CORRESPONDANCE
DE
FRANÇOISE DE LACHASSAGNE
L'exposé de quelques fiiits tirés principalement des archives du monastère des Feuillants à Bordeaux est nécessaire pour faire bien comprendre la correspondance qui va suivre.
Françoise de Lachassagne, fille de messire Joseph de Lachassagne et de dame Marguerite Douhet, avait épousé, le 22 septembre 1565, messire Michel Eyquem, seigneur de Montagne, dont elle devint veuve le 13 septembre 1592; elle avait donc vécu pendant vingt-sept ans avec l'auteur des Essais, et en 16 17, date de la première lettre que nous publions, il y avait vingt-quatre ans qu'elle était veuve.
Longtemps avant la mort de Michel de Montagne, monsieur maître Florimond de Raymond, avocat au Parlement, avait acheté, de l'auteur des Essais, la charge de conseiller au Parlement, et, trente ans plus tard, le 23 mai 1600, messire Florimond de Raymond et sa seconde femme, dame Suzanne de Marin, dame des Cheminées, ayant fait leur testament, avaient consacré une portion de leurs biens à diverses
28o COnr.F.SPONDANCF. riF. IT.ANÇOISF. DF I.Af.HAPS.VCNF
fondations pieuses, et entre autres 60 livres de rente destinées à acquérir des Feuillants, nouvellement établis à Bordeaux, le droit de sépulture dans une chapelle que les testateurs se proposaient de faire construire dans l'église neuve de ces révérends pères.
Florimond de Raymond étant mort avant que la nouvelle église des Feuillants fût achevée, son corps tut déposé provisoirement dans la vieille église qui devait être bientôt démolie, et le 28 mai 1604, son fils, François de Raymond, d'accord avec sa marâtre, Suzanne de Marin, passa contrat avec un maître maçon, nommé Louis Baradier, qui, moyennant le prix de 1,200 livres, s'engagea à construire la chapelle où devait être mis le corps de Florimond de Ravmond. (^Archives âcpartemcntalcs : H. 275, f" 52.)
Dans l'intervalle, et quelques jours avant, le 27 avril 1604, les Feuillants avaient permis à M""^ de Montagne, moyennant 300 livres, de faire mettre ses armoiries, comme fondatrice du couvent, dans la maçonnerie de la tribune de la nouvelle église.
Le maître maçon Louis Baradier, chargé de la construction de la chapelle, mourut sans avoir complètement achevé son entreprise, et François de Raymond, fils de Florimond, vendit, le 29 janvier 1609, sa chapelle inachevée aux pères Feuillants. Il y mit cette condition que ceux-ci accorderaient à la famille de Raymond un caveau dans leur nouvelle église devant le maître-autel, paieraient la somme de 1,380 livres, due aux maçons, et qu'une soulte de
connF.ppoNPANcr df. iTiAnçoisf. nr: laciiaspac.nf. 2<Si
800 livres serait donnée à François de Ra3-mond. Le bénéfice accordé par les Feuillants à François de Raymond par la vente de sa chapelle était compensé, pour les religieux, par la revente faite d'avance de la chapelle de Raymond à la famille de Montagne. En effet, quand les Feuillants passèrent contrat avec François de Raymond, ils en avaient déjà passé un autre avec Françoise de Lachassagne, veuve de Michel de Montagne, et avec M. Joseph de Montagne, seigneur de Bussaguet, pour Tachât en commun de cette chapelle délaissée par les Raymond. En conséquence, les Feuillants stipulèrent que les 800 livres données à François de Raymond avaient été payées des deniers versés par ledit seigneur de Bussaguet.
Le 3 août 161 3 M. de Bussaguet essaya, comme il l'avait fait précédemment, d'obtenir des Feuillants la permission de f;iire mettre les armoiries des Montagne, comme fondateurs du couvent, autour de l'église en construction, et proposa aux religieux de s'en rapporter, sur ce sujet, à la décision arbitrale d'avocats, savants et judicieux; mais les Feuillants répondirent que des arbitres avaient déjà décidé que la famille de Montagne n'avait pas ce droit et que par conséquent il était inutile de nommer de nouveaux arbitres. (H. 275, f'' 47, y".)
Le refus réitéré des religieux jeta sans doute quelque froideur dans les relations des Feuillants avec la famille de Montagne, car le 6 décembre 161 3, M. de Gaujac, fils de M. de Bussaguet, pressa vivement les Feuillants, au nom de M'"^ de Mon-
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tagnc, de mettre « le tombeau relevé » de M. de Montagne, comme étant celui du seigneur foncier, dans quelque lieu honorable de leur nouvelle église. Les Feuillants considérant l'incommodité qu'apporterait ce tombeau dans la nef de leur nouvelle église, décidèrent qu'ils le feraient placer dans une chapelle qu'ils feraient bâtir à leurs frais, et que néanmoins ils tâcheraient d'obtenir de la famille une subvention d'environ 600 livres. (H. 275, f° 49.)
Cette décision ne convint pas complètement à M'"' de Montagne^ qui menaça les Feuillants de leur intenter un procès. Pour éviter une procédure désagréable et dispendieuse, les Feuillants nommèrent, le 26 février 16 14, des commiissaires chargés de transiger avec M"'" de Montagne , et cela , contrairement à la défense qui leur avait été flûte par leur supérieur le 14 février précédent. Les Feuillants eurent soin de placer parmi leurs commissaires : dom Jean-Jacques de Sainte-Scholastique (( qui avait beaucoup de crédit envers icelle dame. )> et dom Marc -Antoine de Saint-Bernard, qui, comme nous le verrons, était devenu l'ami particulier et le directeur spirituel de Françoise de Lachassagne. (FL 275. f^ 50.)
En conséquence, et le 9 avril 16 14, pardevant maître Dusault, notaire royal, une transaction fut passée entre le procureur de M'"'' de Montagne et les commissaires du monastère , munis d'une expédition de la décision capitulaire prise le 26 février i6i|.
CÛUnLftl'Ù.MiANCE DE lUANÇOlSE DE LACIIASSAGNL 2S5
Le i"" mai i6i.|, Françoise de Lachassagne iit déposer le cercueil de son mari dans la chapelle qu'elle avait achetée aux pères Feuillants. (^Archives historiques de la Gironde, t. Xl\', p. 553.)
Le 10 mai 16 14, le syndic des F'euillants, dom Marc-Antoine de Saint-Bernard, annonce a ses frères que la veille il a signé le contrat d'association de M. de Bussaguct avec M""-' de Montagne, en la chapelle qui avait été donnée à M. de Raymond c( et à mademoiselle de Lagorcc », et, de plus, il a accordé verbalement à M. de Bussaguet la permission d'y faire transporter le corps de M. de Bussaguet, son père, « qui gist à Saint-André ». Le syndic des l'cuillants déclare aussi que les 800 livres qu'il a données à AL de Raymond avaient été fournies : 200 livres pour la part de M'"" de Montagne, et 600 livres pour la part de AL de Bussaguet, et, qu'en outre, il a donné la somme de 100 livres de l'argent de la fabrique à M. François de Raymond, pour que celui-ci renonçât complètement à tous ses droits sur cette chapelle.
Les choses en étaient là, lorsque commença la correspondance que AL Roborel de Climens a retrouvée.
284 COUHl SI'OMJANCL UK IHA>g01SK Lie LAtlIAt-SAGNE
Lettre de madame de Montagne a dom Marc-Antoine de Saint-Bernard (i)
( 14 août ibij)
Mon très révérant père, est-il possible que vous ne sovès poinct ennuvé d'estre sy longtemps sans
(i) Le révcrcnd père doni Marc -Antoine de Saint-Bernard, religieux, de l'ordre des Feuillants , n'est mentionné dans les Registres capitulaires du monastère de Bordeaux qu'à partir de l'an 1611. Il devint successivement sous-prieur, prieur, supérieur du couvent, et il parait y avoir joui d'une grande considération. Il se nommait Antoine Clausse, seigneur de Marchaumont, et était fils de Pierre Clausse et de Marie Le Picart. Sa famille, qui avait fourni plusieurs évèques-comtes de Chàlons, était alliée aux Robertet, Montliolon, Béthune, Mouchy, Maillé, Villeroy, etc. 11 portait : d'a:iiir au chevron d'urgent accompagne de trois têtes de léopard d'or, cmmuseJces chacune d'un annelet de gueules.
A la date du 30 novembre 163 1, on trouve dans le Registre cnpitulaire des l'euillants {Archives dcparlenientales de la Gironde, H. 275, f'J 131. v") que le révérend père dom Marc-Antoine de Saint-Bernard, surnomme au siècle : Marchomont, sieur de Courance, aîné de sa maison, est mort à Preignac, dans l'hôtelerie de maître Titon, à l'enseigne des Trois pies, d'une pleurésie qui lui survint, en revenant de La Réole voir M. de Pichard, malade, frère du prieur du monastère de Bordeaux. L'éloge de Marc-Antoine de Saint-Jjernard se termine par ces mots : c La n.oblesse de sa naissance étant comme une terre bénittc où les vertus croissoient plantureusement ; aussi est-il vray qu'une douce complexion de nature est la première couche de prédestination. «
COaULbl'O.NUANClr; DE I HANÇOISE DK LACUASSAliM-, 28)
avoir de mes nouvelles, pour moy j'en suis toute aciiblée. Despuis le mois de dexembre j'av tousjours esté fort mallade, et, despuis ung mois je m'estois trouvée ung peult mieux, mais je retourne souvant en mes maux. Cella est cause que j'ay tant tardé d'envoyer vers vous, et je vous assure de bonne ioy qu'il ne c'est guiere passé de jours qu'il ne me soict souveneu et désiré recepvoir de vos consoUations. Mon Dieu, que j'ay desyré de vous voir! Je crains qu'il ne vous souviene du tout poinct de moy. L'on m'a dict que le paire don Jehan-Jacques (r) s'en est allé pour ne revenir poinct, j'aprehande tant que vous en tassiés aultant ! Je vous assure que véritablement je ne say s\- je choisirès plustot de mourir que de savoir vostre eloingnement. J'espère encore que en ses vacactions il vous prandra envye de taire ce charitable voyage jusques ic\-, ce que je désire extrêmement, et vous assure que \- serez le trez bien receu.
Cependant, je vous suplie trez humblement, mandez moy au long de vos nouvelles et vos dessains, et, s'il vous plaist, aussy quelque choze du public. Le temps où nous sommes faict pardonner ma curiositté.
Mon trez révérant père, je vous suplie trez hum-
(i) Doni Jcan-Jacqucb de Saiutc-Schokihtiquc, dont les Registres capitulaircs ne mentionnent pas le siinioiii dans le siècle, avait été prieur du monastère de Bordeaux jusqu'en 1602 ; en 161 1, il avail été élu provincial de son ordre en France, et le 1 > juillet 1619, il rentra à Bordeaux pour y demeurer.
286 conr.i:>PONDA.NCE de I'Ha.nloise de lachassagne
blement me continuer en vos bonnes prierres et oraisons, et de m'iiymer, puisque je croit que cest honneur là me porte bonheur, et que je suys et seray toute ma vie, mon trez reverrant, vostre trez humble et trez obeyssante fille et servante.
F. DE Lachassaigne.
Ce xxiiii aoust 1617.
Ail dos est ccrit : A mon trez reverrant père le payre don iMarc-Anthoyne au monastère de Messieurs les Fuilhens à Bourdeaux.
DE LA MEME AU MEME ( 31 août 1619)
Mon très révérant père, je suis bien ayse d'avoir trouvé ceste ocasion assurée pour savoir de vos nouvelles et vous dire que, grâces à Dieu, je suis encores vivante, eschapée à ses pénétrantes chaleurs qui surpassoint mes iorces; je n'en pouvois plus porté. Je désire savoir comment vous en avés esté traicté et vostre compagnie.
J'appreende que ce temps ne vous aye aporté les maladies, don Dieu vous veuille garder. Je n'avois garde de vous prier de voyager en se temps; j'en eusse esté aussy marrie comme je seray ayse et contente d'avoir l'honneur de vous voir.
conniiSPONDANct: de iuançoi.si-: hk i..vi.ii.v.-sAr..M: 287
Madame la conteste de Gurson (i) me tic riioiineur de me venir voir en ses grands ciiauds, il n'y ■:> que sine ou six jors; nous parlasmes tort de vous, et fut fort ayse de quoy Monsieur vostre frère vous (2) estoit allé voir. Nous nous resjouyssons fort toutes deux de l'espérance de votre venue pardessa. Elle m'a enjoinct de vous suplier de luy faire faire un biberon, pareil au mien, qui est dans le cofre que savès. Elle m'a nonmé un orfesvre qui la sert, don le nom m'est oblié, mais c'est tout un, il ne faut qu'i enployer le meilleur de la ville pour en faire un tout pareil, et qu'il le poyse et marchande au dernier most, don vous m'avertirés après, s'il vous plaist, [par] une lettre à part pour cela, que je luy puisse monstrer, afin que se soit à elle à acepter le marché. Mon très révèrent père, ne croyès pas que j'aye pris este charge pour vous donner de la peine et tactigue de cest ataire, car je m'en suis défendue, n'estiment pas que mon crédit vers vous fut rien au près du sien, et la révérence et respect que je vous dois est plus grande que tout autre. Aussy ne veux-je pas, mon très révèrent père, que nulle autre me sur passe en soubsmission et obéissance et désir de vous
(1) Charlotte do Caumont, née en 1394, lillc de Fraiii^ois de Caumont, comte de Lauzun et de Catherine de Grammont; elle avait épousé, le 25 juin 161 1, Frédéric de Grailly-Foix, comte de Gurson et du Fleix, qui, le 12 janvier 1616, fut reçu par le Parlement comme titulaire de l'office de grand sénéchal de Guyenne.
(2) François Clausse, seigneur de Courance et de Danemirs, grand-maître des Eaux-et-Forèts en Bourgogne,
2SS COUKESPONDANCE HF. l'KANÇOISE HK I.ACIIASSAGNE
rendre très humble service, j'y suis trop obligée.
Mon très révèrent père, nous ne savons rien ycy de nouveau, ny de la court, ny d'ailleurs. On dit que la Royne est partie d'Hngoulcme pour aler trouver le Rov (i). Je ne sais s'il est vray, et pour la meilleure nouvelle que je vous puis mender, mon cher perc, c'est que Dieu m'a lait la grâce de tenir par sa main puissante mon amc en assés tranquille estât, et que lorsque j'aray cest heur de vous voir, j'espère que je serav encores mieux. Continués moy en vos prières et oraisons, lesquels jusques ycy m'ont grandement profité, si me semble.
Le porteur ne s'en reviendra point qu'il ne m'aporte de vos nouvelles, s'il vous plaict me faire l'honeur de m'en mender et de celles du père don Jean- Jacques.
Voicy ce moys de septembre quy arrive avec contenance de rafraychisement propre à vous conduire heureusement, quand il vous plairra me taire l'honneur de venir, et vous assure que seres le très bienvenu et que vous v estes le très désiré. Je vous baise très humblement les mains et suis, mon très révèrent père, vostre très humble et très obéissante fille et servante.
F. DE Lachassaigne.
A Montagne, se dernier d'aoust 1619.
(i)La Reine-mère s'était écliappée de Blois avec l'aide du duc d'Epernon et s'était réfugiée à Angoulême.
(:onKF.^;i'o.M>.\>(jr. l'K i iiA.M.di.'^i; nr. i.aciiassagm; 289
/:';/ iiiarî:;c est écrit : Je dcsirerois savoir coinmeiu il est allé de la maladie de vostre révèrent prieur.
Les Registres capitulaires des Feuillants constatent qu'entre la date de la première de ces lettres et la seconde, dom Marc-Antoine de Saint-Bernard avait demandé au chapitre, le 8 mai 16 18 : l'autorisation de disposer de quelques reliquaires qu'il avait entre les mains, et le 7 novembre 16 18 : que l'argent reçu de M""^ de Montagne fût emplové aux réparations de l'église et à acheter du blé. En outre, que le t6 février 161 9 M'""' de Montagne avait donné aux Feuillants la somme de 1,200 tr. pour racheter la somme de loo fr. de rente qu'elle payait au monastère.
D1-: LA .Nu';.\u-: au même
Mon reverand père, j'é receu le contract de fondation qu'il vous a pieu m'envoyer, dont je vous remercie très humblement; cela me porte du solagement en mon esprit.
J'é obmis une chose à vous escripre qui est de
:3yo r.uunEsroMt.vNct: ht rnxNToiSE DE laciiassagnë
comprendre deffunte Leonord de Montaigne (i), ma iille; vous y fairés satisfaire, s'il vous plaist, tant à la fondation de feu mon mary que de la mienne.
Je vous suplie, mon très révérend père, vous souvenir de f;iire ratifier et asprouver ledict contract de fondation à vostre général et supérieurs. Au reste vous me mandés que je vous envoyé quittance generalle, c'est signe que vous voulés que je retire tout ce que vous avés à moy, qu'est cause que j 'envoyé ce porteur exprés pour retirer mon cosfre et tout ce que est dedans. Vous luy deluiverés, s'il vous plaist, tout et il vous donnera toutes les quittances que vous sauriés désirer. Vous luy deluiverés aussy [la] clei; et vous remercie très humblement de la sure garde qu'il vous a pieu me fiiire , vous vouant tout ce quy est de moy pour vostre très humble service.
\'oz citrons et voz oranges me sont venus toit à propos; je vous en remercie très humblement; vous me faictes tousjours très de bien; et me recommande à voz bonnes prières et oraisons, comme faict mon filz, vostre bon cousin (2), qui se guerist grâces à Dieu et tous deux desirons fort de [vousj voir.
(I; Élt-oaorc Hyqueni de Montc\gnc, tille de F.iuteur des Essais et de Françoise de Lachassague , née le 9 septembre 1371, épousa le 26 mai 1 590 François de Latour d'Eviers, dont elle n'eut qu'une Iille; devenue veuve en 1594, elle se remaria, le 20 octobre 1608, avec Charles de Gamaches, dont elle n'eut aussi qu'une Iille. Eléonore Eyquem mourut le 23 janvier 1616.
C2) Charles de Gamaches, vicomte de Chatcaumeillant , veuf d'Éléonore Eyquem de Montagne.
CORRESPONDÂNCR PF. mANfjOlSF. DE LAfillASSAONF. 29 1
Je scmv tout le reste de ma vie, mon très révérend père, vostre très obéissante lille et servante.
P. DE LaCHASSAIGXE.
An dos est écrit : A mon très reverand père le père dom Marc-Anthoyne, soûls prieur des rcligieus du monastaire des reverands pères Feuillans à Bourdeaux.
nP LA MÊNfE AU MKMF.
( I ) février 1621 )
Mon très révérant père, je vovs bien que je n'aurois jamais de voz nouvelles sv je ne vous en seumonnois. Se porteur m'a promis de ne s'en revenir poinct qu'il ne m'en aportat. Je vous assure qu'il n'y a personne au monde quy me soict plus agréables (sic) que de vous, que je honore avecq passion et désir de vous rendre très humble service.
Je vous envove quatre petites boittes de Contignac que put estre trouvères vous bon, pour ce qu'il vient de moy. Il en y a de deux sorte : de palle et de vermeil ; se quy m'en reste sera tout jamais à vostre servisse, comme tout ce quv despand de moy,
J'atanderay donc de voz nouvelles, vous suppliant que j'aye toujours part en vos bonnes prières et orai-