AUX HABITANS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
Nos Amis & Conciloyens,
‘“ Nous, les Délégués des Colonies du nouveau Hamp- ‘ shire, de Massachusetts-Bay, de Rhode-lsland & des ‘* Plantations de Providence, de Connecticut, de la Nou- ‘* velle-York, du Nouveau-Jersey, de la Pennsylvanie, ‘* des Comités de New-Castle, Kent et Sussex sur le fleuve ‘“ de la Ware, du Maryland, de la Virginie & des Caro- ‘ lines septentrionale & méridionale, ayant été députés ‘ par les Habitans des dites Colonies pour les représenter ‘“ dans un Congrès général à Philadephie, dans la pro- ‘* vince de Pennsylvanie, & pour consulter ensemble sur “les meilleurs moyens de nous procurer la délivrance ? de ‘ nos oppressions accablantes ; nous étant en conséquence ‘assemblés & ayant considéré très sérieusement l’état ‘“ des affaires publiques de ce continent, nous avons jugé “à propos de nous adresser à votre Province comme à ‘une de ses parties qui y est des plus intéressée ?,
‘ Lorsqu'après une résistance courageuse & glorieuse “ le sort des armes vous eut incorporé au nombre des ‘“ sujets Anglais, nous nous réjouimes autant pour vous “que pour nous d’un accroissement si véritablement “ précieux ; & comme la bravoure & la grandeur d'âme
traduction ; nous nous contenterons de mettre en note le texte anglais des passages dont le sens n’a pas toujours été complètement saisi et les variantes que présentent les ceux manuscrits. Pour les détails sur la rédaction de ce document, voir Noles el pièces juslificalives, III.
{ Imprimé & publié par Ordre du Congrès, à Philadelphie, de l’imprimerie de Fleury Mesplets. M.DCC. LXXIV.
2 Redress. (Texte anglais.)
3 As a member therein deeply interested. (T. a.)
1 B constit
2? A artfull
3 Le
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“ sont jointes naturellement, nous nous attendions que “ nos courageux ennemis deviendraient nos amis sincères, “et que l’Etre suprême répandrait sur vous les dons de ‘“ sa providence divine en assurant pour vous & pour “ votre postérité la plus reculée les avantages sans prix de la libre institution ! du Gouvernement Anglais, qui “est le privilége dont tous les sujets Anglais doivent ‘“ jouir.
‘“ Ces espérances furent confirmées par la déclaration “ du Roi donnée en 1763, engageant la foi publique pour ‘“ votre jouissance complette de ces avantages.
‘“ À peine aurions-nous pu alors nous imaginer que “ quelques Ministres futurs abuseraient avec tant d’audace ‘“& de méchanceté de l'autorité royale, que de vous pri- ‘“ ver de la jouissance de ces droits irrévocables auxquels ‘vous aviez un si juste titre.
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‘“ Mais puisque nous avons vécu pour voir le tems ‘“ imprévu, quand des Ministres d’une disposition corrom- “ pue ont osé violer les pactes & les engagemens les plus ‘: sacrés, &k comme vous aviez été élevés sous une autre “ forme de gouvernement ?, on a soigneusement évité que vous fissiez * la découverte de la valeur inexprimable de “ cette forme à laquelle vous avez à présent un droit si “ légitime ; nous croyons qu'il est de notre devoir de vous expliquer quelques-unes de ses parties les plus intéressantes, pour les raisons pressantes mentionées ci-après. ‘ Dans toute société humaine, dit le célèbre Marquis “ de Beccaria, ‘ il y a une force qui tend continuellement ‘“ à conférer à une partie le haut du pouvoir & du bon- ‘heur, & à réduire l’autre au dernier degré de faiblesse ‘“# & de misère. L’intention des bonnes loix est de s’oppo-
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1 By securing...… the inestimable advantages of a free English constitution of government, &c. (T. a.)
2 And as you educated under another form of government, have artfully been kept from discovering, &c. (T. a.)
3 Les deux manuscrits ont copié : ‘“ Fassiez.”
‘ ser à cette force, & de répandre leur influence également & universellement.
“ Des Chefs incités par cette force pernicieuse, & des ‘ sujets animés par le juste désir de lui opposer de bonnes ‘ loix, ont occasionné cette immense diversité d’événe- ‘“ mens dont les histoires de tant de nations sont remplies. ‘“ Toutes ces histoires démontrent la vérité de cette simple ‘ position !, que d'exister an gré d’un seul homme, ou de ‘ quelques-uns, est une source de misères pour tous.
‘ CE fut sur ce principe comme sur un fondement ‘ solide que les Anglais élevèrent si fermenmient l'édifice “ de leur gouvernement ? qu’il a résisté au tems, à la “tyrannie, à la trahison, & aux guerres intestines & ‘ étrangères, pendant plusieurs siècles. Et comme un ‘ Auteur illustre & un de vos compatriotes * cité ci-après, “ observe. ‘ Ils donnèrent au peuple de leurs Colonies la ‘“ forme de leur gouvernement propre : & ce gouverne- ‘“ ment portant avec lui la prospérité, on a vu se former ‘“ de grands peuples dans les forêts même qu'ils furent ‘“ envoyés habiter
‘ Dans cette forme le premier & le principal droit, est, ‘“ que le peuple a part dans son gouvernement par ses ‘ représentans choisis par lui-même, & est par conséquent “ gouverné par des loix de son approbation, & non par “ les édits de ceux sur lesquels il n’a aucun pouvoir. Ceci ‘est un rempart qui entoure & défend sa propriété, qu'il “ s’est acquise par son travail & une honnête industrie ; ‘“ en sorte qu’il ne peut être privé de la moindre partie “ que de son libre & plein consentement, lorsque suivant “ son jugement il croit qu’il est juste & nécessaire de la “ donner pour des usages publics, & alors il indique pré-
1 Proposition. (T. a.) ? Reared up the fabric of their constitution (T: a.)
3 Le Baron de Montesquieu dans l'Esprit des Loix, Liv. 19. chap. 27. (Cette note n’a pas été copiée dans le manuscrit, et le texte anglais ne contient que le seul renvoi ‘ Montesquieu”)
‘ cisément le moyen le plus facile, le plus économe & le ‘ plus égal de percevoir cette partie de sa propriété.
& L'INFLUENCE de ce droit s'étend encore plus loin. Si ‘ des Chefs qui ont opprimé le peuple ont besoin de sub- “ sides, le peuple peut les leur refuser jusqu’à ce que “ leurs griefs soient réparés !, & se procurer paisiblement, ‘ de cette manière, du soulagement sans avoir recours à ‘“ présenter des requêtes souvent méprisées, & sans trou- “ bler la tranquillité publique.
‘“ Le second droit essentiel consiste, à être jugé par une “ Jurée * On pourvoit par là qu’un Citoyen ne peut per- “ dre la vie, la liberté ou les biens, qu’au préalable ‘ Sentence n'ait été rendue contre lui par douze de ses ‘“ égaux & compatriotes de mœurs irréprochables, sous ‘“ serment, pris dans son voisinage, qui * par cela même ‘“ on doit raisonnablement supposer devoir être informé ‘“ de son caractère & de celui des témoins, & cela après ‘“ des enquêtes suffisantes face à face, à huis ouverts, ‘ dans la cour de justice, devant tous ceux qui voudront ‘“ se trouver présent, & après un jugement équitable. De ‘“ plus cette Sentence ne peut lui être préjudiciable, sans ‘“ injurier en même temps la réputation & même les inté- ‘ rêts des Jurés qui l'ont prononcée.
‘ Car le cas en question peut-être sur de certains points “ qui ont rapport au bien public; mais s’il en était autre- ‘“ ment, leur Sentence devient un exemple qui peut servir ‘“ contre eux-mêmes s'ils venaient à avoir un semblable ‘ procès.
Un autre droit se rapporte simplement à la liberté “ personnelle. Si un Citoyen est saisi & mis en prison, “ quoique par ordre du gouvernement, il peut néanmoins ‘en vertu de ce droit, obtenir immédiatement d’un Juge
1 Are redressed. (T. a.)
2 Le mot jury n'avait pas encore été introduit dans la langue françcaise.
3 que
‘ un ordre que l’on nomme Habeas-Corpus, qu’il est obligé ‘ sous serment d'accorder, & se procurer promptement ‘ par ce moyen une enquête & réparation d’une déten- “ tion illégitime.
Ux quatrième droit consiste dans la possession des ‘ terres en vertu de légères rentes foncières, k non par ‘“ des corvées rigoureuses & opprimantes qui forcent ‘“ souvent le possesseur à quitter sa famille & ses occupa- ‘“ tions pour faire ce qui dans tout état bien réglé, devroit ‘ être l'ouvrage de gens loués exprès pour cet effet.
“ Le dernier droit dont nous ferons mention regarde la ‘ liberté de la presse. Son importance outre les progrès “ de la vérité, de la morale & des arts en général, consiste ‘ encore à répandre des sentimens généreux sur l’admi- ‘ nistration du gouvernement, à servir aux Citoyens à se ‘“ communiquer promptement & réciproquement leurs “idées, & conséquemment contribue à l'avancement d’une union entr'eux, par laquelle des supérieurs tyran- “ niques sont induits, par des motifs de honte ou de ‘ crainte, à se comporter plus honorablement & par des ‘“ voies plus équitables dans l'administration des affaires.
CE sont là ces droits inestimables qui forment une ‘ partie considérable du système modéré de notre gou- “ vernement, laquelle en répandant sa force équitable sur “tous les différens rangs & classes des Citoyens, défend ‘le pauvre du riche, le foible du puissant, l'industrieux “ de l’avide, le paisible du violent, les vassaux des Sei- ‘“ gneurs, & tous de leurs supérieurs.
« CE sont là ces droits sans lesquels une nation ne peut “être libre & heureuse, à c’est sous la protection & ‘“ l'encouragement que procure leur influence que ces “ Colonies ! ont jusqu’à présent flori ? & augmenté si éton- “ nément. Ce sont ces mêmes droits qu'un ministère
1 Citoyens (Ms. No. 2) 2 Fleuri (Mss.)
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‘ abandonné ! tâche actuellement de nous ravir à main ‘* armée, & que nous sommes tous d’un Commun accord “ résolus de ne perdre qu'avec la vie. Tels sont enfin ces * droits qui vous appartiennent, & que vous devriez dans “ce moment exercer dans toute leur étendue.
“ Mais que vous offre-t-on à leur place par le dernier “ Acte du Parlement? La liberté de conscience pour ‘“ votre religion : non, Dieu vous l'avait donnée, et les “ Puissances temporelles avec lesquelles vous étiez & “ êtes à présent en liaison, ont fortement stipulé que “ vous en eussiez la pleine jouissance : si les loix divines “ & humaines pouvaient garantir cette liberté des ca- “ prices despotiques des méchans, elle l'était déjà aupa- “ravant, A-ton rétabli les loix Françaises dans les ‘ affaires civiles ? Cela parait ainsi, mais faites attention “à la faveur circonspecte des Ministres qui prétendent ‘ devenir vos bienfaiteurs ; les paroles du Statut sont, ‘que l’on se réglera ? sur ces loix jusqu’à ce qu’elles “aient été modifiées ou changées par quelques ordon- * nances du Gouverneur à du Conseil
‘ Est-ce que l’on vous assure pour vous & votre postérité, “ la certitude * & la douceur de la loix criminelle d'Angle- “terre avec toutes ses utilités & avantages, laquelle on ‘“ Joue dans le dit Statut, & que l’on reconnait que vous “avez éprouvé très sensiblement? Non, ces loix sont ‘ aussi sujettes aux ‘ changemens’ arbitraires du Gouver- “ neur & du Conseil, & on se reserve en outre très expres- “ sement le pouvoir d’ériger ‘ telles Cours de judicature “ criminelle, civile & ecclésiastique que l’on jugera néces- ‘*saires.’
“ C'Esr de ces conditions si précaires que votre vie & “ votre religion dépendent seulement de la volonté d’un
| Profligate. (T. à.) 2 Shall be the rule, &c. (T. a.) 3 The Certainty. (T. a.)
“ seul ! La couronne & les ministres ont le pouvoir ‘# autant qu’il a été possible au Parlement de le concéder, “ d'introduire le tribunal de l’'Inquisition même au milieu “ de vous.
‘“ Avez-vous une assemblée composée d'honnèêtes gens ‘ de votre propre choix sur lesquels vous puissiez vous ‘ reposer pour former vos loix, veiller à votre bien-être, & “ ordonner de quelle maniere & en quelle proportion “ vous devez contribuer de vos biens pour les usages “ publics ? non, c’est du Gouverneur ? & du Conseil que ‘ doivent émaner vos loix, & ils ne sont eux-mêmes que ‘ les créatures du Ministre, qu'il peut déplacer selon son ‘“ bon plaisir. En outre, un autre nouveau Statut formé ‘ sans votre participation vous a assujettis à toute la ‘ rigueur d’un impôt sur les denrées que l’on nomme ‘ Excise, impôt détesté dans tous les états libres. En ‘“ vous arrachant ainsi vos biens par la plus odieuse de ‘* toutes les taxes, vous êtes encore exposés à voir votre ‘‘ repos & celui de vos familles troublé par des collecteurs ‘ insolens, pénétrans à chaque instant jusque dans l’inté ‘‘ rieur de vos maisons, qui sont nommées les Forteresses ‘ des Citoyens Anglais dans les livres qui traitent de ‘ leurs loix.
‘ Dans ce même Statut qui change votre Gouvernement, ‘ & qui parait calculé pour vous flatter, vous n’êtes point ‘ autorisés ‘ à vous cotiser pour lever et disposer d'aucun ‘impôt ou taxe, à moins que ce ne soit dans des ras de ‘* peu de conséquence, tels que de faire des grands chemins, ‘* de bâtir ou de réparer des Edifices publics ou pour quel- ‘ qu'autres convenances locales dans l'enceinte de vos ‘“ villes à districts” Pourquoi cette distinction humi- “ liante ? Est-ce que les biens que les Canadiens se sont ac- ‘ quis par une honnête industrie ne doivent pas être aussi
! Such is the precarious tenure of mere will, by which you hold your lives and religion. (T. à.)
2 Gouvernement. (Ms. No 1.)
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«ç à pr ‘ses 1 ‘ perf ‘“ déte ‘6 Le [14 qu'el ‘“ranc ‘‘ posté ‘à mo éailont ‘“ aurie ‘ vous ‘“ tenor Qu’ “au st ‘* forma “tionr “unét:
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l Fori formed, t (T. a.)
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3 De li
4 Who
“ sacrés que ceux des Anglais ? L’entendement des Cana- “ diens seroit-il si borné qu'ils fussent hors d'état de “ participer à d’autres affaires publiques qu’à celle de “ rassembler des pierres dans un endroit pour les entasser “ dans un autre? Peuple infortuné qui est non-seule- ‘“ ment lezé, mais encore outragé. Ce qu'il y a de plus “ fort, c’est que suivant les avis que nous avons reçus, un “ ministere arrogant a conçu une idée si méprisante de ‘“ votre jugement à de vos seniimens, qu’il a osé penser, ‘“ & s’est même persuadé que par un retour de gratitude “ pour les injures & outrages qu'il vous a récemment ‘ offert, il vous engagerait, vous nos dignes Concitoyens, ‘“ à prendre les armes pour devenir des instrumens en ‘“ ses mains, pour l'aider à nous ravir cette liberté dont sa ‘“ perfidie vous a privée, ce qui vous rendrait ridicules & ‘ détestables à tout l'Univers.
‘ LE résultat inévitable d’une telle entreprise, supposé ‘“ qu'elle réussit, seroit l’anéantissement total des espé- ‘‘ rances que vous pourriez avoir, que vous ou votre ‘‘ postérité fussent jamais rétablis dans votre liberté : car ‘à moins que d’être entièrement privé du sens commun, ‘il n’est pas possible de s'imaginer qu'après que vous ‘auriez été employés dans un service si honteux ils ‘* vous traitassent avec moins de rigueür ! que nous qui ‘“ tenons à eux par les liens du sang.
“ Qu'auraiT dit votre compatriote l’immortel Montesquieu, ‘au sujet du plan de Gouvernement ? que l’on vient de ‘* former pour vous ? Écoutez ses paroles avec cette atten- “ tion recueillie que requiert l'importance du sujet. ‘ Dans ‘ un état libre, * tout homme qui est sensé avoir une ame “ libre ‘, doit être gouverné par lui-même, il faudrait que
L For idiocy itself cannot believe, that, when their drudgery is per-
ae they will treat you with less cruelty than they have us, &c. (T: a.)
2? Domination. (T. a.) 3 De l'Esprit des Loix. Liv. x1. ch. vi.
& Who is supposed a free agent, &c. (T. a.)
“le peuple en corps eût la puissance législative ; mais
‘“ comme cela est impossible dans les grands états, & est ‘“ sujet à beaucoup d’inconvéniens dans les petits, il faut ‘‘ que le peuple fasse, par ses représentans, tout ce qu’il ‘* ne peut faire par lui-même.—" La liberté politique dans ‘ un Citoyen est cette tranquillité d'esprit qui provient ‘ de l'opinion que chacun a de sa sûreté ; & pour qu'on ‘ait cette liberté, il faut que le Gouvernement soit tel ‘ qu'un Citoyen ne puisse pas craindre un autre Citoyen. ‘ Lorsque dans la même personne ou dans le même corps ‘“ de Magistrature, la puissance législative est réunie à la ‘“ puissance exécutrice, il n’y a point de liberté !; parce “qu'on peut craindre que le même Monarque ou le ‘“ même Sénat ne fassent des loix tyranniques pour les ‘exécuter tyranniquement.’
‘4 La puissance de juger ne doit pas être donnée à un ‘“ Sénat permanent, mais exercée par des personnes ‘* tirées du corps du peuple dans certains tems de l’année, ‘“ de la maniere prescrite par la loi, pour former un ‘“ tribunal qui ne dure qu’autant que la nécessité le ‘“ requiert ?
‘Les Militaires sont d’une profession qui peut-être “utile, mais devient souvent dangéreuse,” ‘ La jouissance de la liberté * consiste en ce qu’il soit permis à chacun de déclarer sa pensée & de découvrir ses senti- ‘ mens,
‘* APPLIQUEZ à votre situation présente ces maximes ‘* décisives, qui ont la sanction de l'autorité d'un nom ‘ que toute l’Europe révere. On pourrait avancer que
1 Et n’y ayant point de liberté, &c. (Ms. Me 1.)
2 The power of judging should be exercised by persons taken from the body nf the people, at certain times of the year, and pursuant to a form and manner prescribed by law. There ts no liberty, if the power of judging be not separated from the legislalive and execulive powers.
3 The enjoyment of liberty, and even its support and preservation, &c. (T. a.)
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“ vous avez un Gouverneur revêtu de la puissance exécu- “ trice ou des pouvoirs de l'administration; c'est en lui & “en son Conseil qu'est placée la puissance législative : “ vous ‘avez des Juges qui doivent décider dans tous les “ cas où votre vie, votre liberté, ou vos biens sont en “ danger, & effectivement, il semble qu’il se trouve ici “ une distribution & répartition !, de diverses puissances en “des mains différentes qui se repriment l’une l’autre, ce “ qui est l'unique méthode que l'esprit humain ait jamais ‘“ imaginée pour contribuer à l'accroissement de la liberté ‘“ & de la prospérité des hommes.
Mais vous servant de cette sagacité si naturelle aux “ Français, & dédaignant d’être décens * par le faux “ brillant de cet extérieur, examinez la plausibilité de ‘ce plan, & vous trouverez (pour me servir des paroles “ de la Sainte Ecriture) que ce n’est qu’un ‘“ sépulchre “ blanchi” pour exsevelir votre liberté & vos biens avec ‘ votre vie.
# Vos Juges & votre (soit-disant) Conseil Législatif dépen-
‘“ dent de votre Gouverneur, & lui-même dépend des servi- ‘“ teurs de la Couronne, en Angleterre. Le moindre signe ‘“ du Ministre fait agir ces puissances législative, exécutrice ‘“& celle de juger. Vos priviléges & vos immunités ‘n'existent qu'autant que dure sa faveur, & son courroux ‘ fait évanouir leur forme chancellante #.
‘“ La perfidie a été employée avec tant d'artifice dans le ‘ Code des loix que l’on vous a récemment offert, que ‘“ quoique le commencement de chaque paragraphe p ‘‘ raisse être plein de bienveillance, il se termine cepen-
L Réparation. (Ms. N° 1.)
? Les deux manuscrits ont copié décens. On voit cependant dans le Ne | que l'écrivain a hésité: le papier a été gratté et le mot écrit ensuite. Le texte anglais porte : ‘“ But scorning to be illuded by a tinseled outside and exerting the natural sagacity of Frenchmen ”, &c.
3 Privileges and immunities last no longer than his smiles. When he frowns, their feeble forms dissolve. {T. a.)
| 14 LE TÉMOIN OCULAIRE DE LA GUERRE | | “ dant d’une maniere destructive ! ; &k lorsque le tout est “tyr | “ dépouillé des expressions flatteuses qui le décorent, il * la | (A ‘“ ne contient autre chose, sinon, que la Couronne k ses “ de | ‘“ Ministres seront aussi absolus dans toute l'étendue de “ len | ‘ votre vaste Province, que le sont actuellement les des- | ‘ potes de l'Asie & ? de l'Afrique. Qui protégera vos biens “ s'ad | ‘ contre les Edits d'impôts & contre les rapines des supé- * la ‘ rieurs durs & nécessiteux ? ? Qui défendra vos persounes ‘vou | ‘de Lettres de Cachets, de Prisons, de Cachots et de * vou ‘ Corvées fatigantes, votre liberté & votre vie contre des * qu’ | ‘ Chefs arbitraires & insensibles? Vous ne pouvez, en “vou | ‘ jettant vos yeux de tous côtés ‘, appercevoir une seule “inst ‘“ circonstance qui puisse vous promettre d'aucune façon, “ mie || “le moindre espoir de liberté pour vous & votre posté- ‘cure | ‘ rité, si vous n’adoptez entiérement le projet d'entrer en + sept | | ‘* union avec nos colonies f, * mis ‘ (l | ‘ QueL serait le conseil que vous donnerait cet homme ‘alar IN “ si véritablement grand, cet Avocat pour la liberté & ” NOUY | ‘“ l'humanité f, que nous venons de citer, fut-il encore à le se il “vivant & sçût[-il] que nous vos voisins puissans et nom- “ forte | “ breux, inspirés d’un juste amour pour nos droits enva- fi reller | | “ his et unis par les liens indissolubles de l'affection et de D intér (Ag | « l'intérêt, vous auraient invités au nom de tout ce que ” Jamai | | vous devez à vous-même & à vos enfans (comme nous ” sent : (| | “]le faisons à présent) de vous unir à nous dans une “ déper ‘“ cause si juste, pour n’en faire qu’une entre nous, k * la ma LIL: ‘ courir la même fortune pour nous délivrer d'une sub- * lon v | ‘“ jection humiliante sous des Gouverneurs, Intendans k ” meltr 1 Every sentence, beginning with a benevolent pretension, concludes | Tom
for emerg
with a destructive power, &c. (T. a.) nos 4 S, an
2 Of Asia or Africa. (T. a.)
pe EE SRE “CE el En
(l 4 We defy you,.….… to discover, &c,. (T. a.) 4 This
|A 5 An entire adoption into the union of these Colonies. (T. a.) ïh Û ue s
6 That advosate of freedom and humanity. (T. a.) enemies, |
À 2 Ont:
l 3 From.....the rapacity of necessitous and cruel masters ? (T. a.) 3 You
nes
* tyrans Militaires !, & rentrer fermement dans le rang & * la condition de libres Citoyens Anglais, qui ont appris “ de leurs ancêtres à faire trembler ceux qui osent ? seu- * lement penser à les rendre malheureux.
“ NE serait-ce pas par un discours semblable qu'il s'adresserait à vous ? Et dirait, ‘ saisissez l’occasion que “ la Providence elle-même vous offre, votre conquête * vous à acquis la liberté * si vous vous comportez comme vous devez, cet événement est son ouvrage * : vous n'êtes qu'un très-petit nombre en comparaison de ceux qui * vous invitent à bras ouverts de vous joindre à eux ; un “ instant de réflexion doit vous convaincre qu'il convient “ mieux à vos intérêts & à votre bonheur, de vous pro- “ curer l'amitié constante des peuples de l'Amérique * septentrionale, que de les rendre vos implacables enne- “ mis. Les outrages que souffre la ville de Boston, ont ‘ alarmés & unis ensemble toutes les Colonies, depuis la ‘“ nouvelle Ecosse jusqu’à la Georgie, votre Province est + le seul anneau qui manque pour completter la chaîne “ forte & éclatante de leur union. Votre pays est natu- “ rellement joint an leur, joignez-vous aussi dans vos +“ intérêts politiques; leur propre bien-être permettra “ jamais qu'ils vous abandonnent ou qu’ils vous trahis- “ sent: soyez persuadés que le bonheur d’un peuple “ dépend absolument de sa liberté & de son courage pour “ la maintenir. La valeur & l'étendue des avantages que * l’on vous offre est immense ; daigne le Ciel ne pas per- “ mettre que vous ne reconnaissiez ces avantages pour le