‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 36 sur 86 · D = SE · texte numérisé non relu

D = SE

de ne plus prendre les armes,—Mr Beaujeu fut obligé de

congédier sa petite armée et de se cacher de crainte

d’être fait prisonnier—L’on vit dans cette affaire les pères

se battre contre leurs enfants et les enfants contre leurs ï pères—ce qui paroîtra sans doute bien extraordinaire !.

ones 10. Le dix neuf de mars—Mr Simon Sanguinet fit partir de voyés à Québec. Montréal le jeune Charles Réaume—son beau frère— rente avec deux autres jeunes gens, pour aller X Québec porter les nouvelles au Général Guy Carleton,—mais étant rendus dans la paroisse St Nicolas—près de Québec—ils furent arrêtés et faits prisonniers—et renvoyés aux fers à Montréal—où ils restèrent en prison longtemps.

Le dix neuf avril—le Sieur Arnold—qui avoit commandé à Québec les Bastonnois—après la mort de Mr Montgomery—arriva à Montréal et prit le commandement.

Quelques jours après—il descendit de La Galette trois bateaux dans lesquels il y avoit des troupes—pour chercher des vivres aux Cèdres,—ils chargèrent leurs bateaux chez le Sr Denis—marchand aux Cèdres— s’en retournèrent au poste de La Galette où ils étoient en garnison.

21 avril, Le vingtet-un d’avril— Arnold—qui commandoit à Montréal —qui apprit cette nouvelle envoya environ deux cents hommes aux Cèdres—de crainte qu’il ne s’élevât quelque détachement contr’eux dans cette partie.

29 avril, Le Il arriva à Montréal le vingt-neuf avril—trois députés Congrès envoie * ?: f j:

des députés à du Congrès avec un Jésuite, pour faire quelques arrange-

à ments à Montréal—Mais ils trouvèrent les affaires des Bastonnois en si mauvais état—qu'ils prirent le party de s'en retourner—Mais, avant leur départ—ils donnèrent des passeports aux marchands-voyageurs, qui les désiroient depuis longtems—pour monter avec leurs effets dans les pays d’en haut. Mr Franklin—qui étoit un des députés—partit le premier jour pour les Colonies, et les deux autres restèrent quelque temps après luy ?

19 avril, Arnold commande à Montréal,

1 MNoles el pièces justificatives, XC.

2 Noles el pièces justificatives, XCI.

ton:

tôt, cère ner jour étoie part) trom sonn méri Le matin Carlet luy M parti « liter & étoit ç beau-f.

Quel Québec Baston —Mais baston postes d Cèdres.

1 Le à aucune « Il ren dire un m à Québec Carleton « les Basto où ils s’ét il a

ille de dont ils cu

2 Ce mo

Le neuf de may—l'on apprit à Montréal que les Bas.

9 mai, On apprend à Mont-

tonnois avoient levé le siége le six devant Québec. Aussi- réal que le siége

tôt, la terreur se mit parmi les Bastonnois—Ils commencèrent à évacuer Montréal—de manière que le douze il ne restoit qu'environ cent cinquante hommes. Ce même jour il partit une quantité de marchands anglois—qui étoient domiciliés dans la Province—qui avoient pris le party des Bastonnois et qui n’avoient pas peu contribué à tromper les habitants canadiens par leurs discours empoisonnés, lesquels craignoient les châtiments qu'ils avoient mérités.

Le treize may, M: Simon Sanguinet partit de grand matin pour Québec—pour aller instruire le Général Guy Carleton de ce qui se pagsoit à Montréal—Il amena avec luy Madame Welles sa belle-sœur, (dont son mary étoit parti de la ville avec les autres marchands), pour luy faciliter sa descente jusqu’à Québec—dans la crainte où il étoit d’être fait prisonnier dans sa route—comme son beau-frère qu’il avoit envoyé dans le mois de mars!

Quelques jours après le départ de M Sanguinet pour Québec—il arriva à St Jean environ quatre à cinq mille Bastonnois des Colonies ? pour presser le siége de Québec —mais à leur arrivée le siége étoit levé—alors, le général bastonnoiïs fit répandre son monde dans les différents postes de la Province — depuis les Trois-Rivières jusqu'aux Cèdres.

1 Le Ms. N° 1 renferme ici un passage qui a été raturé et dont il n’y a aucune trace dans le Ms. N°2. Voici ce passage :

“ Il rencontra les Bastonnois qui se sauvoient grand train, sans luy dire un mot, et il passa les derniers le quatorze à Champlain, et arriva à Québec le quinze à six heures du soir—Il informa le Général Guy Carleton de tout ce qui s’étoit passé à Montréal—luy apprit aussy que les Bastonnois avoient abandonné Déchambault et Jacques Cartier, où ils s’étoient retranchés après avoir laissé Québec, pour favoriser leur retraite. Le Général Guy Carleton le reçut poliment. Toute la ville de Québec fut bien contente d'apprendre des nouvelles de Montréal dont ils n’avoient eu aucune nouvelle depuis le mois de février.”

2 Ce mot manque dans Hs. Ne.

e Québec est levé — effet de cette nouvelle,

13 mai, Mtre, Sanguinet se rend à Québec.

Renfort inutile que regoivent les ennemis,

, om

SIÉGE DES BASTONNOIS

DEVANT LA VILLE DE QUÉBEC, ET TOUT CE QUI SY EST PASSÉ DE PLUS REMARQUABLE PENDANT LE SIÉGE.

Dans le mois d'octobre 1775, le Colonel Arnold arriva octobre 1716 à la Pointe de Lévy avec environ quatre cent cinquante devant Québec. hommes qu’il avoit amenés de Boston par la Beauce ou le Sault-à-la-Chaudière :—Il vint à la Pointe de Lévy visà-vis de la ville de Québec—ensuite il se répandit dans les campagnes du sud avec son monde, pour les faire rafraichir et les laisser reposer des fatigues et de la misère qu’ils avoient essuyées pendant la route, —I] fit ramasser pendant ce temps les bateaux et canots qu’il put, pour traverser au nord, du côté de Québec.

Le jour étant fixé, il traversa avec sa petite armée, à asnold traverquelque distance au-dessus de Québec, — M Cramahé, 4,4 enr Lieutenant-Gouverneur dans la ville—n’ignoroit point que "* tranquille. les Bastonnois fussent si près de la ville de Québec,— puisqu'il en avoit donné avis au Général Guy Carleton pendant son séjour à Montréal. Mais livré à ses plaisirs avec vingt-quatre citoyens de la ville qu'il avait établis —*" Barons de la Table-ronde ” ? depuis quelques années—

[il] s'amusoit et passoit le temps à se divertir—sans prendre aucunes précautions contre l'ennemi — Cette conduite jointe à une quantité d'amis qu’avoient les Bastonnois

1 Noles el pièces justificatives, XCII.

? Noles et pièces justificatives, XCIIT.

14 novembre,

dans la ville, leur firent prendre le parti— le quatorze de Novembre, de s'approcher de la ville, —Effectivement Arnold parut avec sa petite armée, à une heure aprèsmidy, sur la hauteur proche de la Porte St. Louis, sur les Côtes d'Abraham et fit montre de ses troupes tout près de la ville que les citoyens eurent le temps d'examiner à loi-

sir, sans penser à fermer les portes—et si Arnold eût été

19 novembre, Carleton arrive à Québec—Mesures qu’il prend.

assez hardy pour entrer dans la ville—ou plutôt s'il n’avoit pas eu ordre d'attendre M' Montgomery—il y a tout lieu de croire qu’il n’y auroit point trouvé d’oppositions,—Par conséquent une telle conduite de la part du Lieutenant-Gouverneur mettoit la ville en risque d’être prise, sans s'en apercevoir d'autant plus que les Bastonnois avoient beaucoup d'amis dans la ville, —Mais Arnold se retira et se replia jusqu’à laPointe-aux-Trembles, parce que ses soldats n’avoient pour toute munition qu’un coup de fusil à tirer chacun—D'ailleurs, tous ces soldats r’avoient plus que des haïllons, ayant usé leurs hardes à passer dans les bois, pendant leur route de Boston à Québec.

Ja ville resta en combustion, le désordre y régnoit partout et les traîtres agissoient librement, jusqu’au dix-neuf de novembre que le Général Guy Carleton arriva dans la villé—entre quatre et cinq heures du soir. Son arrivée fit naître la joie dans tous les cœurs des vrais royalistes — elle fut aussy un grand sujet de tristesse pour une quantité de traîtres qui espéroient qu’il auroit été fait prisonnier dans les navires qu’il avoit abandonnés au-dessusde Sorel,—Ils insinuoient au bas peuple de ne point prendre les armes, et tous les citoyens de la ville paroissoient découragés. D'ailleurs, ils n’avoient point une grande confiance dans le Lieutenant-Colonel McKlene qui étoit arrivé de Sorel à Québec depuis quelque temps, —Il n'y avoit point de batteries érigées pour la défense de la ville. Le Lieuteñnant-Gouverneur Cramahé avoit tout négligé— Mais l’arrivée du Général Guy Carleton changea tout— Il fit publier une proclamation par laquelle il étoit ordon-

auroi tagesqu'il gagne misèr tenir Le sieurs Procl

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1 Notes

DES BASTONNOIS EN CANADA. il

né à tous les traîtres de sortir de la ville, au commencement du mois de Décembre 1775. Il fit aussy chasser plusieurs personnes qui déjà vouloient capituler, disant qu’il n’y avoit pas assez de vivres et de bois dans la ville, pour soutenir un siége !.

Dès que tous les traîtres furent sortis —le Général Guy Carleton exhorta les citoyens à soutenir le siége, il promit à tous les artisans et autres personnes qui n'avoient point de vivres de les nourrir aux dépens du Roy—leurs femmes et enfants, pendant tout le siége,—outre cela, il leur dit que chacun d’eux auroïit par jour vingt-huit coppes et qu’ils seroient vêtus aux dépens du Roy, à l’exception des Bourgeois qui pourroient s’en passer, —Il ajouta, qu’il espéroit que tous ceux quiétoient assez riches auroient assez de générosité pour ne pas exiger Ces avantages—Tout le monde acquiesça de bon cœur à tout ce qu'il voulut—Il sut par son air affable et sa douceur, gagner les cœurs des citoyens—quoiqu’ils prévissent la misère et les fatigues pénibles d’un siége qu’il falloit soutenir dans une saison rigoureuse.

Le Général Guy Carleton avoit déjà fait arrèter plusieurs navires chargés de bled pour l'Europe, suivant la Proclamation ci-après.

“Par L'Honoragze HECTOR THÉOPHILE CRAMAHÉ, Ecuyer, Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, &c., &c., &c.

““PROCLAMATION

‘ Comme par une Proclamation en date du 28e jour du mois de Septembre dernier, il a été défendu à tous les vaisseaux étant dans les ports de cette Province d'en sortir jusqu’au 20e jour d'Octobre, et qu’il est encore nécessaire pour la défense de cette Province que cette prohibition soit prolongée ; il est par ces présentes ordonné qu’elle continuera jusqu’au quatrième jour de Novembre prochain inclusivement, et il est commandé à tous les off.

1 Noles el pièces juslificalives, XCIV.

Promesses faites par le Gouverneur à ceux qui veulent prendre les armes,

Embargo. mis sur les navires,

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ciers employés dans les douanes de Sa Majesté de ne d point délivrer d'expédition à tous vaisseaux dans cette

Province pour sortir hors de ses limites, qu'après le dit : temps.

‘ Donné sous mon seing et le sceau de mes armes, à Sa Québec, ce vingtième jour d'Octobre, dans la quinzième de année du règne de Sa Majesté et de l’année de Notre ” Seigneur 1775. oh

Dans l’absence et par ordre de Son Excellence le Gou- n. verneur.

H. T. CRhAMAHÉ.” ce

“Traduit par ordre du Lieutenant Gouverneur, mé

“F,J. Cucner, S F” s'ét

‘ VIVE LE ROY.” Es

vois

agiébemises Par le moyen de cette Proclamation la ville de Québec tant. fut fournie pour la défense de six cent cinquante imate- vivre lots—dont cinquante savoient bien tirer du canon. Le Le nombre de miliciens ajouté à soixante hommes de trou- mais pes—deux cent quatre-vingts recrues faites quelques mois Jean avant le siége—avec tous les citoyens de la ville tant an- majo glois que canadiens—composa une milice de dix-neuf cent àlat quatre-vingt-dix hommes—y compris la compagnie des désar Invalides (on l’appella ainsy parce qu’elle n’étoit composée Aus que de vieillards et de quelques personnes d’un foible Québe tempérament). Le Général Guy Carleton fit entrer les vante

vivres qui étoient dans les navires. La ville fut munie par ce moyen d’une grande quantité de molues, d’anguilles et d’autres poissons, —D'ailleurs les magasins du “ Mon Roy étoient assez fournis de bled—I1 y avoit outre cela “M dans la ville deux cents grosses pièces de canon, cinquan- te

te pièces de campagne, huit mortiers, quinze obusiers, et de Ê Ke assez de bombes, de boulets et surtout de poudre pour « ga tirer sans ménagement pendant huit mois,--D'ailleurs la te cet Fi ville étant fortifiée par des murs de trente pieds de haut ls et de douze pieds d’épaisseur—avoit en belle à se défen- te Frs dre—Il n'y avoit en tout que le Saut-au-Matelot et Près- dé We

de-ville qui pouvoient fournir à l'ennemi un passage très étroit—Aussy l’on fit faire plusieurs fortes barrières dans ces deux postes et l’on y braqua une grande quantité de canons—On fit faire outre cela des barricades—tous les canons furent braqués de tous côtés en peu de temps— Cela ne contribuoit pas peu à augmenter le courage des citoyens. P

IL étoit alors temps que tous les postes fussent bien}, Décembre fortifiés, car le Sr Montgomery arriva à Québec au rive à Québec. commencement du mois de décembre, à la tête d’environ sept cents hommes,—Il fit camper sa petite armée à Ste Foy et à Lorette—à trois lieues de la ville, et s'étant joint au colonel Arnold qui avoit environ quatre cent cinquante hommes, il fit disperser dansles campagnes voisines de Québec des gardes pour maintenir les habitants dans la neutralité et les empêcher d'apporter des vivres en ville.

Le cinq décembre, les Bastonnois s'emparèrent des 5 décembre. maisons du faubourg St Roch et de celles du faubourg St s’emparent des Jean.—Le nommé Dugand, cy-devant perruquier et alors ""”°"#* major dans l’armée des Bastonnois, vint pendant la nuit à la tête d'environ vingt hommes dans ces faïbourgs et désarma tous ceux qui les habitoient.

Aussitôt l’arrivée de Mr Montgomery devant la ville de 6 décembre.

Québec, il écrivitau Général Guy Carleton la lettre sui- ærit à Carleton

et aux habitants vante de Québec.

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