‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 18 sur 86 · FRE · texte numérisé non relu

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Un navire chargé de poudre arrive à Montréal.

Vendredi, 19

° mal.

Jean—et dit au Major qu'il y avoit beaucoup de Bastonnois qui l’attendoient, pour sans doute intimider les troupes—puisque les Bastonnois étoient repartis de St. Jean dans le même instant que luy. Alors le Major Preston voulut le ramener à St. Jean, afin que s’il se passoit quelque chose d’extraordinaire, d'en donner avis au Colonel Templere, mais Bindon luy répondit qu’il portoit une lettre de conséquence pour Montréal et qu’il avoit donné sa parole d'honneur de se rendre en diligence, — Le Major Preston luy dit; —‘*Au moins restezicy—attendez un moment et vous verrez Ce qui va se passer, et comme vous êtes à cheval, vous serez à même de donner des nouvelles à Montréal, ’— Mais comme Bindon sçavoit bien que le Major Preston ne trouveroit plus de Bastonnois à St. Jean, puisqu'ils en étoient partis dans le même moment que luy, sitôt que le Major Preston fut éloigné en continuant sa route devers St. Jean, au lieu d'attendre, il revint à course de cheval à Montréal, avec sa lettre et rapporta qu’il avoit entendu soixante décharges de coups de fusils, —L'’on crut que toutes les troupes du Roy étoient tuées—Ce qui mit la ville de Montréal en alarme et même dans la confusion, —Les traîtres rioient et ne cherchoient qu'à augmenter le mal,—Bindon se promenoit dans les rues avec plusieurs de ses amis en publiant cette nouvelle, lesquels ne cherchoient qu’à intimider le public.

Ce même jour ?, il arriva un navire de Londres au port de Montréal, — Le Colonel Templere donna ordre d'arrêter toutes les charrettes, qu'il fit conduire par des soldats— la bayonette au bout du fusil—pour décharger les poudres qui étoient à bord du navire. Positivement ce jour

! Ce doit être le lendemain, ou le 19. Ce navire en effet paraît étre arrivé à Montréal Le jour du marché, qui se tenait ordinairement le vendredi; et si le 20 Mai 1775 était un samedi, comme il est dit formellement quelques lignes plus loin, il doit s’ensuivre que le jour, précédent était à la fois un vendredi et le 19 Mai. (J. V.) Il est possible aussi que le navire soit arrivé le 18 au soir et qu'on ait attendu au jour suivant pour le décharger, afin de profiter des voitures des habitants de la campagne.

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se trouva celuy du marché,—la plus grande partie des charrettes des habitants des campagnes furent arrêtées, les autres se sauvèrent pour aller porter l'alarme dans leurs différentes paroisses, —La terreur étoit si grande qu'ils abandonnoiïent leurs femmes et leurs denrées en chargeant leurs amis de les ramener. Le Colonel Templere dans cette confusion fit battre un ban ! pour avertir les citoyens de Montréal de s’assembler le même jour —à trois heures après-midy dans l’église des Récollets —pour délibérer sur le party qu’il y auroit à prendre dans une telle circonstance—Les citoyens de la ville et des faubourgs s'y trouvèrent—il fut convenu unanimement de prendre les armes pour se défendre. Pendant l'assemblée le Colonel Templere reçut une lettre du Major Preston—qui fut lue à l’assemblée— qui luy marquoit qu’en arrivant à St. Jean il avoit trouvé les Bastonnois traversés la rivière—qu’ils avoient été avertis par Bindon—marchand de Montréal—de sa marche—que même les Bastonnois s’étoient embusqués dans le bois pour l’attendre avec les troupes du Roy—sur l'avis que leur en avoit donné Bindon—lequel étoit présent à l’assemblée et qui pâlit à la lecture de cette lettre.

Le Colonel Templere renvoya l'assemblée au lendemain —à dix heures du matin—dans la plaine [de] Ste. Anne— Tout le monde s’y trouva—il fut proposé par le Colonel Templere que les citoyens se formeroient par compagnies de trente hommes et que chaque compagnie nommeroit son capitaine et ses officiers ?, et pour cet effet il fut nommé hüit députés par le peuple, qui étoient Messieurs Dufy- Desauniers, de Longueuil, Panet, St. George Dupré, Mézière, Sanguinet, Guy, et Lemoine Despins père ?, pour faire le recensement et les rôles des citoyens.

L Notes et pièces justificatives, XVIII.

? Les miliciens Canadiens, sous le régime français, se choisissaient leurs officiers. (J. V.) Voir Notes el pièces justificalives, XIX.

3 Notes et pièces juslificatives, XX.

Assemblée des citoyens dans l’église des Récollets.— Trahison de .

Bindon dévoilée.

Samedi, 20 mai. Les citoyens s’assemlent dans la plaine de Ste.

Anne.

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Retour du Le même jour à une heure après-midy--les troupes du major .

n08 soldats vou- * Roy arrivèrent de St. Jean à Montréal, —Le Major Preston entoendre ot les officiers les conduisirent dans la cour des casernes,

Bindon,—me-

pes des traî- Djans l’instant—les soldats fâchés de ce que Bindon leur avoit fait manquer un coup glorieux et de les avoir expo:

sés à les faire égorger dans le bois de St. Jean—la com-

pagnie des troupes légères se détacha pour aller punir

Bindon de sa trahison,—Ils le trouvèrent sur la galerie

de Richard Dobie et lé menèrent sur la place du marché

auprès du pilori !,—Il paroït que leur dessein étoit de le

pendre, mais les échelles arrivèrent trop tard, car les

officiers le retirèrent d’entre leurs mains.—Il en fut

quitte pour la peur. Cependant il fut obligé de donner

des cautions devant un magistrat pour répondre aux

plaintes que l’on avoit contre luy,—Il s’accusoit volontairement coupable d'imprudence, mais les honnêtes gens

pensoient bien différemment et la suite le prouvera.

Le même jour Samedy—le vingt de May—plusieurs

mauvais sujets firent faire une assemblée au café chez C'anderlant —où ils firent venir toute la populace sans distinction—pour délibérer sur l'aventure arrivée à Bindon,—Celuy qui porta la parole à l'assemblée commença

à insinuer au peuple que les plus honnêtes citoyens

n’étoint point en sureté, que l’insulte faite à Bindon par

les troupes pouvoit arriver à tous autres,—de toute néces-

sité il falloit délibérer si l’on poursuivroit les soldats qui

avoient insulté Bindon en loy, ou si l’on porteroit la

plainte au Lieutenant Colonel Templere—Après quelques

débats, 1l fut envoyé des député#au Colonel Templere qui

répondit qu’il rendroit justice, maïs le lendemain—diman-

Dimanche, 2 Che—quelques honnêtes gens—anglois et canadiens— vu furent trouver le Colonel et demandèrent grâce pour les soldats—ce qui luy fit beaucoup de plaisir—ainsy qu’au Major Preston qui étoit présent—attendu qu’ils n’avoient

L Noles el pièces justificatives, XXI.

2 Sutherland (J. V.)

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Montr tente Les visite la caus mécot mal, et fidè

1 Mcl ? Not 3 Sat 4 Not

5 Cf.

pas tout le tort que l’on leur imputoit et que Bindon pouvoit s’en attribuer la faute—A dire le vray, les honnètes gens regardoient Bindon comme un homme suspect et la démarche qu’il avoit faite ne le prouvoit que trop. Après le retour du Major Preston à Montréal avec sa Cinquante A Ë " : t k volontaires catroupe—il partit environ cinquante volontaires canadiens nadiens. sous le

* lieutenant sous le commandement du Lieutenant Samuel Makaye !, McKay, par-

officier de distinction pour prendre possession du fort St. LL eclat Jean—qui l’ont gardé jusqu’à ce qu'il y eût été envoyé des troupes de Québec, pour y faire des retranchements.

La première démarche que fit le Général Guy Carleton SHARE, après avoir appris que les Bastonnoïis étoient venus à cendre Üsrie" St. Jean—fut de faire partir de Québec les troupes qui y étoient avec deux bâtiments chargés d’artillerie et[de]mu. nitions—pour construire un fort à St. Jean?,—Il envoya un détachement de troupes à la rivière Chatigan ?, un autre à St. François, et fit partir trente hommes de troupes pour La Galette # avec des ouvriers pour réparer le fort—et donna ordre également d'envoyer des charpentiers pour construire des navires à St. Jean—Ensuite de quoy il donna ordre aux troupes des Trois-Rivières ainsy que de Montréal de se rendre à St. Jean sous le commandement du Major Preston,—Le Général partit luy-même pour Montréal où il arriva le vingt-six de May, au grand con- Vendredi, 26 tentement de toute la ville #. ge

Les citoyens s'assemblèrent et furent luy faire une visite en corps qu’il reçut froidement—sans en sçavoir la cause—Il est vray qu’il pouvoit avoir quelques sujets de mécontentement contre quelques-uns qui se comportoient mal, mais le plus grand nombre s’étoient montrés bons et fidèles sujets, et ils l’étoient effectivement,—

1 McKay. (J. V.) Voir Noles el pièces juslificalives, XX.

? Notes el pièces justificatives, XXI.

3 Satigan. (J. V.) Voir Notes el pièces justificatives, XXII. 4 Notes el pièces justificatives, XXIII.

a Journal tenu, &c., 20 et 26 May; Gazelle de Québec, 25 mai

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