SENSUIT LA FONDATION DU MONASTÈRE DE MESSINE
En Fan de grâce de Fincarnation de nostre Seigneur mil et Ix, fut Baudouin dit Débonaire conte de Flandre, lequel fist faire et fonder lesglise de S^ Pierre de Lille, lequel eut espeusé madame Adèle, fille de Hue Gapet, Roy de Franche. Laquelle, dame se tient loing temps à Parys et gouverna le roiaume de Franche et à cause de son nepveu meure dans (*), elle tient la baille et gouvernement du royaume de Franche jusques au temps quy fut venus en eaige, lequel depuis fut Roy de Franche et fut nommé Philippus.
(1) Menre dans, moindre d?anz, mineur.
Alors advient que lad^ dame ayoit ung cuisinier nommés Landricus, lequel avoit perdu tous ses membres dune maladie appelée le fistre ('), auquel advient par plusieurs fois par nuict en vision d'aller visiter le pays de Flandre.
Après icelle vision il se tira devers Flandre, et arriva en Flandre entre Lille et Ipre, et illeeq trouva une moult belle forest. Quant il fut au milleurs de cetuy forest, il trouva une moult belle et plaisanl;e prairie en laquelle se mist à reposer et à dormler. £t quant il fut esveillés il se trouva en aussy bon point quy n'avoit estez jamais en sa vie.
Alors il lit veu quy ne reposeroit jamais jusques qu'il auroit trouvé aucunes personnes quy luy scauroit à dire aucune chose du lieu et plache dessusdit, et che en celuy lieu nestoit jamais aucbunes choses mervilleuse advenue.
Car en son cœur luy juga que cestuy lieu estoit ung lieu sainct, et que Dieu y avoit monstre ses vertus et miracles, et que en celuy lieu il voulloit estre servis et honorez.
Et fit telle deligencbe quy trouva les forestiers des foretz» ausquelz il demanda, par moult grande deligencbe, sy ne scavoient pas que au temps passés auchuns miracle ou chose dignes de mémoire estoit advenu au lieu et place ou il avoit recouvert la santé de son corps et garison de ses membres.
Lesquelz luy respondirent et luy prièrent que il ne les vausist racuser devei*s la dame ne devers aultre, et que le vausit tenir secretz.
Lesquelz luy dirent que grand temps estoit passé quil commencherent à hanter les forest et ilz navoyent riens veu ne sceu quy fut digne de mémoire, sinoncq seullement que, jà passes loing temps, frequentoint audict lieu trois puchelles et illeeq gardoient leurs biestes par loing temps.
(Ij Lu âBtre, la JUcre.
vni
Et jamais il navoient eu voluntés ne temptations de les requerrer dauchunes vilonye, sinoncq seullement une fois quil estoient accordés ensambles de les violer.
Et se tirèrent deviers elles et les prient par force pour accomplir leurs mauvays désirs et volunté desordonnée dont il estoient meus et temptés.
Et quant il les eurent loing temps travaillié, quelles aperchurent quelles ne povoient eschaper elles leurs requirent très piteusement quy les laissaissent ung pety reposer jusques quelles euissent tenues devers Dieu leurs oraisons et prières.
Lesquelles faisant deviers Dieu leurs oraisons à genoulx et à joinctes mains, ils virent que la terre se ouvrit et transglouty les trois pucelles toutes vives, en telles manières que depuis oncques jamais ne les virent sur la terre.
Et quant le cuisinier eut entendu ledict miracle, il pensa en luy mesmes, se il povoit jamais, il feroit tellement que Nostre Seigneur seroit servi audict lieu et place en toute continence et chasteté, en la mémoire des trois pucelles, lesquelles estoient en ce lieu couvertes et vives encloses en la terre pour garder leur puchellages.
Quant ledict cuisinier avoit entendu les choses dessudictes, il fit tant quil trouva une pierre et la mit au lieu où il avoit recouvert la santé de son corps et garison de ses membres; et fut la première pierre quy fut mises pour faire lesglise de Messines.
Tost après retourna ledict cuisinier deviers la contesse, sa maitresse, a quy il raconta toute les choses dessusdict et tout ce quy luy estoit advenu au chemins et quy avoit trouvé.
Et fit tant à sa requeste et par les miracles qu'il raconta estre moult clerement aparus audict Heu tant à luy comme à trois pucelles, que à la très-noble dame advient volunté d'aller visiter ladicte place.
Et quant elle estoit arrivé elle fit fouier pour scavoir si on ny pourroit rien trouver. Et en fouant on trouva les trois puehelles sur leurs genoulx, les mains joinctes comme si elles euissent dormis. Alors les fit eslever la dame comme sainctes relicques.
Tantost après, ladicte dame fit faire ladicte esglise de Messines en la forme et manière quelle estoit devant les dernières guerres. Et pour le miracle des trois puehelles elle donna à lad*^ esglise et ville le nom de Messines.
Et par Tauctorité et consentement du conte Bauduin son mary, elle donna à ladicte esglise à tout telles franchise et liberté que labbesse les possédera sans faire féaulté ne hommage à personne quy vive, hors que chascune nouvelle doibt baisier les pieds de Timage de Nostre Dame de Messines.
Et elle mict et fonda à ladicte esglise xxx religieuses et xij chanoines ; et ladicte dame après la mort de Bauduin y demoura toute sa vie et elle est enterrée en ladicte esglise.
Et dedans la troisième année que Tesglise avoit esté fondée, le Patriarche de Jherusalem nommé Guillaume, lequel fut prochains parent à ladicte dame et extraict du noble sang des Roys de Franche, par grand amour envoya à la dame une très belle partie de la vraie croix en laquelle Nostre Seigneur rechut mort et passion.
Laquelle partie de la croix la dame rechupt très dévotement et en grand joye ; et partout ou elle alla, elle le portait avecq elle enclose en un gorgier.
Apres quelle estoit venue demourer à Messines une vois et vision luy aparut par nuyct et luy dict ainsy :
ce Pourquoy tiens tu la vraye crois enclose en laquelle mon » très doulx filz rechut mort et passion pour le salut de humain » linage? Pourquoy ne fais-tu quelle soit demonstrée au peuple
» et quelle soit solemnisée et adorée, et que une procession » soit ordonnée en laquelle le peuple poeult venir pour adorer » ladicte crois. »
Quant la dame fust évilliez elle cuida que che fut fantasie et ne fit quelle mention.
En la nuîctié ensieuvant luy aparut seconde fois ladicte visions en la mesme manière quelle estoit aparuela première fois.
Quant elle fut esvilliez elle pria Nostre Seigneur se la vision estoit de par luy, et sy plaisoit quelle en fit quelque chose, que la tierche fois elle luy aparut, et luy vausit monstrer comme ne par quelque manière et voye il plaisoit la procession estre faicte.
A la tierch nuict une dame vestue de moult belle et blanche robes aparut à ladicte dame où elle estoit comme à demi dormant et à demi viellant et elle luy dict comme par manière de reprise :
« Ha, très riche dame et très précieuse, pourquoy es tu sy » nonchalante d'accomplir ce que je tavoys admonesté de faire ? » Liève toy hastivement et prens la vraye croîs que tu tiens » muciée ('), et va faire et ordonner une procession affin que » tu puis scavoir comme il plaist à mon très benoit (ils, » Nostre Seigneur et rédempteur, et à moy que la procession » soit faicte et compossée et que jamais ne mestrois ne sois » en doute. »
c< Va au grand osteel de ceste esglise que tu as fondé en » mon nom et illecq trouvera un fis (*) de soie, prens ledict » fis et va comme il te mènera ; et là parmis volons désormais » lad^ procession tous les ans une fois estre alée, et moy » mesme aye faict et mis led^ fis que tu trouvera et quy » te mènera. »
(1) Muciie^ cachée.
(2) Fii^ flJ.
Alors se leva la dame et esvilla tous ses gens et les mena à l^Iise et leur raconta toute sa vision et tout ce que ladicte dame luy avoit dict et commandés. Et comme la voix luy avoit anuncié, elle trouva sur lautel led^ fis.
Alors elle le print en ses mains et se mit en terre sur ses genoux et questres ('). Et elle avoit pendu à son coi la vraye crois ; et pour ce que cestoit nuict elle commanda à ses gens quil fissent ensangne {*) en la voyc par où il passeroient aflQn que aultrefois sensist f ) mieulx et que le sensiste de près. Et il firent le commandement de leur dame.
Ainsy alla la dame sur ses genoulx et queustres tenant et sciuvant ledict fil par tout la voye, ainsi quon faict encore la procession tous les ans sur le jour de lexaltation de S'" Crois.
Et quant elle avoit accomply sa procession et qu*elle estoit revenue en ladicte esglise ainsy que ledict fis lavoit menée, elle trouva Tautre bout dudict fil sur le mesme autel où elle lavoit trouvé, et print le premier bout et commenchement et droict là fina elle sadicte procession en grand dévotion de pleurs et de soupirs.
Et le lendemain assez matin alla elle encore une fois autour de la procession pour mieux cognoistre tout chemin, et elle le fit notairement ensigner (^) ; et y mena une grande compaignie de ses gens et des gens de la ville pour en avoir meilleur cognoissance.
De ce jour en avant ladicte dame se disposa le plustost et le mieulx qu'elle poeult pour aller visiter nostre S* Père le Pape de Rome, pour luy racompter toutes les choses dessusdictes, afiin quil vausit solemniser ladicte procession et qu'il octroia grâce et pardons.
(1} Questres, cottdes,
(2) Ensangne, enseigne, indice^ marque.
(3J Sensist et sensiste, de sensire, ensuivre, suivre.
(4) Ensigner, marquer, démarquer.
xu
Et aussytost quelle fut aparilliée elle se tira devers Rome ; et quant elle y fut arivée nostre saint Pèrf! le Pape et tous cardinaulx la rechuptent très benignement et ladicte dame se confessa à nostre sainct Père dévotement.
Et alors fut Pape Alexandre le second de ce nom, a quy elle raconta toute sa vision avant dicte que luy estoit aparut et la manière comme elle avoit faicte la procession par la conduicte du fil de soie quelle avoit trouvé sur led^ autel, et comme elle avoit fondé lesglise pour le miracle des trois pucelles et de son cuisinier; et elle avoit porté avecq elle ladicte partie de la vraye crois et le fil de soie.
Et quant nostre S^ Père le vit et que la dame luy eut racompté toutes les choses advenues en ladicte esglise et ville, il en eut grande joye et en rendit grâce et louenge à Dieu son créateur quy luy avait permis de veoir les relicques dessusdictes par le témoignage de sy noble et dévote dame.
Et il donna cherge et admonesta ladicte dame quelle fit faire très solemnellement la procession, et quelle Tordonnast de faire tous les ans sur le jour de lexaltation de S** Croîs, et il prouva ledicte procession par ses lettres patentes et sellées et bulles de son propre scel et de scaulx de tous les cardinaux de Rome.
Et donna plains pardons à tous ceulx quy feroint il yroiut ladicte procession, et à tous aultres jours quy feroint et yroint ladicte procession moiennant quy fussent parfaitement contris et confessés de leur péchiés, endedens les ix jours ensuievant.
Et avecq che à tous ceulx quy chacun ans par les ix jours ensuievant feroint et yroint ladicte procession, il octroya «juy aroint les mësmes grâces et pardons aussy bien pour le ix jours comme pour le premier.
Après quant ladicte dame avoit découvert toute sa conscienche à nostre S* Père et quelle avoit parfaict sa besogne
XIU
|)our laquelle elle estoit allée a Rome, elle print congée a Dostre S^ Père et se partit de Rome et retourna à Messines ou elle demoura tous les jours de sa vie.
Et quant elle fut venue à Messines elle fit venir devers elle toute la clergie du pays d'autour et leur monstra les bulles de nostre S^ Père le Pape, dont moult se rejouirent que par la poursuiete de la dame et par les miracles de Nostre Seigneur telles grâces et sy grand pardons estoient acquis en leur pays, dont ilz rendirent grâce à Dieu et à la dame que, par sa conduicte, estoit digne davoir veu et ouy la divine vision et davoir acomplyt son bon désir devers le siège de Rome.
Quant le jour de lexaltation S^ Crois fut venus toute la clergie dessusdite et plusieurs aultres à quy elle avoit les choses dessusdictes annunchié, et aussy la plus grande partie du commun peuple sassambla à Messines, et firent ladicte dame la procession à moult grand honneur et dévotion.
Et quant la procession fut faicte plusieurs y demourèrent par les ix jours ensuievant et allèrent tous les jours autour de la procession pour acquérir les pardons.
Et ainsy fit la dame la procession tout le temps de sa vie.
Longtemps après la mort de la dame advient que ung chanonne de Messines et aussy de Tournay faignoit estre amis à la trésor! ère de Messines, laquelle aiant en garde la vray crois de Nostre Seigneur ; sur un jour de lexaltation S'* Crois elle pria ledict chanonne de venir mettre ladicte partie de la vray crois dedens ung calice d'or, lequel calice lad*° dame avoit donné à ladicte esglise. Car alors on navoit aultre vasieaulx pour porter ladicte crois.
Et ledict chanonne tout avisé de son fect prins et emporta à Tournay la menre (') partie de la vray crois, tellement que
'1) Menre, moindre.
oncques depuis led^ chanonne ne retourna à Messines ni la partie de la vray crois ny fut raportée.
Apres ledict chanonne alla à Rome et il se confessa comment il avoit emporté ladicte partie de la vray crois, et pour ce quy ne voloit restituer à Messines il ne povoit estre absoulx.
Mais finablement, lesglise et cité de Tournay, par grande requestes des Roys de Franche et des cardinaulx de Rome, firent tant quy fut absoulz.
Et ledict chanonne demeura grand temps à Rome pour impétrer à nostre S^ Père le Pape quy vausist octroyer aultant de pardons pour ceulx quy iront autour de la procession de Tournay comme il avoit octroiez pour la procession de Messines.
Ce que nostre S' Père ne vouUut faire, mais donna beaucoup mains de pardons pour la procession de Tournay quy navoit donné pour la procession de Messines.
Et la cause quy meut nostre S^ Père furent les miracles que Dieu, par sa miséricorde, avoit volut monstrer à Messines.
Depuis, la procession de Tournay d'an en an est de plus en plus détorée de richesses et de choses mondaines, tellement que le peuple y va plus pour regarder les choses terriennes et mondaines que pour acquérir grâce et pardons.
Jusqu'ici le petit manuscrit.
A la suite et sur un feuillet détaché se trouvent deux épitaphes de la princesse Adèle, Tune en latin, l'autre en français :
HiCf [ubi scripta legis, Jacet Adela filia régis.
Hec loca sancta pie Fondans in honore Marie.
Ghy gist la contesse Adèle, fille du roy Robert, premier de
ce nom, roy de Franche. En son temps femme du conte Baudeotn le débonnaire, conte de Flandres. Laquelle fonda Vesglise et monastère. Van mil Ix, et trespassa en chest monastère. Van mil Ixxix, le viij^ jour de janvier.
Priés Dieu pour son ame.
Nous venons de voir que l'église et l'abbaye de Messines furent fondées vers Tan 1060 par Baudouin V, dit le Débonnaire ou de Lille, comte de Flandre, et sa femme Adèle, Aile de Robert, roi de France.
L'existence de Messines remonte du reste aux temps les plus reculés comme localité sise dans l'ancienne forêt du Sart, où se tenaient de grandes foires annuelles aussi célèbres que celles de Champagne (^). Elle était connue alors sous le nom de Mislich («).
Une dizaine d'années après sa fondation, l'abbaye ainsi que la ville furent réduites en cendres par l'implacable Richilde, comtesse de Uainaut. En ll!27 elles subirent le même sort pendant les démêlés de Guillaume de Normandie, dit Gliton, avec Guillaume de Loo. En 1195 elles furent incendiées par les Français, en 1380 par les Anglais; en 1541 et 1552 la ville fut brûlée par feu de méchef. En 1566 les iconoclastes dévastèrent l'abbaye et incendièrent l'église. En 1596 et 1597 tout fut de nouveau livré à l'incendie. En 1648, pendant la guerre entre la France et l'Espagne, l'abbaye fut de nouveau dévastée ; enfin « les guerres de 1673 » dit le frère Barnabe, témoin oculaire, « ont enchéry sur les 'calamités précédentes » car aujourd'huy elle (l'abbesse) se trouve sans autre bien » que Messines, tout le reste étant confisqué. »
L'abbaye de Messines a été le séjour de plusieurs personnes de grande distinction. Pour ne pas parler de la comtesse Adèle, qui y prit le voile après la mort de son époux et y
(1) Qramay*. MUseniacum t. 181.
(SQ Frér« Barnabe «t Maniucrit da Mauinea.
mourut en i067, nous y voyons quatre abbesses du sang royal de France, Ogine, Natal îe, Alix ou Adélaïde et Agnès ; — ensuite Ogine la fille de Robert le Frison, comte de Flandre ; — Isabelle ou Elisabeth, fille de Thierry d'Alsace. — Les autres abbesses appartiennent aux familles les plus illustres de la Flandre et de l'Artois telles que de S* Orner, de Créquy, d'Aussy, de Morbecque, d'Oultre, de Dannebruch, de Louvigny, de Steeland, de Craon, de Ghistelles etc., etc.
Parmi les personnes de grande naissance qui se retirèrent dans l'abbaye il faut citer la sœur de Philippe d'Alsace, Gertrude, comtesse de Moriane en Savoye, qui aima mieux se retirer dans l'abbaye de Messines que d'accepter la succession du comté de Flandre ; il faut mentionner surtout l'astucieuse et hautaine Richilde, comtesse de Ilainaut, qui, après avoir fait décapiter à Messines soixante nobles Yprois qu'elle avait mandés vers elle, et avoir détruit par l'incendie la ville et Tabbaye fondées par son beau père et sa belle mère, voulant se soustraire aux agitations de la vie politique et livrée aux remords de sa conscience, alla se réfugier dans cette même abbaye qu'elle fit réparer alors d'une manière somptueuse, et où. elle alla finir dans le recueillement et la prière une existence jusque-là pleine d'intrigues et d'ambition. « Les historiens flamands » dit M^ Edw. Le Glay dans son Histoire des comtes de Flandre (*) « qui jamais n'avaient proféré » à l'égard de Richilde que des paroles amères et flétrissantes, » racontent avec une admiration mêlée d'attendrissenient, cette » pénitence que Richilde s'était infligée au sein d'un pays où » elle avait allumé la guerre civile, dans un monastère qu'elle » même avait, peu d'années auparavant, réduit en cendres. S'il » faut les en croire, la comtesse de Hainaut se livrait à des )) austérités et à des mortifications telles qu'aujourd'hui la plus » pieuse imagination n'en saurait inventer de pareilles, telles » enfin que la plume répugne à les décrire (*). »
(1) Tome I, pag. 216.
(2) « Tous dis jeuDoit et tous dis estoit en orisons, et siervoit cascun jour as • povres et as mésiaus (lépreux) par son cors roeismen^, si que maintesfois estoit
Avant de commencer la série des abbesses, il nous reste à dire un mot d*un manuscrit appartenant aux archives de Tabbaye et que nous citons souvent. C'est un in-quarto, sur papier. Ce registre a été fait en 1685 par ordre de Tabbesse Madame Marie-Louise-Victoire de Créquy. II porte pour titre : Registre de ce qu'il s'est passé de plus mémorable dans T abbaye de Messines depuis sa fondation en Fan 1060, ensuitte des recherches qu'en at fait Madame Marie-Louise-Victoire de Créquy, abbesse et comtesse dudit Messines dans les livres et mémoires de Vabbay Van 1685. Il se compose de 132 feuillets ou 264 pages, et n'offre rien de bien important pour les premières abbesses. Pour le seizième et le dix-septième siècle il est plus précieux. Il s'arrête à l'année 1708, sous le gouvernement de Suzanne Françoise de Ghistelles, 29"® abbesse. On y a ajouté sur le dernier feuillet l'annotation suivante : le 18 de Juliette 1729 il y at eux quatre vinct dousse meson brûlé dans Mesine. L'abbny at esté conservé. — Ce manuscrit, pas plus que Sanderus et le Frère Barnabe, ne parle de la 10™ abbesse, Marie de Torchi (').
Un mot aussi concernant le tableau des armoiries des abbesses, qui se trouve aux mêmes archives. C'est un beau travail, fait en 1684, sous l'administration de la même abbesse Marie- Louise-Victoire de Créquy, par un nommé Ferminus Musset, 11 est sur parchemin; en tête se trouvent les armoiries de Tabbaye, puis sur plusieurs lignes celles des abbesses avec indication de leur n"" d'ordre et de la date de leur installation. C'est d'après ce tableau que nous reproduisons les écussons qui figurent en tête de ce chapitre et de ceux qui vont suivre. La 10°^ abbesse, Marie de Torchi, est exclue également de ce tableau.
» elle endaabée de leur sanc et de leur liepre : et les lavoit et haignoit ; et • quant il eatoient baigniet, elle se baignoit en ces bains mesme. • — Lt es tore des comtes de Flandre f<> 54 v«. — Voir aussi d*0uDBOHERST Annales de Flan^ dre, édition Lebroussart, tome I, pag. 326. (1) Voir pour cette abbesse, pag. xxxi.