‹ Inventaire de la collection des ouvrages et documents réunisChapitre 152 sur 169 · CORRIISPONDANCE DF. FRANÇOISE DE LA.CHASSAGNE · texte numérisé non relu

CORRIISPONDANCE DF. FRANÇOISE DE LA.CHASSAGNE

sons, et crovés que je suis et seray toute ma vie, mon très révérant père, vostre très humble et très obeisante Hlle.

F. DE Lachassaigne.

De Montaigne, ce quinziesme febvricr mil six cens vinçzt et un.

DE LA MÊME AU MEME

(6 mars 1621 )

Mon très reverand père, vous m'avez fort resiou5'e de me mander que vous estiés prest de venir céans. Il v a longtemps que j'attendoys ce bien là et, pour vous v convver davantage, je vous dirai que j'ai ung affaire où je desirerovs que vous missiez la main et qu'il fust décidé par vous. C'est que monsieur le prieur de Castillon m'est venu faire entendre que les dames religieuses, qui sont astcure clostréez et renfermées, ne me peuvent plus donner le priviliege que j'y avois d'entrer parmy elles, avec moi ma fille; et aussv me veulent oster la maison que je tiens. J'ai baillé beaucoup d'argent pour obtenir cela, voire une somme iort notable pour moy. Je délibère de les poursuivre pour me le rendre, encore qu'on m'y ave faict de la colluzion, comme je vous entretiendrai,

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si j'ai l'honneur de vous veoir; et si, cependant, vous en parlai ung mot à la mère superieuse de Bourdeaux, vous m'en apporteriez des nouvelles.

Mon révérend père, je vous escrys à la haste me trouvant mal bien fort et m'en allant coucher.

Il court icv grand bruict de guerre et me recommande à voz bonnes prières, et suis, mon très révérend père, vostrc très humble hlle et servante.

F. DE Lachassaigne (i).

A Montaigne, ce sabmedv au soir vi« de mars 1621,

DE LA MEME AU MEME (27 octobre 1621 )

Mon très révérend père, je désire scavoir comment vous vous portés de vostre voiaige et si vous este conduict bien heureusement. Je vous veus faire aujourd'hui [souvenir] de l'assistance que vous m'avès promise en l'affaire que scavés. J'en escri encore à monsieur de Bussaguet (2). Je vous prie luy donner

(i) M™= de Montagne était sans doute réellement bien souffrante, car sa signature, presque illisible, a été posée sur la dernière ligne de l'écriture de son secrétaire.

(2) M. de Bussr.guet était alors Joseph Eyqueni de Montagne, sieur de Bussaguet, petit lils de Raymond Eyquem de Montagne et d'Adrienne de Lachassagne, tante de Françoise de Lachassagne.

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la lettre et prendre soin qu'elle soit rompue incontinent. Je vous supplie presser de parachever cest affaire et qu'il soit faict secrètement. Retirés en, s'il vous plaist, tous les contratz; je paicré jusqucs à la dernière maille tout ce qui s'i mettra. Vous mettrès, s'il vous plaist, les grosses dans mon cofre, et me ferès ce plaizir de m'en retenir des coppics, et me les envoler escrites de la main de quelqu'un des vostres, afin que je puisse voir seurement la chouse faicte et le nom du notere qui l'a passé. Yous êtes si coustumier de me rendre bons effects et tesmoignaige d'affection que je m'assure que vous me desnierès pas cestu3'-ci, non plus que de me maintenir en vos prières et oraisons, et croire que je suis, mon très révérend père, votre très humble et obeyssante fille et servante.

F. DE Lachassaigke.

A Mont, le 27 d'oct. 1621.

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