‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 20 sur 86 · PRE · texte numérisé non relu

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‘“ de punir, comme ils le méritent, les auteurs de cette sé- ‘“ dition et leurs adhérents, et pour rétablir la paix et la ‘“ tranquillité publique dans toute l'étendue de cette pro- ‘“ vince, ce qu’il n’est pas possible dans les circonstances ‘ présentes d'exécuter par le cours ordinaire des loix ‘ civiles :—J’ai jugé à propos de publier la présente Pro- “ clamation, par laquelle je déclare qu’en attendant qu’on ‘ puisse exécuter ce qui est propre ! cy-dessus, en vertu

‘* des pouvoirs et autorités que j'ay reçus de Sa Majesté,

‘ j'ai résolu d'employer le secours des loix militaires dans ‘‘ toute l'étendue de cette Province, et d’ordonner en con- ‘ séquence qu’on mette incessamment sur pied les milices ‘‘ de la dite Province. Mais comme il n’est pas possible ‘ d’expédier sur le champ un nombre suffisant de com- ‘ missions pour tous les officiers qui doivent être em ‘“ ployés, je fais sçavoir en même temps à tous ceux qui ‘ont eu cy-devant quelques grades dans la milice par ‘“ des commissions reçues de l’'Honorable Thomas Gage» ‘“ de l’Honorable Jacques Murray, de Ralph Burton et ‘“ Frédéric Haldimand, Ecuyers et cy-devant Gouver- ‘“ neurs pour Sa Majesté dans cette Province ?, d'exécuter ‘“ ce qui leur étoit enjoint par les dites commissions, et “ de faire usage des pouvoirs qui leur étoient donnés, “jusqu’à nouvel ordre de ma part. Et moi en consé- ‘“ quence, et au nom de Sa Majesté, je commande et ‘“ ordonne à tous les sujets du Roy dans cette Province “et à tous ceux qu'il appartiendra, sous peine de déso- ‘ béissance, de donner aide et secours, en tout ce qui “ peut concerner le service du Roy, à tous les dits off. “ ciers pourvus des dites commissions ou de celles qu'ils ‘“ pourroient recevoir de ma part.

‘“ Donné sous mon seing et le sceau de mes armes, à “ Montréal, ce 9% jour de Juin 1775, dans la 15° année

1 Proposé. (Gazelle de Québec, 15 juin 1775.)

2 Notes et pièces justificatives, XXV.

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gé- ‘“ du règne de Notre Souverain Seigneur George Trois, la ‘“ par la grâce de Dieu Roy de la Grande-Bretagne, de ro- “ France et d'Irlande, Défenseur de la Foy, &c., &c., &c.

ces Guy CARLETON.” !

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1'O- En conséquence de cette proclamation—M. Dufy-Desau-

’on niers fut nommé Colonel, M. Neveu-Sevestre Lieutenant

rtu Colonel, et M. St George-Dupré Major des milices du

sté, district de Montréal—à qui il donna les pouvoirs de réta- , Etat major

es milices

ans blir la milice et de nommer les officiers—Ces trois Mes- "6% Qué.

à y à ir ‘ni H par iser bec.—Celui de on- sieurs commencèrent à faire des injustices—par favoriser LT A er

CES leurs familles et leurs amis—de manière que les anciens degespouvols: ible Lieutenants de milice, ils en firent des Enseignes, et des ments qu il expersonnes qui n’avoient jamais été dans les milices—des ° Capitaines, et laissèrent plusieurs anciens officiers qui n’eurent point de places—Cela fit nombre de mécontents —Toute la ville de Montréal murmuroit, et pour comble de malheur la populace refusoit de se mettre en milice— sous prétexte que le Colonel Templere leur avoit promis qu'ils se formeroient en compagnies de trente hommes, et qu’ils auroient la liberté de nommer leurs officiers, — Tout ceci se passoit sous les yeux du Gouverneur, —Malgré les représentations qui luy furent faites, il ne voulut y avoir aucun égard—au contraire il fit expédier les commissions pour ceux qui avoient été nommés par Messieurs Dufy-Desauniers, Neveu-Sevestre et St. George-Dupré. A Québec, Messieurs Voyer, Colonel ; Dumont, Lieutenant- Colonel, et Dupré l'aîné, Major. ?

Dans ce moment critique—les mauvais sujets n’épargnoient point leurs peines pour indisposer le peuple et y mettre la confusion, — Ils répétoient continuellement

1 Par son Excellence, H. T. CRAMARE.

Vive Le Roi. (Gazelle de Québec, &c.) 2 L'état major des milices de Québec ne fut nommé que plusieurs

semaines après celui de Montréal. Cf. Gazetle de Québec, N° du 6 juillet et du 7 septembre 1775.

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qu’ils avoient eu raison de prévenir les Canadiens, qu'ils

auroient le gouvernement françois, et qu'ils seroient en sujets aux lettres de petit cachet—Cependant le Général Ro Guy Carleton n'ignoroit point tous ces discours séditieux, le mais il ne fit aucune démarche ny punition pour en frap arrêter les progrès,—Il fit envoyer des ordres dans les et p campagnes-pour rétablir la milice, et mettre les habitants en

en compagnies,—Il s'y commit également des injustices trou et la majeure partie des habitants se trouvèrent mécon- habi

tents—et même plusieurs paroisses ne vouloient point Mas recevoir leurs officiers—Si les milices eussent resté sur d'en

l’ancien pied lors de la conquête du Canada au lieu d’avoir . pass fait des Baillis'—il y auroit eu beaucoup moins de difficul- trou

tés—En outre—plusieurs marchands anglois qui étoient à Géné Montréal refusèrent de se former en compagnie et de servir et el comme miliciens, mais William Hey—Ecuyer—dJuge en espri chef ?—qui étoit à Montréal depuis peu de jours—leur f* chez

une remontrance qui fit un bon effet, comme étant obli- Tor gés de donner l'exemple aux Canadiens,—Alors il se qui soumirent la plus grande partie,—Le Général passa les pour milices de la ville en revue—où les Canadiens luy témoi- avec gnèrent avoir beaucoup de satisfaction de servir sous ses quer ordres, et ils paroissoient bien disposés à remplir leurs Carill devoirs, et à repousser les Bastonnois, s’ils faisoientune diens nouvelle tentative dans la province *, nold Imprudence Le Général envoya dans les campagnes plusieurs jeunes les a: Fe gens—plus étourdis que sages—pour passer les milices en lettre revue—Le Sr Lacorne * fut envoyé à Terrebonne pour Tout cet effet—Tous les habitants assemblés témoignèrent de A Les Ca la répugnance à se mettre en milice, parce qu’un d’en- troupe treux leur avoit lu la lettre du Congrès en date du 26 provir Octobre 1774. pour | tromp 1 Notes el pièces justificatives, XX VI. bec, 0 | 2 Noles el pièces justificatives, XX VII.

(at 3 Notes et pièces justificatives, XX VIIT. | { No qi & Notes el pièces justificatives, XXIX. 2 No

Alors le Sr Lacorne les menaça de les faire mettre en prison et aux fers, et qu’il enverroit les troupes du Roy pour les faire châtier—de manière que son zèle le poussa si loin qu'il parla avec un ton de maitre et frappa deux ou trois habitants—surtout un vieillard— et partit en colère pour porter ses plaintes au Général— en leur disant qu’il reviendroit avec cent hommes de troupes pour les piller—Aussitôt son départ plusieurs habitants des paroisses de Terrebonne, Lachenaye, la Mascouche, de Repentigny s’assemblèrent au nombre d'environ trois ou quatre cents—et se transportèrent au passage de Lachenaye pour s'opposer au passage des troupes que leur avoit annoncées le Sr Lacorne, mais le Général blâma entièrement la conduite du Sieur Lacorne, et envoya un officier des troupes qui tranquillisa les esprits—et [ils] s’en retournèrent paisiblement chacun chez eux.

James Price ! qui étoit un marchand de Montréal et qui y avoit fait sa fortune—étoit parti dès le printemps pour la Nouvelle Angleterre-—-sans doute pour conférer avec ses amis sur le plan qu'il conviendroit pour atta quer le Canada—Il arriva à Montréal après la prise de Carillon et de la barque à St. Jean,—Il assura les Canadiens que le Congrès étoit mortifié de l’insulte qu’Arnold et Allein avoient faite au Canada, que le Congrès les avoit mandés pour les faire punir,—il apporta une lettre du Congrès pour tranquilliser les Canadiens ?,—

Tout ceci n’étoit qu’un je: et que pour mieux tromper

les Canadiens—puisque les Provinces-Unies levoient des troupes dans ce temps, pour faire une expédition dans la province de Québec. Le Général interrogea James Price pour tâcher de connoître la vérité, mais il fut également trompé,—Il obtint la permission pour descendre à Québec, où il resta quelque temps, après s'être assuré de la

L Notes el pièces justificatives, XXX.

2 Noles el pièces justificatives, XXXI.

Un marchand de Montréal, J.

Price, se fait l’émissaire du Congrès—Ses menées.

disposition des mauvais sujets de la province et{avoir] pris toutes les connoissances qu’il désiroit—il déserta et se rendit à Boston et de là au Congrès où il rendit compte de sa mission et de l’état où il avoit laissé la province de Québec.

nt, Carleton Après que le Général Guy Carleton eut établi les

armes aux sau- Milices dans la province, il invita les Sauvages domiciliés

Qu ot à prendre les armes contre les Bastonnois,—Ils s’y portèrent avec zèle à l’exception des Iroquois du Sault St. Louis qui firent quelques difficultés—sous prétexte que leur village étoit exposé, mais la véritable cause étoit qu’il y avoit plusieurs Bastonnois adoptés dans leur village dont une partie étoit chef !,—Cependant après quelques débats ils prirent la hache comme les autres nations. Il invita les Sauvages d'aller à la découverte, maïs il leur défendit absolument de tirer sur les Bastonnois, lesquels venoient souvent en découverte du côté de St. Jean, et les Canadiens et [les] Sauvages alloient du côté de la Grande Pointe, —Ils paroissoient s’éviter de part et d’autre alors—attendu que les Royalistes avoient défense du Général Guy Carleton de tirer, et que les Bastonnois tiroient sur les Royalistes sitôt qu'ils les rencontroient— de manière qu'ils étoient obligés d’essuyer le premier feu devant de se défendre,—ce qui paroîtra sans doute bien

assuvages,, extraordinaire, —

PAG see. : DE Makaye—qui commandoit les volontaires canadiens au fort St. Jean *—arrèta deux Sauvages qui venoient des Colonies avec des colliers des Bastonnoïs pour les Iroquois du Sault St. Louis afin de les engager à demeurer

Escarmou- neutres et [à] ne point se mêler dans la querelle, —

ches entre des à ;

sauvages né- Quelques jours après * il fut envoyé quatre Sauvages

pissingues et EU 1

quelques sol. Népissingues en découverte dans le lac Champlain— Ils découvrirent une berge sur la terre du Sud,—ils la

1 Notes et pièces justificatives, XXXII.

2 Notes et pièces justificatives, XXXIII.

3 22 août. (J. V.)

prire Capit aupri Sauv.

tirer tiroit sÇAvO l'inste tèren| lende chem.

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une « poche Les Clause vages avec le lon ci fut que dire le roient du Géi Le ler Québe( par le milices vée à ( bler.

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DES BASTONNOIS EN CANADA. Al

prirent et en s’en revenant à St. Jean, ils trouvèrent le Capitaine Beker !, et plusieurs Bastonnois—en passant auprès d'une pointe,—Beker leur demanda la berge, les Sauvages la lui refusèrent,—alors Beker les menaça de tirer sur eux,—Les Sauvages luy répondirent que sil tiroit qu'ils tireroient aussy ; Beker leur répondit qu'il sçavoit bien qu'ils n’avoient point ordre de tirer, et à l'instant il fit feu sur les Sauvages, et les Sauvages ripostèrent, et tuèrent le Capitaine Beker avec un autre,—Le lendemain le Commandant de St. Jean envoya un détachement de troupes et de Sauvages à l'endroit où ce petit combat fut donné,—on trouva le Capitaine Beker mort— une commission de capitaine des Bastonnois dans sa poche et autres papiers ?.

Les Colonels Jamson *, Surintendant des Sauvages, et Clause ‘arrivèrent à Montréal avec environ trois cents Sauvages des Cinq Nations,—Il fut tenu un Grand Conseil 5 avec les Sauvages domiciliés formant un nombre d’environ cinq à six cents Sauvages,—Le résultat du conseil fut que tous les Sauvages prendroient la hache (cela veut dire les armes) contre les Bastonnois, même qu'ils ne tireroient point sur eux sans avoir une permission expresse du Général Guy Carleton qui étoit présent au conseil, — Le lendemain le Général Guy Carleton repartit pour Québec—pour établir le Conseil Législatif—Il descendit par le sud du fleuve St. Laurent pour passer en revue les milices depuis Longueuil jusqu’à Sorel,—Sitôt son arrivée à Québec ® il donna ordre aux conseillers de s’assembler.

1 Baker. C'était un marchand anglais qui s'était mis au service des rebelles. (J. V.)

2 Notes el pièces justificatives, XXXIV.

; Da à CN 1} Notes el pièces justificatives, XXXV.

Den l'église des Récollets (J. V.) Cf. Gazelle de Québec, 3 août

6 Il arriva à Québec le 2 août, à sept heures du soir. (Jbid.)

Grand conseil de diflérentes nations sauvages tenu à Montréal.

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Jeudi,17août. En conséquence le 17 d'Août 1775, les membres de seatt et ré l'honorable Conseil Législatif de cette province s'asa KT semblèrent au Château St. Louis—dans:la ville de Québec de se séparer. on conformité des ordres émanés de Son Excellence le Gouverneur Guy Carleton à ce sujet, en conséquence de de la commission du Roy, qui nomme et constitue les Messieurs suivants, lesquels prètèrent serment et prirent

leurs places à la table, sçavoir :

s L'Honorable H. T, CraMané, 1 Lieutenant-Gouverneur,

Waicciam Hey, Ecuyer, Juge en Chef, Hucx FinLay, CHARLES FnraNÇois LANAUDIÈRE,

Tuomas Dunn, GEORGE PownaLL,

JAMES CUTHBERT, GEORGE ALLSsoPP,

CoziN Druummonp, Sr. Luc DE LACORNE,

François LEVÈQUE, JosEPH G. CHAUSSEGROS DE LÉRy, EpwarD HARRISON, ALEXANDER JOHNSTON,

JoHn COLLINS, , ConraD Guy,

ADAM MABANE, PicorTÉ DE BELESTRE, PécauDy DE CONTRECŒUR, . DES BERGÈRES DE RIGAUVIILLE, Roc Sr. Ours LEGHAILLONS, JOHN FRASER. ?

Quand il fut question de travailler à l’arrangement de la province de Québec suivant l'acte du Parlement, William Hey—Ecuyer-—-Juge en chef—fit naître plusieurs difficultés,—Ils restèrent trois semaines en débats, sans pouvoir rien conclure,—ils y seroient peut-être encore—si au

péentembre.. commencement du mois de Septembre environ douze envahissent de cents Bastonnoiïs ne furent point arrivés à l’Ile-aux-Noix,

le Canada. près du fort St. Jean—{ce] qui fit dissoudre le Conseil et

(7 septembre] 'epartir le Général pour Montréal incontinent. Il vint un parti de Bastonnois à deux milles de St. Premières 108. on É quo agi les retranchements faits Oondiits des . — quatre-vingts Sauvages à leur Canadiens et rencontre qui leur livrèrent bataille, tuèrent et blessèrent

des Anglais. x ; Aire :

plusieurs Bastonnois. Du côté des Sauvages, il y eut

? Ecuier, (Ms. N° 1.) 2? Notes et pièces justificatives, XXXVI,

qua!

Brig réal, des « hom mal de M de la de M sieur et le d'y a régul qui n comp porte du m:

fusils Qua d’alle des va l'Ile-a rent c( des re parav volon roient monda Sieurs

A OE Juslifica

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quatre de tués—un officier et trois f'auvages blessés !,—Le Brigadier Prescot ? qui étoit resté commandant à Montréal,—n'eut pas plutôt appris cette nouvelle, qu’il envoya des ordres dans les campagnes pour commander quinze hommes par compagnie, mais les habitants qui étoient mal disposés restèrent tranquilles, —Cependant il partit de Montréal pour St. Jean environ cent vingt volontaires de la ville, tous canadiens sous le commandement de M. de M. de Longueuil #,—Dans le nombre il y avoit plusieurs négociants riches qui abandonnèrent leurs familles et leur commerce. Les marchands anglois refusèrent d'y aller nettement. Alors la milice montoit la garde régulièrement dans la ville de Montréal—ct les bourgeois qui n'étoient point dans la milice avoient formé une compagnie de volontaires et pris leur corps de garde à la porte du Château et les marchands anglois à la porte du marché: un jour à cette garde toutes les pierres des fusils furent ôtées dans la nuit sans savoir par qui. Quand M. Longueuil fut rendu à St. Jean, il eut ordre d'aller passer la nuit à deux milles du fort avec trente des volontaires, —Les Bastonnois—qui s'étoient retirés à l'Ile-aux-Noix après le combat avec les Sauvages—revinrent cette même nuit en berges pour prendre possession des retranchements qu’ils avoient faits quelques jours auparavant à l'endroit même où M. de Longueuil et les trente volontaires étoient logés, — Ils crurent qu'ils ne pourroient point soutenir aux Bastonnois. Etant trop peu de monde — ils les abandonnèrent. Mais par réflexion les Sieurs Perthuis 5, de la Bruaire ‘, Campion, et un sauvage

. 1 Cf Gazelle de Québec, 14 septembre, 1775. Voir Notes el pièces Juslificatives, XXX VIT,

? Notes el pièces juslificatives, XXX VIII.

3 Noles el pièces justificatives, XXXIX,

4 Noles el pièces justificatives, XL.

$ Notes et pièces justificatives, XLI.

6 De la Bruère. (J. V.) Voir Notes et pièces justificatives, XLII.

mi

j À abénakis, entrèrent dans une petite maison qui étoit dans ! les retranchements, pour y faire du feu pour se chauffer. | Messieurs de Boucherville ? et [de] la Magdeleine ? restè- | rent dehors de la maison en faction, et le restant des volontaires [s’Jembarquèrent dans un bateau pour faire en sorte | de découvrir les Bastonnois, mais ils étoient sur leurs

| ( talons sans qu'ils s'en apperçussent,—car la maison étoit | investie quand le £r Perthuis et les autres voulurent en Ji sortir. Le Sr Perthuis—interprète des Iroquois--fut tué, |

avec le sauvage abénakis,—le Sr de la Bruaire eut les bras cassés et le Sr Campion se sauva sans aucun mal ÿ,— Les volontaires qui étoient dans le bateau voulurent aller leur donner du secours, mais ils furent fusillés par les Bastonnois, sans qu’il y eût personne de tué ny blessé— If Après cette petite action les Bastonnois—au nombre de mi douze à quinze cents—vinrent se camper auprès des re- IL: 18 tranchements de St. Jean, pour l’assiéger # ;—Dès lors les (ii L Sauvages se retirèrent dans leur village.

(| Camp d’in- James Livingston 5, Jerémie Dugand $ perruquier, et

À ; surgés Ccana- x ‘ : ] vit (| diens au bassin Loizeau forgeron, qui demeuroient dans la Rivière Cham-

| Sion, devient bly—frent révolter quelques habitants de la Pointe-Oli- { Leur conduite. Vier ", et se déclarèrent leurs chefs—et formèrent un petit î camp à cette pointe—vis-à-vis du fort Chambly—d’environ ï | quarante à cinquante hommes. Le Général Guy Carleton | leur envoya une amaistie, s'ils vouloient rentrer dans | leur devoir, par le Sr Jean Orillac * marchand de | Montréal—et Léveillé—qui avoient déjà été volontaires à

[eu | 1 Notes et pièces juslificalives, XLII.

? Noles el pièces justificatives, XLIIT.

3 Cf. Journal lenu, etc., 12 septembre.

4 Noles el pièces justificatives, XLIV.

5 Noles et pièces justificalives, XLV.

ji 6 Dugan. (9. V.) Voir Notes el pièces justificalives, XLVI. li j ; 7 Noles el pièces justificatives, XLVII.

| 8 Orillat. (J. V.)

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St. Jean :--Mais les Bastonnoiïs vinrent au point du jour, cernèrent la maison de Mr Cherrier Curé de la paroisse St. Denis *— firent prisonniers les Sieurs Orillac et Léveillé et tuèrent la servante de la maison, d’un coup de fusil tiré par une fenêtre de la maison — Tout le monde auroit cru que le Général aurait envoyé un détachement pour punir ces séditieux, mais il n’en fit rien. Au contraire on les vit augmenter en nombre sans difficulté, — Ils furent au Camp des Bastonnois devant St. Jean—par le moyen de Moïse Hazen, et ils ramenèrent avec eux vingt hommes des colonies au travers des bois — pour joindre leur petit camp de la Pointe-Olivier , dont Allein fut nommé le chef,—Alors ils commencèrent à prendre et arrêter les bateaux qui passoient par Sorel pour aller au fort Chambly porter des munitions, vivres, &c., au fort St. Jean —firent même quatre canonniers—qui étoient sortis du fort Chambly—prisonniers, et empêchèrent la communication — Quelque temps après ils abandonnèrent leur camp et commencèrent à courir dans les campagnes du Sud comme des brigands ; —Ce fut alors que les retranchements de St. Jean furent bloqués par les Bastonnois— dans lesquels il y avoit environ cinq cents hommes de troupes, cent cinquante volontaires canadiens et quatrevingis femmes et enfants des soldats. Le Général Guy Carleton regardoit tons ces désordres d’un œil serein et ne fit aucuns mouvements pour en arrêter le cours ®.

Le Sieur Niverville { fut envoyé à LaPrairie de la Magdeleine—avec quarante Sauvages et quelques habitants— pour aller au fort St. Jean,—Il vit arriver environ soixante Bastonnoïs qui le firent sauver à Montréai—avec son petit détachement sans tirer aucun coup de fusil, et les Bas-

1 Cf. Journal tenu, etc., 22 septembre.

? Ils s’acheminèrent par le sud du fleuve pour gagner la rivière Chambly, et se rendirent d’abord à St. Denis, chez le curé, M. Cherrier. (Je tiens ces détails de M. J. Papineau. J. V.)

3 Noles et pièces juslificalives, XLVIII. ‘ 4 Notes el pièces justificatives, XLIX.

Le tort St.

Jeanest bloqué par les Bastonnois.

tonnois prirent la charge de dix charrettes de vivres—et

3 Notes el pièces juslificatives, LI.

avec firent un sergent des troupes prisonnier qui alloit à St. ? navir Jean. # vres Quelques jours après, les Bastonnois de la Pointe-Oli- Tout vier vinrent à Longueuil et pillèrent la maison de Mr PE alerte Déchambault !, et emportèrent tout ce qu’il y avoit de pagne meilleur—ils firent même piller une tannerie à Boucher- L'on ville—qui appartenoit à Mr de la Bruaire. | les jo Les sauvages [roquois du Sault St. Louis—qui avoient réelle témoigné tant de mauvaise volonté — firent la paix avec les re les Bastonnoiïis, et leurs fournissoient même quelques ment Conduite. as- rafraichissements — Le Colonel Johnson qui étoit leur le 16 ee neenee, Surintendant tint une conduite assez singulière, car il HN v GUY avoit tant de peur qu'il ne se croyoit pas en sureté de coucher dans la ville de Montréal, — il couchoit toujours à bord d’une frégate mouillée devant la ville de Montréal Pan Ÿ —et ne voulut jamais aller à St. Jean où les Sauvages le ton demandoient absolument,—ce qui les auroit engagés à rester aux retranchements de St. Jean ?. Le peu de Sauvages qui étoit à Montréal se retira et la ville ne resta, qu'avec les citoyens qui montoient la garde aussy régu- Les rebelles lièrement que les troupes réglées, —Toutes les campagnes Sonde. du sud étoient à la disposition des Bastonnois qui pascampagnes du Spjent les milices en revue et même leur faisoient monter “ Co la garde pour eux, et même qui tiroient des habitants ‘ vénic tous les secours nécessaires en vivres fraîches et voitures. ‘ mett Les Bastonnois mirent un camp au fort de La Prairie “des ] de la Magdeleine et un autre au fort de Longueuil ?—Par ‘avoir 1h ce moyen ils avoient la facilité de courir toutes les cam- “qui ] LR pagnes du sud jusqu'à Sorel, —Malgré l'invasion des Bas- “ de Se HE tonnois dans toutes les côtes du sud, tout paroissoit aussy «To | î API, tranquille à Montréal que si nous eussions été dans une pro- “ prése |} | réal. fonde paix—Cependant les citoyens de Montréal voyoient “ tre ] | A. AN ‘ Ville 1 Notes el pièces juslificatives, L.

; 2 Voir la Note XXXV, vers la fin. L Note

? Note

avec douleur que le Général faisoit embarquer—dans les navires qui étoient mouillés devant la ville — tous les vi. vres du Roy, le bagage des troupes qui étoient à St. Jean. Tout étoit disposé à partir pour Québec à la première alerte, —Il n’y avoit plus de communication dans les campagnes du sud, et même on ignoroit ce qui s'y passoit,— L'on vit la ville se remplir d'étrangers qui arrivoient tous les jours sous le titre de marchands—quoiqu'ils fussent réellement des officiers des Bastonnoïs qui avoient bloqué les retranchements à St. Jean—qui étoient conséquemment autant d’espions!. Le Général fit une Proclamation le 16 Septembre 1775, pour les examiner ?. |

Par L'Honoragce HECTOR THÉOPHILE CRAMAHÉ, Écuyer, Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, &c., &e., &ec.

PROCLAMATION

‘ Comme il peut arriver de grands malheurs et incon- ‘vénients, et qu'il en est probablement arrivé de per- ‘“ mettre à des étrangers qui peuvent être dans les intérêts ‘des Rebelles de venir dans la Ville de Québec, pour y ‘avoir des intelligences et en donner des connoissances ‘qui peuvent être infiniment préjudiciables au service ‘ de Sa Majesté :

‘“ Jordonne et je commande rigoureusement par ces ‘ présentes à toutes personnes qui ne sont point censées ‘ être habitants de cette place, qui sont arrivées dans la ‘“ Ville de Québec depuis le treute-unième jour du mois

1 Notes el pièces juslificatives, LII.

? Notes et pièces justificatives, LIIT.

Proclamation eoncernant les étrangers.

‘ d'Août dernier, ou qui y arriveront par la suite, de pa- ‘ roître immédiatement en personne, ou de déclarer de- ‘ vant un des Conservateurs de la paix, ou devant telles ‘ personnes qui seront dans aucun temps nommées à cet ‘° effet, leurs noms, le lieu de leur demeure, et les raisons ‘ pour lesquelles ils sont venues en cette Ville; sous ‘ peine d’être regardées et traitées comme espions, si ‘elles y demeurent l’espace de deux heures sans paroître ‘en personne, ou donner les connoissances cy-dessus.

‘“ Et j'ordonne et commande aussy rigoureusement à “tous hôteliers, cabaretiers, et à toutes personnes qui ‘ recevront aucuns étrangers quelconques, après la publi- ‘“ cation de cette Proclamation, de donner les noms, le ‘“ lieu des demeures, &c., de tous tels étrangers, de la ‘“ mème manière, à l’une ou à l’autre des personnes cy- ‘ dessus mentionnées, dans deux heures de l’arrivée de ‘“ tels étrangers, sous les peines et dangers cy-dessus ex- ‘‘ primés. Ro

‘“ Donné sous mon seing et le sceau de mes armes, à ‘ Québec, ce seizième jour de Septembre, dans la quin- ‘ zième année du règne de Sa Majesté, en l’année de ‘“ Notre Seigneur 1775, dans l’absence et par l’ordre de ‘“ Son Excellence le Gouverneur.

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