‹ Inventaire de la "librairie" de Philippe le Bon (1420)Chapitre 4 sur 40 · IX · texte numérisé non relu

IX

Fauteur de la Bibliothèque protypographique a fait des réductions et des omissions. Il déclare, à propos de ces répertoires ou catalogues de 1404, 1405, 1423 et 1477 : « Nous avons passé sous silence les articles à titres généraux et vagues, ainsi que ceux reproduits dans les grands inventaires de Bourgogne [savoir : circa 1467, 148o, 1487, 1504], en conservant toutefois les volumes signalés par une condition insolite ou des détails particuliers; et les 299 numéros que comportaient les inventaires, se sont trouvés réduits à 100 » (*). C'est donc Peignot, et non lui, qu'on devrait citer pour le. premier groupe d'Inventaires f^).

On devrait même d'autant plus le citer que Barrois a réduit d'une autre manière encore le chiffre de ses manuscrits, en ce sens qu'il a parfois réuni plusieurs articles distincts en un seul. C'est ainsi qu'il groupe, en une sorte de lot varia : « Ung liure de Chançons et choses faictes, et pluisieurs Liiires en flament » (Inv. 1477, n<* 700), tandis que Pkignot décompose ou détaille comme suit : « Ung liure de Chajiçons et choses faictes. — Vng autre liuret en flament. — Deux petits meschans cayers de papier escriptz — Vng liure de parchemin, escript en flament » (3).

(*) P. IX. En appliquant ce système, il a réduit les librairies de Philippe le Hardi (1404), de Marguerite de Flandre C1405), de Marguerite de Bavière (1423) et de Charles le Téméraire (1477), qui sont respectivement de 60, 125, 30 et 84, à 33, 26, 12 et 29.

(*) Voir ci-dessous, p. XIV.

(3j P. 97. Sur les divergences qui se remarquent entre son texte et celui de Barrois, voir Frocheur, Notice sur la Bibliothèque de Bourgogne {Messager des sciences historiques de Gand, 1839, pp. 325-326) et [J. Marchal], Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne, Bruxelles et Leipzig, G. Muquardt, 1842, in-f'»

L'Inventaire de 1405 a été republié, en 1846, par Matter dans ses Lettres et pièces rares ou inédites (^), mais cet éditeur n'eii indique pas la date, ou du moins il ne la donne pas en termes exprès et exacts. Il rappelle simplement que « devenue veuve, Marguerite mourut l'an 1405 »; il dit ensuite que « cet inventaire fut dressé sans doute peu de temps après la mort de la princesse », et il ajoute : « Mais il ne fut reçu à la chambre des comptes de Dijon que Tan 1412. Nous ignorons les raisons qui en firent retarder la remise ; mais le document lui-même nous apprend qu'on observa à son égard les formalités voulues, qu'il fut revêtu du seing de l'évêque de Bayeux.Le manuscrit d'après lequel nous le publions, appartient aujourd'hui à la bibliothèque de la ville de Troyes, où il porte le n° 202. Il appartenait autrefois à la collection de Bouhier, président du parlement de Dijon. En note. Il était coté A, o3, dans l'ancien fonds Bouhier. Nous devons notre copie à la main habile de M. Harmand, bibliothécaire de la ville de Troyes » (*). Après avoir insisté sur la valeur de ce document, il le reproduit avec le titre : « Extraict de l'Inventaire des Joyaux et autres Biens, meubles de feue Madame la Duchesse de Bourgoingne, envoyez en la Chambre des Comptes à Dijon par l'ordonnance de Monseigneur, par révérend Père en Dieu l'Evesque de Bayeulx, et encloz soubz son

t. I : Notice sur l'histoire et le catalogue de la Bibliothèque des ducs de Bourgogne. Autres exemples de't?area dans Barrois : no» 645 (= Pkionot, pp. 60-1), 688 (= PEtGNOT, pp. 88-9), et 696 (= Peignot, pp. 95-6).

(*) Paris, Amyot, in-8o, pp. 19-39 : Une collection de livres d'une femme du monde à la fin du XIV^ et au commencem.ent du XV« siècle. — Bibliothèque de Marguerite de Flandre,

(î) Ibid., p. 20.

signet. — Rcceu en ladicie Chambre lequinziesmejour de décembre mil quatre cens et douze » (^).

Or, cet Inventaire n'est autre que celui de 1405, déjà édité par Peignot (2), mais Matter n'a pas connu cette édition (3). Il n'a pas su non plus (ou du moins ne le dit-il pas) que le texte de Troyes n'est qu'une copie prise sur l'original au xvni® siècle, et que, dans cette copie, l'Inventaire était daté de 140S : « commencié à Arras, le vu® iour de may M. CCCC et cinq )>, mais avec la note finale : « Receu à la dicte chambre, le quinziesme jour de décembre M. CCCC. XII )). C'est ce que l'on peut voir en consultant le Catalogue général des Départements, 1855, t. II, pp. 95-6 : n" 203, grand in-folio sur papier (Bibl. Bouhier, A. 53) (^).

(*) Ibid., p 21.

(2) Ainsi que par Barrois, mais partiellement, comme je l'ai dit pp. viii- IX, et réédité en 1886 par Më^ DEHAisNES comme je vais le dire, pp. xii-viii.

Jl est à remarquer toutefois qu'une partie de cet Inventaire fait aussi défaut à Mattf.r, et que, pour ce qu'il possède en commun avec PeIgnot et Deh\isnes, il n'a pas le mèmcordre qu'eux (voyez ci-dessous, p. xni,n. 2).

(3) Il écrit, ibid., p. 20 : « Ce document est inédit. M. Barrois avait donné, d'après un autre inventaire, une sorte d'extrait qui répondait parfaitement au dessein de son ouvrage, mais qui ne pouvait pas faire connaître la collection tout entière ". En effet, l'Inventaire de 1405, chez Barrofs, n'est qu'un extrait (voyez ci-dessus, pp. viii-ix), mais Matter ne semble pas remarquer que BarroIs a eu dans les mains le document complet.

(-i) Comme on l'a lu plus haut, Matter dit que le manuscrit de Troyes porte le n'» 202, mais il paraît bien s'être trompé : c'est •» n'* 203 ♦» qu'il aurait dû écrire ; ce 11° 203 avait, dans l'ancien fonds Bouhier, la cote A .53, qui o«td'aillours donnée [mr Matter lui-même. Au surplus, le no202 (d'après le Catalorjuc général, p. 9.5) était jadis coté : Bouhier A 57, et il a pour titre Exti^aict sommaire des registres mémoriaux de la chambre des co7nptes de Dijon, contenant ce qui est de plus remarquable depuis le i^r registi^e^ commençant en d386,jusques et y compris le

J'ai déjà dit plus haut (*) que cet Inventaire de 140o avait eu une quatrième édition, en 1886, par lés soins de Mk' Dehaisnes (*). Il figure, en effet, dans ses Documents et extraits divers concernant l'histoire de l'Art dans la Flandre, l'Artois et le Hainaut avant le XV' siècle, et il y figure avec l'Inventaire de 1404 qui, de la sorte, a donc ici sa troisième édition (3).

Dans ces Documents, notons-le, nous avons les Inventaires complets de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, ou, en d'autres termes, l'énumération de tous les joyaux et objets divers qu'ils ont laissés, joyaux et objets parmi lesquels les manuscrits n'apparaissent, suivant l'observation déjà faite, que comme une partie d'un ensemble (^). Dehaisnes nous fournit donc, en ce qui

XF« registre, commençant en i588 et finissant en 1596. — Fin du xviie siècle.

M. G. Raynaud (Romania, X, 1882, p. 525) renvoie à cette copie, no 203, de Troyes.

(1) P. XI, n. 2.

(2) Alors chanoine.

(3) Lille, Quarré, in-4®, seconde partie : 1374-1401. La première partie est V Histoire de VArt dans la Flandre, l'Artois et le Hainaut avant le xv« siècle f ibid. Chaque partie ou chaque ouvrage a sa pagination spéciale.

Dans mes identifications de manuscrits, je cite ces deux Inventaires de 1404 et 1405 par le seul noin : Dehaisnes. Lorsque, en dehors de cela, je reproduis quelque chose de cet éditeur, j'indique s'il s'agit des Docur ments ou de V Histoire de VArt.

Dehaisnes donne sou texte sans notes. Baurois, dans son Index alphabétique, Peignot et Matter, à la suite des titres de manuscrits, s'eiForcent de faire connaître le contenu de ces manuscrits.

(*) Voir ci dessus, p. vu, n. 1.

L'Inventaire complet de Philippe le Hardi occupe les pp. 825-854; quant aux livres, ils sont pp. 839-40, 851-2. Celui de Marguerite va de la p. 855 à la p. 920, et les manuscrits sont énumérés pp. 879 81.

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