‹ Inventaire de la "librairie" de Philippe le Bon (1420)Chapitre 14 sur 40 · XXV · texte numérisé non relu

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1504 (et aussi, on va le voir par le texte qui suit, dans celui de 1420) sur les conditions matérielles, sur l'extérieur et la toilette des livres. Nous y apprenons donc presque toujours si ces livres ont des fermoirs, combien et de quelle nature, s'ils sont « armoiés » et à quelles armes, dans quel état se sont trouvés les ais, les couvertures, à rheure du récolement. Est-ce à dire pcul-étre que, seule, la valeur marchande des manuscrits ait retenu l'attention des rédacteurs de nos catalogues ? Non, et Ton ne doit pas voir dans des Inventaires, comme ceux que nous venons de mentionner spécialement, d'informes essais de bibliographie. Nous y avons l'un ou l'autre élément d'information sur la teneur et le sujet des livres, dont il importe de souligner l'intérêt. Sans compter quCj pour les manuels de piété, le copiste indique à quelle chapelle ou résidence ils sont destinés, nous le voyons qui dit généralement si l'œuvre a reçu les honneurs du parchemin ou bien a été transcrite sur papier; lorsqu'elle n'est pas en français, il avertit qu'elle est en latin ou en une langue étrangère (flamand ou thiois, haut-allemand). Particularité plus remarquable et d'un prix bien supérieur, voici, dans ces mêmes Inventaires (et aussi dans celui de 1420), la mention des premiers mots du second feuillet et des mots de tête ou de fin du dernier ; voici, mais beaucoup moins souvent, la mention du début, de l'incipit du manuscrit (^). Là encore, un

(^) En règle générale, l'Inventaire de 1467 donne, comme points de repère, les premiers mots du second et du dernier feuillet. Parfois les rédacteurs, au lieu de ce début du second feuillet, indiquent celui du troisième ou l'incipit même du manuscrit.

Il est à noter encore que le « second feuillet « auquel ils renvoient est

certain souci d'exactitude s'obseiTC parfois dans la description. Il se présente même, dans celui de 1467, une classilication en sections d'après les matières; débutant par une liste d ouvrages de nature diverse et sans rubrique spéciale ledit Inventaire répartit le reste en catégories respectivement intitulées : Bonnes meurs, Etiques et Politiques — Chili elle — Librairie meslée — Livres de gestes — Livres de Balades et d* Amours — Croniques de France — Oultre-mer (*), Médecine et Astrologie — Livres non parfaits (^). Non pas néanmoins que, dans la pratique, le ou les rédacteurs observent scrupuleusement la diTision adoptée : ainsi, il se peut que, sous la rubrique CJiapelle, ils placent un Lancelot (^).

L'ordre n'est ptvs aussi méthodique (relativement méthodique, il s'entend), mais \m certain ordre règne d^ns les Inventaires de 448o et 1487 ('*). C'est celui- ci, de 1487, qui.

quelquefois le second après le calendrier (livres de chapelle), la table ou le prologue : voir nos no» 14(5, 149, 150 et 151.

Dans les Inventaires de 1485, 1487 et de 1504, c'est aussi le second feuillet (réel ou non) qui est mentionné ; par contre, en ce qui regarde le dernier, nous y avons non les mots de tête, mais 1-explicit du manuscrit.

Pour les exceptions et diverses particularités, je renvoie à mon étude annoncée ci-dessus, p. v.

Pour l'Inventaire de 1420, voir ci-dessous, p. xvin.

On sait que celte indication de mots de repère n'appartient pas en propre aux Inventaires de Bourgogne et qu'elle se rencontre dans d'autres, élaborés ailleurs que chez nos ducs.

(1) Voyages outrc-nœv,

(2) Au moment de la confection de l'Inventaire.

(3) N^ 1 162, qui ne fait que répéter le ii«'706 : voir notre n« ITT.

(^) Cet Inventaire de 1487 présente des catégories de livres assez bien suivies : telles sont, sauf des exceptions, celles des volumes flamands.

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pour le nombre de ses articles, occupe la seeonde.place : il en a 546. La première revient à celui de 1467, qui en compte près de 900 (^). Quant à la troisième, elle appartient à celui de 1420 dont le total s'élève à 248.

Compiiré aux autres sous le rapport de la tenue et aussi de l'importance de son contenu, que vaut-il ? Pas plus que les. précédents et suivants, il ne mentionne les date et lieu de composition ni le nom de l'auteur, mais ses indications sur le format, l'écriture et l'enluminure des manuscrits l'apparentent aux meilleurs catalogues de la maison de Bourgogne, soit à ceux de 1467, 1485, 1487 et 1504. De même ordre ou de même qualité sont les indications qu'il donne sur l'état de la reliure, le nombre et la nature des fermoirs {^). A ce point de vue, c'est la librairie de chapelle qui est le plus soigneusement décrite. 11 est vrai que c'est elle qui, par les ornements qui décoraient la couverture de ses manuscrits, méritait le plus de retenir L'atten»tion de commissaires-priseurs ayant à rendre compte des conditions matérielles où ils trouvaient les livres. Mais, pour ces manuscrits de chapelle, on ne nous dit pas en quelle lettre ils sont transcrits, tandis que nous le

altemands-ebîaHglais (no* 1777-1184), latins (nos Iô8â-.2Ô17), de chapelle (ii<»».£018 etâuiv.). Remarquez, en outre, qtie ies n«8 1882-^ («auf 1838 et 1847) >soiit en papier. Voyez aitssi, dans celui de. 4467, les manuscrits flamands, .allemands . «t anglais rajogés «n une liste presque réguiftre (nos 1079-1101).

(*) Le chiffre n'est qn'approximiatif, puisque, comme an l'a tu, l'Inrentaire se^répète parfais. Mais ce n'est pas le lieu de discuter l'étendue ou l'importance numérique et respective des librairies ducales.

(2) Pour ies n»» 31 à 33, on prend soin dédire qu'ils sont sans fermoirs, et pour le no 239, que les fermoirs ont été coupés et ôtés.

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savons pour les autres, au moins jusqu'au n<» 152 (*). Pour beaucoup de nos volumes aussi, nous savons s'ils sont à deux, trois ou quatre colonnes. De même, au sujet de vingtdeux ouvrages, un détail intéressant nous est fourni, détail assurément utile pour Tidentification des textes qui y figurent : c'est qu'ils sont en rime ou en prose, ou bien en l'un et l'autre à la fois. Mais, ce qui vaut bien mieux, nous avons ce qui peut s'appeler les mots de repère. En d'autres termes, nous avons pour la chapelle, en règle générale, l'incipit et l'explicit du manuscrit, et, pour la classe dite librairie, le début du second et du dernier feuillet {^) : il est à observer toutefois que le second feuillet peut être le second après la table ou le prologue (3).

L'Inventaire de 1467 offre une assez intéressante tentative de classement par matière. L'exemple ne lui en a pas été fourni par celui de 1420. Car ici l'on n'a qu'une répartition sommaire et rudimentaire dans le genre de celles qui se constatent en 1404 et 140S (^) : les livres de chapelle sont, comme je l'ai dit, isolés de ce qui pourrait recevoir la dénomination de librairie profane : d'une part

(^) Ronde, courante, de forme, etc. A remarquer qu'à partir de ce no 152, les renseignements sont moins nombreux et moins précis. C'est que les manuscrits qui suivent sont, en général, de qualité inférieure, mais il en est pourtant parmi eux qui sont en parchemin, encore qu'on ne le dise pas. De même, il est des volumes dont on ne signale pas les- « histoires »•, mais qui pourtant en contiennent.

(*) Laissent ta désirer, comme n'ayant pas soit l'incipit, soit l'explicit, ou ni l'un ni l'autre, les n«s 6, 7, 10, 15, 26, 50, 63, 65, 67, 213-215, 232-236, 247 et 248.

(3) Voir ci-dessus, p xxv, n. 1, pour les autres Inventaires.

(*) Voir ci-dessus, p. xxii, n. 2.

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