EXTRAITS DU
Prise de Ticonderoga, ou Carillon, par les Col" Ethan Allen et Bencdict Arnold. (Holmes, t 2, p. 275 et suiv.)
Prise de Crown-Point, ou Pointe-à-la-Chevelure, par le Col. Seth. Warner.
Prise de la goëlette du Roy La George, des bateaux, munitions et provisions qui se trouvoient à St Jean, par le Col. Arnold.
Le Major Preston arrive à S' Jean avec un détachement du 26 Rég!, rejoint les Américains comme ils gagnoient leurs bâteaux, les attaque, en blesse quelques-uns et fait un prisonnier, les autres lui échappent.
Le Gén! Carleton fait partir le 7° Rég‘ ou le Royal Fusillier, de Québec, sous les ordres du Major Stopford, pour Montréal ; et de *. il devoit aller à Chambly. Une goëlette, commandée par le Cap” Algeo, ayant à bord la compagnie d'artillerie du Cap" Godwin et quelques pièces de campagne, part en même tems, et le Gén! Carleton les suit de près.
La position de ce Gouv' étoit vraiment critique. - Il r’avoit sous ses ordres que le 7° et le 26° Rég* etquelques canonniers, dispersés dans un pays immense, au milieu d'une population nouvellement conquise, mécontente d’un
gouvernement militaire pendant.quatre ans, suivis, jus-
qu'en 1774, d’un gouvernement civil qui ne valoit guères
‘9-10 mai.
Le 22,
9 jun,
Août, Affaire de Baker
Le 22
Le 23.
5 septembre:
Le 10. Belle
action des Lorimier.
mieux. Pour comble de malheurs, les citoyens anglois, établis en ce pays, qui auroient dû donner l'exemple du zéle pour la cause de l'Angleterre, paroissoient assez généralement pencher en faveur de celle du Congrès ; ce qui n’est pas difficile à concevoir, quand on se rappelle combien les opinions des Anglois étoient partagées à cet égard.
Dans ces circonstances, le Gouv' déclara que le pays seroit gouverné par la loi martiale : sa proclamation est datée de Montréal, du 9 Juin. (Gazette de Québec, 15 Juin).
Le Congrès confia l’exécution de ce projet (l'invasion ultérieure du Canada) aux Généraux Schuyler et Montgomery, qui, dès le mois d’Août étoient en campagne. Le Major Preston, ayant, le 22, envoyé de S' Jean le Lieutt Willington, avec huit sauvages, pour aller à la découverte sur le lac Champlain, quatre de ces sauvages, qui étoient dans un canot à part, en revenant le soir bien tard, furent attaqués, à une lieue en deçà et du côté de la Rivière à La Colle, par seize américains cachés dans un bateau couvert de branches. Deux de ces sauvages furent blessés et les deux autres ayant fait feu sur leurs agresseurs tuèrent leur Cap” Baker et blessèrent un de ses soldats. ! Le lendemain matin, le Major envoya le Cap”° Gordon avec 25 sauvages, 33 soldats et 5 ou 6 volontaires Canadiens, qui, étant débarqués à cet endroit du lac, y trouvèrent le corps du Cap” Baker et un lit de gazon que tout indiquait avoir servi à une personne blessée. Les sauvages coupèrent la tête de ce Cap” et la portèrent à Montréal, où étoit alors le Gén' Carleton.
Proclamation du Gén! Schuyler, à l'Ileaux Noix. (Ga. zelle de Québec, 31 Août 1775.) ?
Schuyler et Montgomery, avec environ 1000 Américains, débarquent à S' Jean, dans l'intention de surprendre ce fort. Le Major Preston, en ayant été informé, envoya
1 Cf, Témoin Oculaire et Mes Services.
2 Voir Pièces Justificalives, CXIX.
lois, e du 1sseZ grès ; pelle à cet
pays >n est Juin). rasion Montpagne.
sean le r à la vages, ir bien ôt6 de s dans 1vages
leurs un de oya le j volonoit du lit de ne blesla por-
x. (Ga:
Améri-
prendre envoya
le Cap”° Tice et les deux Lorimier, qui servoient comme 175.
volontaires, à la tête de 60 sauvages, pour reconnoître
l'ennemi. Ils avancèrent vers la pointe nord-ouest de la
rivière St Jean, où ils l’apperçurent occupé à faire son
débarquement et ses retranchemens, et découvrirent 600
hommes en embuscade, à environ 200 pas de distance, qui tirèrent sur eux, blessèrent le Cap” Tice à la cuisse et tuèrent deux sauvages. Aussitôt l:s deux Lorimier, avec leur petit détachement, les attaquèrent vivement, firent mordre la poussière à deux de leurs officiers et les repoussèrent jusqu’à leurs retranchemens. Les Américains s’y étant renforcés revinrent au combat Un sauvage du Sault S* Louis leur tua 3 hommes et en attaquait un 4° quand il reçut une balle à la cuisse. Les autres sauvages animés par son exemple les obligèrent d'abandonner le champ de bataille, où ils laissèrent plusieurs de leurs morts. Cependant, se confiant en leur grand nombre, ils revinrent à la charge : mais les sauvages encouragés par leurs succès, les chargèrent de nouveau si vigoureusement, qu’ils les forcèrent à se renfermer dans leurs retranchemens. Cette chaude réception découragea ces républicains, qui jugèrent à propos de s’en retourner à l'Ile aux Noix. (G. Q. 14 Sept). !
Le Gén! S$. attaqué d’une maladie dangereuse se retire siege du Fort bientôt à Ticonderoga, laissant le commandement de St, Je" cvml'armée américaine à Montgomery. Ce général, ayant reçu un renfort de 1000 hommes avec des munitions de guerre de toute espèce, revint à S‘ Jean, le 17 Sept. et s’occupa à élever une batterie au Nord du Fort de cette place, dont la garnison se composait de 500 h. du 26° Régt sous le Major Preston et de 100 volontaires Canadiens sous les ordres de Mes De Longueuil et Mackay. ?
Le lendemain, le Cap" Strong sortit du Fort à la têle Le 18. de 100 soldats et 100 volontaires Canadiens avec une pièce
1 Cf, Journal de Lorimier ; Mes Services.
2 Belestre, J. V,
Le 24,
Le 25.
16 octobre,
Prise de Cham-
bly,
Le 18.
Teutatives in-
fructueuses MacLean,
Le 14, Le 16,
de
de campagne, pour s'opposer aux travaux de l'ennemi. 11 y eut une escarmouche assez vive où les assiégés perdirent ? soldats et M" Beaulieu Des Buisseaux dit Desauniers et firent quelques prisonniers.
Le Col. Allen traverse dans la uuit, au dessous de Montréal.
Combat d’Allen.
Les Majors Brown et Livingston, à la tête de 200 h. se présentent devant le Fort Chambly, où commandoit le Major Stepford, du 7° Rég!.
Reddition du Fort Chambly, sans coup férir.
Le siége de S' Jean se continue par Montgomery.
Le Gouv' Carleton dans le dessein de secourir le fort S* Jean, quiétoit la barrière quiarrêtoit l'ennemi, ordonna au Col. McClean de rassembler autant de monde qu'il pour. roit et. de se rendre à Sorel, où lui-:mêmeiroit le rejoindre avec toutes les forces qu’il pourroit rassembler. Le Col. MecClean ayant assemblé 350 Canad. se mit en marche et le 14 oct. arriva aux 3 Riv. avec ses troupes, qu’ilrenforça de Miliciens de cet endroit, et le lendemain les fit partir pour Sorel sous le commandement de M' Godefroy Tonnancour. Pour lui il partit avec M" De Lanaudière, Mr Chevalier Tonnancour et quelques-uns de ses soldats émigrants!, et traversa à Nicolet, où il fit tout en son pouvoir pour engager des miliciens à le suivre. 1l menaça même de mettre le feu à une maison, pour obliger une femme à dire où était son mari; mais ce fut en vain : les habitans se cachèrent dans les bois. De là il se rendit à Sorel avec le reste de son parti. Dans le même tems le Cap” Chabot, avec sa goëlette armée et deux bateaux chargés de fusils. et.de munitions, se rendoit au même endroit. Mais le Colonel fut cruellement trompé dans ses espérances : plusieurs habitants des paroisses de la Rivière Chambly feignant de vouloir servir le Roi, allèrent à son camp, y reçurent des armes et allèrent joindre les troupes du Congrès : ses propres troupes commencèrent à en faire
1 Royal Emigrant.
nt
autant. Pendant qu’il attendoit avec impatience l'arrivée du Gouv' Carleton, celui-ci partit en effet de Montréal avec 800 miliciens et se rendit à l'Ile S* Hélène, vis-àvis cette ville, et'y resta environ 3 jours; mais enfin cédant à l’impatience des Canadiens, il se détermina, le 26 au matin, à traverser à Longueuil. Comme il approchait de terre, il apperçut que l'ennemi se donnoit beaucoup de mouvement, sans doute dans le dessein de s'opposer à son débarquement. C’étoit en effet le Col. Warner qui éloit à la tête de 300 Vermontois. Quelques Canad.ayant eu la témérité d'aller à terre, entendirent de toutes parts sifller les balles de l'ennemi et se réfugièrent derrière les rochers, espérant que le Gouv' viendroit à leur secours, Il n’en fut rien, et ils furent faits prisonniers: de leur
nombre étoient un M°J. BB: Despins et Lacoste, perruquier de Montréal.
Gordou, Vol. 3 V. 427 met cette petite affaire au 3l'oct, 1775, tandis que des anciens Canadiens, du tems, la mettent au 26.— Voici le récit qu’en fait l’Anteur cité.
Oct. 31—Govr Carleton, with a view ofrising the siege (of the fort S* John) collected a body of about 800 forces, consisting of‘the militia of Montreal, anumber of Cana. dians whom he had maintained for some time.a few troops, not a hundred, and some Indians. They left Montreal in high spirits, and attempted to cross the River St. Lawrence and land at Longueuil; but Col. Warner, with 300 green Mountain boys and a four pounder which kept-pouring grape shot into the boats, prevented their making gooda landing. They were suffered to come very near theshore, and the fire was so hot and destructive, that they were thrown into great confusion and retired with the utmost precipitation.”
Le Gouv' au lieu d'aller joindre le Col. McClean à
28 octobre, Affaire de Lon gueuil,
i Lines ; difé.
Sorel, où il auroit pu mieux jugér s’il devoit aller secou- rene de Me Lean rir St Jean, ou retourner à Québec, pritle parti de retour. °°"
ner à Montréal, où il n’avoit plus évidemment rien à faire, puisqu'il n’entroit pas dans ses vues de rencontrer
im6. l'ennemi sur le champ de bataille. Le Col. McClean ne
perdit point courage. Il se mit en chemin pour aller à S:
Jean ; mais àS‘ Denis il trouva tous les ponts rompus. La
saison étoit avancée, Depuis le 18, les 2nnemis étoient en
possession du Fort Chambly et des paroisses circonvoi-
sines. 1l n’eut donc rien de mieux à faire que de regagner
Sorel. La désertion augmentant dans son camp en pro-
Les. bortion des succès des ennemis, vers le 28 il se hâta de
faire embarquer, à bord de ses vaisseaux, tous les canons
et les munitions de guerre qu'il put, fit détruire ce qu'il
ne pouvoit emporter, et lui-même avec ses troupes s’em-
barqua pour descendre. Le 8 Novembre il arriva aux 3
Riv. dans le bâtiment d'Etienne Papillon, y fit enlever
les provisions du gouvernement, les fournitures des
casernes et même la poudre qui étoit chez les marchands.
Montgomery fait annoncer au Major Preston, la tenta-
tive infructueuse du Gén! C. devant Longueuil, et lui
envoie en même tems le prisonnier Lacoste, qu'il fait le porteur de la lettre dont suit copie ?
“ Mr c’est avec le plus grand regret du monde que je
“ vois une troupe aussi vaillante et de si bons patriotes si
‘ obstinés à répandre leur sang et à défendre une place
“ qui n’est plus défendable par aucun endroit. J'ai appris
‘“ par un de vos déserteurs que vous perdiez vos muni-
“ tions et vos instruments de guerre. Une telle conduite
‘“ me rendrait excusable des extrémités auxquelles pour-
“ roient se porter mes soldats.” Cette lettre fut suivie
d’une cessation d'hostilité et de pourparlers relatifs à la reddition de la place.
Le 3, LeFor ‘ Le 8, la garnison de St Jean, aux termes de sa capitu-
St. Jean se rend. ]atjon, sortit de ses forts, les armes à la main, avec deux
pièces de canon, tambour battant, mêche allumée, en fit
le tour et, au commandement du Major Preston, mit bas
les armes. Le Major Américain qui étoit venu avec un
1 novembre,
détachement pour être présent à la reddition de la place,
dit aux officiers anglois et aux volontaires Canadiens que d'aussi braves gens méritoient une exception en leur
ne à S' , La ten 1voipner proa de nons qu'il s'em- Lux à lever y des ands.
tentaet lui fait le
que je otes si à place appris muninduite ÿ poursuivie fs à la
capitu- >c deux À en fit it bas vec un a place, ens que n leur
faveur, et leur permit de reprendre leur sabres et leurs épées ; ce qu'ils acceptèrent comme un témoignage honorable de leur courage.
Capitulation de Montréal.
Montgomery en prend possession. Il envoye le Col. Easton à la poursuite du Gén! Carleton et de la flotille dans laquelle il se rendoit à Québec, avec soldats, munitions de guerre &c.
Les éléments semblèrent conspirer contre le Gouvr. A la Valtrie. le vent changea et soufflant avec violence du côté du Nord Est le força de mouiller devant cette paroisse.
Cet obstacle ayant continué jusqu’au 16 et le Gouvr appercevant des chaloupes canonnières parmi les îles qui sont du côté opposé-et des ennemis qui le poursuivoient par terre, éprouva les plus vives alarmes pour sa personne. Les bruits couroient que les Améric : avoient dressé de’ fortes batteries à Sorel et dans différentes parties des îles qui sont au Nord, quand il n’en étoit rien. Il fit tirer un coup de canon pour appeler tous les Capit”® de ses vaisseaux à son propre bord, leur exposa sa position et leur demanda quel étoit leur avis. Tous furent d'accord qu’il fallut tenter tous les moyens possibles pour le conduire à Québec, qui étoit alors le seul endroit capable d'arrêter les progrès de l'ennemi et où sa présence étoit de la plus grande importance. Le Cap” Belette, qui étoit un ancien marin d'un-courage à toute épreuve, à qui on avoit confié les poudres enlevées de Montréal, et qui avoit fait bastinguer sa goëlette armée, pour se garantir des boulets que pouvoient tirer les chaloupes de l'ennemi, ouvrit le premier son: avis : il dit qu'il ne voyoit pas un danger bien émi. nent et qu’il répondoit sur sa tête de sauver le Gouvr et toute la flotte qu'il s'engageoit à lui seul de donner tant d'occupation aux chaloupes américaines, si toutefois il ne les couloit pas toutes à fond, qu'il lui donneroit le tems de se rendre en toute sureté à Québec avec tout son monde, Le Cap” Bouchette que l’on pile: cu la
Le 13.
Le 16, Voyage de Carleton de Montréal à Québec.
Le 17.
Le 19.