‹ Invasion du CanadaChapitre 22 sur 47 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

PAR LES AMÈIIICAINS. 1 77

la luiit et se rendre à Québec sans dangers Que Dieu i-rs

le veuille !

Le 18, en montant à la haute-ville, je m'apperçus que is novembre, les Citoyens Anglois tramoient quelque chose entr'eux. km'^ca^lhuiirà Je fit mon possible pour sçavoir ce que c'étoit. Après bien ^^^^' des pas et des démarches, j'appris qu'ils avoient fait faire une Requête pour envoyer présenter au Géni Montgomery en leurs noms ; alors craignant que si celte Requête fut présentée sans qu'il parut un seul Canadien, que cette division auroit pu causer du trouble en cette ville, je fus incontinent chez le S'' Morriss et lui demandai pourquoi csl-ce que noire requête n'éloit pas rendue- Il me dit que Mr. Baby n'avoit pas voulu partir sans argent. " Hé bien, lui dis-je, si c'est-là la raison, je suis prêt à partir avec vous, et j'espère que le public n'ira pas au contraire de nous rembourser nos frais, quand nous serons de retour." Il y consentit et nous partîmes à midy de cette ville.

N-r. i'»! •■■ ••■■ Ti ^ . L'auteur con-

ous nmes rencontre a la première rivière d un Courier sem à monter à

de Québec allant à Montréal de la part des Bostonnois ■'^''""'"'^'''• avec qui nous avons fait route tant en montant qu'en descendant. En arrivant à Machiche, nous rencontrâmes un Courier Bostonnois qui descendoit, étant à cheval et ayant une carabine en bandoulière. Il s'arrêta à nous et nous demanda s'il y avoit quelques nouvelles à Québec, pensant que nous en venions. Nous lui dimes que non. Nous lui demandâmes les nouvelles d'en haut. Il nous dit que la ville de Montréal étoit rendue et qu'ils espéroient avoir bientôt les bâtimens dans lesquels étoit le général Carleton. Nous le laissâmes dans cette persuasion, sans lui dire que le général étoit passé : nous fûmes ti'èssatisfaits de voir qu'ils se trompoient. Nous allâmes coucher à Masquinongé, malgré les mauvais chemins.

Le lendemain 19, nous continuâmes notre route jusqu'à Berlhier, où nous fumes arrettés par les braves Canadiens iis ^ nrr'ivel?t''^'i; qui nous conduisirent à deux maisons plus haut où étoit "*'"''"^'''le Capit"" Mcrlellc. L'on nous ht descendre de nos calèches [lour aller rendre nos respects à M'" rOlIlcierCommandant

américain.

mô. (qui étoit Meiiel). Nous eutrames dans la maison pour demander ses ordres, mais apparemment que Monsieur avoit veillé tard, car nous le trouvâmes au lit qui dormoit. Un de ses gardes fut réveiller. Il vint en se frottant les yeux et demanda qu'est-ce qu'il y avoit de nouveau? On nous présenta comme des personnes qui alloient à Montréal avec des dépêches pour le Général Montgomery. Alors il nous permit de passer, mais avant que de partir il nous fit prendre chacun un coup de rumet nous eûmes l'honneur de trinquer avec lui.

Nous partîmes donc de Berthier pour nous renare à

nn avant-poste Montrcal daus la jouruee ; mais étant arrive a LaValtrie, l'on nous arretta encore une fois, pour prendre les ordres du Colonel Easton. Nous y allâmes et fûmes très-bien reçus du Col' et des autres officiers. Il nous fit des excuses, de ce que l'on nous avoit arretlé, mais comme il avoitr envoyés le major Brown en ambassade aux bâtimens, il nous pria de vouloir bien attendre son retour, pour en porter les nouvelles au gén' Montgomery. Nous restâmes donc environ deux heures. Pendant ce tems-là on

des Américain?, p^rloit d'affaires. Les officiers demandèrent au Courier de Québec,-- qiCesl-ce que les Canadiens cCen-bas disoient? Celui-cy leur dit — qu'ils étoient tranquils et qu'ils ne vouloient point se meller dans la querelle. Les Officiers répartirent : " tant mieux; si les Canadiens ne s'en mellenl point^ nous sommes en pied ; 7ious les enjôlerons pendant quelque tems.'" — Ils ne sçavoient pas que j'étois Canadien, car je pense qu'ils auroient retenus ce terme d'enjoler. A la fin le major Brown arriva des bâtimens, qui apporta que le Col' Prescot était prêt à se rendre à condition qu'il seroit mené à Québec avec sa troupe. Le Col' Eston rejetla la proposition, disant qu'il ne cherchoit que ce qui appartenoit au Roy ; qu'ainsi sous quatre heures si les bâtimens ne se rendoient ils les feroient prendre à l'abordage. Après le Conseil fini, on nous donna notre congé et nous ne pûmes aller plus loin qu'à Arpenligni, ou nous couchâmes.

Mauvaise foi

Le 20, nous partîmes d'Arpentigny en traînes, pour n-s.

' ^ A "-■ ./ .20 novembre.

aller à la Pte aux Trembles, ou nous arrettames environ scènes à la Pte-

,,. , .^ -, aux -Trembles.

une demi-heure pour déjeuner. L on nous prit pour des Bostonnois et l'on ne manqnoit pas de nous faire beaucoup de complimens et de remercimens de ce que nous étions venus (disoient-ils,) pour leur accorder la Liberté.

Quand nous eûmes finis de déjeuner, je tirai vue piastre et dit à l'hôtesse : payez-vous de ce que nous avons eu. Elle prit cette piastre ; la tenante dans deux doigts elle la montroit à toutes les personnes qui étoient dans la maison, en leur disant : "Voyez-vous comme ces Messieurs les Bostonnois n'ont point d'argent ! On vouloit nous faire entendre qu'ils n'avoient que des billets, en voici la preuve, regardés si ils nous parlent de papier, ils payent en bon argent." Nous les laissâmes dans la persuasion que nous estions Bostonnois et que nous avions beaucoup d'argent.

Nous arrivâmes à Montréal comme l'i/î/yc/us sonnoit. lu arrivent à Nous fumes en dioiture chez M. de Montgomery, auquel ue°vue^*àvee '"' nous fumes présentés. Nous le saluâmes et lui remimes ^i^"".?""'">la Requête dont nous étions chargé. Il en lit la lecture, après quoi il nous dit qu'il étoit bien mortifié de ce que nous étions venus de si loin ; — que nous ne devions point craindre que ses troupes nous fissent aucun tort. Nous repartîmes, que notre crainte n'étoit point de sa troupe mais des Canadiens qui descendroient avec elle. Il nous dit : — Si il y a quelques Canadiens quand je descendrai, je sçaurai donner mes ordres, mais pour la tranquillité des Citoyens de votre Ville jn vais vous donner une réponse par écrit. En voicy les termes traduits do l'Anglois. " Messieurs,

" Je suis très mortifiés que vous soyô dans quel- *' que appréhension do votre propriété, je suis convain- " eu que les troupes du Continent ne seront jamais " ternis d'aucune im[)utatiou d'oppression. Nous sommes *' venus pour conserver et non pour détruire. Si la provi- " dt'uce continue de favoriser nos travaux, cette province

1T75. " sera sous pea un heureux gouvernement libre. J'ai l'hon- " neur d'être, Messieurs, votre très-humble Serviteur.

(signé.) RiCH* Montgomery.

" A Montréal, le 1 ,, Bn^nà" Géni -

"20 O"--^ 1775."! «Hc'ia ucu .

Avant reçu cette réponse nous primes congé de Son

Les députés '' ^ ^ a , ,, i

reiournem im- Excellence et uous partîmes aussitôt de Montréal, pour

médiatemem. i , i t-T m i i ^ -

Nouvelles qu'ils veuir coucher a la P'e aux Irembles, ou étant rendu vers flppreunem. ^^^ g ^^ ^^^ ^^.^^^^ nous reucoutrames le GoP Eston, qui

nous fit beaucoup d'amitié et môme nous fit part de la capitulation que les bâtimensavoient faits en se rendants. Nous y trouvâmes aussi M. Walher qui sortoit des bâtimens où il avoit été détenu prisonnier, les fers aux pieds et aux mains. L'on nous fit beaucoup d'accueil dans la maison où nous estions, parce que comme nous parlions Anglois, ils pensoienlque nous estions Bostonnois : il n'y avoit rien de trop cher pour nous.

21 novembre. Eufiu le 21 UOUS avousétés de retour aux Trois Rivières. Trou-Riv!ères.^ Nous avonsdouué communicatiou de la réponse de Mous'" Montgomery ; tout le public a été satisfait, mais il s'en faut de beaucoup que je le sois moi, car l'on ne se presse guère à me rembourser l'argent que j'ai dépensé dans ce voyage. Cependant je n'en suis pas absolument inquiet, parce que je trouverai un moyen pour m'en faire rembourser.

Ou aiiend les Dcpuis uotre arrivée, nous attendions de jour à autre Bostonnois. |g^ passéo dcs Bostonuois qui doivent descendre à Québec pour en former le siège. Cependant bien des personnes pensent que la saison est trop avancée pour une pareille entreprise ; néanmoins les Bostonnois sont descendus dans les bâtimens qu'ils ont pris le, 20 de 9*""% et sont pas-

M- Price. gés au Commencement de décembre. M'" Price^ Marchand de Montréal et à présent un Membre du Congrès, a déljarquépour faire acheter du rum, des couvertes, des bonnets et autres articles nécessaires à la troupe. M^ Montgomery a passé tout droit dans un bâtiment.

Quelques jours après la passée des bûtimeiis, il est arri- ^.. vé icy une 60- de Canadiens dans un Rogalets et d'autres ^.^-^^^^^ par terre, commandés par le Capil°« Loiseau. Le lende- i,oi.eau. main qu'ils furent arrivés, M. Loiseau fut dans presque toutes les maisons qne l'on sçavoit être royalistes, pour oter les armes. Ayant été chés M. de Tonnancoar il ii"y trouva qu'un couteau de chasse et un viel canon de pistolet qu'il prit. Delà il fut chés M. de Niverville, lui prit 2 ou 3 fusils ; chés M. Cressé une épée à poignée d'argent ; chés M. Leproust, 2 fusils. Je fus avertis de cette recherche ; je rais mon fusil, ma corne et mon sac aplomb en sûreté, mais ce fut inutilement ; ils ne vinrent point chés moi. Le soir, M. Loiseau étant à parler avec quelques personnes de cette ville (que je ne nomme point pour leur épargner la honte d'une si noire trahison,) lui dirent— qu'elles étoient seures que M. de Tonnancour avoit d'autres armes, et qu'il avoit même de la poudre de caché : — Eh bien, dit le Sr. Loiseau, j'y retournerai demain, et si je ne trouve pas les fusils et la poudre je ferai piller chés "luy. Par ces paroles il mit ces personnes au comble de leur joie, qu'ils ne demandoienl pas autres choses, mais grâce à la providence les choses n'ont point étés au point qu'elles désiroient.

Le 4 de décembre j'appris que M. Giigi/ avait été pris par les 4 i\é,-tmbro.

, 1 T-. • • ' 1 T T 1 111 Inliiurnes du Sr.

intrigues du sieur La Rose, de la Rivière du Loup, i^e len- i,.,,we. demain, comme je montois à la haute ville, je fis rencontre de M>-Gugy. Je luy demandai s'il ètoit vrai qu'il avoit été arretté : Il me di t qu'ouï. Il me pria d'aller avec lui chés Mi- Ilart ; que M'' LaRose devoit s'y trouver, pour prouver les faits qu'il avoit avancés contre luy. Je m'y transportai avec M'' Baucin. Un instant après que nous fumes entrés, le S'' LaRose arriva. M'' Levingslon, Colonel des Canadiens, demanda au d. LaRose quels étoient les griefs quMl avoit contre M'- Gugy ?— Il commença par dé[)loyor vu paquet de papiers remplis des sottises les plus atroces, disant que M'' Gugy avoit forcé les Canadiens à marcher contre les noslonnois, qu'il les avoit menacés de les faire fouetter.

Fin de décembre.

Nouvelles du «iége de Québec.

si ils ne vouloient marcher ; qu'il avoit dit que les Bostonnois étoient une bande de gueux ; que Dugand étoit un coquin, et Levingston un banqueroutier qui s'étoit mis du côté des Bostonnois pour ne point payer ses dettes. M"" Gugy repartit qu'il avoit dit que Dugand étoit un peruquier et qu'il le disoit encore, tout le monde le sachant bien ; que pour ce qui étoit de M. Levingston, qu'il ne le connoissoit pas assez particulièrement pour avoir dit les choses qu'on lu y imputoit.

M. Levingston dit au Sr. La Rose qu'il pouvoit fort se dispenser d'insérer dans ses écrits ce qui le regardoit eu particulier ; qu'il regardoit cela audessous de lui ; que pour ce qui étoit du reste il ne voyoit pas de cause légitime à faire arretter M. Gugy. Il dit au Sr. LaRose de se tenir tranquil, qu'il n'avoit pas besoin de son service et qu'il ne devoit point agir de la sorte ; et donna à M. Gugy un écrit pour faire publier à la porte de l'église, et donner à connoitre au public le caractère du Sr. LaRose: ainsi, M. Gugy fut déchargé des fausses imputations faites contre lui.

Depuis ce temps-là jusqu'à la fin du mois, il a passé des Bostonnois et Canadiens qui vont à Québec.

Nous avons appris diverses fois que M. Montgomery avoit sommé Mr. Carleton à se rendre, ce qu'il avoit toujours refusé ; qu'il s'étoit même addressé aux Bourgeois de la Ville de Québec pour lui faciliter l'entrée, ce qui lui fut pareillement refusé. Eufm, ne trouvant aucun moyen pour entrer dans la Ville, il forma l'escalade le U^ jour de l'année 1776 \ à 4 h. du matin, mais tout le succès qu'il en a retiré c'est d'aller dans l'autre monde chercher les Etraines de cette nouvelle année, accompagné de plusieurs officiers et soldats. L'on nous rapporte qu'il y a eu 430 prisonniers de fait dans cette Action. Les Royalistes n'ont perdu que 2 hommes.

Depuis celte époque il monte des Bostonnois et Gana-

1 Le 31 J. \.\

décembre 1773. {Xole marfjinah du MS. et c'est Ewr.j.

diens aui s'en retournent, les uns la tète bandés, les me, LeaSos-

^ 1 T^ lonnois et leurs

autres le bras en écharpe. J'ai fait rencontre d un Boston- panisaiis revien-

'■ neiu de Québec.

nois qui me dit qu'il avoit laisses le bout de son pouce dans Québec et qu'il étoit bien content de n'en avoir pas laissé plus long.

Le Général Wooster a fait publier une ordonnance pour empêcher de parler contre le Congrès, sous peine d'être ordonnance transporté hors de la province : cette Ordonnance a été ^'« ^^'°°«'«''publiée à la porte de l'église le 14 de janvier.

Tous les jours on nous annonce qu'il vient quantité de Bostonnois des Continents, pour aller à Québec. Les cœurs Bostonnois, ou, pour mieux dire, les Congréganistes, sont bien contents de ces nouvelles, mais cependant voilà la fin du mois de janvier, il n'en est encore arrivé qu'une brigade.

Dans le cours de ce mois, le Frère Alexis^ Recolet du pr^rei, Récofcouvent de Québec, est arrivé en cette Ville. Il nous as- ^l^^^^^l *^"^*'*"' sure que les gens de Québec ne manquent point de vivres et très-peu de bois. Il a été pris prisonnier icy par M"" Price, sous souspicion : — deux autres Frères qui étoient sortis avec lui de Québec ont étés aussi pris et on les a menés tous trois à Montréal.

Le 8 Février il est arrivé en cette ville un détachement ,?, '■^.^''■i?^ .

Trois-Rivières

pour en prendre possession, sous le commandement du occupée par le*

A -.r^r.!! T Bostonnois.

Capit"^ Guillme. Goforlh et M'' Macdugall son lieutenant. Le 9, ils ont fait préparer lesCazernes et s'y sont logés le même jour.

Le 10, le Capit"' Goforth m'envoya chercher pour me lo février, prier de lui traduire en francois une proclamation qu'il comr^'is^skîns des fit publier, à la porte de l'église, le 1 1, qui étoit un diman- «^''i"""""''che. Il en envoya une dans chaque paroisse. Cette proclamation ordonnoit à tous les officiers de remettre leurs commissions qu'ils avoient reçu du général Carleton, et deffendoit de vendre des boissons en détail sans une licence du Gôn' David Wooster.

• Le 12, les officiers de milice de cette ville furent 12 février, ii* remettre leurs commissions au commandant. icr rcmettoMi.

1176. Le 13, if. le Commandt vovant que M. de Tonnancour

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