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1775, Nouvelles aventures,
En arrivant au village près de l’église, j'entendis le bruit d’un cheval au galop très près de moi, et pour l’éviter je levai la tête je vis un cavalier qui me dit : Ségon, (bonjour), me prenant pour un Sauvage, effectivement j'étais habillé à la Sauvage. Mais moi je [ne] me trompai pas en le prenant pour un américain.
Je me rendis dans la maison de mon sauvage que je trouvai sa femme, et quatre bons Chefs qui me marquèrent bien de la joie de me voiret me dirent qu'ils avoient su que j'avois été trahi par un de leurs gens—que de là ils pensoient que j'avois été tué, ou fait prisonnier etme prièrent de m'éloigner de leur village—qu'ils avoient six officiers américains à ma recherche qui vouloient absolument me voir—Je sortis de la maison sur le champ et me rendis chez un affidé où je me flattois de me faire traverser, maïs à peine fus-je entré qu’une femme vint s’acanter sur la fenêtre de la rue et sa couverte devant le visage pour ne pas être entendu me dit en me tournant le dos — “ Sauve-toi, Lorimier, voilà des américains qui viennent pour te prendre”—Je n’eusque le temps de me jeter par la fenètre du côté de la rivière et la femme de la maison n’eut que le temps de la fermer que quatre officiers entrèrent en me détmäfidant—la femme de la maison sans s’'émouvoir leur dit — Hoiatontan —- traverse lui!”,et je fus obligé de rester sous la fenêtre jusqu’à ce que ma protectrice me dit de me sauver—que mes adversaires étoient retournés au Couseil--Je partis pour gagner la pointe au-dessus du village où je pouvois me sauver de toute poursuite, m'en fiant toujours à ma jambe; où étant rendu le Chef Thaiaiake vint me trouver m'assuant qu'il m'envoye un canot par deux sauvages de St Régis. Ce qu'il fit très promptement—Pendant ce temps les officiers en Conseil chez le nommé Phelip Sanorese natif américain qui servoit d’interprète, firent un cri de joie en disant aux guerriers—‘ Voilà deux cents piastres
{ M. Viger a lu Hoialontan, c'est-à-dire : Ho ! il y a longlemps— traversé, lui.
bruit “a gagner pour ceux qui voudront livrer Lorimier 175. ter je ‘ aux officiers.” Les chefs s'y opposèrent à leur demande. jour, Mais deux jeunes gens diront à ces officiers—‘ Si vous abillé “ voulez, un de vous attaquera Lorimnier à armes égales e pre- “nous allons vous l’amener et si vous le faites prison-
“nier nous vous le conduirons à Laprairie, mais si e que “il se trouve le vainqueur, nous rendrons son priii me sonnier à Lachine ”’—et l'affaire tomba d’elle-mème. qu’ils Et pendant cetintervalle de temps mon canot vint m'em- —que barquer et nous poussâmes au large le plus tôt possible, onnier mais le courant étoit si fort que nous nous trouvâmes en voient
peu de temps vis-à-vis de l’église et très près de terre où
iloient étoient deux officiers américains ; mais mes deux sauvages champ tinrent leur canot toujours en ligne, de façon qu’il n’aude me roit été possible de me tirer sans toucher les canoteurs— femme et me voyant hors de danger je leur Ôtai mon chapeau et puverte ils me rendirent mon salnt—nos politesses se terminèrent | en me par trois fois : Hourra for King George et de leur côté : améri- For the Congress. Le lendemain, je reçus une lettre de e temps grand matin du major Brown qui m'annonçoit une majoe et la rité dans ses troupes si je voulois entrer à leur service--Je ner que remis cette lettre au général Carleton qui me conseilla mue de de ne point faire de réponse au major Brown—Quelque n — tra- temps après, les sauvages nous assurèrent que le Capt jusqu’à Robinson, M" Richerville, Rainville et plusieurs autres ue mes avoient été pris, venant de St. Jean pour apporter des intelis pour ligences à notre général Carleton ! qui perdit toute espévois me rance de recevoir aucune nouvelle de cette partie à jambe;
Alors il conclut de faire une jonction à Longueuil avec Longuhtire de °m s | le corps du Brigadier MeLean qui commandoit à Sorel?— ‘"#"*"" es de Le jour fixé le général d'avance avoit mis tous les cana-
e temps diens des campagnes par brigades et il eut la bonté de me Sanorese donner le premier choix — et après tout arrangement pris, n cri de piastres
1 Cf. Témoin Oculaire. p. 65 rt 74.
nglemps—
2 Cf, Témoin Oculaire, p.65. Voir Notes el pièces justificalives CXXT,