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ARCHITECTES, SCULPTEURS, PEINTRES ET GRAVEURS

Ex

FRANCE

RENÉ D'’ANJOU, dit le bon rot René. (V. son article, série des Chefs de gouvernement, n° 215.) — René aimait les arts et les cultivait lui-

même, comme le constate la pièce qui suit :

Lettre des frères Mineurs de Laval au roi René; 20 juillet 1456, 1 p. in-fol., adresse et traces de cachet en cire rouge.

Ils le remercient de leur avoir fait présent d’un tableau de sa main. « O qui pouroit dignement rescompenser vostre trés-haulte et profonde chérité, par laquelle avez prins tel labeur de nous compouser ung ymage de pitié portant la Croix, le plus piteux, le mieulx portraict, selon la réale vérité du fait, que touz ceulx qui le regardent en font grant admiration, et, en le regardant, ont de leur rédempteur moult grant compassion. »

René avait épousé, le 10 septembre 1454, Jeanne de Laval. Ce fut probablement à la demande de celle-ci qu’il exécuta (seulement en partie sans doute) le tableau dont il est question dans la lettre précédente. Le dernier paragraphe est, du reste, consacré à l’éloge de la jeune princesse, qu'on y compare à la douce Esther d’un nouvel Assuérus.)

FOUCQUET (Jean), le plus illustre peintre et miniaturiste français du xv° siècle, qui, le premier chez nous, accusa nettement, dans ses œuvres, un sentiment de réaction contre les vieilles traditions gothiques, n. à Tours avant 1420, m. dans la même ville vers 1480.

Document sur parchemin ; 9 juillet 1478, 7 p. in-fol. — (On n'a pas encore trouvé d'autographes de ce grand artiste.) — ( Réservé.)

État de comptes rendus par Jean Moreau, valet de chambre de Louis XI et bourgeois de Tours, devant le commissaire du parlement de Paris, à la suite d’un procès qu’il a perdu contre Philippe de Commynes. On y trouve les deux mentions suivantes :

«Seze escuz baillez, le jour de la Pentecoste MaaccLxxi1v, à Foucquet de Tours, sur le coust de la fasson d'unes paires d'heures. » à :

Et plus loin : « Item, de ladite somme de Lxij escuz à esté baillé vij escuz au dit Jehan Foucquet sur ce qui restoit deu pour la ne et dorure d'unes paires d'heures. » 3

(Une autre mention tirée d’un fragment d’une rédaction différente des mêmes comptes, a fait croire à M. Fillon qu’il s’agissait d’un livre d’heures peint pour Jean Moreau ; taridis que le document, dont il est ici question, indique clairement que le manuscrit avait été exécuté pour Philippe de Commynes, grand amateur, comme on sait, de beaux livres.)

FOUCQUET (Jean).

L. À. S. du peintre HeRsENT; Paris, 20 mars 1839, 2 p. in-4, avec dessins à la mine de plomb.

Pendant un voyage qu’il a fait en Allemagne, l’été dernier, il est passé à Francfort, où ila vu, chez M. Brentano, négociant de cette ville, les quatre miniatures dont il lui a déjà parlé, provenant du livre d’heures exécuté par Jean Foucquet, pour Etienne Chevalier, argentier de Louis XI. Ces miniatures sont des chefs-d’œuvre qu’il regrette de voir sortis de France. Il lui envoie le croquis de la première où est représenté Etienne Chevalier avec son patron.

(Cette lettre fait l’éloge du goût d’Hersent; car, à l’époque où elle a été écrite, bien peu d'artistes appréciaient les œuvres françaises du xve siècle.)

PELERIN (Jean), dit le Vaiateur, secrétaire de Louis XI et de Commynes, dessinateur et théoricien en matières d'art, auteur de la Perspective artificielle, n. au Bois-Jouan, paroisse de Coron, près de

Vihiers, en Anjou, vers 1440, m. à Toul au commencement de

P.S., sur vélin, avec deux lignes autographes: Thouars, 14 juillet 1470, 1 p.in-4 oblong. — R* (On ne connaît pas d’autre autographe du Viateur.) — (Réservé.)

Acte de réception d’aveu rendu à Nicolas d'Anjou, dit de Calabre, marquis de Pont, sue Louis XI venait de donner la vicomté de Thouars, par Jean d’Appellevoisin, seigneur e Thiors.

PERREAL (Jean), dit de Paris, surintendant des œuvres d'art de Marguerite d'Autriche, qui eut, en France, une notable influence sur le mouvement artistique de la fin du xv° siècle et du commencement du xvI°, n. vers 1450, m. à Lyon vers 1528.

L. A. S. à Marguerite d’Autriche ; Lyon, 4 janvier (1511), 2 p. in-fol. Altérée

par l'humidité et raccommodée en quelques endroits, sans que le texte soit atteint, — À. S. F.

Relative aux travaux des sépultures de Brou et à ceux du tombeau de François II, duc de Bretagne, et de Marguerite de Foix, sa femme. Précieux détails.

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PERREAL (Jean).

L. À. S. à Loys Barangier, secrétaire de Marguerite d'Autriche ; Lyon, 4 janvier (1511), 7 p. in-fol., adresse, traces de cachet de cire rouge. — ( Réservé.)

La plus importante et la plus longue lettre qu'on possède de l'artiste, toute pleine de détails sur les travaux de sculpture faits pour les sépultures de Brou, et, spécialement, sur ceux du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, père et mère d'Anne de Bretagne, exécutés par Michel Colombe et ses élèves, aidés de deux tailleurs d’arabesques fiorentins (1), d’après les patrons qu’en avait fournis Perreal. — (Le texte de ce document et celui de la lettre qui précède ont été donnés dans le livre qu'a publié M. Charvet sur Jean Perreal, en 1874, p. 57-71.)

HANGEST (Hélène de), dame de Boisy, épouse d’Artus Gouffier, gouverneur, puis principal ministre de François I®, et grand maître de France, femme lettrée et artiste, qui dessinait des portraits aux trois crayons et qui avait établi, à son château d'Oiron (Poitou), la fabrique de fine faïencerie, dont les produits sont, aujourd’hui, si recherchés. Née au château de Genlis ( Picardie ) en 1483, elle mourut à Amboise le 26 janvier 1537, à l’âge de 54 ans.

L. À. $S. à son fils Claude; Oiron, 7 août (1535 ?), 1 p. petit in-fol. — A. S. R*.—

S. R°. — ( Réservé.)

Elle lui mande que les ouvriers ont achevé l’autel de la chapelle du château, du côté de l’é-

vangile ; mais que le travail pourra être arrêté, faute de couleurs pour les peintures. « Y a ung des d. ouvrier expert en l'art de dorure, qui fait mollures et grotesques au mieulæ

(1) V., sur ces artistes florentins, Gazette des Beaux-Arts, 2 période, t. XIV, p. 367-68.

ui se porroil; sy il avoit ors et colleurs, la besongne yroit grant train; ayez cure de es envoier par messager especial, le plus tost qui se pourra. »

HANGEST (Hélène de).

L. S. au roi François Ier; Amboise, (1519), 1 p. in-fol. — (Réserovc.)

Relation du premier voyage que fit Henri, duc d'Orléans (plus tard Henri Il), de Blois, à Amboise, quelques mois après Sa naissance, sous la conduite d'Hélène de Hangest. On y remarque ce passage, ayant trait à un portrait au crayon du jeune prince, exécuté probablement par Mwe de Boisy : « Sire, ce porteur nous a requis de vous porter ces lettres, espérant

vous donner novelles qui vous plaisent, et luy baille le visaige de vostre Henriet en ung fueillet, afin que veiez sa mine.» £

JUSTE (Giovanni BETTI DI GIUSTO, dit Jean), célèbre sculpteur, issu d’une famille florentine, venue en France en 1503, et naturalisée en 1515.

P. A. S.; 10 février 1558, 2/3 de p. in-fol. — A. S. R*. — (Cette pièce, tachée d’eau sur la marge de droite, est l’une des plus précieuses et des plus rares de la collection ; car elle est restée jusqu'ici unique.)

Recu de la somme de 25 livres tournois pour avoir achevé, poli et « assis » la sépulture de Claude Gouffier, seigneur de Boisy, grand écuyer de France, et de l’une de ses deux premières

femmes.

LÉONARD DE LIMOGES, dit Zéonard Limosin, célèbre peintre sur émail, n. à Limoges vers 1505, m. dans la même ville après

P. S. de Lours XIIT; Paris, 11 février 1621, 2 p. in-fol. — (On n'a pas d’autographes de Léonard de Limoges.)

Inventaire des tapisseries et autres meubles donnés Fes le Roi à l’église de Pau, à l’occasion de la cérémonie du rétablissement du culte catholique dans cette église. Au nombre des objets cités se trouvent les suivants :

« Six cassettes ou estuictz où sont contenus six apostres sur cuivre, ouvrage de Limoges en esmail, de haulteur de deux tiers d’aulne, ou environ.

« Plus un grand rond de cuivre, avec ses boucles, de mesme ouvrage de Limoges, en esmail, où est la représentation de sainct-Michel, pesant le d. rond cent livres ou environ. »

(Les six grandes plaques d’émail, représentant des apôtres, avaient fait partie de l’une des deux séries, de douze chacune, peintes par Léonard. — Le Louvre possède une portion de la ras La seconde, provenant d’Anet, est conservée en entier, dans l’église de Saint-Père

e Chartres. Quant au grand rond de cuivre émaillé, dont il est ici question, c’était le ciel du pavillon du dais, sous lequel le roi s’asseyait lorsqu'avaient lieu les réunions des chapitres de l'Ordre de Saint-Michel).

PALISSY (Bernard), sculpteur et modeleur en terre émaillée. (V. son article à la série des Znitiateurs et des Inventeurs, n° 7.)

MAUCLERC (Julien), écuyer, seigneur du Ligneron et de la Bros-

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