RIT
REUTERS
Les milices
sont mises sur
Les huit députés nommés par le peuple pour faire le
pied d’après le recensement de la ville et [des] faubourgs de Montréal, et
conseil de Mtre
Sanguinet.
les rôles des compagnies de milice, furent rendre compte
de leur mission au Général Guy Carleton, — Comme ils
avoient trouvé le peuple mal disposé et même que quelques-uns d’entr'eux avoient essuyé quelques désagré. ments—surtout les deux qui avoient été envoyés dans le faubourg St. Laurent où les femmes vouloient les lapider —M. Sanguinet—l’un des députés—dit au Général qu'il convenoit mieux dans la circonstance présente de rétablir les milices sur l’ancien pied—autrement il seroit difficile de faire mouvoir les Canadiens—et qu’il seroit à même de luy procurer l’ancien rôle des milices, —Le Général adopta cette opinion et donna ordre que les Canadiens dans toute la province de Québec seroient incorporés dans les milices—En sortant de chez le Général, les autres députés se fâchèrent contre M. Sanguinet de ce qu’il avoit donné cet avis au Général Guy Carleton, et luy dirent qu'il seroit la cause de beaucoup de troubles, —Il leur répondit qu’il ne l’avoit fait que par un bon motif, et qu’il pensoit que les circonstances présentes l’exigeoient, —Les choses furent poussées si loin que M. Sanguinet fut obligé de laisser les députés et de prendre une autre rue pour revenir chez luy,—Alorsilcommença à craindre que le public sçût qu’il étoit l’auteur que ia milice étoit mise sur pied, mais heureusement personne n’en sçut rien, et les députés eurent la discrétion de n’en rien dire—D'ailleurs malgré la mauvaise humeur de ces Messieurs, ils y trouvèrent chacun leur compte, car M. de Longueuil fut nommé Inspecteur des milices avec deux cents louis d’appointements par année, M. Dufy-Desauniers fut fait Colonel, M. St. George-Dupré Major et Commissaire des corvées pour les milices avec deux centslouis paran—et les autres députés furent établis commissaires de la paix—Quoiqu'il en soit—le Général Guy Carleton fit une proclamation pour mettre les milices sur pied, ainsy qu’il suit !
1 Notes et pièces justificatives, XXIV.
“ des C “ reme ‘“ vince ‘armée ‘“attaqt “avec “Roy, ‘traître “ la gra ‘et au “ prenal ‘“ deleu “les ha “ l’oppra “ nuer “tant p A ‘ tieux, “ détach “ donc d ‘invasio
{ Maréc 15 Juin 17
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“ Par Son ExceLzENcE GUY CARLETON, Capitaine Général et Gouverneur en Chef dans toute la province de Québec et Territoires en dépendants en Amérique, Vice-Amiral, (1) Commandant le Département septentrional, &c., &c., &c.
“ PROCLAMATION
“ L'esprit de rébellion s'étant manifesté dans plusieurs “ des Colonies de Sa Majesté en Amérique, et particuliè- “rement dans quelques cantons voisins de cette Pro- ‘ vince, et plusieurs des dits rebelles ayant fait à main ‘armée des incursions dans cette province ; où ils ont ‘attaqué et enlevé une partie ? des troupes de Sa Majesté “avec différents effets et une barque appartenant au “ Roy, et comme ils continuent encore leurs hostilités “ traîtresses et tâchent de pénétrer dans cette province à “ la grande consternation des bons sujets de Sa Majesté ‘et au mépris manifeste des loix et du gouvernement, “ prenant faussement et malicieusement pour prétexte ‘* de leur conduite qu’ils n’ont d’autres vues que de mettre “les habitants de cette province à l’abri des taxes et de ‘“ l'oppression du gouvernement, ce qu’ils tâchent d’insi- “nuer par eux-mêmes et par leurs fauteurs, en y ajou- “tant plusieurs autres rapports également faux et sédi- “tieux, tendant à indisposer l’esprit des peuples et à les ‘ détacher de l’obéissance qu’ils doivent au Roy :—Afin ‘donc de repousser promptement et efficacement une “invasion si criminelle et perfide, et de se mettre en état
1 Maréchal des Camps et armées de Sa Majesté. (Gazelte de Québec, 15 Juin 1775.
2 Un parti. (1bid.)
Proclamation du Gouverneur pour rétablir les milices, du 9 juin.
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