car si vous le faites, je prends le ciel à témoin qu'il n'y " aura pas de quartier pour vous, Garleton."
Signé, Richard Montgomery.
Brigadier Général des troupes du Continent,
Par la même occasion Mr Montgomery écrivit la lettre suivante aux citoyens de la ville de Québec en ces termes :
" Mes Frères et Amis, " La malheureuse nécessité de déloger les troupes
" ministérielles me force à faire le siège de votre ville " maintenant — C'est avec une extrême douleur que je me " vois réduit à des mesures qui peuvent vous être très- " funestes. Votre ville en proie aux Ilammes dans cette " saison, un assault général donné à de mauvaises mu- '' railles défendues par une plus mauvaise garnison, la " confusion, le carnage, le pillage — suite inévitable dans " les assaults, — ces idées me remplissent d'horreur, — Je " vous conjure de faire tout ce qui dépend de vous pour " me procurer une entrée pacifique — Sans doute vous " n'ajouterez pas foy aux calomnies bassement répandues "• à notre désavantage par les valets à gage du Ministre. " Les armées du continent n'ont jamais été ternies par " aucun acte de violence ou d'inhumanité — Nous fai- '^ sons profession de venir chez vous pour y déraciner la " tyrannie — pour y donner la liberté et la jouissance pai- " sible de ses biens à cette province opprimée, ayant tou- •' jours respecté, comme sacrée parmi nous, la propriété '' des particuliers — Vous avez ci-incluse ma lettre auGé- " néral Carleton parce qu'il a toujours adroitement " évité de vous laisser prendre aucune connoissance qui " fût propre à vous ouvrir les yeux sur vos véritables " intérêts. S'il s'obstine et si vous le laissez persister à " vous envelopper dans une ruine qu'il désire peut-être " pour couvrir sa honte, ma conscience ne me reprochera "pas d'avoir manqué à vous avertir de votre danger."
Signé, Richard Montgomerv,
Brigadier des troupes du Continent. '
Ces lettres no firent fnasl grand effet sur l'esprit du ^ ,
i^ ' o A CarleloM coni-
Général Guy Carleton et des citoyens de la ville de Que- m^'iccies hostibec — d'autant plus que les mauvais sujets avoieutété mis hors de la ville — par conséquent qu'il n'y avoit plus de correspondance avec les Bastonnois. Au contraire, le Général Guy Carleton fit canonner et bombarder les fau-
Nolcs tl pièces juslificalives, XGXV.
bourgs S' Roch et St Jean — après avoir ordonné à ceux . ■ qui les habitoient d'entrer dans la ville sous peine d'être traités comme rebelles, — Il y eut quelques personnes qui y entrèrent et le reste gagna les campagnes — Le Général voyant lesBastonnois si près de la ville fit augmenter les FaiisseXnnè gardcs pcudaut la nuit, et pour éprouver la bonne volonté cUoyfns?"^"'^* clcs citoyeus, il douua exprès une fausse alarme, il fit sonner toutes les cloches de la ville, battre la générale, — Tout le monde s'assembla aussitôt sur la place d'armes devant la maison des Recollets, — Le Général Guy Carieton dit alors aux citoyens qu'il étoit charmé de voir avec quel zèle et quel courage ils se préparoient à combattre, — qu'ils n'avoient rien à craindre — que c'étoit une fausse alarme — Mais que dans peu on devoit s'attendre à une ,„ ,, , véritable — Il ne se trompa point, car le jour suivant, le
10 décembre. i l 5 J
Les rebelles ^[^ ^q déccmbrc 1775, à trois heures du matin, les Bas-
attaquenl la ville ' '
tonnois au nombre d'environ trois cents vinrent près de la ville et tirèrent cent cinquante coups de fusil, — La ville tira sur eux six coups de canon qui leur donnèrent la fuite. Les Baslonnois tirèrent sur la ville cette même nuit vingt huit petites bombes de dix-huit livres chaque. La ville leur fit réponse par cent cinquante coups de canon et tira sept grosses bombes de deux cents et de deux cent cinquante livres sur les maisons des faubourgs dans lesquelles se refugioient les Bastonnois. 15 décembre. Le quiuzc dc décembre, Mf Montgomery envoya un
Nouveau messa» - rr- • -iit-i l'ui
gedeMontgo- dc SCS ofiiciers avec un paviUon blanc et suivy d un tam- ^^^" bour pour parler au Général Guy Carleton, afin de savoir
s'il n'avoit point reçu une lettre et en même temps pour parlementer touchant un sujet important. Le Généray Carleton donna ordre de le faire retirer sans vouloir luy parler — en luy faisant dire que si quelques rebelles venoient à la ville une autre fois, qu'il feroit faire feu sur eux — à moins qu'il n'en vint quelques-uns supplier le pardon. La ville se tint plus que jamais sur ses gardes Généreux surtout pcudaut la nuit— Chaque citoyen se fit un plaisir
dévouement des ,,.. ii • i i i'i. i
citoyens. d ôtrc tous Ics dcux jours de garde, OU de piquet q^u de
corvée — Ces fatigues pénibles surtout dans une saison rigoureuse et pour des personnes accoutumées à coucher mollement désiroient que les Bastonnois vinssent à s'en retourner-^Plusieurs parmy eux auroient désiré qu'il eût été fait une sortie pour se délivrer promptement de tant d'embarras — Mais le Général Guy Carleton, qui connoissoit bien que sa garnison n'étoit pas composée de troupes réglées, qui d'ailleurs ne vouloit point exposer les citoyens de la ville de Québec, résolut de se défendre dans la yille, à la faveur de ses murs et de son artillerie considérable, qui le meltoit en état de se défendre avec deux mille hommes qui étoient dans la ville— contre envi- de^'detfxplftls!^ ron onze cents Bastonnois qui étoient aux environs de la ville de Québec. D'ailleurs, l'artillerie des Bastonnois ne se montoit qu'à cinq ou six pièces de canon, quelques obusiers, et n'ayant que très peu de poudre. La ville ne couroit aucun risque et ne pouvoit être ravagée. On craignoit si peu leur artillerie que les femmes et les enfants restèrent en ville et se promenoient dans les rues et sur les ramparts à l'ordinaire.
La résolution étant prise de ne point sortir de la ville contre l'ennemi, les Bastonnois canonnèrent et bombardèrent la ville avec de petitcsbombes pendant sept jours. Alors M'" Montgomery, voyant qu'il dépensoit inutilement sa poudre, et qu'il étoit au moment d'en manquer, pendant que la ville faisoit un feu continuel, pritla résolution de donner une escalade pendant une nuit obscure — persuadé qu'il avoit beaucoup d'amis dans la ville qui luy faciliteroient son entreprise — On en fut averti par un déserteur, — On fit en conséquence bonne garde ce Jour-là, mais l'attaque ne se fit point au temps fixé par le déserteur, — On se douta .que les Bastonnois attaqueroicnt le iour suivant, et l'on ne se trompa point, car le trente «,^' ''*''''''"'"■''• un de Décembre 1775, à cinq heures du matin, les Bas- -V";;'''»"" tonnoisau nombre d'environ trois cent cinquante — ayant à leur tête lo Général Montgomery — vinrent pour escalader près-de-ville, et en même temps cinq cent cinquante
laquent
ayant à leur tête M"" Arnold, pour attaquer le Sault-au- Matelot. Le capitaine M^^Cloude du Royal Emigrant qui sauit-au-jMate- étoit do garde à ce poste, malgré qu'il fût averti par les factionnaires de l'approche des Bastonnois, feignit de ne vouloir rien croire. La garde voulut prendre les armes, mais il s'y opposa — de manière que les Bastonnois montèrent les palissades, s'emparèrent des canons qui étoient sur un quay. Alors les factionnaires se rendirent à la garde et les Bastonnois prirent toute la garde sans tirer un seul coup de fusil et s'emparèrent de toutes les maisons du Sault-au-Matelot — Alors le capitaine JSIcGloude qui commandoit la garde fit le saoul, il se fit porter par quatre hommes. Il y avoit tout lieu de croire qu'il avoit quelqu'intelligence avec les Bastonnois. Il fut mis aux arrêts jusqu'au printemps après le départ des Bastonnois de devant Québec, — Quelques écoliers qui étoient à cette garde vinrent donner l'alarme à la Haute-ville ^ — A l'instant l'on fit sonner toutes les cloches et battre le tambour, tout le monde se réveilla et chacun courut à la place d'armes — Les écoliers et plusieurs citoyens qui étoient de piquet ce jour-là, se rendirent les premiers au Sault-au-Matelot, à la garde de ce poste, ne croyant pas que les Bastonnois étoient dans cette partie, mais la surprise fut grande quand ils se trouvèrent parmi les Bastonnois qui leur présentoient la main en disant: Vive LA LIBERTÉ ! Lcs écolicrs à ces mots — s'apercevant qu'ils étoient au milieu de leurs ennemis— se trouvèrent dans un triste embarras — Plusieurs d'entre eux commencèrent à s'évader, mais les Bastonnois voyant leur dessein les désarmèrent,— Cependant, plusieurs montèrent promptement à la Haute-ville, sur la place d'armes où toute la garnison étoit assemblée, en criant de toutes leurs forces que les ennemis étoient dans le Sault-au-Matelot — qu'ils avoient pris la garde et une batterie ; — Comme c'étoit des jeunes gens, on eut peine à les croire — Cependant le Général Guy Caiieton donna aussitôt ordre au Colonel Me-
1 Noies et piccesjuslificalives, XGVI.
DES BASTONNOlS EN CANADA. 119
Glene de courir à la Basse-ville afin de connoitre la vérité — Il revint un instant après en criant — Oui par Dieu, c'est bien vrai que les ennemis sont dans le Sault-au-Malelot— Alors le Général Carleton dit aux citoyens que c'étoit le temps de se signaler et de montrer leur courage
— Il donna ordre à deux cents hommes d'aller au Sault-au-Matelot, — Quand ils furent près de l'ennemi, ils se trouvèrent saisis de crainte et surpris du grand progrès que les Bastonnois avoient fait, car ils avoient déjà posé trois échelles sur la troisième barrière — qui étoit la plus foible et la dernière à franchir — L'alarme augmenta et tout étoit en combustion — le désordre régnoit partout et ceux qui dévoient commander ne se pressoient pas d'avancer — la crainte s'empara davantage de l'esprit des meilleurs royalistes qui entendirent crier les Bastonnois, — 3Ics amis., en nommant le nom de plusieurs citoyens de la ville, êles-vous là [?] On s'aperçut alors par ces paroles qu'il y avoit plusieurs traîtres dans la ville, et c'est qui fit trembler les bons citoyens,— Qu'importe [?] Un nommé Gliarland — canadien aussy fort qu'intrépide, tira par dessus la barrière les échelles de son côté — Il y avoit alors plusieurs Bastonnois tués le long de la barrière — parce que l'on commençoit à se fusiller de part et d'autre — Les Bastonnois avoient pour se distinguer un papier cacheté sur le sommet de la télé, où étoit écrit : Vive la liberté !
— d'autres, où étoit écrit: Mors aut Victoria^ — Alors les Bastonnois abandonnèrent le dessein d'escalader cette dernière barrière et se retirèrent dans les maisons — ou vrirent les fenestres et tirèrent de tous côtés, et approchoient du côté de la Basse-ville de maison en maison, et s'ils n'eussent été arrêtés, ils seroicnt parvenus facilement à celle qui faisoitle coin de la Barrière, — Mais Mr Alexandre Dumas * qui étoit un capitaine, ordonna de s'emparer de cette maison — Dans l'instant le Sieur Dambourgès monta par une fenestre, par le moyen des échelles enlevées à l'ennemi, suivi de plusieurs canadiens— [Ils] défon-
1 NoUs et 'pièces juslificalives, GXVII.
cèrent la fenestre du pignon de la maison — 11 y trouva déjà plusieurs Bastonnois — Après avoir tiré son coup de fusil, [il] fonça avec la bayonnette et entra dans la chambre avec plusieurs Canadiens quile suivoient — animés du même courage — jettèrent la frayeur parmy les Bastonnois qui se rendirent prisonniers.
Sur ces entrefaites — le Général Guy Carleton fit sortir deux cents hommes par la porte du Palais, commandés par Mr Lasse ^ afin de couper le chemin aux Bastonnois, s'ils vouloient s'en retourner et les mettre entre deux feux — On en donna aussitôt avis aux citoyens qui avoient arrêté les Bastonnois dans le Sault-au-Matelot — ce qui augmenta leur courage, — M"" Lasse se rendit avec ses deux cents hommes h l'autre bout du Sault-au-Matelot, ayant sorti par la porte du Palais et entra dans une maison où étoient tous les officiers Bastonnois qui tenoient conseil sur le parti qu'ils avoient à prendre,— Alors jjlusieurs officiers Bastonnois tirèrent leurs épées pour le tuer, mais il leur dit qu'il avoit douze cents hommes 'qu'il commandoit, et que slls ne se rendoient à l'instant — qu'ils seroient tous tués sans miséricorde — Quelques-uns des officiers regardèrent par la fenestre, — il leur parut effectivement y avoir beaucoup de monde— quoiqu'il [n']y eût que deux cents hommes — Alors ils traitèrent plus favorablement M'' Lasse et se rendirent prisonniers — Cette ruse luy conserva la vie.
Comme les Canadiens étoient à l'extrémité du Sault-au- Matelot — du côté de la Basse-ville — qui tiroient continuellement sur les Bastonnois, ils entendirent une voix qui crioit — Ne tirez plus, Canadiens, car vous allez tuer vos amis, — L'on crut d'abord que c'étoit une feinte de la part des B istonnois et comme l'on continuoit à fusiller, on entendit encore proférer les mômes paroles — On cessa alors de faire feu, reconnoissant la voix de plusieurs des
nôtres qui avoient été faits prisonniers à la garde— Eu
1 Lawse.
môme temps les Bastonnois demandèrent quartier, en disant qu'ils se rendoient prisonniers— Les uns jettèrent leurs armes par les portes et les fenestres des maisons où ils étoient logés, et les autres, saisis de frayeur se cachèrent dans des caves, des greniers et la plus grande partie présenta la crosse de leurs fusils,— Le combat dura environ deux heures — Nous n'eûmes dans ce combat que six hommes tués et cinq blessés, et les Bastonnois— environ vingt ou trente tués et autant de blessés.
Le Sr Arnold qui comroandoit ce détachement, fut blessé à la jambe et fut porté à l'Hôpital Général— et il fut fait deux cent quatre-vingts à trois cents prisonniers— y compris trente-deux officiers.
Pendant ce combat, il s'en livra un autre en même temps à Près-de-Ville ; Mr Montgomery- général des ul^vX"^ ''^'^ Bastonnois— attaqua ce poste à la tète d'environ trois cent cinquante hommes, parce que pour s'y rendre le chemin est extrêmement étroit— La garde qui étoit à ce poste-au nombre de quarante-cinq hommes— virent les Bastonnois escalader la première barrière et se ranger en ordre de bataille sur un quay— Mais comme dans°ce poste il y avoit une batterie masquée— dans le pio-non d'une maison-de neuf pièces de canons, ils laissèrent avancer Mr Montgomery avec son monde jusqu'à quarante pieds de là— Alors le Sr Chabotte et le S^ Alexandre Picard qui commandoient ce jour-là la garde— donnèrent ordre de mettre le feu aux canons chargés à mitraille— A l'instant les Bastonnois prirent la fuite et la garde, en fit autant de son côté et se sauva jusqu'à la Basse-Ville— Alors le poste resta sans être gardé ; mais quelques-uns de la garde ayant eu honte de leur fuite proposèrent aux autres de retourner, n'entendant aucun bruit— Effectivement ils arrivèrent à leur poste et trou vèrent les Bastonnois décampes— et s'apercjurcnt qu'il y avoit plusieurs Bastonnois qui avoicnt été tués par la décharge des neuf coups de canons, ils trouvèrent trentesix hommes tués dont Mr Montgomery étoit du nombre—
in LE TÉMOL\ OCULAIRE DE LA GUERRE
et quatorze blessés, sans compter ceux qui se noyèrent en
se sauvant— Il n'y eut aucun des nôtres de tué ni blessé
parce que les Bastonnois furent surpris de la décharge
des canons — à quoy ils ne s'attendoient pas— Ils igno-
roient même qu'il y eût une batterie à ce poste, — que si
Ml" Montgomery n'eût point été tué et Mr Arnold blessé,
il est certain que la ville de Québec auroit été prise — Le
poste qui fut attaqué par M"" Montgomery étoit le plus
difficile à prendre — parce qu'il falloit l'attaquer à la face
des canons — dans un chemin qui ne pouvoit contenir
que deux ou trois hommes de front.
Les ennemis Lgs Bastounols furcut obligés de se reployer à S'e
revre'iment bk)! Foyc ct à THôpital Général et aux environs — Ils croyoient
quel la ville. ^ ^^^j. j^Qi^g^t q^e jg général Carleton feroit une sortie
avec les deux mille hommes qu'il avoit dans la ville ; mais ils furent très-surpris de voir qu'on les laissoit tranquilles— Alors S^' Arnold prit le party de bloquer la ville avec environ quatre cent cinquante hommes qui lui restoient après ce combat, le reste étant tombé malajanviern-6. ^c, fait prisonuier ot blessé — Le colonel McGlene sortit de la ville avec un détachement ; il fut dans le faubourg S' Roch et s'empara de quatre obusiers, d'un mortier et d'autres munitions de guerre que les Bastonnois y avoient laissées— On fit lever les corps des Bastonnois et tous furent enterrés sans cercueil, à l'exception de M"" Montgomery qui fut enterré seulement accompagné à sa sépulture par neuf à dix matelots, et son corps fut enterré avec celui de son aide-de-camp devant la porte du Bourreau \
Faubourgs St. Les Bastonuois qui restèrent à bloquer la ville de
Jean et St. Roch r\ 'i^ i i . .
incendiés. Quebcc — au uombre d environ quatre cent cinquante
hommes — firent brûler au commencement de janvier 1776 un grand nombre de maisons dans les faubourgs St Jean et S' Roch — et le général Guy Carleton donna ordre de brûler et démolir celles qui étoient les plus
1 Voir Noies et pièces juslificalives, CXVIIL
près de la ville — afin de diminuer la disette de bois — de manière que ces deux faubourgs, composés de plus de deux cents maisons furent entièrement ruinés — Les vivres ne manquoient pas dans Québec, la ville en étoit pourvue suffisamment — A la fin de janvier, il fut fait un moulin à cheval et personne ne manqua de pain pendant tout le siège.
Le général Guy Carleton permit au colonel McClene — Quelques pru des Émigrants — d'enrôler dans son régiment quatre-vingt mis""^s*enrôient quinze des prisonniers Bastonnois qu'on fit le trente-un ^^aiT '" ^'^' Décembre — Les citoyens de la ville en murmurèrent beaucoup— Ils se comportèrent assez bien pendant quelques jours — mais plusieurs commencèrent à déserter, alors on les mit en prison.
Monlgo.
COllIl-
i(?ge (Je
Le Sr David Wooster— qui succéda à M'" Montgomery AVoosterrem- — fit ériger une batterie à la Pointe-Lévy — une autre nleïy ef 'con" au passage contre la rivière S' Charles et une troisième oîTéilec!^"" à la butte à Neveu -il fit canonner & bombarder avec des petites bombes la ville inutilement, — Mais le feu continuel de la ville obligea les Bastonnois de défaire leursbatteries et de traîner leurs canons de peur qu'ils ne fussent mis en pièces — Les Bastonnois se trouvèrent dans un si mauvais état qu'il est extraordinaire qu'ils ayent poussé la constance à rester aux environs de Québec — il est même plus extraordinaire de voir que les Bastonnois ayent gardé et tenu renfermés dans la ville de Québec deux mille hommes comme un troupeau de moutons — sans que les citoyens de la ville ayent fait aucun mouvement pour les chasser— ce qui étoit d'autant moins difficile — joint au petit nombre de Bastonnois, qu'ils étoient dans la dernière des misères— manquant même de quoy vivre — et sans espoir d'aucun renfort ny secours — puisque depuis le 25 janvier jusqu'au dix-huit do mars suivant— il n'est venu dans cette province que douze cent treize hommes — ce qui n'étoit pas suffisant à beaucoup près pour remplacer les morts et les malades qu'ils
avoient dans les différents postes de la province de Québec.
Mars. MM.La- Dans Ic mois de mars 1776 — Les S^s Lamothe et
molhe et l'api- t-,. ,. . t nr l ' ^ l t ii
iieau arriveni à Papuieau partirent de Montréal et se rendirent neureu-
^'^' sèment dans la ville de Québec — et informèrent le général
Guy Carleton de tout ce qui se paesoit dans cette partie
et de la triste situation des Bastonnois \
31 mars. Les Le trentc-uii mars 1 776 — pendantlanuit les Bastonnois
prisonniers anié- . .,,». . .,
rieaitis tentent qui avoisntetB laits prisonniers le trente-un décembre — et qui étoient dans les casernes dauphines — firent tous leurs efforts pour en sortir — Ils avoient projeté de tuer la garde composée de douze vieillards et d'égorger ensuite la garde de la porte S' Jean, afin que— s'emparant de ce poste— ils pussent se sauver ou de faciliter l'entrée des Bastonnois dans la ville— Quelques jours avant— un d'entre eux trouva le moyen de déserter des casernes, et porta une lettre adressée au S'' Arnold, dans laquelle ces deux cent cinquante prisonniers disoient qu'ils étoient en état de se délivrer de leur captivité et de luy faciliter la prise de la ville, attendu qu'il n'y avoit que douze hommes de garde — qu'ils les désarmeroient facilement par le moyen de dix pistolets et de quelques sabres qu'un quidam de la ville leur avoit procurés— qu'une fois cette garde désarmée,ilss'empareroient de la porte S' Jean — très-proche des casernes où. ils étoient en prison — et que pour s'y rendre, il n'y avoit aucun obstacle et qu'ils espéroient égorger la garde de la porte S' Jean composée de trente-cinq à quarante hommes — qu'une fois dans ce poste ils seroient les maîtres d'une partie des ramparts et d'une forte batterie — et que s'ils pouvoient réussir ils feroient brûler trois maisons pour les avertir qu'ils seroient alors maîtres de ce poste — Ce complot fut découvert la veille qu'il devoit s'accomplir— car la nuit du trente-un mars le S'" Robin — qui étoit de garde aux casernes où étoient renfermés les prisonniers — entendit limer les pentures de la porte qui
l Voir Noies et pièces Jusli/îcatives, CXYIX.
devoit les mettre en liberté— Il fit sa déclaration au Sf Cugnet qui étoit le capitaine de cette garde ; on fit la visite dans les casernes, et l'on trouva non-seulement des armes, mais encore des limes et autres instruments propres à lever les pentures — Trois complices avouèrenttout et le général Guy Carleton fit mettre les prisonniers aux fers— Ayant sçu que cette lettre étoit parvenue au Sr Arnold— il ordonna de feindre le combat le premier d'avril
... 1 avril. Em-
1776— à deux heures après minuit que les prisonniers bûches tendues
, „ . . T c n ^ inutilement aux
avoient projeté — de faire trois grands leux afin de persua- ennemis. der que les prisonniers étoient maîtres de la porte S' Jean — et d'engager par ce stratagème Arnold et sa troupe à venir attaquer — On fit sonner toutes les cloches de la ville et le tambour pour faire accroire aux Bastonnois que la ville étoit alarmée— Tout le monde de la ville étoit déjà les armes à la main et entouroit les ramparts — On fit sem blant de combattre ; on tira douze coups de canon — et plusieurs décharges de fusils se firent à la porte S^ Jean ; l'on cria plusieurs fois ''hourra" comme si les Bastonnois eussent eux-mêmes poussé ces cris de joie — Ce stratagème ne put réussir — On avoit eu soin de charger tous les canons à mitraille, toutes ces précautions devinrent inutiles — Le môme jour — un déserteur du camp ennemi nous assura que le S:" Arnold voulut venir, croyant de bonne foy que ses compagnons étoient vainqueurs — [il] en fut empêché par le S'" David Woosler, général des Bastonnois qui étoit rendu alors à l'Hùpital-Général — lequel sçnt maintenir les habitants dans leur neutralité par leur faire accroire que la ville de Québec seroit prise dans peu — et pour mieux les persuader — il fit faire une grande quantité d'échelles, de fascines, etc., qui ne servirent à rien.
Il n'y a point de ruses et de mensonges qu'ils n aient No„vennx efemployés — A la fin d'Avril — un déserteur du camp C^'JJ* '^' r^JJ];;; ennemi assura que dans peu les Bastonnois dévoient en- ussi'^g^"/'*'"* '" voycr un brûlot afin do mettre le feu à soixante et quelques navires qui étoient tout près les uns des autres dans Iç Gul-de-Sac à la Bassc-villc — En conséquence de cette
3 mai. La
nouvelle — on redoubla les gardes de ces navires et on prit toutes les précautions nécessaires pour empêcher un tel accident — La navigation commençant alors à devenir libre— on arma deux bateaux et plusieurs chaloupes de petites pièces de canon pour faire la patrouille sur le fleuve — Quelques jours après — un déserteur du camp ennemi vint se rendre à la ville et déclara que dans quelques jours les Bastonnois dévoient envoyer leurbrûlot — il ne se trompa point— on ajouta foy à sa déclaration, car le trois de may ville croit que 1 776, sur Ics scpt licures du soïr — les Bastonnois profitèrent
c'en un uavire " -■• ^
ami- alors d'un bon vent du nord-est et envoyèrent leur brûlot
— Dès qu'on l'aperçut venir sur la ville à pleine voile — on crut d'abord que c'étoit un vaisseau armé en guerre qui venoit annoncer la flotte que nous attendions— Tout le monde fit retentir l'air de ces cris de joie que fait ordinairement pousser une bonne nouvelle — Déjà la ville avoit tiré plusieurs coups de canon, fait sonner les cloches et battre le tambour par réjouissance— tout le monde courut sur la grève à la Basse-ville et sur les ramparts — L"on voyoit arriver avec joie cette prétendue frégate en criant — Navire^ Navire — Cependant la ville étoit prévenue que l'ennemi devoit envoyer un brûlot sous peu de jours — Mais la joie fut vaine et d'autant plus courte que le vent soufllant avec impétuosité dans les voiles de ce bâtiment, il s'approcha promptement plus près de la ville, alors la crainte, la frayeur et la tristesse succédèrent tout à coup à cette joie lorsque l'on vit partir de ce navire une grande quantité de fusées et voler du côté de la ville — On reconnut alors que c'étoit le brûlot en question— tous les canonniers coururent aux batteries afin de couler à fond ce bâtiment enflammé — car il étoit à une petite distance du Gal-de-Sac et auroit pu mettre le feu à tous les navires qui y étoient — suivant le projet, sans opposition, dans la confiance où étoit tout le monde de la ville que c'étoit un navire d'Europe— A l'instant l'air se trouva infecté par l'odeur de la poudre, du souffre, du goudron et d'autres matières combustibles— Mais heu-
reusementles personnes qui le conduisoient s'étant jelées dans une chaloupe pour traverser à la Pointe-Lévy — ce brûlot commença à gagner le large et fut conduit par la marée sur la batture de Beauport — où il acheva de brûler et de lancer ses grenades, ses fusées, ses bombes, etc. — L'on pensoit que les Bastonnois approcheroient de la ville pendant ce spectacle, mais ils n'en firent rien.
Le six de may 1776, entre quatre et cinq heures du e mai. La floue matin— les citoyens de Québec avoient été si frappés du avf^d?s rembVTs brûlot qu'ils crurent voir encore un autre brûlot — mais -J-^'^ des assiéils furent bien vite détrompés par la décharge de vingt coups de canon— et l'on reconnut que c'étoit un vaisseau de guerre— La joie augmenta quand on en vit paroître un autre et môme un troisième — Tout le monde ne savoit comment exprimer la joie qu'il ressentoit — on fit réponse à ces vaisseaux par la décharge de plusieurs canons. Les citoyens coururent sur la place d'arme pour saluer les troupes.
Le général Guy Garleton fit débarquer la compagnie Les trot.p« des grenadiers et cinq autres compagnies— Les grena- t'J^ZZZ les diers demandèrent au général Garleton la permission [fjgl^l j;,/:'' d'aller contre les Bastonnois, il leur accorda facilement —il fut charmé de voir leur zèle — En même temps le général Guy Garleton donna ordre à neuf cents hommes de milice de sortir avec les troupes au nombre d'environ trois cents— ce qui composoit une armée de de douze cents hommes et se mit à leur tète— Dès que les Bastonnois les virent sortir de la ville, ils commencèrent à se sauver à grands pas sans tirer un seul coup de fusil et abandonnèrent tous leurs bagages — artilleriemunitions— valises et leurs fusils pour mieux courir— Le général fit mettre le feu à quelques maisons d'habitants où avoient logé les Bastonnois pendant l'hiver; de sorte que le siège de Québec— ou plutôt le blocus fut levé le six de may 177G.
Ge même jour et les jours suivants— le général envoya L" «-nnemis dans les campagnes plusieurs détachements qui firent '°"' p""""'^'*-
trente et quelques Bastonnois prisonniers — qui s'étoient cachés — Les uns ayant la picotte et les autres estropiés qui n'avoient pu se sauver — On fit prisonniers quelques habitants des campagnes et des faubourgs qui avoient pris les armes et assisté les Bastonnois — on entra en ville trois cents voitures chargées de vivres — valises et du bagage des officiers et soldats bastonnois et huit pleines charrettes chargées de fusils— On en trouva beaucoup dans les champs que les Bastonnois avoient cassés ; on délivra plusieurs personnes que les Bastonnois avoient mises en prison — Il leur fut pris dans cette sortie trois pièces de canon, deux obusiers, des bombes &c. qui étoient le restant de leur artillerie — Quelques jours après, il arriva sept vaisseaux chargés de troupes — le général en fit partir deux pour aller au pied du Richelieu ^ 15 mai. Mtre. Le quluzc mav 1776, M. Sauguinet, avocat arriva à
Saiigiiiiiet arrive ^ , -, ,., ,. i-iio !•
àQuébec— Don- (^uebcc a SIX licurcs du soir— (toute la ville lut bien con-
ne des détails de ^ ^^ -, it , i i -ii
lafuitedeseime- teiit d apprendre des nouvelles de Montréal dont il n avoit eu aucune nouvelle depuis le mois de février). Il étoit parti de Montréal le treize ; il informa le général Guy Carleton de tout ce qui se passoit dans cette partie, et que les Bastonnois-et les Angloisde la province qui les avoient assistés — étoient déjà partis pour se sauver dans les colonies et qu'il ne restoit plus qu'une garde à Montréal d'environ cent cinquante hommes. Il lui apprit aussy que les Bastonnois avoient abandonné Deschambault et Jacques- Cartier — où ils s'étoient retranchés après avoir laissé Québec pour favoriser leur retraite — et qu'il avoit rencontré les derniers Bastonnois qui se sauvoient de Québec— la veille — à Champlain à quatre heures aprèsmidy — il assura Son Excellence de l'air qu'ils alloient qu'ils étoient déjà rendus aux Trois-Rivières — Il informa aussi le général Guy Carleton que le capitaine Poster qui comraandoit à la Galette avoit des intelligences avec plusieurs royalistes de Montréal pour attaquer les retran-
1 Notes pièces justificatives, G. ,
chemeiits que les Bastonnois avoient aux Cèdres, et qu'il y avoit beaucoup de personues qui dévoient se joindre au Capitaine Poster — Il prévint aussi Son Excellence qu'il avoit amené avec luy Madame Wells — quoique son mary
„, , iT-« ■ ir-Ti Prévoyance de
se lut sauve avec les Bastonnois-pour luy taciliter la route iMtre.sunguinei.' de crainte d'être' fait prisonniers par les Bastonnois — Le général la reçut poliment et l'invita à dîner pour le lendemain— Mais plusieurs personnes de la ville de Québec qui s'étoient imaginé que le Général leur donneroit toutes les marchandises de ceux qui avoient pris le parti des Bastonnois et qui avoient été mis hors de la ville au com mencement du siège— dont M. Wells étoit du nombre — pour les gratifier et les dédommager des peines qu'ils avoient eues pendant le siège, s'assemblèrent pour demander au Général de mettre Madame Wells hors, de la ville — Mais comme M'' Sanguinet en arrivant avoit prévenu le Général de la raison pourquoi il l'avoit amenée. Son Excellence n'en voulut rien faire ; au contraire il envoya à la considération de M'" Sanguinet, qui étoit bon royaliste, un ordre dans l'instant à Madame Wells de rester dans la ville de Québec.
Le seize may — le général Guy Carlcton fit i^artir une fré- le mai. nou. gâte pour l'Angleterre pour apprendre le succès du siège Ll'AnlK'c^"'* de la ville de Québec et de ce qui se passoit dans la province.
Le vingt-trois may 177G — tous lès citoyens et la milice 03 mai. i,es de la ville de Québec furent remerciés à onze heures du Jii'ii7ce"soni'rt'matin sur la place d'armes par le colonel McClcne du >»"oic<s, Royal-Emigrant ; alors la troupe commança à monter la garde dans cette place — Le vingt-sept de mav, une partie „„ . „
" ^ \ o i. V 7 j. 27 mai. Noii-
de la flotte où étoient les troupes, arriva à Québec et con- v««"'« vaisseaux
/y avec des iroicpos.
luîuerent leur route pour Montréal — Pendant le siège de Québec, il n'y eut que deux matelots de blessés et un enfant de huit ans do tué par un boulet — Les Bastonnois [ne] tirèrent sur la ville pendant le siège depuis le mois de décembre 1775 — jusqu'au six de mav I77G, que sent cent ^'"\>^''<' «•«
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quatre-vingts coups de canon et cent quatre-vingts petites l,';'^';^ '"''"''»"' '«
bombes de dix-huit livres, 15, 20, 25 et 30 livres — ùFe-xception de cinq ou six de 50 à 60 ; presque tous leurs boulets n'étoieut que de neuf livres — Pendant le môme temps, la ville tira, y compris les coups pour souffler les canons, dix mille quatre cent soixante-et-six coups, neuf cent quatre-vingt-seize bombes — les unes de 30, 40, 50 jusqu'à cent trente livres— et les autres de 160, 176, 200 et quelquesunes de trois cents livres et six pots à feu — qui brûlèrent quatre maisons dans le faubourg St. Roch. f^dTeouveT- Le général Guy Garleton partit de Québec dès le vingtdeux de may dans plusieurs navires avec les régiments 29 et 47 pour Montréal ; il ne fut que jusqu'à Ghamplain ; il y resta huit à dix jours — Mais pendant ce temps la flotte avec les troupes du Roy arrivèrent à Québec, et le Général redescendit et n'en repartit pour Montréal qu'après que toutes les troupes furent arrivées à Québec et qu'il. les eût fait partir pour Montréal.
neur.