DEVOIRS DES HOSPITALIÈRES
Art. P'. -^ Les hospitalières et sous*hospitalières auront
les mêmes fonctions avec cette seule différence que les dernières seront subordonnées aux hospitalières.
Art. 11. — Elles seront les unes et les autres chargées, selon leur capacité, de l'éducation morale et physique des enfants, elles devront en conséquence s'occuper constamment de bien soigner les enfants, à les entretenir dans la plus ^ande propreté, afin de les y habituer, à les instruire dans la religion, la lecture, l'écriture, le calcul et les différents ouvrages de mains.
Art. III. — Elles ne pourront jamais perdre de vue les enfants même hors de la classe ; à cet effet, une hospitalière et une sous-hospitalière seront préposées de quinzaine en quinzaine, pour surveiller les enfants pendant les repas et le coucher, deux autres seront chargées pendant le même temps d'avoir Toeil sur les enfants dans les heures de jeu.
Art. IV. — Elles traiteront les enfants avec beaucoup de douceur et de patience, n'useront de châtiment qu*à la dernière extrémité et lorsqu'elles croiront ne pouvoir plus obtenir d'effet de leurs remontrances et corrections verbales.
Art. V. — Les châtiments ne pourront consister dans ce cas qu'en ce que l'on nomme pénitences, privations, ou retranchement sur les jeux et les récréations, raai« aucune hospitalière ne pourra en venir aux coups de verges, ou autres que de l'aveu exprès et spécial de la directrice.
Dans chaque cas, on évitera autant que possible d'en venir à cette dernière extrémité.
Art. VI. — Elles se trouveront, avec l'assiduité que leur état exige, en classe, avec leurs élèves, et pendant tout le temps de la classe sans pouvoir en sortir que pour raison fondée.
Art. VII. — Chaque hospitalière et sous-hospitalière aura une chambre à elle, néanmoins leur présence étant nécessaire aux dortoirs, elles y coucheront près des enfants.
ÂHT. VIII. — Elles ne pourront sortir de la maison sous quelque prétexte que ce puisse être, sans la permission de la supérieure et elles ne pourront loger hors de la maison sans la permission de la Commission, donnée d*après Tavis de la directrice.
ART. IX. — Elles ne recevront habituellement personne d*étranger dans la maison, et ne pourront y voir leur connaissance que de loin en loin, avec Tagréation de la supérieure, mais dans aucun cas, la supérieure ni les hospitalières ne recevront ni parents, ni amis pour loger ou héberger.
Les hospitalières ne pourront faire voir la maison à personne sans la permission de la supérieure.
Art. X. Lorsqu'une hospitalière, par des infirmités continuelles ne pourra plus être utile à la maison, elle de\Ta être remplacée, et, dans ce cas, la Commission aura roption de la garder dans la maisou où elle sera nourrie et blanchie sans recevoir de gage ; ou de lui accorder, avec autorisation du Roi, une pension de retraite, proportionnée à la durée de ses services passés.
ART. XI. — Les hospitalières devront porter à la directrice la déférence due à une supérieure, à une mère ; suivre exactement toutes les directions qu'elle leur donnera ; écouter avec docilité ses observations, ses réprimandes, et se montrer ainsi dignes par leur éducation et leurs bonnes mœurs, do poste de confiance dont elles sont investies; n^user que pour autant que le devoir Texige, de leur autorité sur les soushospitalières, qu'elles doivent regarder comme des sœurs cadettes, destinées à parvenir un jour au poste qu'elles n'occupent antérieurement qu'à raison de leur âge ou de leur ancienneté dans la maison ; traiter les enfants comme de bonnes mères de famille, sans préférence, sans paitialiié, sans aigreur dans les réprimandes, sans trop de familiarité, ne jamais en tenir à l'écart, soit dans leurs chambres particulières, soit dans les écoles hors de la classe, leur donner
r.LXiu
en tout Texemple de la modestie, de la douceur, de Féloignement pour le luxe et les plaisirs frivoles, se persuadant bien que Ton prêche autant et plus par l'exemple que par le précepte et que l'on n'acquiert de droits réels à l'estime et à la considération de ses subordonnées que pour autant qu*on se montre libre de passions et entièrement adonné à ses devoirs.