MÉMOIRE DE BERTHELOT
Montréal avec 100 hommes, envoya au devant d'eux 100 me. sauvages s'emparer des bois par lesquels ils dévoient passer et les attaquer pendant leur marche. Les Américains surpris, après quelques minutes de résistance, se rendiient aux sauvages qui les amenèrent au fort, où ils se proposoient de tous les mettre à mort. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine et qu'à force de présents, que le Gap. F. leur persuada d'abandonner un si cruel dessein.
Le Cap. Foster laissa les Cèdres pour redescendre le fleuve, etapprità Vaudreuilque le Col. Arnold, à la tète de 600 hommes, é loi t parti de Montréal et s'é toit avancé jusqu'à Lachine. Celui-ci se confiant en la supériorité numérique de ses forces résolut d'aller au devant du Gap"» qui sut si bien profiter de sa position en divisant sa troupe en trois, afin de défendre les 3 pointes d'une petite presqu'ile où il s'étoit placé, qu'il repoussa les Américains : et les obligea de se retirer à S'<^ Anne sur l'île de Montréal.
Mais le Gap. Foster qui avoit peu de monde sous ses ordres, se trouvant très embarrassé par le grand nombre de prisonniers, en proposa un échange que le Col. Arnold accepta le 22 mai, et en conséquence lui livra 2 majors, 9 i,e 22 mai. Capitaines, 20 subalt.et 443 soldats Américainsàcondition que les Américains renverroient le 7e et le 26^ Rég'» ; et Arnold donna en otages 4 Gap"''' Améric : qui furent envoyés à Québec ; et où ils dévoient rester jusqu'à l'exécution de la Convention. Mais le Congrès ne voulut point ratifier le cartel sous prétexte que le Cap. Foster avoit traité ses prisonniers avec cruauté. L'histoire absout ce Cap"" de ce reproche. Le Congrès s'en sera laissé imposer parles rapports des prisonniers Américains qui auront représenté comme cruelles les mosiircs de précaution que cet officier devoit nécessairement employer pour surveiller et contenir les vaincus dont le nombre étoit supérieur à celui des vainqueurs.
me. Plusieurs vaisseaux étant arrivés d'Angleterre vers la
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quecoiitreTrois- liu clc mai avcc Dcaucoup de troupes, le Gen' Ciarleton les envoya aux Trois-Rivières. Le Gén' Fraser qui les commandoil, en fit débarquer la h'>'« division à celte ville, en fit monter une autre division plus haut que la ville abord de transports, tandis que le reste rcmontoit le fleuve. Le Géni Sullivan qui étoit encore à Sorel avec un corps de troupes considérable, s'imaginant qu'il pourroit s'emparer facilement de la Ville des Trois Rivières— pendant qu'elle n'avoitque pende troupes, comme il le croyoit erronément et contre tous les rapports, envoya le Gén' Thompson à la tète de 1800 hommes, avec ordre de se rendre à la Riv. Nicoletetde traversera la Pointe du Lac. La nuit du 7 au 7-y juin. t^ jç ji^jjj^ jgg Améric. traversèrent h fleuve et se rendirent à la Pte du Lac. A 4 h. du matin, le Gap"« de Milice Landron, de la P'e du Lac, se rendit aux Trois Rivières et donna avis au Gén' Fraser de l'arrivée des Américains. Ce Gén' fitaussitôt rassembler ses troupes au nombre de 7000 et plaça difTérents piquets aux endroits par lesquels ils pouvoient se rendre k la ville. Il ordonna en outre au Gén' Nesbit de se mettre à la tète d'un détachement qu'il fit débarquer des vaisseaux et d'aller prendre les Américains en guerre, tandis que le Major Grants'empareroit d'un pont, afin de les empêcher de se sauver par la Riv. du Loup. De leur côté les Américains se proposant d'attaquer les Trois Rivières àl'improviste, avoient formé le plan de passer, dès la môme nuit, par les bois, pour venir par le Coteau S'e Marguerite au côté nord. Ils avoient pour guides deux François, Larose et Dupaul \ qui ne connoissant pas bien ce chemin, forcèrent Anr* Gauthier, Cultivateur de la Pt* du Lac, de les guider. Mais cet homme loyal, pour donner le tems à la ville de se prépareràse défendre, feignit de s'égarer, alongea la route des Américains en leur faisant faire d'inutiles détours. Il est
1 M'"* Desbarals les a connus ot m'a dil que son frère m'en cliroil davantage. Le 1er étoit marchand à la Riv, iJu Loup, et le 2d cabaretier à Macbiche, — A. B.
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Certain que sans ce stratagème les Américains auroient me. surpris la ville avant le jour. Ce ne fut que vers les huit heures du matin que Gauthier parvint, avec 7 ou 8 Américains, qui formoient une avant-garde, au pied du Coteau S'e Marguerite, à quelques arpens au nord de la Commune. Le Chevalier de Niverville, qui conduisoil un piquet de 12 volontaires, lesapperçut, allaau devant d'eux et les fit prisonniers. Le reste des Américains parutbientôt après. Le Gén' Fraser vint à leur rencontre avec les troupes angloises et les attaqua avec un feu si vif que les ennemis fui-ent hienlût mis en déroute. Il fit prisonnier leur Commande, le Gén' Thompson, le Col. Trwin et 200 hommes. A 3 heures après midi les Américains avoient perdu en outre 20 bateaux, 28 quarts de lard et 8 canons. Le Gén' Carleton arrivaaux Trois Rivières à 6 h. du soir, accompagné de son frère et de son Aide-de Camp, M>' de Lanaudière. Il fit venir Gauthier et après l'avoir interrogé sur la manière dont il avoit trompé les Américains il lui dit qu'ils auroient eu le droit de le pendre pour n'avoir pas rempli ses engagements envers eux. Cette observation peut paroitre étrange à plusieurs. Je la transmets telle qu'on me l'a racontée.
Le gros de l'armée américaine fit, avec le plus grand Le 9. Retraite
° -i ''•'* Américains.
désorde sa retraite dans un bois marécageux et y essuya toutes sortes de misères jusqu'au lendemain. Mais le Gén' ayant donné oixlre au Major Granl d'abandonner la possession du pont, les Américains s'enfuirent vers Sorel. Ils furent poursuivis jusqu'à C(ît endroit par les troupes du roi jusqu'au 14 de Juin, l^e Gén' Carleton ordonna au Gén' Burgoyne, le second en commandement, de ne point bazarder de combat avec les républicains, jusqu'à ce qu'il eut reçu une autre colonne anglaise pour le renforcer. Ceux-ci profiLèi'ent de ce délai pour se rendre à St Jean, d'où ils traversèrent le lac Chaniplaiu et se rendirent à Crown-point. Leur fiiiliulcs Trois Rivières fut si précipitée qu'ils abandoMuî'rcnt leurs blessés dans le bois. Des habitants de Mathiche en ayant apper(;u quelques-uns, des
1176. citoyens des Trois Rivières les allèrent chercher jusque dans les bois de cette paroisse afin de les faire soigner.
Je ne sais ce que l'on doit le plus blâmer, ou de la témérité et de l'impéritie des Américains dans cette expédition contre les Trois Rivières ou de la mollesse du gén' Carleton qui les laisse échapper des marécages où il pouvait si facilement les forcer à mettre bas les armes, et qui favorise leur fuite. Quelle réponse eut il faite si on lui eut demandé pourquoi il sauvait les armées du Congrès? Cette conduite n'inspira pointde reconnaissance aux Américains puisque leur Whilcomb, qui, en conduisant un parti de batteurs d'estrade, ayant rencontré le Géni Gordon allant à cheval de S' Jean à Ghambly, fit tirer sur lui pour avoir son sabre et sa montre. Le général mourut peu de jours après de ses blessures, et le Congrès ne punit point cet assassinat.
FIN