‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 51 sur 86 · AVEC · texte numérisé non relu

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dans un onquins antqu'il Les atterse distinnéral, je avec tous re ferme, ptement ant que ment, et

plusieurs autres qui se trouvèrent si engagés qu’ils ne

purent pas retraiter—au point qu'ils furent obligés de se

caler le corps au fond de l’eau—en se mettant la tête à l'abri des pierres qui paroissoient sur les battures.

Et moi comme j'avois donné ordre sur mon bateau pour deux gouvernails, huit rameurs et lesautres prêts à faire feu, nous avançames en ligne, tous dans le même ordre, tous mes bateaux sur ma gauche et lessauvages à droite qui pouvoient entendre mes ordres ; nous avançames dans cet ordre, moi étant à cheval sur la pince de mon bateau assez près de terre avec un très mauvais débarquement. Un nommé Charlebois—gouvernail—me cria en jurant ‘—Com- ‘ mandant, si vous voulez nous faire périr, jetons-nous à # l’eau et fonçons, nous tous, garçonset laissons sauver les jeunes mariés,voyez, dit-il, que tout le monde nous aban- “donne,”—ce qui me fit regarder derrière moi et je vis le bateau du Général qui me fesoit signe avec des pavillons de me retirer—Alors je demandai les avirons des gouvernails pour m’en servir et un autre homme—et fis ramer sens devant derrière, sans détourner le bateau et mes deux gouvernails qui alors se trouvoient devant, évitoient les roches—et le reste de mes bateaux qui se trouvoient trop engagés en firent autant—Mais un bateau du 26me Régiment, qui n’entendoit pas la manœuvre aussi bien que mes gens se trouva échoué et hors d'état de se retirer, fut obligé de se mettre ventre à bas en attendant la nuit, avec la perte de deux hommes tués et trois blessés.

A la nuit le Général ordonna des feux dans l’île pour réchauffer les sauvages qui pouvoient se retirer—et le lendemain nous apprimes que mon grand chef Hotgouentagehte ‘étoit mort d’une blessure à iravers la jambe et deux autres sauvages tués—M J. Bte Depain et le nommé La Coste avoient été obligés d'appeler les Américains de venir les faire prisonniers ne pouvant plus résister au froid—les deux autres sauvages comme j'ai déjà dit ne purent pas

1 Le même qu'on a vu plus haut, p.250.

im revenir et furent pris le lendemain dans une grange où ils s'étoient cachés dans l’espérance de retraverser la nuit— Mais je n'ai jamais su pourquoi le brigadier M‘Lean n’étoit pas venu au rendez-vous.!

aagerreton se —D'après tous ces manques de réussite, le géneral ide à gagner à A de Québec. n’avoit plus rien à attendre que le résultat du siège de St

Jean —et ayant appris que le fort s’étoit rendu à l'ennemi, il se décida à tâcher de rentrer dans Québec—Son Excellence eut la bonté de m'en prévenir quatre jours d'avance et me dit que si je voulois que je serois de son parti, ce que j'acceptai avec plaisir-En conséquence je fis porter ma malle au gouvernement où je restai moi-même constam-

ment auprès de Son Excellence suivant ses ordres; mais après mes réflexions faites, je pris la liberté de les communiquer à Son Excellence qui etoient—que l’accompagnant à Québec—je ne pouvois le servir que comme individu, qu’au lieu que si je pouvois m’échapper des troupes américaines, que je me sentois capable de gagner le Haut-Canada, et parcourir les endroits de chasse—et que dans ie cours de l’hiver je parviendrois à me former un parti sauvage assez considérable pour être en état de venir au printemps faire des incursions près de Montréal. Son Excellence m’approuva dans mon projet—-mais me disant qu’il croyoit que je me flattois trop sur mon courage—et me regarda d’un air froid—Mais malgré cela je restai jusqu’à son embarquement,.

Après cette triste séparation, je me retirai à ma demeure de Lachine en attendant les événements qui pouvoient survenir—Quelques jours après je reçus une lettre de Mr Jourdin® qui m'annonçoit la fâcheuse nou: velle que toute la flotte du Général étoit prise, mais en même temps qu'il paraissoit que Son Excellence étoit

1 Cf. Témoin Oculaire, p. 65.

2 Jordan, marchand, puis Paie-Maître,

ils échappée de l'ennemi, ce qui fut confirmé quelques jours it— après. !

ean Je restai sur mes gardes—sachant que tous les mes- 176. sieurs qui avoient été pris à S' Jean et ceux de la flotte ail pris à Sorel étoient envoyés dans les Colonies—Tout cela Le Si se passa dans le cours de Janvier et Février 1776—Le “it général Jouster ? qui commandoit à Montréal et qui étoit s L en connoissance avec ma famille depuis la reddition du rasé Canada—1760—ayant resté chez mon père huit jours avec s Sir Wiiliam Johnson—et qui par reconnoïissance m'’en- TS voya un émissaire me dire que je n’eus rien à craindre— Lines qu'il me ménageoit un autre sort—que je n’avois pas été hé pris dans S' Jean ni dans la flotte et qu'il ne se trouvoit pas blâmable de ne pas m'envoyer avec le reste de ces 5374 Messieurs.

RE Messieurs Praise et Houde* publièrent une assemblée Question des dt générale de tous les respectables Citoyens de Montréal glaises. r des pour avoir leur opinion sur différents sujets—Alors le agner ministre Dilile , Mr Jourdin m'écrivirent de me rendre vd chez eux pour la veille de cette assemblée-—Je me rendis 7e

a à leur demande et il me communiquèrent ce de quoi il 1er 08 étoit question. Le lendemain nous fûmes à l'église des Ré-

réal. collets où en entrant nous vimes Praise et Houde dans la LR Chaire des Récollets qui prêchoient sans éloquence pour “hr4 engager nos officiers de milice à remettre leurs Commisela Je 1 Cf. Témoin, Journal de Badeaurx, celui de Berthelot. La page qui \ termine le récit dans ce Ms. est cotée 20, et la suivante, 23; mais i! ne à ma parait pas qu’il y ait de lacune. J. V. Cependant, cette dernière page ts qui commence par le passage suivant qui offre une variante avec celui sq qu'on vient delire: “ Après cette triste nouvelle je me retirai à Lachine s une où éloit ma résidence en attendant les évènements qui pouvoient surveà nou: nir où Mr. Jourdin m'écrivit la fâcheuse nouvelle que toute la petite j flotte du Général avoit été prise dans les Iles, vis-à-vis Sorel ; maisen ais en même temps qu’il paroissoit que Son Excellence s’étoit échappée de étoit l’'ennemi—ce qui fut confirmé peu de jours après.”

2 Wooster.

3 Price et Haywood. J. V.—Pour ce dernier voir Noles et Pièces juslificalives, CXXIIT.

4 M. Chabran Delisle. Voir Noles el Pièces justificalives, CXXII.

1716. sions et que le Président du Congrès en distribueroit d’autres avec sa signature.!

Le nommé Loubet qui tenoit le Café à Montréal voyant que nos deux prédicateurs ne cessoient pas de parler leur dit à haute voix : * Messieurs, nous sommes ici pour savoir “ ce que l’on nous propose, et à nous Citoyens de donner “nos opinions ”—et comme il ouvroit la bouche pour dire aux Citoyens une assemblée privée—Praise fit enlever Loubet par les troupes qui étoient pour maintenir le bon

- ordre. Le cri unanime fut : Sortons—dJe ne pus me retenir de parler et à l’aide d’un Mf Grand *--très robuste- je sautai sur le bénitier près la porte de l’église et je criai à haute voix : ‘ Ecoutez—braves citoyens—j'ai été conquis par les “troupes britanniques—j'’ai deux commissions du Roi de France. Le gouvernement anglois ne me les a jamais “ demandées—dJe n’ai pas l'honneur d'en avoir du Roi & Georges—mais si j'en avois-jamais les pouilloux du Con- “ grès ne mettroient la main dessus.” Ce Mr Grant reprit la parole avec [une] voix extraordinaire--disant que ce Praise et Houde aillent donc ôter les médailles des sauvages s'ils veulent [se faire] échiner—tout le monde éclata de rire et nous sortimes.

Le génér Cela fut reporté au général Houster avec plusieurs prose at ve- circonstances—qui m'envoya chercher par son Sergent d'ordres : je lui fis réponse que si Houster avoit affaire

à moi, c’étoit à lui à venir me trouver. J’ignore si le

Sergent fit bien la commission, mais il revint bien prompte-

ment et me récidiva que le Général m'ordonnoit de me

rendre à l’instant—Une sœur chérie se jeta sur moi, m’em:

brassa, me supplia d'obéir à l'ordre—Je me rendis chez ce

Général qui me salua avec un sérieux et pria poliment

de m'asseoir. Je le remerciai et lui dis que je venois suivant son ordre savoir ce qu’il souhaitoit. Il me répondit que sur les plaintes qui étoient faites contre moi il vou-

1 Voir Smüilh, t 2, p. 113, Noles et Pièces juslificalives, CXXIV,

2 Grant.

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Lusieurs Sergent affaire re si le romptet de me i,m'emchez ce oliment p venois répondit i il vou-

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