‹ Inventaire des autographes et documents historiques (volume 4)Chapitre 185 sur 227 · CETA'XTIT SR Er PME ts EM ne cte TEE om au · texte numérisé non relu

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Très rare missive, dans laquelle Caradosso, envoyé à Rome par le duc pour acheter des œuvres d'art, lui apprend que le cardinal de Parme a de Lens choses antiques ; que MY de Montréal lui a donné une superbe Léda de marbre, bien que mutilée; que M de San Severino lui a promis de lui montrer d’autres objets précieux. Il enverra sur une barque, à Gênes, ce qui aura recueilli, et de Gênes à Milan, et serait heureux que le duc voulüût bien remercier lui-même le cardinal de Parme, parce que ce serait le moyen de se procurer d’autres raretés.

PERINO DEL VAGA (Pietro BUONACORSI, dit), élève de Raphaël, et, avec Jules Romain, l’un de ses principaux collaborateurs ; « le meilleur dessinateur de l’école florentine, après Michel-Ange, » au dire de Vasari, n. à Florence vers 1470, m. à Rome, 1547.

Etude à la plume de têtes de chevaux et de bras, sur laquelle se trouvent des

notes de comptes, 1 p. in-4. — A, $S. R*.

Beau dessin qui a figuré, sous le nom de Raphaël, dans les collections du prince de Ligne, du comte de Fries, de Joshua Reynolds, du professeur Bohm, directeur de l’Académie des médailles, à Vienne, et dans celle de M. A. Donnadieu, mais que M. Fillon restitue, avec raison, à Perino del Vaga. Il a figuré, sous le n° 813, dans le catalogue de la vente Donnadieu, faite à Londres en 1851, et y a été reproduit en fac-similé.

BUONARROTI (Michel-Agniolo), l’individualité la plus puissante de l’art moderne, qui mêla, dans son œuvre immense, la beauté de la forme à l'émotion de l'âme, le maître sans rival des leçons viriles et des intuitions sublimes, n. à Caprese, dans le Casentin, 6 mars 1474,

m. à Rome, 17: fév. 1564. (V. son article, Série des Ecrivains, n° 1347.)

L. A. S.;(25 janv. 1545), 1/2 p. in-4 oblong. — A. S. R°. — A. F7.

Ordre du paiement final (cent soixante écus de dix jules) des trois statues de marbre executées par Raphael de Monte Lupo, pour le tombeau définitif de Jules IT, à Saint-Pierréaux-Liens, à savoir : une Vierge avec son enfant sur les bras, un Prophète et une Sibylle, toutes plus grandes que nature. — (M. Milanesi a publié, p. 103, cette lettre, d’après une minute, mais avec de notables variantes de texte.)

(Il existe, dans les dépôts publics, particulièrement dans ceux de Florence et de Londres, un grand nombre d’écrits de Michel-Ange, mais les collections privées en renferment fort peu. Comme il avait coutume de garder copie de certaines lettres, de certains mémoires ou notes, il arrive parfois qu’on rencontre, sur deux points différents, deux originaux indiscutables d’une même pièce. C’est ce dont les amateurs s’assureront aisément, en comparant les autographes de la casa Buonarroti avec d’autres conservés dans des cabinets privilégiés. Michel-Ange qui, plus que nul autre, avait le droit de s’estimer haut, portait, jusque dans les écritures, un soin extrême à conserver les manifestations de sa pensée. Ainsi ont fait, à plus Va siècle de distance, Racine, Boileau et quelques-uns encore de leurs contempo- Trains.

BUONARROTI (Michel-Agniolo).

L. À. S. à Bartolomeo Amannati; (1555), 1 p. pl. in-fol. Quelques petits trous causés par la corrosité de l'encre.

Cette lettre, une des plus importantes de la série artistique de la collection de M. Fillon,

est toute relative aux travaux de Saint-Pierre de Rome. En voici la traduction : « Circa la Fabrica.

« Messer Bartolomeo, mon cher ami, il n’est pas à nier que Bramante n'ait eu, dans l’architecture, une valeur aussi grande que qui que ce soit depuis les anciens jusqu'à nous. C’est lui qui a dressé le premier plan de Saint-Pierre, et ce plan n’a aucune confusion; il est simple, bien éclairé, bien isolé, de manière à n'être nuisible à rien du Palais (c’est-à-dire du Vatican), et sa beauté, ce qui est encore manifeste, a été justement reconnue; de sorte que quiconque s’en est écarté, comme a fait depuis le San Gallo, s’est écarté de la vérité. Quiconque a les yeux sans passion le peut reconnaître dans son modèle. San Gallo, par le bas-côtée cireulaire qu’il a ajouté, enlève, d’abord, toutes les fenêtres du plan de Bramante ; mais, de plus, il n’a lui-même aucune lumière. Les recoins et cachettes du haut et

du bas donnent de grandes commodités à toutes sortes de ribauderies, comme de cacher nuitamment des bandits, de fabriquer de la fausse monnaie, d’engrosser des religieuses et de faire d’autres méchantes actions, si bien que, lesoir, quand on ferme l’église, il faudrait vingt-cinq hommes pour chercher ceux qui y resteraient cachés, et c’est avec peine qu’ils y réussiraient. Il y aurait encore cet autre inconvénient, qe l'addition de ce cercle, faite au delà du plan de Bramante par le modèle RrApnE, il faudrait forcément jetter par terre la chapelle du pape Paul, les bâtiments du Plomb, ceux du Tribunal de la Rote, et la chapelle bâtie par le pape Sixte n’en sortirait pas nette. Quant à ce qui est déjà fait de ce cercle extérieur, qu'ils disent coûter cent mille écus, cela n’est pas vrai, parée qu'avec seize mille écus on le ferait, et qu’en le démolissant on perdrait peu de chose, parce que les murs élevés et les fondations ne pourraient pas servir et que la construction gagnerait deux.cent mille écus et trois cents ans de temps. C’est là ce qui me paraît, et cela sans passion, parce que ce (1) me serait une très grande perte. Si vous pouvez faire entendre cela au Pape, vous me ferez plaisir, parce qu'il ne m’est pas favorable. |

« Votre MIcHELAGNIOLO. »

« En suivant le modèle de San Gallo, il s’ensuit encore que tout ce qui s’est construit de mon temps devrait être jeté par terre, ce qui serait une perte matérielle très grande. »

(La minute de cette lettre existe à Florence dans les papiers de Michel-Ange et a été publiée par Bonanni, dans ses Numismata nummorum pontificum templi Vaticani fabricam indicantia, 1696, in-fol., p. 75-76. — V. aussi Pittoriche, VI, 40, et Milanesi, Lettres de Michel-Ange, p. 535.)

Les articles Benvenuto Cellini, n° 2106, Alessandro Allori, n° 2112 et Giorgio Vasari, n° 2109, présentent trois curieuses lettres relatives au transport clandestin du corps de Michel- Ange à Florence et aux funérailles solennelles qu’on lui fit en cette ville. à

VECELLIO (Tiziano), dit LE TITIEN, un des plus illustres peintres du XvI° siècle et le plus grand coloriste de l'Ecole vénitienne, n. à Cadore, 1477, m. de la peste à Venise, 25 août 1576.

L. À. S. à Charles-Quint; Rome, 8 déc. 1545, ! p. in-fol., adresse, cachet sur papier, formé d’une empreinte d'intaille antique où se voit une femme appuyée sur un long bouclier ; papier ayant pour filigrane un écu à l'italienne, chargé d’une oiïe et surmonté d’une étoile à 6 raies. — FF. |

Cette pièce, par sa rareté et par son magnifique état de conservation, est un des joyaux de la collection. En voici une traduction :

« Très sacrée Majesté Cœæsarée, j'ai envoyé, il y a quelques mois, à Votre Majesté, par les mains du seigneur don Diego, son ambassadeur, le portrait de l’impératrice, sa femme (Isabelle de Portugal), de glorieuse mémoire, fait de ma main, et en même temps l’autre portrait qui m'avait été remis de la part de Votre Majesté, comme modèle. Mais, comme toutes mes volontés en ce monde ne sont rien autre chose qu’un constant désir de servir et de satisfaire, selon mon pouvoir, Votre Majesté, je suis, avec un infini respect, dans l’attente de savoir si ce mien ouvrage lui est arrivé et si elle en a été satisfaite ou non. Si je savais qu'il lui eût plu, je sentirais dans mon âme un contentement que je suis impuissant à exprimer; si c'était le contraire, je me proposerais de retoucher ce portrait de manière à contenter Votre Majesté, quand notre Seigneur Dieu me fera la gree de pouvoir aller lui présenter une figure de Vénus, faite par moi à son intention. J’ai l’espoir que cette figure montrera clairement combien mon art progresse, quand il travaille pour Votre Majesté.

« Je suis ici à Rome, appelé par notre saint père le Pape, et les admirables marbres antiques m’enseignent des choses par lesquelles mon art deviendra digne de peindre les victoires que notre Seigneur Dieu prépare à Votre Majesté en Orient. Cependant, je baise votre main invaincue avec toute l'affection de mon cœur, et je la supplie de daigner s'occuper de faire que la traite des grains du royaume de Naples, que Votre Majesté m'a donnée, il y a de longues années, et la pension de cent écus qu’elle a ordonné de me payer annuellement à Milan, à cause du tableau de l’Annonciation que je lui ai offert, aient leur effet ; car, jus— qu’à présent, je n’ai rien eu ni de l’une ni de l’autre, sans que Votre Majesté en sache rien.

« De Rome, le 8 décembre 1545.

« De Votre Majesté la très humble créature et esclave, ® « TITIANO, peintre. »

(Le portrait d'Isabelle de Portugal, dont il est question dans cette lettre, est celui que Charles-Quint emporta au couvent de Yuste et vers lequel il dirigea ses regards avant de rendre le dernier soupir.)

(1) Parce que 77 vincere, le vaincre, probablement au sens de: le succès, la réussite, l'adoption du plan de

San Gallo.

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(Ce superbe spécimen de l'écriture du grand peintre vénitien montre qu’il maniait aussi habilement la plume que le pinceau. S’adressant à Charles-Quint, il a tenu à lui donner une haute idée de sa calligraphie. M. Fillon possède, du reste, deux lignes de son écriture courante, sur une feuille d’études dessinées à la pierre noire et rehaussées de blanc, qui présentent des caractères analogues de vigueur et de sûreté de main.)

VECELLIO (Tiziano).

P.S., sur vélin, par le roi d'Espagne Paxpre Il, contresig. par Vargas, avec le visa de ÆZerrera; Madrid, 5 juillet 1571, 1 p. in-fol. oblong, traces du petit sceau royal en cire rouge. Pièce maculée.

Précieux document pour la biographie du Titien. C’est la confirmation, par Philippe II, de la pension de deux cents écus accordée au Titien par Charles-Quint, laquelle pension est rendue, en même temps, reversible sur la tête de Horatio Vecellio, son fils.

(Cette pension de deux cents écus sur la recette du duché de Milan avait été donnée au Titien par Charles-Quint, étant à Augsbourg, le 10 juin 1548.)

GIAMBERTI DE SANGALLO (Antonio), célèbre architecte, élève de Bramante, qui fut adjoint à Raphaël pour la direction des travaux de Saint-Pierre de Rome, n. à Mugello (Toscane), vers 1482, m. 1546.

L. S. aux anciens prieurs de la communauté de Saint-Genès ; Ancône, 4 déc. 1532, 1/2 p. in-fol., adresse, cachet portant l'empreinte d’une intaille antique, où se voit la tête de Sérapis. Le papier porte les armes des Scala, en filigrane. — A. S. Fe. 7 :

Ordre de paiement de travaux.

SANTI (Raffaele), dit RAPHAEL SANZIO, la plus admirable organisation d'artiste qui ait peut-être jamais existé, source limpide de la beauté et de la grâce, un des hommes qui font le plus d'honneur au genre humain, n. à Urbin, 6 avril 1483, m. à Rome, 6 avril 1520.

P. S., en latin, avec deux lignes autographes; Rome, 19° janv. 1515 (1516), 1/2 p. in-4.— A.S. et S. R*. — (Les autographes de Raphaël, très peu nombreux dans les dépôts publics, sont à peu près introuvables dans les collections particulières.)

Précieuse pièce d’une belle conservation. C’est la quittance de la somme de 200 ducats à lui allouée pour deux mois de travail aux peintures du Vatican, dont il fournissait les couleurs. — (Raphaël peignait alors l’Attila des Chambres.)

Document du plus grand intérêt, qui montre quel modeste salaire recevait le sublime artiste pour l’exécution d’une de ses plus belles œuvres.

A cette rarissime pièce sont jointes les suivantes :

1° L. A. S., en latin, d'ANTONIO BRACCALEONE, médecin de Guido Ubaldo, duc d'Urbin, et poète, à Pietro Pori, de Pistoie; Urbin, 10 mai 1483, 1 p. in-4 oblong, adresse et cachet représentant une lire.

I] lui fait passer par Alberti les manuscrits qu’il lui a confiés l’automne dernier; la lecture de Boëce lui a fait grand plaisir, mais il n’a pas assez de patience dans le sang pour se résigner au malheur. Lorsque son frère retournera à Pistoie, il lui emportera le portrait qu’il a fait faire de lui à son intention par le peintre du duc, qui est un disciple des muses (Giovanni Santi, père de Raphaël?). On le trouve ressemblant ; de sorte que ce sera comme s’il était présent en son cabinet. Le peintre l’a représenté tenant à la main une missive à son adresse. La lettre se termine par ces mots : «Famulus duc’ Mafjeus Volterranus, amicus, te salutat.

« ANTONIUS BRACGGALEO, medicus duc et poëtla. »

(La mention de la présence de Raphaël Maffei, de Volterre, à Urbin, au mois de mai 1483 est bonne à noter. Le titre de nie duc“, que Braccaleone lui donne, indique qu'il y était reçu comme commensal du duc. Or, parmi les autres habitués du palais, se trouvait le peintre Giovanni Santi, dont il est probablement question dans la lettre, auquel était né, le 6 avril précédent, un fils, qui reçut au baptême ce même prénom de Raphaël, porté par Mañffei. N’y aurait-il pas peut-être lieu de supposer que ce dernier en fut le parrain?)

90 [,, A. S. du poète BALDASSARE CASTIGLIONE, le célèbre auteur du Cowréisan, ami de Raphaël, qui en a laissé le merveilleux portrait conservé au Louvre, (né à Casatico, duché de Mantoue, en 1478, m. à Tolède en 1529), au marquis de Mantoue ; Rome, 1° mai 1521, 3 p. in-fol., adresse, cachet armorié sur papier.

Superbe lettre où, entre autres choses intéressantes, on trouve ce passage, relatif à une œuvre de l’illustre peintre : .

« Je connais un portrait de Votre Excellence, fait de la main de Raphaël, qui est à Rome, et, comme il est en la possession d’un serviteur du révérendissime Colonna, j'ai fait des démarches pour l’acheter; mais il ne le donnerait pour rien au monde. Je me suis (alors) arrangé de façon à ce que la chose soit venue à la connaissance dudit cardinal, et je lui a dit que Votre Excellence sait que ce portrait est à Rome, et que, par lettre, elle m'a donné commission de le lui avoir ; de sorte que je crois que le cardinal se le procurera et en fera présent à Votre Excellence. »

3° L. A. S. de Grovanni-Anronto Dosro, dessinateur et marchand de tableaux établi à Rome, dans la seconde moitié du xvi* siècle; Rome, 1% août 1578, 1 p. in-fol.

Cette lettre contient la mention d’un carton de Raphaël et d’un dessin de Michel-Ange.

2101. LOMBARDO (Alfonso), célèbre sculpteur, modeleur en terre et médailleur, n. à Ferrare, 1487, m. à Bologne, 1536. L. A. S. au duc de Milan ; Bologne, 18 janv. 1532 (1533), 1 p. in-fol., adresse,

cachet sur papier, formé par une empreinte d’intaille antique d'un superbe style, représentant un homme agenouillé près d’un vase. — R?.

11 le prévient que les bustes de marbre du roi Alphonse de Naples, de l’empereur Maximilien, de Sforza de Codognola, de Barthélemy de Bergame (Colleone), du marquis de Pescaire et de Jean-Jacques Trivulce, seront terminés dans le courant de février. — Pièce d’une remarquable conservation.

2102. PRIMADICCIO (Francesco), dit BOLOGNE ou LE PRIMATICE, architecte, sculpteur et peintre célèbre, que François I* attira en France, après la mort de Rosso, pour y prendre la direction des bâtiments royaux, n. à Bologne, 1490, m. à Fontainebleau vers 1570.

P.S., en français, sur vélin; (Paris), 2 septembre 1569, 1 p. in-4 oblong, traces de sceau sur cire rouge. — À. S. R*. — $S. R* Quittance de la somme de 200 livres tournois pour les gages de sa charge de commissaire

armes re bâtiments de Fontainebleau, de Saint-Germain, de Boulogne et de la sépulture de Henri II.

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2103. PIPPI (Giulio), dit JULES ROMAIN, le seul peintre de l’école de Raphaël qui, après la mort du maître, soit resté un grand homme, n. à Rome, 1492, m. dans la même ville, 1° nov. 1546.

L. A. S. aux fabriciens de la Steccata, à Parme; 30 avril 1541 (1542), 1 p. in-fol., adresse et cachet armorié sur papier; papier à la fleur de lis de Florence. — KR.

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