SUITE DE
L^IE-YASIOJSr DU CAI^rADA.
[retraite des bastonnois.]
Gomme plusieurs personnes de Montréal royalistes Affaire avoientdes intelligences avec le capitaine Poster qui corn- ^^'''"' mandoit la garnison de la Galette— il partit de ce poste avec trente-six hommes de troupes et environ cent cinquante sauvages pour venir attaquer les Bastonnois qui êtoient retranchés aux Cèdres, où il se rendit environ deux cent cinquante Canadiens pour se joindre à luy— Ils attaquèrent les Bastonnois qui avoient reçu, quelques jours devant, un renfort d'environ trois cents hommes et deux pièces de canon— Après avoir tiré sur les retranchements pendant deux jours, les Bastonnois se rendirent à discrétion \ L'on apprit à l'instant qu'il étoit traversé cent vingt Bastonnois à Vaudreuil pour secourir les retranchements— Le S"' Monligny avec environ soixante Canadiens furent au-devant, les attaquèrent et les firent prisonniers— Il y eut quelques personnes de tuées et de blessées de part et d'autre — Il fut fait prisonniers cinq cents et quelques Bastonnois dans les deux affaires— qui
! Voir Nnlcs et pièces jiistificnliccs, Cl.
furent renvoyés dans les Colonies pour changer cinq cents des prisonniers qui avoientété faits dans les retranchements de S' Jean dans le mois de Novembre dernier. Après cette petite réussite, — le Capitaine Foster partit des Cèdres avec sa petite armée pour venir à Montréal — qui se grossissoit tous lesjours par les Canadiens — Mais quand il fut rendu à La Chine, il apprit que le Colonel Hazen passoitpar Châteanguay avec trois cents Bastonnois pour luy couper chemin— et qu'Arnold partoit pour La Chine avec douze à quinze cents hommes pour Tattaquer, ce qui le fit retourner aux Cèdres — congédier sa petite armée — et se retira à la Galette avec les quarante hommes de troupes, quoique sa petite armée fût augmentée de sept à huit cents hommes-=-AIors le S"" Arnold qui se rendit à La Chine fit piller les marchandises, vivres et canots des marchands-voyageurs pour les pays d'en haut— qui étoient à La Chine, après quoi il revint à Montréal avec son monde.
Quand le S^ Arnold fut rendu à Montréal de La Chine puiés?'"'^"' *""' i^û'' prendre de force — chez les marchands de Montréal ^ une quantité de marchandises — En conséquence il y avoit une garde de soixante hommes pour faire défoncer les portes des magasins — toute la ville de Montréal étoit en confusion; il y avoit alors tant à Montréal qu'aux envi' rons quatre à cinq mille Bastonnois, qui étoient arrivés à la fin du mois de may.
■ 15 juin. Les Lc quiuzB j uiii 1 776, Ics uavires qui transportoient les nem"ia"fuitrà troupcs du Roy sous le commandement du général Guy l'amX^'angia'l! Carlelou, arrivèrent en partie à Varennes — Les Baston- *^- nois qui en eurent nouvelle abandonnèrent dans l'instant
Montréal pour se sauver à S' Jean — de crainte de voir le chemin coupé par les troupes du Roy — Cette fuite se fit au grand contentement de la ville de Montréal, car s'ils y avoient resté encore quelques heures et s'ils n'eussent point été surpris, ils auroient volé et pillé une partie de
1 Noies ci pièces juslificalives, Cil.
-es mas
la ville — Ils avoient mis le feu à deux tas de bois consi- lis tâchent de
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derables pour la faire brûler, mais les citoyens 1 etei- viiie gnirent et montèrent la garde jusqu'à ce que les troupes du Roy eussent pris possession de la ville.
Le lundv.dix-septde iuin — sur les dix heures du matin, n juin. Les
J ' t- o troupes rentrent
il arriva à Montréal environ cinq cents hommes tant dans Momréai. Ecossois, que Canadiens et Sauvages — qui venoient du côté des Cèdres, lesquels entrèrent dans Montréal — Ce môme jour, l'après-midy, les troupes du Roy y entrèrent aussy.
Comme les troupes montoient lentement de Québec à L'auteur re-
,,,,,, • 1 T .1 1 prend le récit de
Montréal dans les navires — par le manque du ventde nord- la marche des est, le général Guy Carleton en fit descendre une partie "°"'"'^°' à terre à dix lieux au-dessus de Québec, lesquels marchèrent jusqu'aux Trois-R'ivières où elles restèrent quelques jours.
Le huit de juin, il traversa de Nicolet à la Pointe-du- s juin. Les Lac- dans plusieurs berges— environ dix-huit cents Baston- tem brûier les
, , 1 o mi I 1 • L Trois-Rivières.
nois commandes par le S' Thompson, dans la nuit — pour aller brûler la ville des Trois-Rivières — parce qu'on leur avoitdit qu'il n'y avoit pas plus que trois cents hommes de troupes du Roy — Ils parurent à la pointe du jour au bord du bois, à une demi-lieue des Trois-Rivières — Mais comme la veille il étoit arrivé environ quatre mille de troupes et • qu'ils furent avertis de la démarche des Bastonnois, toutes ces troupes furent à leur rencontre — L'avant-garde qui étoit *ài une petite distance de la ville des- Trois-Rivières avec un détachement de troupes — furent attaquer incontinent les Bastonnois — lesquels voyant tant de monde se sauvèrent dans les bois; ils eurent environ cinquante hommes de tués et cent hommes prisonniers — Les troupes du Roy avancèrent jusqu'à Machiche, à six lieues au-dessus de Trois-Rivières et coupèrent le chemin aux Bastonnois — qui étoient dans les bois sans vivres, parce que les berges n., sont forcés qu'ils avoient amenées, traversèrent à l'instant à Nicolet — jc si!' ren.hr "" Se voyant dans une si triste position et n'ayant point d'espoir de se sauver, beaucoup se rendirent pi-isonnicrs aux troupes du Roy et même le S"" Thompson et un colonel
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qui les commandpit, — Mais le général Guy Garleton qui arriva ce môme jour à sept heures du soir aux Trois - Rivières, donna ordre au général Fraser qui éloit avec les troupes à Machiche — de revenir aux Trois-Rivières pour faciliter les Bastonnois de se sauver, sans doute par humanité, car ils auroient tous péri dans les bois ou [été] faits prisonniers, si le général Guy Garleton n'eût point rappelé les troupes — ce détachement de Bastonnois étoit parti de Sorel.
Bourgoynesur Le Général Guy Garleton continua sa roule jusqu'à iheiHu.'^'^^ ^''" Montréal sans rencontrer aucun Bastonnois, car ils fuyoient devant les troupes. Il fit passer à Sorel deux mille hommes de troupes sous les ordres du général Bourgoygne— pour monter dans la rivière Ghambly jusqu'à S' Jean — avec une quantité de Ganadiens volontaires. Mais les Bostonnois abandonnèrent le fort Ghambly qu'ils
isjuin cana- brûlèrent devant leur départ et se sauvèrent à S^ Jean,
da évacue. ^ '
dans nie-aux-Noix, — Par conséquent, le dix-huit de juin,
20 juin. Car- ^6 Ganada se trouva délivré des Bastonnois, et le vingt,
'ent°rée à'Mom" ^^ général Guy Garleton fit son entrée à Montréal ^ qu'il
'^^^'- avoit abandonné le onze novembre 1775 : ce qui fait que
les rebelles ont resté à Montréal sept mois et sept jours.
L'armée du Roy se campa au fort Ghambly et à S' Jean ;
r, ^ ■ aussitôt le général Guy Garleton donna ordre de com-
Corvees qiii ° •'
pèsent sur le mander les habitants avec leurs voitures pour charroyer
peuple. -nT r t
les vivres, les bagages des troupes, etc.— Ln conséquence il y avoit tous les jours environ douze cents hommes qui travailloientpar corvée — gratis — pour faire les chemins — charroyer dans les bateaux, — L'armée passa l'été à Ghambly et à S' Jean— il fut construit une quantité de bateaux, et l'on fit passer par terre quatre barques de Ghambly à S' Jean dans des voitures, pour naviguer dans le LacGhamplain, — Pendant le séjour de l'armée à Ghambly et à S' Jean, il fut mangé quinze à seize mille bœufs. A la fin du mois de septembre, l'armée se disposa pour sez^"iou"r"r ^dû entrer en campagne— alors il se présenta au moins deux
1 Noies cl pièces juslificalives, CIH.
mille hommes canadiens pour aller volontaires — mais le côié du Lac gênerai Guy Carleton n en accepta qii environ la moitié. Cinq ou six cents Sauvages suivirent aussy l'armée — ou plutôt marchèrent à la tête avec les Canadiens, — Il y eut un combat naval sur le lac Champlain et les navires des Bastonnois furent entièrement détruits, et Tarmée fut camper à la Grande-Pointe dont les Bastonnois enétoient partis de la veille — L'armée y resta plusieurs jours et le général Guy Carleton se borna à ce petit succès sans vouloir aller attaquer Carillon qui auroit été infailliblement pris, mais c'auroit été faire trop d'ouvrage dans une campagne.
L'armée revint à la fui d'octobre à Montréal pour octobre Les
*■ troupes Jogees
prendre son quartier d'hiver dans la ville et les campa- ^ez les habu
, - . , . . tains.— Injustice
gnes, chez tous les habitants. Les citoyens de la ville cname. furent maltraités et molestés militairement sans obtenir justice — Un des citoyens de Montréal, qui avoit été certainement un bon royaliste, qui logeoitdeux soldats, — un officier voulut s'emparer de sa chambre — malgré qu'il fût malade et son épouse — qu'il refusa — Il fut envoyé dans sa maison vingt-quatre soldats avec des tambours et fifres avec ordre de danser toute la nuit — Ce qui parut toujours extraordinaire, c'est que le général Guy Carleto;n n'a jamais voulu faire aucune distinction des bons et fidèles sujets de Sa Majesté d'avec les mauvais — A.u contraire, il les a confondus ensemble et les bons sujets ont été les plus maltraités, sans doute que cola a été pour quelques raisons de politique, mais je crois bien mal entendue — et ceux qui se sont les mieux distingués et qui ont exposé leur vie et leurs biens pour le service du Roy — non-seulement ils n'ont point été récompensés, mais il semble que l'on s'attachoità leur donner du désagrément. Si quelques personnes portoient leurs plaintes au général Guy Carleton, il n'y avoit presque jamais de réponse.
Dans le mois de mars, le Conseil législatif fit une or- Mnr.m? donnancc pour les milices de la province dcOnébcc, con- "'••'"'"'.«'"■e «"r
^ "^^ " les rtliliccs.
çue en ces termes :
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