mouvemeiils de
sauvage lui rapporta, que nous étions tous défaits sans Foster. ii est
c L i J u ^ embarrasse de
exception, se décida de retraiter— Nous apprîmes cette ses prisonniers, fâcheuse nouvelle assez à temps pour que Mr. le missionnaire Terlait ^ et Mr. Lacomhlc se rendirent aux Cèdres — qui amenèrent le- Capt. Foster nous rejoindre avec les 214 prisonniers et nos deux pièces de canon que nous avions prises à l'ennemi — Ne sachant que faire avec ce nombre de prisonniers, nous prîmes le parti de mettre toutes les troupes dans l'Ile-aux-tourtes, et les officiers qui étoient dans le presbytère, chez le curé Beaumont — et tous leurs miliciens dans des granges— Pour le moment nous convînmes de mettre les officiers sur leur parole chez M^* les Prêtres au Lac des Deux-Montagnes, si ils vouloient nous le permettre, ce qui nous fut accordé.^ A mon retour à environ trente arpents de notre camp, j'entendis une fusillade — ^je pris course n'ayant que mon sabre à la main— Arrivant dans le désert je vis huit bateaux chargés de monde de toutes nations commandés par le général Arnold— et le Capt. Foster s'étoit emparé du bois pour s'opposer à leur débarquement — Un Capt. des milices, Pitre de Bouclierville'' chargea nos deux canons et les tira si bien qu'il coula un bateau à fond — ce qui fit que les sept autres drivèrent plus bas que notre camp— Je n'eus que le temps de prendre mon fusil et de dire aux
1 De Torlayft. Prôlre de St. Sulpicc, Missionnaire au Lac. Vuir Noies cl Pièces Jmlificaliccs, CXXVII.
2 II y a ici une lacune, M. do Lorimitr élail probablomoiil alli' au Luc i)Our oblonir la permission d'y io^jer des iirisonniers.
3 Noies cl Pièces Juslifwalivcs, CXX V il I
me. officiers de ne pas mettre le pied hors de hx maison, car ils seroient tons tués — j'en dis antant aux soldats qui étoient dans les granges — et moi et mes sauvages, nous commençâmes une fusillade bien suivie — côtoyant les sept bateaux que le courant entraînoit à la Pointe du marquis de Lolbinière — L'ennemi suivant les apparences perdit beaucoup de monde, car cinq jours après tontes les battures étoient bordées de corps morts. Echange dos Alors uous euvovâmes un parlementaire avec un Gapt.
prisonniers. "' •• .
américain pour proposer au général Arnold de recevoir nos prisonniers en échange, nombre pour nombre — et nous gardâmes quatre de leurs officiers en otage, pour sûreté du traité — et le même soir un convoi de bateaux vinrent
embarquer tous les prisonniers, excepté le Lient ^que
je ne voulus pas comprendre dans la capitulation, vu qu'il étoit canadien.
Le général Arnold brûla la maison du Fort Sene-
ville, appartenant à Mr. Montigny^ Nous reçûmes les
nouvelles par le Gapt. Lamothe et Mr. Papineau qui
avoient laissé l'armée en outre des Trois Rivières après
AT. deLorimier avoir battu Ics Américains — Assurés de la vérité nous
8'avunce contre ,,.,, , ,. ,,
l'ennemi decidamcs a mai'chor pour Lacnme pour attaquer [en-
nemi qui étoit retranché au hangar de Mi' Aine — Etant arrivés dans la grande Anse chez un nommé Portelance/ nous rencontrâmes Ml" Dumillion et M'" Forasonne* marchands de Montréal qui venoient, disoient-ils, pour nous avertir qu'il se rendoit dès le même soir 3,000 hommes à Lachine, pour nous livrer bataille le lendemain au petit jour — Pour moi je n'eus pas le moindre doute de la
3 Blanc dans le manusciif.
1 Notes el Pièces Jusliftcaiices, LXXVI.
3 Pf?re de M. Porlelance, ancien marchand de Montréal.
4 Dumunyon et Carcasonne. J. V — La première lettre de ce dernier nom peut se prendre peur G ; mais elle ressemble plus à F. D'un autre côlé, dans la liste des anglais qui f^ifaienl le commerce à Montréal à celte époque, je n'ai trouvé aucun nom qui pût ofj'rir quelque ressemblance avec ceux-ci.
véritâ, connoissant ces deux messieurs incapables de me. nous tromper— Je fus le premier à proposer au Capt. Foster de retraiter jusqu'au bout de l'île de Montréal avec les deux pièces de canon, et que j'allois prendre le bois avec trois sauvages et me rendre à Lachine en découverte.^
Étant arrivés à la terre de Ignace Ghenier— à présent de Sir John Johnson, nous vînmes ressoudre dans le chemin du Roi— étant protégés d'un verger — où en arrivant nous fîmes trois prisonniers que j'interrogeai sur le nombre d'hommes qu'il avoit au hangar de Lachine— Ils m'assurèrent qu'ils n'y avoient pas plus de 250 hommes et qu'ils n'en attendoient pas un seul de plus— qu'au contraire sachant notre approche— plusieurs des officiers en conseil avoient proposé la retraite — mais qu'il avoit grande apparence qu'ils abandonneroient la place sous peu de temps.
J'arrivai au bout de l'île croyant trouver le Capt. Foster Foster retraite — où j'appris qu'il s'étoit rendu au pied des Cascades et qu'il retraitoit avec grande diligence— pour retourner à son poste — Je ne pus le rejoindre qu'fu Coteau du Lac — où M'' Papîneau étoit rendu — et dans la conversation, M'" Papincau reprocha au Cap' Foster sa retraite si précipitée et sans raison— surtout après les dépositions des trois prisonniers — Il s'ensuivit une dispute bien forte —en ce que le Cap' Foster rejetoit sa défense — disoit-il sur le peu de loyauté des Canadiens^— ce qui fit que tous les Blancs volontaires nous abandonnèrent — Pour moi et mes sauvages — nous le suivîmes jusqu'à S' Régis.
Et je vins à Lacliino quelques jours après et arrivai do m. .lo Lorimicr nuit à la ferme de ma mère— qu'elle avoit abandonnée à \l^"lJ^. """ * la discrétion de l'ennemi — qui tuèrent tous nos animaux sans réserve — surtout la basse-cour — après avoir mis tout le verger en bois de chavitfage — ils s'en prirent pour
1 Noies et Pièces JusUficalices, GXXIX.
2 Noies et Pièces Jnslificaliiu:s, CWX.
284 IMVASIUJM UU CANADA.
me. brûleries cloisons — Ce fut un nommé DonncUy qui ^ni porter plainte au commandant — disant que ma mère étoit une vieille dame — veuve qui n'avoit aucune part à Il reiouriie à la couduite Que ie tenois.
Je retournai à S' Régis où quelque temps |après]Sir John Johnson arriva à nous avec un parti de son endroit assez considérable qui avoit terriblement souffert— ayant été réduit à vivre qu'avecles feuilles des bois— où étant un peu remis de ses fatigues— il se décida de descendre à Montréal — ayant reçu la nouvelle que l'armée devoit arriver sous iivarejoiiuire.à pcu ct jc lo sulvls Ic lendemain de son départ' — f^ton"qun'^ml Arrivé à Montréal, j'appris que le général Garleton éloit à vlau. ''^ """' Longueuil et lui demandai ses ordres et à qui j'avois à répondre — Il me dit que pour le moment je ne recevrois mes ordres que de lui et de me rendre à Laprairie où mes Sauvages étoient rendus. Le lendemain je me mis en marche pour S' Jean — Etant en dehors de la Commune — je fis halte pour rassembler tout mon monde; pendant ce temps le général Philips de l'artillerie et le brigadierFraser^ me firent appeler avec un porte voix. Je me rendis, et Mi" Charles Lanaudière aide-de-camp, m'annonça aux deux généraux, qui me dirent qu'il leur étoit enjoint de la part du général Carleton, de se consulter avec moi de la façon d'investir S' Jean en tâchant de couper la retraite. Je fus confus de leur confiance et je pris la liberté de leur dire que je me chargeois de couper la communication de l'ennemi— qu'il avoit à un mille plus outre que le Fort S^ Jean deux pointes vis-à-vis l'une de l'autre, qui rétrécissoient la rivière, au point qu'avec des pistolets l'on pouvoit toucher un homme au milieu, et que j'allois prendre poste des deux côtés de la rivière — la nuit — avant que nos troupes se présentassent à l'ennemi.
1 M. Viger a lu comme suit: "et jo le suivis. Le lendemain de son " départ — arrivé à Montréal, kc."
2 Notes el Pièces JuslificaUoes. GXXXI.
3 Noies el Pièces Juslificalives, GX-
MEMOIRE DE LOIUMIER. 285
Mon plan fat approuvé — Alors M. Lanaudière mo dit de m«, me rendre en avant de l'avant garde — Etant rendu où il m'avoit dit, il annonça avec un porte-voix, que par ordre du général Carleton, que M'' leChevalier de Lorimier éloit nommé pour commander et conduire les Sauvages, où il n'avoit que rendre compte de ses missions qu'au général Philip et Fraser ; après quoi, mon grand Chef de guerre, par mon ordre, chanta sa chanson de mort. Quand nous fûmes rendus à la Savane, nous apprîmes que l'ennemi étoit retiré et avoit mis les feux au fort S' Jean et tout fut arrêté.
Je revins à Montréal où le général me donna ordre de congédier mes ^ sous huit jours — Après je reçus ordre d'accompagner le Gapt. Boucherville avec un parti canadien et sauvage pour engager les habitants ^ de la rivière à la Loutre ^ et les environs, àgarder la neutralité ; mais nous trouvâmes tous les maisons d'un bouta l'autre [vides] tout monde de cette partie s'étoit sauvé. Nous mîmes des affiches engageant tout les continents* de revenir dans leurs habitations.
De retour à Montréal, le général m'ordonna d'aller au cark-ion iw- Sault S' Louis pour leur accorder un pardon général de '^,'^'"'.^ du^sa^ui" leur mauvaise conduite, car le major Carleton^ qui aimoit '^'- '^'""'*bien les Sauvages, envoya des gens du Sault à l'Ile-aux- Noix, à l'insu du général, disoit-il, pour faire quelques prisonniers— cl quoi ils avoient réussi à détruire un bateau d'Américains tués et pris— ce qui les remit dans les bonnes grâces de Son Excellence qui m'envoya donc leur pardonner— et le major prit la conduite des Sauvages pour la campagne proposée — et après toutes mesures prises — ^je reçus
1 Blanc (l.uis lo maiiusci'it. Mes Sauvayrs ?
2 Ilaijitaiils américains. J. V.
3 NoUs d Pirccs Juslificalivcs, CXII.
4 On <lôsif,'nait I année aim-ricaino, sous lo nom (Varnire conlinenlale. Lo |)0U|pli3 a|)|»i'lail proljahlomunl cunlinents les liabitunls U^s (ians lus uncionues culonios anglaises.
5 Nules cl Piùces Juslificalivcs, GXXXII,
me. ordre de rassembler tous les Sauvages de S^ Régis et du
Lac des Deux-Mou lagnes,où [nous] nous rassemblâmes à S* Jean avec les gens duSault S<- Louis et ce ne fut pas sans peine que nous pûmes préserver les Sauvages du Sault S' Louis des insultes des autres nations, quoiqu'ils fussent venus au-devant de nous à Quinzc-Chiens^ — où j'obtins de mes Sauvages leur grâce — car ils étoient décidés à regarder la nation du Sault comme ennemie du Pvoi. campngne de Lcs troupcs api'ès uu cspacc de tcmps s'embarquèrent à S'
Oîirl<-um sur le , i o t-' ii /-^ i .
lac champiriiii. Jcausous Ics oi'dres dc Sou Excellence Garleton et nous reçûmesordred'escorter latlotte et^ canots d'écorce.
Le général donna le signal qu'il découvroit la flotte à rîle Valcourt. Nous forçâmes de nage pour gagner la terre ferme, et M"" Charles Lanaudière débarqua dans l'île — 011 il arrêta le feu d'un petit bâtiment — que ses volontaires firent un feu si suivi que pas un seul ennemi n'osoit paroître sur le pont. Nous — de notre côté — nous avions affaire au bâtiment que commandoit le général Arnold — que nous serrâmes de si près, que tout son monde se jeta à fond de cale et le laissa seul sur le pont, ce qui le rendit si furieux que l'on assure que les blessés qui se plaignoient de leur douleur, qu'il en jeta trois à l'eau ; ce que je n'ai pas vu. Mais il- prit un porte-voix et hèla un vaisseau et leur dit de faire feu sur ces damnés Sauvages, ce qui fut exécuté à la lettre — et uu coup de canon culbuta une cheminée de pierre, et du mortier de terre qui écroula sur le Lient, de Bleury qui causa une espèce de réjouissance par les éclats de rire, voyant cet homme courir comme si il eût toute la cheminée sur le dos.
L'affaire ne put se terminer — la nuit étant venue nous arrêter, mais la flotte Américaine étoit bien endommagéeayant perdu leur plus beau de leurs vaisseaux, qui se nommoit " Royal Sauvage " qu'ils nous avoient pris à la capi-
1 Voir p. 277.
2 En. J. V.
ïes.
MÉMOIRE DE LORlMIER. 287
tulation de S' Jean. La nuit élant très obscure, l'ennemi me. retraita par devant le camp sauvage — sans que personne s'en aperçût— quoique je prévins le major Carleton qu'il seroit à propos de mettre un de nos petits canots en observation au milieu de la rivière; c'est-à-dire entre l'île et terre; mais il crut que cela n'étoitpas nécessaire. Pour moi je n'avois plus rien à faire que d'obéir; le lendemain, l'ennemi fut poursuivi mais sans action, leurs vaisseaux se jetèrent en côte sitôt qu'ils aperçurent notre flotte — Ainsi finit la campagne de 1776.
Dans l'hiver de 1777, le général Philip me dit en pré- mi. sence de M. Macline et M. McKay > qu'il désireroit d'avoir Phiiipps °tMm"e' des nouvelles de Carillon et du Fort George, qu'il yavoit veVsIe larôeôr! entre les deux Lacs un nommé Adams, royaliste — c'estde cet homme que l'on ponrroit tirer des informations vraies. Je lui dis que je connaissois cet homme et quejepouvois entreprendre le voyage. M. McKay dit qu'il se joindroità moi avec un parti de blancs. Nous prîmes la résolution de nous échapper de Montréal secrètement pour nous rendre à St. Régis, pour avoir des sauvages de l'endroit, ne voulantpas nous fier aux Sauvages du Sault St. Louis. J'emmenaiavec moi les Lieuts. Soumandre et La Ronde, tous deux du Department sauvage avec douze sauvages de St. Régis et 10 Courtes-oreilles.
Nous travei'sâmes toutes les montagnes pour nous rendre à l'entrée du Lac George où nous arrivâmes le 20 de mars— et peut-être une heure après, ce nommé Adams passa près de nous avec deux soldats Américains qui conduisoient do jeunes chevaux à la Pointe-de Sable pour chercher leur nourriture — Nous prîmes les trois hommes que je préservai des insultes des Sauvages — ce qui occasionna qu'un me dit que j'étois un cœur lâche, que je craignois l'ennemi. — A l'instant j'aperçus sept hommes sur la glace mais bien au large. Alors je mis la main sur l'épaule du Sauvage je lui dis : "Voici l'occa-
I M. Vigor n lu, M. Samuel McKay. Voir No(e CVI.
.288 Invasion bu canada
im. " sion où il faut que tu prouves que je suis un peureux"-— et lui montrai les sept hommes sur la glace— "Choisis cinq "braves, et toi ec moi— et allons les attaquer" — Il s'excusa, mais néanmoins il forma le nombre de sept, nous compris, et nous nous avançâmes par le bois— jusqu'à une pointe où l'ennemi passeroit près de terre — où nous vîmes au lieu de Thommes, c'étoiti? — tous carabiniers. Je trouvai le danger évident et alors je leur dis: "Qui est celui qui veut se " mettre chef du parti pour que vous ayez rien à me repro- " cher ; mais si un met le pied sur la glace je serai le " deuxième"— Un dit — '•'■Moi. je me mets clief^ je connais cet " endroit : V ennemi que nous voyons va camper à la Pointc- " de Sable et nous irons les surprendre cette nuit — mais
[La suite de cette narration est malheureusement perdue. Dès 1827, les efforts de M. Viger pour la retrouver ont été inutiles.]
Nouveaux Eu 1777, j'ai fait la campagne du général Burgoyne dettmie?. ^^' étant sous les ordres du Col. Campbell, et ordonné de marcher en avant de l'armée jusqu'à Carillon, où trois jours après notre arrivée— le brigadier Fraser m'ordonna d'aller découvrir l'entrée du lac George, où n'ayant rien vu de conséquence, je me décidai — avec cinq sauvages affidés — d'aller découvrir le Mont Dépendance ^ où je trouvai un endroit par des petits détours d'où je crus qu'il seroit possible d'y mener quelques pièces de canon sans grandes difficultés —
J'arrivai donc à la vue de Carillon où je trouvai une place avantageuse pour y placer une batterie où l'on pouvoit jeter des pierres dans le fort— et en m'en revenant, moi et mes sauvages nous plaquâmes les arbres où nous jugions que l'on pouvoit y faire un chemin — A mon retour, je rendis compte de ma découverte au brigadier Fraser, qui, le lendemain, me renvoya avec un parti de sapeurs et des sauvages pour découvrir les petits bois — ce que nous fîmes en deux jours — Mais nos gens
1 Indépendance? Ce n'est i)as le Mont Ind('"pcndance, mais .S'î/r/fl/' /M.— J. V.
MEMOIRE DE LOUIMIER. 289
lie poiivoiuiU pas faire leur plate-foi-mo sans être ai>errns —ce qui occasionna que l'cunemi abandonna la place dc's la nuit suivante— et le Brigadier se mit à leur poursuite si promptement que je ne reçus aucun ordre ni de lui ni du général Burgoyne.— Je suivis le gros de l'armée sans savoir où nous allions.— Nous arrivâmes à la baie Dasldnc ' où je commandois tons les sauvages — Le Col. Campbell Ji'avoitpas encore rejoint—
Alors je reçus ordre du général Burgoyne en personne, do marcher pour protéger la retraite du brigadier Fraser et ses blessés qui étoienten grand nombre— Je partis pour exécuter l'ordre, mais à peine fûmes-nous à deux lieues, qu'un courrier vint m'apporter ordre de revenir sur mes pas pour aller du côté du fort Anne— au secours du vingtneuv'ue régiment qui, pour bien dire étoit abîmé— et nous ne pûmes le servir que pour protéger leur retraite— d'où je m'avançai sans pouvoir les rejoindre, tant que les cris de mes sauvages les avoient effrayés — et la môme nuit'^ ils abandonnèrent leurs fortifications —
J'envoyai le Capt. Lamothe rendre compte de l'affaire etje reçus ordre de revenir rejoindre l'armée —et nous nous mîmes en marche le lendemain [M^m- Sarosteau ; où je reçus ordre d'aller sous le commandement du Col. Boun ^ du côté de Bdlenciou \ qui avoit oi-dre d'avancer jusqu'à ce qu'il fût repoussé — ce que nous fîmes avec succès' repoussant toutes les ambuscades — Mais en arrivant aux côtes de Bdlenclon, je trouvai une opposition d'un nombre considérable d'ennemis, — ce qui me décida de faire halte et j'écrivis au respectable Col. de faire diligence—ce qu'il exécuta, fesant marcher sa troupe toute la nuit, — et arriva à nous au petit jour— et jugeant par Iwi-même du grand nombre d'ennemis, iT résolut de
I dAt.slànc, .1. V. du Sl.aie y Voir X„ir.,, .■(.•, XIV. i BcaiiiDi', ,f. V.
•i 13oiiiiiiiî.;tuii, .). V.
mander du reiil'oi-t à l'armùc, el poiulaiit ce temps, nos troupes se forlifioicnt à la hâte et placèrent deux pièces de canon en batterie — Le deuxième jour nous reçûmes réponse qui nous annonçait le major Baniair ^, à la tête de 500 hommes de renfort —
Sur cette nouvelle— les sauvages me prièrentde proposer au Col. de se replier sur le renfort dans la nuit, qui étoit très obscure, répondant de couvrir sa retraite — Je fis la commission — et le Col. me répondit que les sauvages pensoient très bien, et qu'il en étoit très reconnaissant, mais que ses ordres étoient si strictes qu'il ne pouvoit reculer qu'il ne fut mis hors d'état de défense— Je n'en dis rien à personne, car tous nous auroient abandonné, volontaires et sauvages — Le lendemain à huit heures du matin, nous aperçûmes un grand mouvement, et vîmes que l'ennemi se préparoit pour nous attaquer — Je m'emparai d'une hauteur, où étant avec mes sauvages, j'entendis quatre coups de fusil sur notre [droite], autant sur la gauche et quatre en arrière de nous — Ne doutant pas que ce ne fût le signal d'attaque, je fus trouver notre Col. et lui proposai d'aller en avant sur la colonne de la gauche, avec mes sauvages — que peut-être aurions-nous la réussite de les mettre en déroute —Le Col. approuva mon plan —
Je me rendis à mes sauvages et nous marchâmes environ dix arpents, que nos sentinelles perdues furent tuées à peu de distance de nous — Mes sauvages se replièrent sur notre camp — il n'y eut que le nommé Jakonowe [?]. sauvage du Sault St. Louis, qui me suivit — où étant aperçu de l'ennemi, nous [reçûmes] une fusillade assez considérable — mon sauvage, à la course, et moi, je me jetai bas pour laisser passer la décharge — et je me sauvai sans mal, où je rejoins mon.parti que je trouvai en désordre — Le Col. étant sérieusement attaqué, je ne pus faire marcher qu'environ 150 hommes — J'envovai Martin Ilasaregoua qui revint —
1 Breynian, J. V,
me disant que le nombre étoit Lrop considérable pour tenter une attaque —
Je me retirai sur la gauche et Martin prit les devants pour découvrir, me disait-il — je ne l'ai revu qu'à Sarasteau — Je continuai ma route, me flattant que je pourrois les surprendre par derrière — et pour cette effet, je franchis une clôture où je tombai dans une vallée assez creuse, où je rencontrai l'ennemi de la colonne de la gauche — Je fis lo cri de guerre accompagné d'une décharge ; mais nous en reçûmes une de la colonne de l'arrière qui rejoignoit celle de la gauche. Heureusement pour (nous) que l'ennemi se méprit, se tirautTun à l'autre, se méconnoissant — et tous les coups se passoient audessus de nos têtes, de façon qu'étant serrés de tous côtés, nous ne pouvions pas reutr(3r dans nos camp.
J'ai oublié de dire que le major Campbell m'avoit accompagné comme volontaire — Je n'eus que le temps do lui dire : "Gagnons le renfort" — ce que nous fîmes à toute course. — Hors de danger, je m'aperçus que j'avois un homme de moins, et mon pauvre major tombé en pâmoison— ce qui nous retarda, ayant été obligés d'arrêter pour ramasser à la hâte des bluets et d'en faire manger au major — ce qui le mit en état de continuer sa route — Et à très peu de distance nous rencontrâmes le major Barnem^ (\m fit mettre paquets bas, à sa troupe — qui fit marchera pas redoublés ; mais à peine eûmes-nous fait six arpents le long d'un rocher très haut, que nous reçûmes une décharge de mousqueterie terrible par des traîtres qui, deux heures avant, étoient dans nos retranchements comme ainis, sur la recommandation du major Asklnne ^ — Ces misérables firent un feu terrible sur nos troupes, sans pouvoir nous défendre, la côte étant trop à pic pour leur faire; le moindre mal —
1 Bioyinati.— J. V.
2 SliCfii. Cf. Tcinnin Oculaire, p. 21
191 INVASION nu CANADA.
Alors le major me pria de monter sur la raoïUagnc — ce que je fis avec mon petit parti, où en arrivant près de ces scélérats,que je pris pour amis, ayantdes cocardes de papier à leurs chapeaux, que nous leur avions mises pour les reconnoîlre dans l'action — Alors je leur criai : Qui va là ? Ils me répondirent : Amis — Et firent feu sur nous — Les sauvagesfiren tlo cri de guerre et sans que je pusse toujours les persuader que c'étoit une méprise, mes sauvages s'éloignèrent de moi, se serpentant ici et delà — que je me trouvai seul — J'avançai du côté ofi renuemi s'étoit retiré — et je vis un homme qui venoit à moi — Je lui criai: Qui va-la? — Il me répondit: '^ Ami'" — en continuant sa route — et moi de mon côté, j'avançois sur lui ; mais me méfiant do trahison, je préparai secrètement mon fusil et récidivai le mot : '- \S'ho is therc ? "' — décidé de le tirer s'il avançoit davantage, mais il me prévint — disant: '■'• Congre ss"" — il lâche son coup de fusil sans le mettre à son épaule — et dirigea si mal son coup qu'il mit sa balle dans ma jamhe '■ — Je le lirai à mon tour et lui plantai ma balle dans l'estomac — et me mettant un genou en terre pour visiter ma blessure — et me disposai de me rendre à mon homme pour voir si il étoit mort ou vivant — que je vis environ GO hommes qui venoientsurmoi — Je pris la fuite en boitant, mais voyant que ma jambe résistoit, je dégradai l'ennemi en peu de tem-ps — Alors ils tirèrent plusieurs coups de fasil sans succès — En arrivant à la réserve, je retrouvai le major Campbell et le major Barnain. blessé à l'épaule, et son parti entièrement défait — Je retrouvai aussi mes sauvages qui m'amenèrent un cheval pour me rendre à Sarastoga —
Et comme l'os de ma jambe était fendu, les docteurs décidèrent de me renvoyer à Montréal — d'où quatre jours après, le brigadier McLean vint me trouvera mon logis, et m'assura que quatre jours après mon départ deSarastoga, les sauvages m'avoient suivi etétoient rendus au SaultSt. Louis — Il me pria de tâcher de me rendre à leur village et de faire mon possible poui' envoyer un parti sauvage au
MÉMOIRE DE I.OUIMIKI!. ÎD3
Général Burgoyiio — Et pour le voyage il me fil rnellre dans une charrette sur un lit —
Rendu au village, je fis rassembler le Conseil— Et pendant ce temps je fus parler à mes hommes de confiance qui étoient Taiauik et Te hcosemre n ioii^ - ellcuv fisvoirla nécessité d'avoir des découvreurs à l'armée — lis me promirent de faire leur possible — Le Conseil rassemblé je leur [fis] voir en peu de mots, la nécessité d'envoyer des découvreurs dans l'armée, leur disant; " Vous voyez ma situation, il "■ m'est impossible devons accompagner comme j'ai tou- " jours fait", mais pour leur prouver mon estime, je leur donnai mon frère Ghamilly, pour les conduire, espérant qu'il agiroitenvers eux aussi bien que moi pour les conduire — Ils consentirent aux conditions que j'accompagnerois le parti jusqu'à St. Jean — Sur ciHto [troposition, de dessus mon siège, je chantai la guerre, leur assurant que je les accompagnerois oiî ils jugeroient nécessaire — et ne les laisserois toujours qu'avec peine — Je finis ma chanson — Mon frère chanta la sienne, et mes deux sauvages affidés qui furent suivis de soixante autres — et le lendemain nous nous rendîmes à St. Jean, moi sur un cheval avec des cordes passées dans le col, un bou+ de planche et des oreillers sur quoi reposait ma jambe — Le tout conduit par le nommé Martin, qui me ramena de la même façon, à Laprairie — et un canot me ramena à Montréal — Malgré toutes ces précautions, ma jambe se trouva si enfiée jusqu'à la hanche que (je) fus deux jours sans pouvoir uiiner — et sur la recommandation du brigadier McLean une assemblée de docteurs fut ordonnée
— qui me donnèrent force saignées et tisanes émollientes
— ce qui me débarrassa du principal mal — car la jambe resta toujours enilée et très noire, au point que les docteurs pour dernier essai, avant de la couper, jugèrent à propos de faire une incision à ma jambe, c'est-à-dire, de la fendre en ([uatre vis-à-vis de ma blessure, environ lui
I 'l'ekn cnar iiinn .' p. '•!'.0.
m7. pouce et demi et de gratter l'os, où ils ne trouvèrent rien de gâté — et retirèrent tous les petits morceaux d'os qui s'étoient détachés — et après huit jours de grands soins des docteurs, ils m'annoncèrent que je garderois ma jambe, m'assurant qu'en peu de temps, ils me guériroient.
1780. Nouvelle j^^i 1780, Ic 10 juillet, 16 reçus ordre du Col. Campbell
mission confiée •" /-, i ,
à M. de Lori- ^e me rendre à la Rivière La Colle — sur rapport qu un X)arti ennemi etoit passe la veille — Le que j exécutai bien promptement sans rien voir qui me parut aucune trace de l'ennemi.
A mon retour le Col. Campbell m'ordonna de me rendre au Sault St. Louis et de lever un parti d'environ 60 guerriers et leur communiquer mes ordres — que je les commanderois — et je n'eus pas fini mon discours qu'au moment de mon départ il [y] avoit cent volontaire de prêts à partir, t^e fus rendre compte au Col. Campbell que mon parti se montoit à 100 hommes — que s'il jugeoit me donner ordre de faire rentrer une partie des volontaires — ^je les arrôterois pour cause — Il me répondit de ne pas refuser aucun qui voudroit m'accompagner — Alors je me rendis au Sault et j'assemblai le village et j'annonçai mon départ en chantant ma chanson de guerre— ayant un collier de porcelaine de 2000 grains, et leur dis dans ma chanson que je risquois ma vie pour remplacer mon défunt oncle Hossorogothon et leur dis suivant leur usage : Que ceux qui m'aiment me suivent. — Le lendemain je me (mis) en marche avec vingt hommes dans deux canots et fus coucher aux Cascades — mais quelle fut ma surprise de rencontrer tous les sauvages des trois nations du Lac des Deux Montagnes qui m'attendoient et tous les sauvages du Sault qui vinrent me rejoindre, dans la nuit— Le lendemain je partis pour me rendre à St. Régis où je couchai le deuxième jour — à la demande démon parti — mais les sauvages de l'endroit se proposoient de me suivre et le Lient. Johnson du 29^ — qui commandoitce village— voulut
MÉMOIlJf] DE LOHIMIER. ^95
retoiiii'cessaiiv;igos — leur disant que mon [laiii éloil déjà nso. trop fort —
Le lendemain je partis, et j'arrivai à la Galette le Difficultés qu'il deuxième jour — où je fus reçus assez froidement de la part des officiers de notre département — excepté du Gapt. Robinson — Le lendemain j'aperçus des canots qui venoient en chantant la guerre, c'étoient les sauvages de St. Régis qui me rejoignoient — mais la jalousie ne pouvant plus se cacher au point que Ton refusa à mes sauvages l'entrée du Fort — que je fus obligé d'aller camper avec — sur la Pointe — n'ayant reçu aucune invitation de ces Messieurs. Le lendemain matin — le Capt. Robinson vint me trouver et me ditqu'ilavoilétéau moment d'avoir une affaire d'honneur avec le Capt. Fraser — qui insultoit la conduite du Col. Campbell de m'avoir donné un commandement si considérable, et qu'en conséquence, il me conseilloit de partir le plus tôt possible — qu'il ne doutoit pas que le Capt. Fraser feroit tous ses efforts pour détourner mon pai'ti — au moins des trois quarts — pour les envoyer du côté de la Rivière Noire sous les ordres du Capt. Crawforth — Sur cette intelligence — à l'instant même — je fis mettre mon canot à l'eau et m'embarquai sans rien dire à personne et poussai au large debout dans mon canot — avec force nage — je chantai ma chanson de mort, mais nous ne fûmes pas à demi traversée — que je vis tout mon parti à ma suite — avec des cris de joie et de grands éclats de rire et de huées pour seule réponse au Capt. Frazer — qui étoit sur le bord, les appelant en conseil pour les retenir — et nous— après être tous rassemblés nous nous mîmes en route —
Vers midi — un moyen canot vint passer près de nous dans lequel étoieut le Capt. Crawforth, /.('o/icf — intcri)rête — sept canadiens voyageui's qui nous dépassèrent — en noiis saluant avec une bouteille à la main — mais je pi-is cette manœuvre itour plaisanterie — pensant qu'ilsalloionl m'attendre un peu plus loin et me donner quelque ordre ou li;tlre [lour l'ile Carleton ' mais le canot roiilinua sa
I Ntila cl l'ircrs JusIif'icalivi'S, CXNXIIF.
im IXVASION DU CANADA
ir-o. jouLc. .l'arrivai à l'îlo C.'ii'lelon sans \o\v personne du canot.
J'avois un Mohawk dans mon parti qui pronicltoit de nons condnire dans une contrée ti'ès avantageuse — et comme j'avois carte Llanche je ne don lois pas d'une grande réussite— mais le lendemain tous mes projets Turent anéantis— Mon sauvage vint à ma tente bien soûl et me dit que le Capt. Grawforth étoit venu à notre poursuite, pour le ramener à la Galette — pour guider un gros parti par la Rivière Noire jusqu'à Coiiaer — et qu'il lui promeltoit une grosse récompense pour ce service. Mon homme laissa sur le champ — que n'ai pas revu ni Graw forth — ni entendu parler.
L'entreprise Poui' mol je m'cmpressai de partir — crainte de quelque
contre Coriaer ■' '■ '■ i ■ ^ r-T ,
est abaiidoiiiii-e. autre superclicne ou tranison. Je me rendis a Sacketts Bay, où je mis mes canots en cache. Je rassemblai mes chefs et leur montrai un papier — leur disant que c'étoienfc mes ordres— qui étoient d'aller à Corlaer pour détruire toute cette contrée— Mes chefs m.e dirent que c'étoit impossible d'entreprendre cette route faute de chaussures — mais que nous irions au fortStauike '
Cette annonce me déconforta, quoique ce qu'ils me disoient étoit très juste — mais néanmoins, je me voyoisàla tête de 300 hommes peut-être — pour surprendre deux ou trois pauvres misérables— et les faire prisonniers —
Pour consolation, je communi(jnai mon chagrin à ma tribu en leur faisant voir que ce seroit une honte pour eux et pour moi de reparoitre devant nos supérieurs avec un si triste succès. Mon chef me dit de me reposer sur le zèle de mes guerrici-s '■'■ qui seront toujours prêts à te suivre '' partout où tu iras " au moins ceux de ta tribu — que si je n'élois pas content du succès que le maître de la vie nous préparoit, que nous continuerions notre campagne — au moins notre tribu — Je les remerciai de leur bonne volonté —
1 Sliuiwix. Vuii Nolcx ri Pircex Juilifimlicc.s,C)i\Xiy.
MÉMOiat; DE LOIilMIliH. 297
Etant arrivé près du fort Slaniko je pris quelques jeunes nso. iiîedi.
-,-,■,' ■ ^ 1 \, • tige ver» le fort
gens pour aller découvrir la place— Mais en route nous stanuix. trouvâmes despistesfraîciiesdanslesplaces humidesqu'alloient et venoient — Mes sauvages me proposèrent d'aller voir où elles aboutissoient — Nous arrivâmes dans une prairie où nous trouvâmes 36 faux accrochées dans les brandies, et une porche sur deux fourches pour poser des armes — Je ne doutai pas que le nombre reviendroit le lendemain— De retour à mon camp — ^j'ordonnai à mon Lieut. Sommander — homme de confiance — de préparer un parti de soixante hommes, d'aller le lendemain attaquer ces faucheurs et si l'ennemi faisoit quelque sortie sur eux de retraiter sur la Rivière pour les engager à le poursuivre en me donnant le temps de leur couper la retraite et de les mettre entre deux feux.
Le lendemain — les faucheurs et leur garde qui se montoitàSS hommes — furent attaqués par les nôtres sans trouver la moindre résistance — ne faisant que fuir — Comme l'attaque se fit au moment de la parade — ce qui fit que toute la garnison s'empressa d'aller au secours de leurs gens — la place [ne] se trouva gardée que par dix hommes d'artillerie etquelques sauvages oncyouls et six du SaultSt. Louis et malheureusement sans prévoir leur inconséquence, je me montrai sans le vouloir — pour découvrir leur manœuvre — d'où le Colonel me vit et tira un coup de canon, et chose extraordinaire, je vis le boulet qui venoit sur moi et en le veillant pour le parer — il frappa la terre dix pieds devant moi— je me jetai bas et je fus couvert de terre et tout étourdi — Mon chef llonawiio qui me crut mort en fit le cri et tout mon monde qui éloit venire à terre se levèrent voyant le coup manqué — nous fonçâmes sur le gros du renfort où nous leur tuâmes beaucoup de monde sans résistance — Mais nous les poursuivîmes de si près qu'un algonquin en prit un sur le pont-levis et l'autre entre la boutique du forgeron — ce dernier fut blessé à l'épaule— Notre réussite se termina par 38 prisonniers et dix clicvelurcs — J'eus quatre hommes de blessés,
nso. et si j'euscrusque toute la garnison ctoit [sortie ?]je pouvois entrer dans leur fort avant eux.
M. de Lorimier Dc retour à Moutréal, le col. Campbell me lit partir dès
fiSl envoya à«A • r^ >■ ^ ^ . ''
Quei.ee, où il le munie soir pour QueDec— pour rendre compte au geneloiiii-e maïa'ie. j.^^^i Haldimaud de ma mission qui me retint deux jours auprès de lui — Etant de retour à Montréal, je fus encore ordonné de repartir pour Québec avec des Chefs des six nations — où étant en conseil cliez le général Haldimand avec ces six nations — je me trouvai si exténué que je fus obligé de demander un siège — me trouvant bien mal — Le général Haldimand eut la complaisance de me faire conduire à mon logis, et d'ordonner une assemblée de docteurs qui jugèrent à propos de me saigner ce qui me mit si foible, que si les saignées eussent continué j'aurois été en peu de temps dans l'autre monde — Le docteur Kennedy me renvoya à Montréal m'ordonnanl le lait de jument et d'aller tous les jours à cheval — ce que je n'ai pas pu endurer par les douleurs que cela me causoit — Les docteurs de Montréal l'ccommencèrent les saignées pour me tuer — si le docteur Black n'eût [)as fait cesser — et mis les mouches entre les deux épaules— m'assurant que c'étoit une inflammation causée pour avoir porté' mes vivres sur mon dos — dans ma couverte — dans les grandes chaleurs de l'été— et c'est le seul qui ait pu me réchapper avec de l'eau de riz et le vin de Madère. Ainsi finirent mes services mililaiix'S dans la guerre de 1775 cà venir à l'année 1780.
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