LE
La Prairie, 3 novembre 1779.
Dieu soit béni! nos armes sont enfin couronnées de succès. Hier soir la forteresse de St. Jean s’est rendue à notre armée, el nos gens en prennent possession. Notre armée est répandue dans tout le pays—une petite garnison à Chambly—le colonel Easton et le Major Brown, avec environ trois cents Provinciaux, avec le colonel James Levingston et cinq ou six cents Canadiens sont descendus à l'embouchure de la Rivière Sorel, pour s'opposer à cent vingt réguliers et cinqcents Canadiens qui s’y retranchent, —à Longueuil (à trois milles de La Prairie, à deux milles et presqu'en face de Montréal), se trouve le colonel Warren avec environ trois cents hômmes du second batailion et les Enfants des Montagnes Vertes. Pour moi, je suis posté à La Prairie avec cent hommes de notre régiment. Je suis à trois lieues de Montréal qui se trouve en face, sur ie bord du St. Laurent, au nord-ouest! d'ici. Il n’y a pas de troupes à l’ouest de moi. De ce dernier côté, à trois lieues
environ se trouve Caughnawaga, où il y a environ trois
cents guerriers et tous dans nos intérêts, c’est-à-dire, en style sauvage. strictement neutres.
L’ennemi a fait sur ses bateaux plusieurs attaques contre le régiment du colonel Warren,—une très sérieuse, lundi dernier. Le général Carleton avec St. Luc Lacôrne et cinq ou six cents honimes attaquèrent nos gens avec beaucoup de vigueur ; mais ils furent à la fin repoussés avec la perte de cinquante de leurs hommes tués et blessés, parmi lesquels cinq sauvages massacrés. Nous fimes
prisonniers trois Canadiens et deux Sauvages, pas un des’
nôtres fut même blessé Comme notre armée arrive bientôt, j'espère que M. Carleton suspendra ses opérations de
L Sic.
ce côté du fleuve. Ilen aura assez, je pense, à défendre le rivage de son côté. Plusieurs pensent qu’aussitôt que la nouvelle de la reddition du Fort St. Jean sera connue parmi eux, ils cesseront toute opposition. Carleton toutefois est un vieux brave, et peut résister jusqu'an bout. Il a un brig armé et deux petits vaisseaux qui croisent dans les environs de la ville, et un plus grand nombre à l'embouchure de Sorel. Les vaisseaux des marchands, chargés de pelleteries sont près de la ville.
Les Canadiens de ce côté du fleuve nous sont bien dévoués en général, presque unanimement sur la rivière Sorel, où ils sont tous maintenant enrôlés et sous les armes. Ici, ils ne sont pas aussi actifs; mais je pense qu'ils vont commencer à se remuer maintenant, parce qu'ils paraissaient inquiets sur la réduction de St. Jean, et qu'ils ne croyaient pas les Bostonnais—comme ils nous SDPALeMATT IEReAEER ls jusqu’au moment de la prise de ce ort.
Pendant le siége, notre armée n’a eu que neuf hommes tués, et cinq ou six blessés, je crois : c’est une protection presque miraculeuse.
On ne saurait trouver de gens plus hospitaliers que les Canadiens. Quand vous entrez chez un paysan, à quelque heure que ce soit, il met aussitôt devant vous un pain eLun bol de lait Tout le pays, aussi loin que le regard peut s'étendre est une plaine basse et marécageuse, que chaque averse couvre d’eau. Les terres sont coupées par de larges fossés qui empêchent les grains d’être noyés. On ne cultive ui blé d'automne ui blé d’Iude ; les légumes sont excellents et les pâturages trèsabondants.
Quelqu'un qui arrive des Quartiers Généraux de Cambridge nous informe qu’au moment de son depart, le Général Washinglon venait de recevoir un exprès d'Arnold annonçant son heureuse arrivée en Canada où il a Lrouvé la plus cordiale réception.
UN Orricieu bEs Troupes bE New-York.
St. Jean, 3 novembre 1775.
Je suis heureux de vous annoncer que j'ai eu l'honneur de prendre possession de ce fort, à la tête de ma compaguie et d'environ deux cents hommes des différents
fendre )t que onnue toute- | bout.
roisent nbre à hands,
t bien rivière Jus les
pense
parce . Jean, ls nous e de ce
omimes tection
rs que ysan, à it vous in que al'écaes sont grains ui blé es très-
e Campart, le exprès ada où
onueur la CoMfférents
Ù L'INVASION A MÉRICAINE. 367
corps de l’armée, vers neuf heures ce matin, pendant que la garnison, composée d'environ six cents hommes, sortait et mettait bas les armes dans la plaine à l’ouest dun fort, aux termes de la capitulation que je vous envoie. Elle a été embarquée immédiatement sur des bateaux et dirigée sûr le camp du Cape Mead, de là, elle sera envoyée, sous bonne garde et en diligence, ou à Ticonderoga, on à Connecticut, ou ailleurs, suivant la direction du Congrès continental. Je vous felicite sincèrement de cet heureux évènement. [l portera, je crois, un coup fatal aux infernales machinations des ennemis de la liberté, et va faciliter la réduction du Canada, et nous assurer Îles anadiens. Nous avons dans le fort un magasin militaire considérable, entre autres articles, dix-sept pièces excellentes d'artillerie, en cuivre, dont deux de vingt-quatre, les autres sont des pièces de campagne; deux obusiers royaux, plusieurs : mortiers, et un nombre considérable de canons de fer. Il y avait dans la garnison environ cinq cents hommies des troupes régulières, le reste se composait de volontaires Canadiens, en grande partie de la noblesse à en juger par leur apparence, ils sont sur la sellette du repentir.
Vous désirerez sans doute connaître comment nous avons poussé le siége depuis ma dernière lettre, je vais vous douner le détail de nos opérations.
Samedi le 28 du mois dernier, le corps principal de l'armée leva le camp du sud. et gagna le nord du fort sous le commandement du Général Wooster. Nous fûmes rejoints dans la soirée par le Général Montgomery, et dans la nuit nous commençames à élever un parapel sur une éminence qui commandait complètement les travaux des ennemis, nous voulions y mettre une batterie de canons et de mortiers; mais les ennemis ne cessèrent d'y lancer force mitraille et boulets, sans nous faire le moindre mal, il est vrai, jusqu'à Mercredi matin, où nous découvrimes notre batterie. Elle se composait de trois canons de douze, d'un de neuf, de trois mortiers, et avec cela, .nous maintinmes un feu continuel une grande partie de la journée, comme aussi avec notre batterie de l'est; les ennemis nous repoussèrent avec vigueur. Tard dans l’après midi, je reçus un message du Général Montgomery m'ordonnant de cesser le feu jusqu'à nouvel ordre. Cet ordre me fut assez désagréable : j'avais sous les yeux plusieurs de mes soldats blessés et mourants. Le Général ordona alors de battré la chamade
et d'envoyer un officier pour sommer le fort de se rendre. Cet officier revint bientôt accompagné de deux officiers, qui furent conduits les yeux bandés, à travers le camp jusqu'à la tente du Général. La conférence fut passablement longue : les deux officiers promirent au Général une réponse de leur commandant pour le lendemain matin, ce qui fut exécuté. Cette réponse portait que si on ne recevait aucun secours dans l’espace de quatre jours, on ferait alors des propositions. Le Général répondit qu'il fallait une réponse explicite le matin suivant, et que das tous les cas, la garnison serait prisonnière de guerre, et que si l'ennemi avait l'intention de coutinuer les hostilités, il n'avait qu'à donner le signal par un coup de canon. C'était un assez mauvais plat; mais il lui fallut le digérer, comme la capitulation vous le fait voir,
Vous excuserez le désordre de ce brouillon, au moment ‘où j'écris il est une heure du matin. Je n'ai pu vous écrire arr parce que j'ai passé toute la journée dans le fort à inspecter les magasins, et ce matin, nous allons marcher sur Montréal. Mes doigts et mes sens sont tellement engourdis par le froid que je puis à peine écrire, grâce à un gros vent de nord-est et à la neige qui tombe en abondance. Cependant, je ne suis pas assez insensible, n1 assez ingrat pour oublier mon ami.
Votre elc.,
P. S. Ma petite compagnie a eu bien du malheur : j'ai eu cinq tuës—quatre par l'ennemi, un par accident—et six blessés : un est mort de maladie. C’est autant que toute l’armée a perdu, si l’on excente la première escarmouche contre les sauvages, Mais il faut s'attendre à cela, puisque le poste de l’homme esl aussi le poste du danger.
St. Jean, 3 novembre 1775.
Le 28 du mois dernier, le reste de notre armée dont notre régiment fait partie, abandonna le sud-ouest du fort, pour venir au nord camper avec le corps principal.
Le 29, dans la soirée, avec deux cents hommes, je fus compléter une batterie à deux cents cinquante verges du fort, qui tira toute la nuit sur nous.
rendre.
Miciers, > camp \ssablerénéral lemain que si quatre réponuivant, nnière le couaal par ; Mais le fait
1oment 1 vous ee dans allons it telleécrire, tombe nsible,