II. T. Cramahe
VivK LK Roi. (Gazelle de Qtuihcc, fic.)
2 L'i'tnl majdr des mili(H;s <lo QiKîhoc nn fui iioiniixi que pltisiciirs soiiuiiiK^s iipivs cfiini de. Montn-ul. Cl'. Gaziltr de Québec, N"' du fi juillet et du 7 sei)leii»bre 1775.
qu'ils avoient eu raison de prévenir les Canadiens, qu'ils auroient le gouvernement françois, et qu'ils seroient sujets aux lettres de petit cachet — Cependant le Général Guy Carleton n'ignoroit point tous ces discours séditieux, < mais il ne fit aucune démarche ny punition pour en arrêter les progrès, — Il fit envoyer des ordres dans les campagnes pour rétablir la milice, et mettre les habitants en compagnies, — Il s'y commit également des injustices et la majeure partie des habitants se trouvèrent mécontents— et môme plusieurs paroisses ne vouloient point .recevoir leurs officiers — Si les milices eussent resté sur l'ancien pied lors de la conquête du Canada au lieu d'avoir fait des Baillis ^ — il y auroit eu beaucoup moins de difficultés— En outre — plusieurs marchands anglois qui étoient à Montréal refusèrent de se former en compagnie et de servir comme miliciens, mais William Hey — Ecuyer — Juge en chef "' — qui étoit à Montréal depuis peu de jours — leur fit une remontrance qui fit un bon effet, comme étant obligés de donner l'exemple aux Canadiens, — Alors il se soumirent la plus grande partie, — Le Général passa les milices de la ville en revue — où les Canadiens luy témoignèrent avoir beaucoup de satisfaction de servir sous ses ordres, et ils paroissoient bien disposés à remplir leurs devoirs, et à repousser les Bastonnois, s'ils faisoient une nouvelle tentative dans la province *.
Imprudence Lc Général envoya dans les campagnes plusieurs jeunes laJomè! ^^' ^^ gens — plus étourdis que sages — pour passer les milices en PQvue — Le S^ Lacorne * fut envoyé à Terrebonne pour cet effet — Tous les habitants assemblés témoignèrent de la répugnance à se mettre en milice, parce qu'un d'entr'eux leur avoit lu la lettre du Congrès en date du 26 Octobre 1774.
1 Noies et pièces juslificalives, XXVI.
2 Noies eti pièces juslificalives, XXVII.
3 Noies el pièces juslificalives, XXVIII.
4 Notes el pièces juslificalives, XXIX.
Alors le S'' Lacorne les menaça de les faire mettre en prison et aux fers, et qu'il euA^erroit les troupes du Roy pour les faire châtier— de manière que son zèle le poussa si loin qu'il parla avec un ton de maitre et frappa deux ou trois habitants — surtout un vieillard — et partit en colère pour porter ses plaintes au Général — en leur disant qu'il reviendroit avec cent hommes de troupes pour les piller— Aussitôt son départ plusieurs habitants des paroisses de Terrebonne, Lachenaye, la Mascouche, de Repentigny s'assemblèrent au nombre d'environ trois ou quatre cents— et se transportèrent au passage de Lachenaye pour s'opposer au passage des troupes que leur avoit annoncées le S'' Lacorne, mais le Général blâma entièrement la conduite du Sieur Lacorne, et envoya un officier des troupes qui tranquillisa les esprits — et fils] s'en retournèrent paisiblement chacun chez eux.
James Price ^ qui étoit un marchand de Montréal et ^ ir„ n,a,.,,,,„„d qui y avoit fait sa fo]-tnne— étoit parti dès le printemps tnil'.Tè'ftîl' ^' pour la Nouvelle Angleterre— sans doute pour conférer con''rès-s!" avec ses amis sur le plan qu'il conviendroit pour atta '"'""^es. quer le Canada— Il arriva à Montréal après la prise de Carillon et de la barque à St. Jean,— Il assura les Canadiens que le Congrès étoit mortifié de l'insulte qu'Arnold et Allein avoient faite au Canada, que le Congrès les avoit mandés pour les faire punir, — il apporta une lettre du Congrès pour tranquilliser les Canadiens*, — Tout ceci n'étoit qu'un jeu et que pour mieux tromper les Canadiens — puisque les Provinces-Unies levoient des troupes dans ce temps, pour faire une expédition dans la * province de Québec. Le Général interrogea James Price pour tâcher de connoître la vérité, mais il fut également trompé, — Il obtint la [)ormission pour descendre à Québec, où il resta (juelque temps, après s'être assuré de la
1 Nnlcs et pircrsjuslificalives, XXX.
2 Noies el pièces juslifîcalivcs, XXXI.
disposition des mauvais sujets de la province et [avoir] pris toutes les connoissances qu'il désiroit — il déserta et se rendit à Boston et de là au Congrès où il rendit compte de sa mission et de l'état où il avoit laissé la province de Québec.
. M. Carieton Après que le Général Guy Garleton eut établi les
fait prendre les •■,. , -, . -i • •. -, r~i -i ■■■,■.
anuus auxsau- milices dans la province, il invita les Sauvages domicilies ^*°^®' à prendre les armes contre les Bastonnois, — Ils s'y por-
tèrent avec zèle à l'exception des Iroquois du Sault St. Louis qui firent quelques difficultés — sous prétexte que leur village étoit exposé, mais la véritable cause étoit qu'il y avoit plusieurs Bastonnois adoptés dans leur village dont une partie étoit chef \ — Cependant après quelques débats ils prirent la hache comme les autres nations. Il invita les Sauvages d'aller à la découverte, mais il leur défendit absolument de tirer sur les Bastonnois, lesquels venoient souvent en découverte du côté de St. Jean, et les Canadiens et [les] Sauvages alloient du côté de la Grande Pointe, — Ils paroissoient s'éviter de part et d'autre alors^ — attendu que les Royalistes avoient défense du Général Guy Carieton de tirer, et que les Bastonnois tiroient sur les Royalistes sitôt qu'ils les rencontroient — de manière qu'ils étoient obligés d'essuyer le premier feu devant de se défendre, — ce qui paroitra sans doute bien Sauvages, extraordinaire, —
émissaires des
Bastonnois, ar- M. Makaye — qui commandoit les volontaires canadiens au fort St. Jean ^ — arrêta deux Sauvages qui venoient des Colonies avec des colliers des Bastonnois pour les Iroquois du Sault St. Louis afin de les engager à demeurer Escarmou- neutrcs et [à] ne point se mêler dans la querelle, —
oliGS GnirG titis L j i- * '
sauvages né- Quelques jours après ' il fut envoyé quatre Sauvages quelques sol- Népissingues en découverte dans le lac Champlain — Ils découvrirent une berge sur la terre du Sud, — ils la
1 Noies et pièces justificatives, XXXII. 1 Notes et pièces justificatives, XXXIII. 3 22 août. (J. V.)
dat? bastonnois.
prirent et en s'en revenant à St. Jean, ils trouvèrent le Capitaine Beker \ et plusieurs Bastonnois — en passant auprès d'une pointe, — Beker leur demanda la berge, les Sauvages la lui refusèrent, — alors Beker les menaça de Grand oontirer sur eux,— Les Sauvages luy répondirent que s'il rentes''*',ia1iJl« tiroit qu'ils tireroient aussy ; Beker leur répondit qu'il rÀionfrlaK^''" sçavoit bien qu'ils n'avoient point ordre de tirer, et à l'instant il fit feu sur les Sauvages, et les Sauvages ripostèrent, et tuèrent le Capitaine Beker avec un antre, — Le lendemain le Commandant de St. Jean envoya un détachement de troupes et de Sauvages à l'endroit où ce petit combat fut donné, — on trouva le Capitaine Beker mort — une commission de capitaine des Bastonnois dans sa poche et autres papiers ^
Les Colonels Jamson \ Surintendant des Sauvages, et Clause * arrivèrent à Montréal avec environ trois cents Sauvages des Cinq Nations,— Il fut tenu un Grand Conseil * avec les Sauvages domiciliés formant un nombre d'environ cinq à six cents Sauvages, — Le résultat du conseil fut que tous les Sauvages prendroient la hache (cela veut dire les armes) contre les Bastonnois, même qu'ils ne tireroient point sur eux sans avoir une permission expresse du Général Guy Carlcton qui étoit présent au conseil, — Le lendemain le Général Guy Carleton repartit pour Québec— pour établir le Conseil Législatif— Il descendit par le sud du ilcuve St. Laurent pour passer en revue les milices depuis Longueuil jusqu'à Sorel,— Sitôt son arrivée à Québec * il donna ordre aux conseillers de s'assembler.
1 Baker. C'était un marchand anglais qui s'était mis au Service des rebelles. (J. V.)
2 Noies et pièces juslificalives, XXXIV.
3 Johnson (.1. V.) 1 ., , ... . ... ,. wvir
4 Claus (J. V ' f "^^^^ ^' pièces juslificalives, XXXV.
5 Dans l'église des Récollcts (J. V.) Cf. Gazette- de Québec, 3 aoilf
G II arriva à Québec le 2 août, à sept heures du soir. {Ibid.)
Jeudi, 17 août. Eii coiiséqiience le 17 d'Août 1775, les membres de
Jifiatif est ■^1- l'honorable Conseil Législatif de cette province s'as-
breniôt'''Vbifgé semblèrent au Château St. Louis— dans la ville de Québec
de se séparer. — g^-^ conformité dcs ordrcs émanés de Son Excellence le
Gouverneur Guy Carleton à ce sujet, en conséquence de
de la commission du Roy, qui nomme et constitue les
Messieurs suivants, lesquels prêtèrent serment et prirent
leurs places à la table, sçavoir :
L'Honorable H. T. Gramahé, i Lieutenant-Gouverneur,
William Hey, Ecuyer, Juge en Chef, HuGH FiNLAY, Charles François Lanaudière,
Thomas Dunn, George Powinall,
James Cdthbert, George Allsopp,
Colin Drummond, St. Luc de Lacorne,
François Levèque, Joseph G. Chaussegros de Léry,
Edward Harrison, • Alexander Johnston,
John Collins, Conrad Gugy,
Adam Mabane, Picotté de Belestre,
PÉCAUDY de Contrecœur, Des Bergères de Rigauviille,
Rogh St. Ours Lechaillons, John Fraser. ^
Quand il fut question de travailler à l'arrangement de la province de Québec suivant l'acte du Parlement, William Hey — Ecuyer — Juge en chef — fit naître plusieurs difficultés,— Ils restèrent trois semaines en débats, sans pouvoir rien conclure, — ils y seroient peut-être encore — si au Septembre, commencement du mois de Septembre environ douze
Les Bn'itonnoia . • • - - un -ht •
envahissent de ccnts Bastouiiois 116 lurcut poiut amves a rile-aux-JNoix,
nouveau le Ca- ,, „ r^T rn • n. -i- ^ i/-i -ii
nada. pres du fort St. Jean — [cej qui iit dissoudre le Conseil et
[7 septembre] l'cpartir le Général pour Montréal incontinent.
Il vint un parti de Bastonnois à deux milles de St.
Premièreses- J^au, pour saus doutc examiner les retranchements faits
Conduit^e\ll7 ^ ^*- J^au — Il fut euvirou quatre-vingts Sauvages à leur
Canadiens et reiicoiitre Qui leur livrèrent bataille, tuèrent et blessèrent
des Anglais. ^ '
plusieurs Bastonnois. Du côté des Sauvages, il y eut
2 Ecuier. (Ms. N" L)
2 Noies et pièces juslificalives, XXXVl,
quatre de tués— un officier et trois Sauvages blessés \—Le Brigadier Prescot ^ qui étoit resté commandant à Montréal—n'eut pas plutôt appris cette nouvelle, qu'il envoya des ordres dans les campagnes pour commander quinze hommes par compagnie, mais les habitants qui étoient mal disposés restèrent tranquilles —Cependant il partit de Montréal pour St. Jean environ cent vingt volontaires de la ville, tous canadiens sous le commandement de M. de M. de Longueuil ^— Dans le nombre il y avoit plusieurs négociants riches qui abandonnèrent leurs familles et leur commerce. Les marchands angiois refusèrent d'y aller nettement. Alors la milice montoit la garde régulièrement dans la ville de Montréal— et les bourgeois qui n'étoient point dans la milice avoient formé une compagnie de volontaires et pris leur corps de garde à la porte du Château et les marchands angiois à la porte du marché * : un jour à cette garde toutes les pierres des fusils furent ôtées dans la nuit sans savoir par qui.
Quand M. Longueuil fut rendu à St. Jean, il eut ordre d'aller passer la nuit à deux milles du fort avec trente des volontaires,— Les Bastonnois— qui s'étoient retirés à l'Ile-aux-Noix après le combat avec les Sauvages— revinrent cette même nuit en berges pour prendre possession des retranchements qu'ils avoient faits quelques jours auparavant à l'endroit même où M. de L.mgueuil et les trente volontaires étoient logés,— Ils crurent qu'ils ne pourroient point soutenir aux Bastonnois. Etant trop peu de monde— ils les abandonnèrent. Mais par réflexion les Sieurs Porthuis^ de la Bruaire«,Campion, et un sauvage
1 Cf. Gazelle de Québec, 14 septembre, 1775. Voir Noies el pièces jtislifiralives, XXXVII.
2 Noies et piiicesjuslificalivcs, XXXVIII.
3 Nnles el pièces jiisl ipcal ires, XXXTX,
4 Noies et pièces jusiificalives, XL.
5 Noies el pièces jitsi ifirath'es, XLT.
0 \h'. lu Hnièrc. (.T. V.) Voir Noies cl pièces Jusiipcalivcs, XM'
abénakis, entrèrent dans une petite maison qui étoit dans les retranchements, pour y faire du feu pour se chauffer. Messieurs de Boucherville ^ et [de] la Magdeleine ^ restèrent dehors de la maison en faction, et le restant des volontaires [s'Jembarquèrentdans un bateau pour faire en sorte de découvrir les Bastonnois, mais ils étoient sur leurs talons sans qu'ils s'en apperrussent, — car la maison étoit investie quand le S'" Pertliuis et les autres voulurent en sortir. Le S^ Pertliuis — interprète des Iroquois — fut tué, avec le sauvage abénakis, — le S"" de la Bruaire eut les bras cassés et le S'" Gampion se sauva sans aucun mal ^, — Les volontaires qui étoient dans le bateau voulurent aller leur donner du secours, mais ils furent fusillés par les Bastonnois, sans qu'il y eût personne de tué ny blessé — Après cette petite action les Bastonnois — au nombre de douze à quinze cents — vinrent se camper auprès des retranchements de St. Jean, pour l'assiéger * ; — Dès lors les Sauvages se retirèrent dans leur village. Camp d'in- James Liviugston *, Jerémie Dugand ® perruquier, et
surffés cana- . ' . f it^---/-ii
diens au bassin Loizeau forgeron,qui demeuroientdans la Rivière Cnam-
de Chanibly— , , , / - i , ■ , i i t-v • . /-\i-
Allen devient bly — firent revoltcr quelques habitants de la Pointe-Uli- Leur conduite, vier ^, et sc déclarèrent leurs chefs — et formèrent un petit camp à cette pointe — vis-à-vis du fortChambly — d'environ quarante à cinquante hommes. Le Général Guy Garleton leur envoya une amnistie , s'ils vouloient rentrer dans leur devoir , par le S'" Jean Orillac ^ marchand de Montréal — et Léveillé — qui avoient déjà été volontaires à
1 Notes et pièces justificatives, XLll.
2 Notes et pièces justificatives, XLIII.
3 Cf. Journal tenu, etc., 12 septembre.
4 Noies et pièces justificatives, XLIV.
5 Notes et pièces justificatives, XLV.
6 Dugan. (J. V.) Voir Noies et pièces justificatives, XLVI.
7 Notes et pièces justificatives, XLVII.
8 Orillat. (J. V.)
St. Jean ^ — Mais les Bastonnois vinrent au point du jour, cernèrent la maison de M'' Gherrier Curé de la paroisse St. Denis * — firent prisonniers les Sieurs Orillac et Léveillé et tuèrent la- servante de la maison, d'un coup de fusil tiré par une fenêtre de la maison — Tout le monde auroit cru que le Général auroit envoyé un détachement pour punir ces séditieux, mais il n'en fit rien. Au contraire on les vit augmenter en nombre sans difficulté, — Ils furent au Gamp des Bastonnois devant St. Jean — par le moyen de Moïse Hazen, et ils ramenèrent avec eux vingt hommes des colonies au travers des bois — pour joindre leur petit camp de la Pointe-Olivier , dont AUein fut nommé le chef, — Alors ils commencèrent à prendre et arrêter les bateaux qui passoient par Sorel pour aller au fort Ghambly porter des munitions, vivres, &c., au fort St. Jean — firent même quatre canonniers — qui étoient sortis du fort Ghambly — prisonniers, et empêchèrent la communication— Quelque temps après ils abandonnèrent leur camp et commencèrent à courir dans les campagnes du Sud comme des brigands ; — Ge fut alors que les retranchements de St. Jean furent bloqués par les Bastonnois — jeane^fbi'qué dans lesquels il y avoit environ cinq cents hommes de ^«T^ies 7îrf«roHtroupes, cent cinquante volontaires canadiens et quatrevingts femmes et enfants des soldats. Le Général Guy Carleton regardoit tous ces désordres d'un œil serein et ne fit aucuns mouvements pour en arrêter le cours'.
Le Sieur Niverville * fut envoyé à LaPrairic de la Magdeleine— avec quarante Sauvages et quelques habitants — pour aller au fort St. Jean, — Il vit arriver environ soixante Bastonnois qui le firent sauvcn- à Montréal — avec son petit détachement sans tirer aucun coup de fnsil, et les Bas-
1 Cf. Journal tmu, clc, 22 septembre.
2 Ils s'aclierninèrent par le siul du fleuve pour gagner la rivière Ciianilily, et se rcrirlireiit d'ulKini à St. Denis, ciioz le curé, M. Cherrior. (Je tiens ces détails de M. J. Papiiieau. J. V.)
3 Noies el pirccs jiislifiralirrs, XLVIII.
4 Noies cl pièces juslipcalives, XLIX. ;
toniiois prirent la charge de dix charrettes de vivres — et firent un sergent des troupes prisonnier qui alloit à St. Jean.
Quelques jours après, les Bastonnois de la Pointe-Olivier vinrent à Longueuil et pillèrent la maison de M"" Déchamhault \ et emportèrent tout ce qu'il y avoit de meilleur — ils firent môme piller une tannerie à Bouchej'ville — qui appartenoit à M>" de la Bruaire.
Les sauvages Iroquois du Sault St. Louis — qui avoient témoigné tant de mauvaise volonté — firent la paix avec les Bastonnois, et leurs fournissoient même quelques Conduite, as- rafraîchissements — Le Colonel Johnson qui étoit leur Irf apparence! Surluteudant tiut uuc couduite assez singulière , car il john'son"^ *^"^' avoit tant de peur qu'il ne se croyoit pas en sûreté de coucher dans la ville de Montréal, — il couchoit toujours à bord d'une frégate mouillée devant la ville de Montréal — et ne voulut jamais aller à St. Jean où les Sauvages le demandoient absolument, — -ce qui les auroit engagés à rester aux retranchements de St. Jean ^ Le peu de Sauvages qui étoit à Montréal se retira et la ville ne resta, qu'avec les citoyens qui montoient la garde aussy régu- Los rebelles Hèrementque les troupes réglées, — Toutes les campagnes maîtres des clu sud étoieut à la dispositiou des Bastonnois qui passud.^''^^"*^'^ ^^ soient les milices en revue et même leur faisoient monter la garde pour eux, et môme qui tiroient des habitants tous les secours nécessaires en vivres fraîches et voitures. Les Bastonnois mirent un camp au fort de La Prairie de la Magdeleine et un autre au fort de Longueuil ^ — Par ce moyen ils avoient la facilité de courir toutes les campagnes du sud jusqu'à Sorel, — Malgré l'invasion des Bastonnois dans toutes les côtes du sud, tout paroissoit aussy Etat de la trauquiUe à Montréal que si nous eussions été dans une pro-
vdle de Mont- ^ i ^
réai. fonde paix — Cependant les citoyens de Montréal voyoïent
1 Noies el pièces justifîcaliv es, L.
2 Voir la Noie XXXV, vers la un.
3 Noies et pièces juslificalives, LI.
avec douleur que le Général faisoit embarquer — dans les navires qui étoient mouillés devant la ville — tous les vi vres du Roy,- le bagage des troupes qui étoient à St. Jean. Tout étoit disposé à partir pour Québec à 'la première alerte, — Il n'y avoit plus de communication dans les campagnes du sud, et même on ignoroit ce qui s'y passoit, — L'on vit la ville «e remplir d'étrangers qui arrivoient tous les jours sous le titre de marchands — quoiqu'ils fussent réellement des officiers des Bastonnoisqui avoient bloqué les retranchements à St. Jean — qui étoient conséquemment autant d'espions ^ Le Général fit une Proclamation le 16 Septembre 1775, pour les examiner l
Par lHo.norable HECTOR THÉOPHILE CRAMAHÉ, Écuyer, Lieu- prociniuation
tenant-Gouverneur de la Province de Québec, &c., &c., 4c. concernant les
étrangers.
PROCLAMATION
" Comme il peut arriver de grands malheurs et incon- " vénients, et qu'il en est probablement arrivé de per- " mettre à des étrangers qui peuvent être dans les intérêts " des Rebelles de venir dans la Ville de Québec, pour y " avoir des intelligences et en donner des connoissances " qui peuvent être infiniment préjudiciables au service '' de Sa Majesté :
" J'ordonne et je commande rigoureusement par ces " présentes à toutes personnes qui ne sont point censées " être habitants de cette place, (jui sont arrivées dans la " Ville de Québec depuis le trente-unième jour du mois
l Noies et pièces justificatives, LIL i Notes et pièces justificatives, LIIL
" d'Août dernier, ou qui y arriveront par la suite, de pa- " roitre immédiatement en personne, ou de déclarer de- " vaut un des Conservateurs de la paix, ou devant telles " personnes qui seront dans aucun temps nommées à cet " effet, leurs noms, le lieu de leur demeure, et les raisons " pour lesquelles ils sont venues en cette Ville ; sous " peine d'être regardées et traitées comme espions, si " elles y demeurent l'espace de deux heures sans paroitre " en personne, ou donner les connoissances cy-dessus.
'' Et j'oixlonne et commande aussy rigoureusement à " tous hôteliers, cabaretiers, et à toutes personnes qui " recevront aucuns étrangers quelconques, après la publi- " cation de cette Proclamation, de donner les noms, le " lieu des demeures, &c., de tous tels étrangers, de la " môme manière, à Tune ou à l'autre des personnes cy- " dessus mentionnées, dans deux heures de l'arrivée de " tels étrangers, sous les peines et dangers cy-dessus ex- " primés.
" Donné sous mon seing et le sceau de mes armes, à " Québec, ce seizième jour de Septembre, dans la quin- " zième année du règne de Sa Majesté, en l'année de " Notre Seigneur 1775, dans l'absence et par l'ordre de " Son Excellence le Gouverneur.
(Signé) " H. T. Cramahé.
'■ Traduit par ordre du Lieutenant-Gouverneur.