‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 50 sur 86 · INVASION LU CANADA · texte numérisé non relu

INVASION LU CANADA

nous reçumes ordre de nous rendre aux casernes avec nos brigades avec leurs armes.

La chose étant ébruitée — tous les braves citoyens canadiens se rendirent aux casernes, armés, pour offrir leurs services à notre général, qu’il accepta avec plaisir et grande reconnoissance—M' Campion porta la parole à haute voix au général Carleton—demandant à Son Excellence quelle personne il vouloit mettre à leur tête ; il leur répondit qu’il avoit assez de confiance en eux pour les prier de se choisir eux-mêmes un chef. J'eus l'honneur d'être nommé unanimement pour commander ces respectables citoyens; alors je fis promotion et choisis les personnes que je croyois capables d’avoir la conduite sur chaque bateau, indépendamment [de] ma brigade de Canadiens qui me formoient un parti de deux cents hommes dans des bateaux—alors le général m’appela en particulier—de ne pas trop avancer—que si j'entendois les ennemis faire feu dans la plaine, de m'avancer alors le plus vite possible, et pour signal, qu’il donneroit deux coups de canon.

Alors voyant que je ne pouvois répondre à tout ; je remis la conduite des sauvages à mon frère—qui étoit accompagué de quelques Messieurs Canadiens qui restèrent dans l’île Se Hélène en attendant mes ordres—qui devoient traverser sur les battures au premier signal— Ayant mis tous mes bateaux en rang de bataille, M' des. Luc La Corne vint élonger ma flotte, debout dans un canot d’écorce, chantant la guerre avec des Algonquins —je lui demandai qu'est-ce que j'avois à faire croyantqu'il éloit muni d'ordre, —il me répondit--me montrant les atterrages de Longueuil‘ Voilà l'endroit où il faut se distin- “ guer”’—moi ne doutant plus que c'étoit l'Ordre général, je fis le cri d’attaque—Mon frère, sur ce cri, fonça avec tous sessauvagessur les battures pour se rendre à la terre ferme, de batture en batture et de roche en roche, si promptement qu'il se trouva des sauvages rendus à terre avant que l'ennemi fût rendu pour s'opposer au débarquement, et

Page 1