‹ Inventaire des autographes et documents historiques (volume 4)Chapitre 19 sur 227 · SEE · texte numérisé non relu

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ET

de lire mon A{/aric, j'attends avec beaucoup d’impatence le jugement que vous en ferez; s’il m'est avantageux, ce sera ma plus haute gloire. (Coll. Alfred Sensier.)

PATIN (Guy), savant médecin libre penseur, qui, au dire d’un biographe, «avait, dans le visage, l’air de Cicéron, et, dans l'esprit, le caractère de Rabelais. » Par sa verve, sa causticité, son caractère indépendant et frondeur, il se plaça au premier rang des écrivains de son siècle, dans le genre épistolaire. Né à Hodenc, village voisin de Beauvais, le 31 août 1602, il mourut à Paris, le 30 août 1672.

L. À. $. à M. le conseiller Jacobin Troisdames, au logis de M. de Delaunay, à Sanoys ; Paris, 12 nov. 1664, 2 p. in-4, adresse, trace de cachet. Quelques taches de rousseur au bas de la première page. — R°. ( Recherché.) — (Réservé.)

« Monsieur, il y a longtemps que l’on dit que les eaux minérales font plus de cocus qu’elles ne guérissent de malades; votre président de Normandie en est un signalé garant. Il ne se sçauroit plaindre de son sort, s’estant prédestiné à l'office qu’il remplit avec tant d'honneur et conscience. Prendre femme de vingt ans, à soixante sonnés, est d’un robin présomptueux ; l'envoyer seule, sans triples cadenas, aux eaux, après l’an de mariage, est le fait d’un cocu en herbe, qui l’a déjà esté d’effet de son premier mariage avec une belle. L’air de la montagne, le changement de régime, la promenade à cheval, l’éloignement du barbon n’ont sitost que la petite femme, qu’elle se sent prise du besoin de s’asseurer de sa guérison. Prestre, medecin ou galant sont toujours là, à point, pour l’aider à faire l'expérience. — Qu'on me chasse à courre ce dix cors par les chemins et qu’on ne m’en parle davantage. Cocu, ‘il est, cocu il sera et c’est bien fait.

« Sans les eaux minérales, de quel profit seroit la médecine pour les charlatans etles esculapes cythéréens, comme les nommoit M. Nicolas Piêtre, mon docte maistre? »

Suivent des nouvelles de la reine mère (Anne d'Autriche), qui se meurt d’un cancer, «maladie incurable, quoiqu’en disent les marchands d’onguants et d’emplastres, qui lui frottent le ventre de leurs drogues, bonnes au plus à chasser simples coliques. » : ;

Guy Patin termine sa lettre par le récit de la plaisante histoire d’un capuein de Paris, qui, tenté par le démon sous la forme d’une jolie fille, engrossa le malin esprit, croyant l’exorciser, et de ce qui en advint.

MÉNAGE (Gilles), un des écrivains les plus érudits du xvir° siècle, auteur du Dictionnaire étymologique de la langue françoise et de l’Æisloire de Sablé, n. à Angers, 15 août 1603, m. à Paris, 23 juillet 1692.

L. À. S. (à Pellisson) ; Paris, 11 oct. 1691, 1 p. in-4. Jaunie. — A.S. R‘. — À. FR. (Recherché.) — (On trouve communément des notes autographes de Ménage.)

Il exprime son regret que Pellisson, et Fermat aient supprimé, dans les exemplaires du Sorbertana qui restent à débiter, « ce que M. Sorbière a écrit contre moy. » Il n’est pas vrai, d’ailleurs, que la reine de Suède ait dit de Ménage qu'il était le plus incommode homme du monde. Elle a dit seulement, lorsque Vossius lui présenta les Origines de la langue françoise, « que je ne voulois pas seulement savoir d’où venoit un mot, mais où il alloit, ce qu’elle dit pour me louer. »

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