BUREAU DU SECRÉTARIAT
Le 29 Avril 1775.
“ Province de ‘ Québec.
‘ Ces présentes sont pour informer toutes les personnes ‘ intéressées, qu'il a plu à Son Excellence le Gouverneur ‘“ de cette Province, par une commission générale à cet ‘“ égard, déposée en ce Bureau, de nommer, à compter ‘ depuis et après le premier jour de May de cette présente ‘“ année 1775, pour le temps et espace de six mois, ou du- ‘ rant son plaisir, les mêmes personnes pour exercer l’of- “ fice de notaires dans les différentes parties de cette Pro-
4 Noles et pièces justificatives XI.
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Au dela} deux c et fire rhum ce déta nomm porte € ordres fit aver cinq hc porte entrère et la g du fort Roy.
Cette difficile habitan rhum d
| Egald ? Note 3 Note
4 De la vol. 1, p.
‘ mandait à
crits, aidé croire qui
“ vince, qui y travaillent actuellement, et de les revêtir ‘ de tous les pouvoirs et autorités nécessaires pour exécu- ‘ ter légalement ! leurs dits offices.
“ Par ordre de Son Excellence, (Signé) ‘ GEo. Azcsorr, D. Secrétaire.
‘ Traduit par ordre de Son Excellence, F, J. Cucner, S. F”
Au commencement du mois de May 1775, les habitants de la province de la Nouvelle York—au nombre d'environ deux cents—se transportèrent auprès du fort de Carillon ? et firent entrer quelques hommes dans le fort avec du rhum pour enivrer la garnison—et dans la nuit suivante, ce détachement s’approcha du fort pour le surprendre;—Le nommé Arnold * qui commandoit ce party fit cogner à la porte en disant que c’'étoit un courrier qui apportoit des ordres pour le commandant ; alors le sergent de garde fit avertir le capitaine de Laplace ‘ qui avoit quarantecinq hommes de garnison,—L'’ordre fut donné d'ouvrir la porte—A l'instant les deux cents hommes des colonies entrèrent dans le fort—firent le commandant prisonnier et la garnison, sans tuer un seul homme et s’emparèrent du fort, de l'artillerie, des vivres, et de tous les effets du Roy.
Cette entreprise quoique hardie, fut d'autant moins difficile que la garnison se trouva yvre par le moyen des habitants des colonies qui avoient entré la veille avec du rhum dans le fort pour faire boire la garnison—afin de
| Egalement. (Ms. No 2.) ? Notes el pièces justificatives XII.
3 Noles el pièces justificatives XIIL.
4 De la Place. (J. V.) Delaplace. (Sparks, Library of Ameri : Biog : vol. 1, p. 275, N. Y. 1839.) C’est ainsi que s’appelait l'officier qui commundait à Carillon. L’orthographe, plus que capricieuse des manuscrits, aidée d’ailleurs du sens assez naturel de la phrase, aurait pu faire croire qu’il s'agissait de la qualité, plutôt que du nom de cet officier.
Les forts de arillon, de la Pointe-à-lahevelure et de St. Jeansurpris et pillés ar Arnold.— a nouvelle en est donnée à Montréal et à Québec.
Mercredi, 17 ai
réussir dans leur entreprise, —que ! la prise de ce fort fut d'autant plus préjudiciable au Canada que, si le capitaine de La Place ne se fût pas laissé surprendre—il y a tout lieu de penser que jamais les habitants de la Nouvelle York n’auroient entrepris d'entrer dans la province de Québec. Le commandant du fort fut envoyé prisonnier avec sa garnison dans la province de la Nouvelle York. Le nommé Arnold laissa dans le fort une petite garnison et partit avec le reste de son monde pour venir au fort St. Jean, à neuf lieues de Montréal. Devant leur départ ils furent à l'habitation du Major Askine *—le pillèrent, et luy prirent une petite barque, après l'avoir fait prisonnier et sa famille. De là ils firent route pour St. Jean—En passant à la Grande-Pointe * ils firent prisonniers un sergent et six soldats des troupes du Roy—qui gardoient quelques effets—et arrivèrent à St. Jean le dix-septdu mois de May de grand matin,—Ils s’'emparèrent de la barque ‘ du Roy et de tous les effets qui étoient dans le fort, firent prisonniers douze hommes de troupes, et s'en retournèrent sur les dix heures du matin f,—Aussitôt leur départ, M. Moïse Hazen ‘—officier réformé qui demeuroit près de St. Jean, partit pour apporter cette nouvelle à Montréal— de là pour Québec ",—Dans le moment la ville de Montréal fut alarmée—et les mauvais sujets ne cherchoient
1 M. Viger a remplacé avec raison que par el dans sa copie manus crite.
2 Skeen. (J. V.) Skene (Sparks.) Voir Noles el pièces juslificalives
3 Pointe-à-la-Chevelure, que les anglais appelaient Crown Poinl. (J. V.)
4 Cette barque, qui portait le nom de George, n’était armée que de 7 hommes et de deux canons de cuivre de six. (J. V.)
5 Pour ces premiers succès qui signalèrent l'entrée des Baslonnois dans le Canada, voir Noles el pièces juslificatives XV.
6 Noles et pièces juslificalives XVI.
7 Cf. Journal commencé aux Trois-Rivières &c., [18 ?] May &c.
qu’ qui ran con étoi env mai diso de 1 Roy fut :
en à pi y tre Colo prise cent poss.
l'ins dans pren Majo —M:
qu'a à Bi par
qu’à mettre la confusion. Le Lieutenant Colonel Templere ! qui y commandoit fit partir aussitôt environ cent qua-
rante hommes de troupes pour le fort St. Jean sous le J
commandement du Major Preston *,—A peine les troupes étoient-elles parties de Montréal qu'il arriva à St. Jean
environ quatre-vingts hommes des Bastonnois sous le com- y
mandement du nommé Allein * qui venoient—à ce qu'ils disoient—pour glaner, Le nommé Bindon ‘ marchand de Montréal—traversa dans un bateau avec les troupes du Roy qui partoient de Montréal pour St. Jean—Sitôt qu'il fut rendu à Longueuil—il monta à cheval pour se rendre en diligence à St. Jean, pendant que les troupes alloient à pied,—Il y arriva le même jour à huit heures du soir, y trouva le nommé Allein avec quatre-vingts hommes des Colonies—Il leur raconta qu’on avoit appris à Montréal la prise des forts de Carillon et de St. Jean, et qu’il venoit cent quarante hommes des troupes du Roy pour prendre possession de St. Jean—et passa la nuit avec eux. Dans l'instant Allein fit embusquer ses quatre-vingts hommes dans le bois—le long du chemin, pour attendre et surprendre les troupes du Roy, mais heureusement que le Major Preston fit halte dans le bois en attendant le jour, —Mais les rebelles qui virent qu'ils ne seroient attaquées qu’au petit jour—prirent la fuite, et donnèrent une lettre à Bindon adressée aux marchands anglois de Montréal— par laquelle Allein demandoit pour cinq cents louis de vivres, munitions et rhum,—Bindon partit de St. Jean avec sa lettre pour Montréal, —Il rencontra le Major Preston avec les troupes du Roy à une demie lieue du fort St,
1 Templer. Il commandait le 26e régiment, et, dans ce moment, la garnison de Montréal (J. V.)
? M. Preston était major dans le 26e régiment. (J. V.)
3 Le célèbre Ethan Allen. (J.V.) Voir Notes el pièces juslificadives XVII.
4 Benden. C'était un marchand de Montréal, grand partisan du Congrès, comme on disait alors. 11 quitta le Canada avec les Basionnois (J. V.)
Troupes envoyées à St.
ean., — Trahison d’un Sr.
Binden, marchand anglais, —Alarme et confusion à ontréal.
Jeudi, 18 mai.
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