VIVE LE ROY
| ji
| La famille ] ivi È ] ] € < pitineston, Le Sieur Livingston, père, qui demeuroit près du fau
CA rêts des rebel- L , 5 M les. les Bastonnois par le moyen des Sauvages,;—et qui leur
1, apprenoit tout ce qui se passoit à Montréal. Son fils qui fi commandoit un parti bastonnois entraîna ses deux autres à frères— du consentement de leur père—dans son parti.
| | ol fi La! dans les inté- bourg des Récollets avoit une correspondance exacte avec (Un L'on voyoit aussy tous les jours plusieurs marchands an-
glois vieu.
le Gé auro eût 1 qui :
beau.
tionn Th roit à révolt Voisin avoit avoit ] fut m land e Son € Major Nou quand cent c travers Montrd habita vinren partic ger de pour le étoien voir à & Carleta les Bas
L Noté 2 Hug 3 Fau 4 Nota
glois de Montréal qui alloient tenir leur congrès chez le vieux Livingston :—Tout conspiroit à notre perte sans que le Général Guy Carleton y fit la moindre attention—On auroit dit que tout cela ne l’intéressoit point, quoiqu'il y eût une quantité de mauvais sujets dans la province— qui faisoient tout le mal possible, — il y avoit aussy beaucoup de marchands et autres sujets anglois très affectionnés au service du Roy.
Thomas Walker —marchand de Montréal qui demeuroit à l’Assomption—employa tous les moyens pour faire révolter les habitants tant de cette paroisse que de celles voisines. Il fit pour cet effet plusieurs assemblées, il avoit mis beaucoup de confusion dans cette partie — il avoit même des correspondances avec les Bastonnois, — Il fut même intercepté plusieurs lettres qu’un nommé Charland et Menard luy apportoient du camp des Bastonnois. Son commis fut même arrêté à la Longue-Pointe par le Major Hugues ?.
Nous étions dans cette situation au 24 Septembre 1775, quand Allein—un chef des Bastonnois — avec environ cent cinquante hommes du camp de la Pointe-Olivier — traversèrent de Longueuil au Courant Ste. Marie près Montréal à dix heures du soir—Il se logea chez plusieurs habitants, —- Dans la nuit Allein, Loizeau et Dugand, vinrent dans plusieurs maisons du faubourg de Québec *— particulièrement chez Jacques Roussain “ qui étoit passager de la ville à Longueuil — qui leur prêta des canots pour leur aider à traverser une partie des Bastonnois qui étoient encore au fort de Longueuil,—Il fut même les voir à Ste. Marie avec sept ouhuitautres. Le Général Guy Carleton—ainsy que les citoyens de la ville —ignoroit que les Bastonnoiïis fussent si près de la ville, jusqu’au vingt-
1 Noles et pièces juslificalives, LIV.
? Hughes. {J. V.) Noles et pièces juslificalives, LV. 3 Faubourg Québec. (J. V.)
4 Notes el pièces justificatives, LVI.
Thomas Walker aussi.
Dimanche. 24 septembre. Allen, avec 150 hommes. essaie de surprendre Montréal.
Lundi, 26 septembre.
enasee
Allen est fait prisonnier.
cinq, à neuf heures du matin, qu'un nommé Deshotel!, qui alloit à sa terre à la distance d'une lieue plus bas que Montréal, qui vit les Bastonnoïis dans plusieurs maisons, alors il revint aussitôt par les champs pour avertir la ville, —Dans l'instant l’on ferma les portes et l’on fit battre la générale —Aussitôt les citoyens canadiens et anglois de la ville se rendirent dans le Champ-de-Mars avec leurs armes, et de là à la cour des casernes pour prendre des balles et de la poudre pour aller repousser l'ennemi. Cette démarche se fit d'eux-mêmes--sans avoir reçu d’ordre, ny même de permission du Général,—Pendant ce temps l’on vit plusieurs personnes — et surtout le Colonel Jamson, Surintendant des Sauvages, Clause et toutes les femn:es et enfants des officiers qui—avec leur bagage —s'’embarquèrent dans les navires qui étoient mouillés devant la ville.
Les citoyens sortirent de Montréal au nombre d’environ trois cents canadiens et trente marchands anglois. Le reste des marchands anglois ne voulurent point y aller. C’est là où on reconnut le plus ouvertement les traitres, —Il sortit aussitôt ? de la ville environ trente hommes de troupes. Les Bastonnois se replièrent dans une maison et une grange, et commencèrent à tirer. Le feu fut vif de part et d'autre. Des Canadiens cernèrent les Bastonnois du côté du bois, et leur coupèrent chemin, — Il fut fait prisonniers dans cette action environ trente-six bastonnois avec Allein qui étoit leur chef— Il y en eut plusieurs de blessés et tués et le reste prit la fuite — Nous eûmes le Major Carden — qui fut blessé—et le Sr Alexandre Paterson *, marchand de distinction qui sont morts de leurs blessures—un soldat et un ouvrier tués et un manchonnier blessé,—Pendant le combat, le Général Guy Carleton et le Brigadier Prescot 1 Desautel. (J. V.) Notes et pièces justificalives, LVII.
2 Aussy (Ms. Ne 1.) 3 Notes et pièces justificatives, LVI1II.
restè vingl sur l navir mais rent :
des n au G cent € fuyar facile la cos que d la Loi moyer qu'ils crainte Le :
toyens travers à la P nomme —Leur bitants n'ayant!
la Poin parti a Varenn Quel envoya SaultSt avec eu
1 Note, Gazelle dl
2 Desc
restèrent dans la cour des casernes avec environ quatrevingt et quelques soldats, lesquels avoient leurs havresacs sur le dos et leurs armes—prèts à s’'embarquer dans les navires--si les citoyens de la ville étoient repoussés,— mais tout le contraire heureusement arriva—car ils revinrent victorieux avec leurs prisonniers que l’on mit à bord des navires, —Sitôt leur retour, les citoyens proposèrent Faute du Géau Général que s’il vouloit, il partiroit quatre-vingts ou cent citoyens à cheval et en calèche pour poursuivre les fuyards bastonnois, mais il les refusa. Cependant ii étoit facile de tous les prendre, car une partie s’étoit sauvée à la coste St. Léonard et dans les bois, —Il n’étoit question que d'aller s'emparer des canots qui étoient le long de la Longue-Pointe et de la Pointe-aux-Trembles, par ce moyen ils n’auroient pas pu traverser du côté du sud, ce
qu'ils firent pendant la nuit suivante, mais non pas sans crainte !,
Le mème jour de Paction qui se passa entre les ci- , Deux wfficiers
toyens de la ville et les Bastonnoiïis—près de Montréal—il à l'Assomption. traversa de grand matin déux officiers rebelles de Varennes à la Pointe-aux-Trembles, lesquels furent menés par le nommé Déchamp ? chez Thomas Walker à L'Assomption, —Leur dessein étoit de se faire joindre par plusieurs habitants pour se rendre sous les ordres d’Allein—mais n'ayant pu réussir ils furent obligés de s’en venir jusqu’à la Pointe-aux-Trembles—où ils apprirent qu’Allein et son parti avoit été défaits—et se firent retraverser bien vite à Varennes pour rejoindre le reste des fuyards.
Quelques jours avant cette action —Mr St. Luc Lacorne M. st. Luc La-
envoya chercher les chefs du village des Iroquois du dis eve le 0
SaultSt. Louis, —A leur arrivée chez luy—il tint un conseil mas —8ute te
mery —Suite de
avec eux en la présence de quelques chefs népissingues ‘1° ‘émarche.
1 Noles el pièces justificatives, LIX. Cf. Journal lenu, &c. 26 sept.,
Gazelle de Québec, N° du 5 et du 19 oct., Allen’'s caplivity, Walpole N. H. 1807, pp. 27 ete.
2 Deschamps (J. V.) Noles et pièces justificatives, LX.
et algonkains !, — il y avoit aussy sept à huit autres personnes de ses amis,—Il dit aux Sauvages, —‘* Mes Frères, ‘ vous savez, quand votre père Monsieur Devaudreuil ? ‘ (dernier Gouverneur françois) est parti du Canada, il ‘* vous recommanda—ainsy qu’à nous—de vivre ensemble ‘ comme des frères et de ne jamais nous abandonner,— ‘ En conséquence voilà un collier de porcelaine que je “ fais présent aux Iroquois—que je prie d'accepter et de ‘“ porter ma parole à Mr Montgomery *—le chef des Bas- ‘“tonnois qui est à St. Jean.” Il tira dedans un sac plusieurs branches de porcelaine et leur dit —* Vous ‘“ porterez cela au chef bastonnois—vous luy direz de ‘“ ma part—ct de celle des Messieurs présents et’même ‘de la noblesse de la ville de Montréal—que dès ce ‘“ moment nous laissons tomber la hache (cela veut dire ‘nous faisons la paix) — et que nous ne nous mêle- “ rons plus de rien, et que nous les prions d'oublier ‘le passé comme nous avons fait” Les chefs sauvages partirent aussitôt et se rendirent au village des Iroquois —En arrivant ils firent le cri pour apprendre à leur nation que Mr St. Luc Lacorne et plusieurs autres--au nombre de sept à huit—vouloient faire leur paix avec les Bastonnois.* Sans doute ils se félicitèrent d'avoir fait la leur— Cela produisit un très mauvais effet, car la jeunesse sauvage vouloit toujours faire la guerre, et cette démarche les arrèta. Les Sauvages partirent du Sault St, Louis au nombre de dix à douze chefs -—tous à cheval — pour se rendre à l’armée des Bastonnois qui étoit à St. Jean A leur arrivée ils présentèrent les branches de porcelaine à Mr Montgomery qui les accepta avec plaisir, —Mr Montgomery renvoya les chefs Sauvages avec une lettre qu'il écrivit en réponse à Mr St. Luc Lacorne — où il luy mar-
1 Algonquins.
2 De Vaudreuil. (J. V.) Noles el pièces justificatives, LXI. 3 Noles el pièces juslificalives, LXII.
4 Le Ms. N° 1 met entre parenthèse tout ce qui suit jusqu'à arréla.
quoit quill.
point chan:
camp portè Il se | au G faute sur la au fe que le quelq marc} contir Lac de Mo campa vingt côte pays— dans | sonnes campa leur b qu'ils qu'il r Desau signés compa de to grande Le G et sold
1 No!
2 Cf.
quoit qu'il avoit reçu sa parole — qu'il pouvoit être tranquille—ainsy que les autres Messieurs, qu’ils ne seroient point pillés, — Mais dans l'intervalle les affaires avoient changé de face,—Il y avoit déjà beaucoup d'habitants des ‘ampagnes entrés dans la ville-—quand les Sauvages rapportèrent la réponse de Mr Montgomery à Mr St. Luc, — Il se trouva très-embarrassé — il prit la lettre et la porta au Général Guy Carleton, lequel fit venir un tambour, faute de bourreau—luy fit donner plusieurs coups de pied sur la lettre en la présence des Sauvages—et la fit jeter au feu—ce qui les surprit beaucoup, après la démarche que leur avoit fait faire Mr St. Luc Lacorne — Cependant quelques personnes avoient prévenu le Général de la démarche de Mr St. Luc, mais il voulut garder le silence, et continua toujours d’avoir la même confiance en luy !. L'action qu’il y avoit eu entre les citoyens de la ville de Montréal et les Bastonnois réveilla les habitants des campagnes de leur assoupissement, car dès le lendemain, vingt-six Septembre—il vint en ville quinze habitants de la côte St. Léonard s'offrir au Général pour la défense du pays—-Il en arrivoit à tout instant des différents endroits dans les mêmes sentiments—ce qui fit que plusieurs personnes prièrent le Général d'envoyer des ordres dans les
Mardi, 26 septembre, Les habitants des campagnes veulent prendre les armes contie les rebelles.
campagnes pour faire venir les habitants et de profiter de
leur bonne disposition, — Il donna pour toute réponse — qu’ils avoient méprisé les ordres du Brigadier Prescot et qu’il n’en donneroit point,—Cependant il dit à Mr Dufy- Desauniers--Colonel des Milices à Montréal--d’en envoyer signés de luy et de faire commander quinze hommes par compagnie,—L'on vit venir en peu de jours à Montréal — de toutes les côtes du nord—beaucoup d’habitants—à la grande satisfaction des citoyens de Montréal ?.
1 Noles el pièces justificatives, LXIII.
2 Cf. Journal tenu, &c. 8 octobre.
Le Général donna ordre à quarante hommes canadiens , Arrestation de
et soldats d'aller prendre prisonnier Thomas Walker qui
Zèle intempestif de M. Cuthbert,
L’empressement des Canadinns ne fait qu'augmenter.
étoit à L'Assomption !, Ils cernèrent la maison de Walker —lequel se mit en défense dans sa maison avec son épouse et trois domestiques,--Il fut tiré de dedans la maison plusieurs coups de fusil et de pistolet, Le S' Magdonel ?, Officier du Royal Emigrant—fut blessé au bras—Ils ne purent prendre Walker qu'en mettant le feu à sa maison, —Ïs le prirent par une fenêtre avec sa femme et les amenèrent prisonniers à Montréal— La femme fut mise en liberté et Walker confiné dans les prisons des cazernes #— Alors les habitants du nord du fleuve S' Laurent abondèrent de toutes parts à Montréal. Il n’y eut que la paroisse de Berthier qui refusa — après avoir montré de la bonne volonté — par une difficulté qu'ils eurent avec M: Cuthbert ‘ — seigneur de cette paroisse, car il y avoit déjà quinze hommes par compagnie assemblés — au moment de partir pour Montréal — mais M' Cuthbert, qui arriva dans le moment de Québec où il avoit été en qua: lité de conseiller, voulut que tous les habitants de la paroisse se rendirent à Montréal, — ce qui fit qu’ils refusèrent et qu'il n’en vint pas un seul, — au contraire, ils se sont montrés depuis très mal disposés %.
Les habitants des campagnes se montrérent si zélés qu'il vint à Montréal quarante-deux hommes de S* Anne, à dix-huit lieues de Québec. Les habitants de la paroisse de Varennes se distinguèrent plus qu'aucune autre —qui est située au sud du fleuve St Laurent — dans laquelle les Bastonnoïs passoient ei repassoient tous
1 Et qui faisoit tout son possible pour engager les habitants à la révolte et de prendre le parti des Bastonnois. Ce petit détachement arriva au point du jour à L'Assomption. (Ms. M 1.)
2 McDonell. Le Royal Emigrant était un corps de troupes levées en Canada par ie Colonel McLean. (J, V.) Voir plus loin la note au sujet de cet officier. Cf. Gazetle de Québec, 1? juillet 1775.
3 Notes et pièces juslificalives, LXIV.
4 Notes el pièces justificalives, LXV.
5 Cf. Journal tenu, etc., 1? oct.
6 Noles et pièces juslificalives, LXVI.
frirent lonté dans Ja des ca des fai auroit facile se Car aussy tagnes Tout ville — ville et cinq ce tants d au cam de trave lever le leurs il:
bloient embarq:
per à la armée 5 réal. L que le R le Généi le contr dant tre Fatigués les prem Longuer passoien
1 Notes
les jours, — il en arriva à Montréal plus de trois cents de cette paroisse — avec la meilleure volonté du monde. Alors plusieurs paroisses des environs de Montréa! ‘’offrirent à marcher contre les Bastonnois de bonne volonté — Il se trouva, au commencementdu mois d'octobre dans Ja ville de Montréal plus de douze cents habitants des campagnes — joints à plus de six cents de la ville — des faubourgs et de la banlieue de Montréal —ce qui auroit fait une petite armée respectable, - Il auroit été facile de traverser au sud du fleuve S* Laurent et [de] se camper auprès du fort de Longueuil, —Il arriva aussy à Montréal cent sauvages du Lac-des-Deux-Montagnes et de S* Régis.
Tout ce monde, en laissant une garnison dans la ville — auroit formé — joint aux paroisses de Boucherville et de Longueuil — un camp d’au-moins deux mille cinq cents hommes, —- En outre —la quantité d’habi. tants des paroisses du nord — qui vouloient se joindre au camp de Longueuil — si le Général donnoit ordre de traverser — auroit été plus que suffisante pour faire lever le siége que les Bastonnois fesoient à S* Jean. D'ailleurs ils n’ignoroient point que les habitants s’assembloient à Montréal— En conséquence ils avoient fait embarquer tous leurs effets dans des bateaux pour décamper à la première nouvelle qu'ils auroient que cette petite armée seroit en marche !,—Tout paraissoit riant à Montréal. Le Général fit distribuer aux habitants les fusils que le Roy pouvoit avoir, — Tout le monde se flattoit que le Général donneroit ordre de traverser au fort Longueuil, le contraire arriva — Tout ce monde resta en ville — pendant trois semaines — à manger les vivres du Roy — Fatigués d'attendre —les habitants de Varennes furent les premiers à prier le Général de les laisser traverser à Longueuil — qu’ils craignoient que les Bastonnois — qui passoient et repassoient dans leurs paroisses tous les jours
1 Notes el pièces justificatives, LXVII.
Inaction blàmable du Gouverneur,
Beau dévouement de plusieurs habitants de St, Ours.
— ne fissent brûler leurs maisons et leurs granges pleines de grains — que d’ailleurs ils pouvoient maltraiter leurs femmes et leurs enfants, — Le Général leur répondit, — qu'il n’étoit pas encore temps, mais que bientôt ils traverseroient. Ils luy répliquèrent,— que les habitants du nord du fleuve étoient aussy bien disposés qu'eux et qu'ils se joignoient ensemble pour le prier de les laisser traverser au sud — et qu’ils espéroient que — sous huit jours — qu'il n’y auroit pas un seul Bastonnois à St. Jean—que si quelques-uns d’eux étoient tués—que leurs femmes et leurs familles n'en feroient point de reproches à Son Excellence — puisque c’étoit de leur propre mouvement qu’ils vouloient y aller,—qu'ils sçavoient que les habitants de Boucherville et de Longueuil se joindroient à eux — Mais pour toute réponse — le Général leur dit, qu'il ne vouloit point perdre de monde, que le temps n’étoit pas encore venu pour traverser, —
Dans ce temps plusieurs habitants de St. Ours dans la Rivière Chambly vinrent à Montréal — malgré les menaces que leur faisoient les Bastonnois ! de brûler leurs granges et maisons, — Rien ne put déterminer le Général à traverser du côté du sud. Les habitants des campagnes — au bout de trois semaines — commencèrent à s'ennuyer à Montréal — Le temps de labourer la terre arrivoit. Tout le monde pensoit qu'il ne falloit pas plus de huit jours pour repousser les Bastonnois—S' Jean auroil été dégagé ; aussy tous les jours le Général étoit-il importuné par les citoyens de la ville et les habitants de la campagne pour traverser à Longueuil; mais le Général refusa toujours —au grand mécontentement de tout le peuple et l’on crut alors qu’il avoit des ordres secrètes pour tenir cette conduite ?,
Le Général fit une Proclamation pour que les Capi-
1 que les Bastonnois leur faisoient. (Ms. Ne 1.)
2 Notes el pièces justificatives, LX VIII.
tain —pa le se
es taines de milice des campagnes fissent faire les travaux rs —par corvées—des habitants qui étoient à Montréal pour le service du Roy—conçue en ces termes :
l'Adu ils Par Son ExcezencEe GUY CARLETON, Capiaine Général et Gou- 14 octobre. er- verneur en chef dans toute la Province de Québec et Territoires Len rbta d Se en dépendants en Amérique, Vice-Amiral d'icelle, Maréchal des vaux deschamps e si camps et armées de Sa Majesté, Commandant le Département sep- Kiient sous Ve tré tentrional, &c., &c., &c. armes, nue oujou- ‘ A tous les Capitaines et autres Officiers commandants fais “ Jes milices dans la Province de Québec, &c. doit “ Vu qu’un nombre considérable de fidèles sujets de core “Sa Majesté qui se sont rendus près de nous, pour don- ‘ ner des preuves de leur zèle et fidélité envers sa dite nié :là Majesté, ont laissé beaucoup de travaux imparfaits chez née eux, et qu’il ne seroit pas juste que de tels sujets soufeurs ‘* frissent pour s'être distingués, et qu’il est d’ailleurs Léral ‘{ très-intéressant pour le bien général de cette Province gnes ‘“ que les ouvrages de la campagne soient faits avant la yer ‘“ mauvaise saison :
Tout ‘“ À ces causes, nous vous ordonnons de faire faire, jours ‘* chacun dans vos districts respectifs, par les habitants agé ; ‘ qui sont restés chez eux, et ce par corvées que vous les ‘ réglerez avec équité et conduirez avec exactitude, tous pour “les ouvrages et travaux que les dits habitants de vos jours ‘€ dits districts—qui servent près de nous ou ailleurs par l'on ‘* nos ordres—n’ont pu et ne peuvent faire : faucher les cette ‘{ foins, couper les avoines ou autres grains, serrer & en- “ granger le tout bien conditionné, faire les guérets et Capi- ‘ labours, réparer et mettre les bâtiments en état d’hiver- ‘ nement.
‘“ Nous vous déclarons que, faute par vous de tenir la
“ main à l’exécution du présent ordre, vous nous en serez P Ù
“ personnellement responsables, et que nous ferons payer
sm.
DCR SES
; 58 LE TÉMOIN OCULAIRE DE LA GUERRE [| | ‘et rembourser par les contrevenants toutes pertes ou 4 din dommages que pourroient souffrir les fidèles sujets du à s'an * Roy qui ont généreusement préféré son service et la L à * tranquillité de cette Provinee à leurs intérêts parti- À ma 4 ‘* culiers. ; don î ‘ Nous vous mandons et ordonnons de faire inmmédia- ’ par li “tement publier, tant à la porte des églises dans vos bly, FL “ districts respectifs que partout ailleurs où besoin sera, du C l fl “ notre dit présent ordre, et d’en certifier à Messieurs les gédi E: ‘ Colonels des milices, chacun dans leurs districts, aux- É de ti | ‘“ quels il est par les présentes ordonné d'en rendre Mont | ‘ compte, sçavoir :—-pour les paroisses de Québec à notre mon 4: ‘“ Lieutenant Gouverneur, et pour celles des Trois-Rivières : à Lot (| ‘et de Montréal à nous, ou, en notre absence, à l'officier pour | oil “ commandant. : Colon EE & Donné à Montréal, le 14° Novembre ?, 1775. D (rts | quatr | PEAU ‘ Guy CARLETON.” les B, El ron ( 1° | __ L'on voyoit tous les jours passer le long de la paroisse Le ( he etes de Longueuil—au sud du fleuve St. Laurent-—vis à-vis de et dou | pen des ha Montréal—dix, quinze et vingt Bastonnoïs qui alloient du | Capita Re Br gngnent fort de La Prairie de la Magdelaine au fort de Longueuil, n'y trd NA: et même jusqu'à Verchères—qui se moquoient de la ville { matin À | | —il y a tout lieu de croire qu'ils avoient raison. Il s’offrit ÿ huit cd À Î plusieurs personnes pour aller faire des prisonniers du ÿ poudre | | | côté de Longueuil afin de sçavoir des nouvelles, mais le l'agré RE Général s’y est toujours opposé, —Les habitants des cami- habita} | | pagnes voyant une telle menée, murmuroient tout haut, néral M plusieurs demandèrent au Général à aller voir leurs partic un | familles, ils obtenoient la permission facilement,—d'au- nois à | M] tres partoient sans la demander,—Les citoyens de Mont- Gonsta (] 1! réal voyoient avec déplaisir que le nombre des habitants à deux JL LE L Ce doit être une erreur du copiste, car au 14 novembre, Montréal ne si Nf: 1 était depuis deux jours au pouvoir de Montgomery. (J. V.) Eneflet | ’ ne | n If cette proclamation porte la date du 14 octobre. Of. Gazelle de Québec À int (nl du 19 octobre 1775. 2? Me
diminuoit tous les jours. L'on auroit dit que le Génér“i s'en réjouissoit.
Le Lieutenant Colonel McKlene 1—des ÆEmigrants—for- , 1e Lieutenant
N ; À : ; Colonel Maclean ma à Sorel une petite armée de sept à huit cents hommes reçoit ordre de
k De congédier son dont la plus grande partie Canadiens, et dirigea sa route bataillon. par la rivière Chambly—pour se rendre au fort Chambly,—Après deux ou trois jours de marche—il reçut ordre du Général Guy Carleton de se reployer à Sorel, de congédier son monde, et de se rendre à Québec avec le peu de troupes qu'il avoit,—Quand cette nouvelle parvint à Montréal l’on ne vit partout que tristesse, car tout le monde s'étoit flatté que le Général auroit fait traverser à Longueuil toutes les milices qui étoient à Montréal. pour faire la jonction avec celles que commandoit le Colonel McKlene—joint aux troupes qui étoient dans le fort St. Jean, ce qui auroit formé une armée d'environ quatre mille hommes,—Il n’en falloit pas tant pour battre les Bastonnois qui étoient à St. Jean au nombre d’environ de quinze à dix-huit cents au plus.
Le Général Guy Carleton permit à soixante Canadiens Le touveret douze soldats de troupes, sous le commandement du bn "à quelquee Capitaine MeGloude ? d'aller au fort de Longueuil,—Ils rte ol Fe n'y trouvèrent aucun Bastonnois, qui en étoient partis le Fe éugueutt matin—Ils prirent soixante à quatre-vingts pains, sept à huit cents livres de farine, et quelques barils de balles et poudre dans un hangar—qu'ils partagèrent ensemble de l'agrément du Général.--Ce petit succès encouragea les habitants, —ils continuèrent toujours à demander au Général de traverser à Longueuil et d'y faire un camp, plus particulièrement dans ce moment—puisque les Bastonnois avoient abandonné le fort, mais le Général refusa oonstamment,—Cepenant pour les désennuyer, il permit à deux cents d’embarquer dans sept à huit bateaux pour
1 McLean. Marshall et d’autres écrivent Maclean. (3. V.) Pour l’historique du bataillon et de la campagne de cet officier, voir Journal tenu, &c., du 14 octobre au,8 novembre, Notes el pièces justifie, LXIX.
2 McLeod.
PS et er ie E
‘4 LETR
| aller se promener à Boucherville, —ils arrêtèrent en passant à Longueuil où ils ne trouvèrent aucuns Bastonnois. Le Général permit de temps en temps aux habitants d’aller se promener en bateau le long des côtes de Longueuil —avec défense expresse de tirer sur les Bastonnois.
Un jour la garde des volontaires qui étoit devant le château ! vit passer avec une longue vue onze Bastonnois le long de Longueuil—il donna ordre au Major Hugues et à un autre officier de prendre quarante soldats en * deux bateaux—et d'aller près le rivage de Longueuil, avec défense de tirer ny de débarquer à terre. Les onze Bastonnois s’arrêtèrent * vis-à-vis des deux bateaux où étoient les troupes du Roy et leur dirent des injures et se moquèrent d'eux, —Les troupes s’en revinrenten ville avec leur petit bonheur. Tout le monde ‘ gémissoit et murmuroit contre une telle conduite, et se persuadoit que le
gglurmures des (rénéral avoit des ordres de la cour d'Angleterre afin de cette imac. d'épargner le sang de ses sujets—dans l'espérance que les Bastonnois rentreroient dans leur devoir, —en conséquence un chacun faisoit ses efforts auprès du Général pour le déterminer à traverser au sud—pour aller dégager les retranchements de St. Jean qu'étoient toujours assiégés.
L'on murmuroit ouvertement contre Messieurs St. Luc Lacorne et Niverville, deux anciens capitaines canadiens
Gt : Pur: Donne = RARES PEU LPS TA par —
Pa TR
Sn
et chevaliers de St. Louis—qui étoient suspects au peu- | ple, en qui il paraissoit que le Général avoit mis sa contu!
2! | fiance.
RS nn E eee ù D Rene
: 1 L'on voyoit clairement que si le Général ne faisoit pas faire quelques mouvements—que St. Jean seroit pris et conséquemment la ville de Montréal courroit de grands risques. Les mauvais sujets se moquoient des royalistes
RO APR UR Te re
ER
1 Noles el pièces justificatives, XL. 2 et (Ms. Me 1.)
3 Ce mot manque dans Ms. N° 2.
4 Tout le peuple (Ms. Me 1.)
mé
SR ee
—P qua en i avoi plein —Le pour les E gard dern assez maux répét, prend avoie point leur ilyer faveu:
Le quara Ce pet que le secou L’ar —et q fois d’e quille de rer qu’une par la nuée à homma
1 Nota 2 Nota
—pour les intimider ils disoient qu’il y avoit à St. Jean
quarante mille hommes bastonnois—A dire le vray—on
en ignoroit à Montréal le nombre, puisqu'on ne pouvoit
avoir aucunes nouvelles des costes du sud—La ville étoit
pleine d’espions étrangers—sans compter les domiciliés,
—Les citoyens montoient la garde régulièrement—autant
pour se préserver des incendies ! que de la surprise par
les Bastonnoïis. Les faubourgs refusoient d'y monter la garde—depuis que Jacques Price les avoit gagnés en son Les amis des dernier voyage à Montréal—et d’ailleurs, il avoit laissé NeMeRnt
; À ‘ ue Montréal.
assez d'amis pour les entretenir dans la neutralité—Les
mauvais sujets, qui étoient en nombre avoient le soin de
répéter tous les jours aux Canadiens, qu'ils ne pouvoient
prendre les armes sans être rebelles—attendu qu'ils
avoient fait serment—à la conquête du Canada—de ne
point prendre les armes contre les Anglois et que le meil-
leur parti pour eux étoit de rester neutres—malgré cela
il yen eut un grand nombre qui prirent les armes en
faveur du Roy ?.
Le Général fit revenir du fort de la Galette environ Quelques soiquarante soldats qu’il y avoit envoyés le printemps, — dé amivent de Ce petit secours ne nous fut pas de grande utilité —puisque le Général étoit déterminé à ne vouloir point aller secourir les troupes dans les retranchements de St. Jean.
L’armée des Bastonnois qui faisoit le siége de St. Jean L'ennemi re- —et qu’ils avoient été au moment d'abandonner plusieurs four le sie de fois d’eux-mêmes--malgré que l’on les laissât faire tran- bas quillement et sans opposition—reçut six cents hommes de renfort—Ils en avoient grandement besoin parce qu’une partie de leur petite armée étoit tombée malade par la pluie continuelle qu’il fit dans ce temps—et diminuée à un point qu'ils n’avoient pas plus de huit cents hommes en état de porter les armes.
Le Général Montgomery envoya environ cent Cin- 8 Octobre.
1 Notes et pièces justificatives, LXX.
2 Noles el pièces justificatives, LXXI.
eurde duante hommes—le 18 d’octobre—pour attaquer le fort Chambly se rend Chambly—avec une pièce de canon de douze et une autre | de quatorze—Pendant ce petit siége les Bastonnois venoient à Longueuil--vis-à-vis de la ville--battoient du
tambour et jouoient du fifre et même tiroient quelques
coups de fusil--sans doute pour se moquer et ! [pour]inti-
mider les esprits,—maisil est certain que le commandant
du fort Chambly--avec sa garnison au nombre d'environ
soixante hommes—se rendirent aux Bastonnois après
quelques coups de canon—sans perdre un seul homme
ï de part ny d'autre. Les Bastonnois trouvèrent dans ce { fort cent trente trois barils de poudre, cent cinquante quarts de farine, dix pierriers, cinq mortiers, deux pièces à de canon, trois cents bombes et les drapeaux des troupes | El qui étoient dans les retranchements de St. Jean,—Ils | 11 avoient grandement besoin de ces articles, car ils man- Di quoient tellement de tout ?,—On n'apprit cette nouvelle L à Montréal que huit jours après, encore parce que ce fut | 1 | M. Montgomery qui envoya * un de ses soldats en apporter
le la nouvelle au Général Guy Carleton,—CGette nouvelle je affligea toute la ville de Montréal—et les citoyens recon-
nurent plus que jamais que si le Général avoit voulu faire un camp au fort de Longueuil—qui n’est qu'à quatre lieues de celuy de Ghambly—il est certain qu'il n’auroit