‹ Invasion du Canada [microforme]Chapitre 69 sur 86 · IT · texte numérisé non relu

IT

A. Mr. "**, de New-York.

Montréal, 9 octobre 1774.

Je demande la permission de vous troubler pour faire imprimer l'écrit ci-inclus dans le Journal de M. Holt. Cet écrit contient les résolutions passées par tous les habitants anglais de Montréal dans une assemblée, où ils ont montré leur horreur de l'Acte de Québec, qui établit les lois françaises dans cette province et qui met la vie et les biens des particuliers aux mains du Gouverneur, lequel aura, quand la loi sera en force, plus de pouvoir qu'un Vice-Roi Espagnol.

Les Canadiens, en général, sont effrayés de se voir ramenés à leurs anciennes lois, dont ils ont tristement ressenti les mauvais effets pendant longtemps, quoique les | nobles et les gentilshommes français goûtent beaucoup cet Acte qui rétablit l'ancien état de choses: ils espèrent encore le faire prévaloir aux dépens du marchand, du fermier industrieux, et vivre à leurs dépens, comme avant la conquête. Ces derniers, quoique mécontents et alarmés de cet Acte, n’osent se plaindre, de crainte de déplaire à leurs prêtres, lesquels dominent et gouvernent ce pays à leur gré. Quoiqu'il en soit, tous les Anglais dans cette Province, à l'exception de quelques créatures sous la

1 Les lettres qui suivent sont extraites et traduites des American Archives. Nous avons cru inutile d'en donner le texte, puisqu'il était déjà publié. Quelques-unes seulement sont signées et elles sont presque toutes écrites par des Anglais du Canada à leurs amis des Colonies ou de l’Angleterre. Le traducteur a tâché de conserver à chaque lettre son caractère particulier, sans chercher à faire disparaître les défauts qui se trouvent parfois dans l'original. Le lecteur voudra bien ne pas oublier cette remarque.

dépendance du Gouverneur, sont unanimement déterminés à lutter fortement pour obtenir ie rappel de cet Acte abominable, car, s’il était maintenu, il ferait un grand tort au commerce de New-York et des autres Colonies voisines. On a dit que quelques régiments canadiens allaient être levés et envoyés contre vous ; mais comptez sur ceci que personne, excepté les officiers, ne marchera voloniairement. Quant aux autres, il faudra un régiment de soldats pour faire marcher un régiment de canadiens : en outre, on ue peut tirer deux mille hommes du pays, sans le ruiner.

‘ À une assemblée générale des habitants anglais de la ville de Montréal pour aviser aux moyens les meilleurs et les plus convenables de représenter à Sa Majesté et au Parlement le véritable état de cette Province, en faisant connaitre la part que nous avons dans le commerce, les propriétés foncières que nous possédous, l’état misérable où nous avons trouvé ce pays et l'état florissant où nous l’avous élevé. La récompense que nous allons recevoir en vertu du dernier Acte du Parlement, sera d’être privés de certains bienfaits de notre constitution, tels que le procès par juty, l’'Habeus Corpus, et d’être soumis aux lois faites par un Conseil Législatif composé de persounes qui dépendent entièrement du Gouverneur, et favorables aux lois despotiques de la France. Si cet Acte est mis en force, nous n’aurons plus de garanties pour nos biens, ni pour notre religion (la religion catholique romaine étant par cet Acte établie celle du pays) nous devons tre réduits à la triste nécessité de vivre comme des esclaves, ou d'abandonner ce pays et une partie de nos biens, et la Province devra retomber dans le misérable état d'autrefois. C’est avec la plus entière unanimité que les Messieurs suivants: Thomas Walker, Ecuier, /saac Todd, Ecuier, MM, James Price, John Blake, Alexander Paterson, John Porteous, ont été choisis pour former un comité, afin d'aller à Québec s'entendre avec les Anglais de cette ville dans celte circonstance alarmante. Ils ont aussi généreusement souscrit pour défrayer les dépenses que ces démarches nécessiteront.”

LE

termiet Acte Montréal, 18 janvier, 1779.

grand Monsieur, Er La traduction française de l'adresse aux habitants de nier ce pays, laquelle devait nous être envoyée par ordre du DR Congrès, ne nous est pas encore parvenue. Mais une nt traduction en a été faite à Québec et des copies manusape crites (notre imprimeur n’ose rien publier de cette nature) diens * ont circulé parmi les bourgeois français. Ils sont si peu 1 pays accoutumés à penser et à parler sur ces matières, ils craius gnent tant d’offenser en quoi que ce soit le Gouvernelais de ment, qu'ils éviteront de prendre aucüne part au mouve- Pas ment. La noblesse entre avec ardeur dans le projet de ajesté lever des troupes, mais les prêtres, nous en sommes bien 09, en assurés, le désapprouvent. La grande partie de la no- ® ete blesse réside dans ce district, et au-delà de cinquante rue d'entre eux sont descendus à Québec présenter leurs pa | NOR” hommages au Gouverneur et assister au bal, donné sui- | £ REN vant l'usage par le Gouvernement le jour de la fête de la | | eupne ' Reine. Ils espèrent revenir avec des commissions dans | ESA leurs poches, maïs notre Gouverneur n’a pas encore reçu | N ses instructions. [4 À HS L'avoine, grâce aux ordres nombreux de lannée | Aria dernière, est à un prix extravagant, pas moins de trois | Si cal chelins, neuf deniers (ce qui fait cinq chelins, trois | BARRES deniers, argent de Pennsylvanie) le minot. Nous aime- | cat 4 rions à savoir si on s’en tiendra aux Résolutions du | pays) ÿ Congrès qui rejette toute relation avec nous à moins VAT que nous n’acceptions ses mesures. Dans ce cas, il RAT faudra faire venir des vaisseaux de l'Angleterre, Nous ae w’avons jamais exporté plus de dix mille minots de graine Walker de lin par an, à cause du prix peu élevé, lequel n’était {1 BI Fr qu'à deux chelins, ou deux chelins et demi. Cette année A || A il a monté à cinq chelins et demi, et si avant le printemps 11 Il ka QE nous sommes assurés d’un bon prix,on pourra lever dans ! EAU la province cent mille minots, même plus. | e alar- xx * ur dént.” ut A. Mamaxe au Lt Colonel Puiip SKEXE.

Woodlfield, Ceuada, 26 avril 1775.

Mon cher Colonel,

it Le cinquant -deuxième régiment a été destiné pour (14 l’'Amérique,au écitde ce quis’est passé à Boston, et Dieu L: ll

sait combien de temps il y demeurera, ou quel sera l’issue de toutes ces disputes. Mais ceux qui ont fait quelque séjour en Amérique et qui ont observé la progression que les coloniaux ont mis dans leurs demandes et leurs tendances à l'indépendance, ceux-là pensent généralement que le plus tôt les lois seront mises en force, le mieux ce sera, Les délais ne font qu’encourager les séditions et affaiblir le gouvernement.

Le Colonel Jones agit comme Brigadier à Boston. Le général Gage réclame notre ami Dunbar, et j'ose me flatter que quelque chose sera fa t enfin pour des officiers de mérite.

Le Paquebot de Janvier a apporté la nouvelle commission de M. Carleton : elle ne diffère. pas beaucoup de l’autre, excepté pour les limites de la Province, et le pouvoir qui lui est donné de lever la milice sans le consentement du Conseil, de la transporter par terre ou par mer dans les colonies où il y aurait des ennemis, pirates ou rebelles.

Par le dernier Acte du Parlement, les Canadiens sont exemptés du Test et peuvent arriver aux charges. Il y en a sept de nommés au Conseil, et deux, Panet et Rouville, ont été ajoutés au nombre, des Juges. Les Conseillers sont six Croix de St. Louis et M. Rigauville qui a agi comme Major dans le corps de Milice canadienne que M. Murray avait envoyé dans les pays d’en haut pendant la dernière guerre indienne. On dit que les officiers seront demi paie. Voicile moment favorable pour le Canada, et je suis content que le Ministère l’ait choisi. Quelque chose que les esprits étroits puissent dire, l’Acte est conforme à une sage politique, à l'humanité et à cette modération qui convient à un peuple éclairé. Faire des conquêtes a souvent été le partage de la nation anglaise, mais se concilier les affections des vaincus a été la bonne fortune réservée au règne de Georges IIL, et je puis dire que les Canadiens sauront dans l’occasion montrer leur fidélité et leur reconnaissance.

Page 1