‹ Inventaire des autographes et documents historiques (volume 4)Chapitre 34 sur 227 · LETTRE DE JEAN RACINE · texte numérisé non relu

LETTRE DE JEAN RACINE

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tion de mon ami M. Alfred Bovet, présente la première signature, que je reproduis ici avec l'autorisation du possesseur. Dans son testament du 10 octobre 1698, Racine signa avec un 74 à parafe, tel qu'en faisaient les notaires. Ce parafe ressemblait au acte lacet qu'il employait pour séparer les strophes dans ses pièces de vers. Une dernière remarque à faire, c'est que Racine em- ployait, dans sa correspondance, des papiers de formats divers, le plus souvent petit in-4, mais quelquefois in-folio, comme dans la lettre du 6 août 1693, conservée à la Bibliothèque nationale.)

Précieuse lettre qui concerne vraisemblablement sa tragédie de Phédre. En voici le texte :

«Je vous envoye les quattre premiers actes de ma tragédie, et je vous envo eray le cinquième, dès que je l’auray transcrit. Je vous supplie, mon Révérend Père, de prendre la peine de les lire et de marquer les fautes que je puis avoir faites contre la langue, dont vous estes un de nos plus excellens maistres. Si vous y trouvez quelque faute d’une autre nature, je vous prie d’avoir la bonté de me les marquer sans indulgence. Je vous prie encore de faire part de cette lecture au R. Père Rapin, s’il veut bien y donner quelques momens. Je suis vostre très humble et très obéissant serviteur. Racine. »

RACINE (Jean).

L. À. S. à sa femme, « rue des Maçons, proche la Sorbonne, à Paris » ; au Quesnoy, 16 mai 1692, 1 p. 1/4 pet. in-4.

Belle lettre, dont voici le texte ;

: & Au Quésnoy, le 16° may 1692.

Je vous escrivis hier de Catteau Cambresis. Nous sommes arrivez à nos quartiers du Quesnoy, où j'ay à peine le temps de vous escrire un mot, et, comme je vous le mandois, nous partons demain de Valenciennes pour le camp de Gévries, près de Mons, où est le rendez-vous des armées de Flandre. Les dames, qu’on laisse icy, ont tesmoigné désirer de suivre le Roy au camp, ce qui a beaucoup diverty Sa Majesté. Nous serons encore à quinze lieuës de Namur, où nous arriverons vraysemblablement le 25 de ce mois. On vient d'amener au Roy deux manières de paisans, qui estoient sortis de Mons avec des lettres de l'ennemy, qui y a des intelligences. Ces lettres portent que la ville de Namur peut ténir plusieurs mois contre les 10r cs du Roy; mais cas n'est nullement vraysemblable et la campagne ne sera point

ongue.

« Escrivés à vostre frère touchant vostre fermier. Adieu, mon cher cœur, embrasse tes enfans pour moy et donne moy souvent des nouvelles de nostre fils. Qu'il travaille et se mette en estat de vivre en honneste homme. Adieu. A demain. Racine. »

(Cette lettre a été contestée par le dernier éditeur de Racine, M. Mesnard, qui n’en avait pas vu l'original, et qui basait son attaque sur une fausse indication de date. Elle présente cependant tous les caractères d'authenticité désirables ; le papier et l'écriture sont de bon aloi; seule, la présence de la signature paraît singulière, mais, l'original d’une seule autre lettre de Racine à sa femme ayant été conservé, on ne peut constater si c’est là un fait unique dans cette correspondance.)

RACINE (Jean).

Cantique spirituel à la louange de la charité, pièce de vers autographe, 3 p. in-fo|.

C'est la mise au net, avec quelques corrections, de ce cantique, dont la Bibliothèque nationale possède la minute très-raturée.

RACINE (Jean).

Sa signature sur le titre d'un exemplaire des Œuvres de Plutarque, édition de 1624, 2 vol. in-fol. — { Réservé.) — La bibliothèque de M. B. Fillon renferme aussi l'exemplaire des Zmaginaires, ayant fait partie de celle de Jean Racine et du janséniste Carré de Montgeron, dont il porte les signatures sur le titre.

Ce précieux exemplaire de Plutarque a appartenu à Racine. Il a apposé sa signature au bas du titre de chacun des volumes. Cet ouvrage est venu, plus tard, en la possession de Beaumarchais, qui en a parlé dans une lettre du 35 juin 1786, annexée au tome [+ Il a fait,en dernier lieu, partie de la bibliothèque de Guizot.

(Racine avait coutume de mettre sa signature sur le titre des volumes qui lui appartenaient; il annotait aussi volontiers ses livres.)

De un

FLEURY (l'abbé Claude), pieux et savant historien ecclésiastique gallican, n. à Paris, 6 déc. 1641, m. dans la même ville, 14 juillet

L. À. S. à Mabillon ; Paris, 9 sept. 1703, 1 p. in-4, cachet. — R*. {Recherché.)

Remerciements de l’envoi d’un de ses ouvrages.

GRIGNAN (Françoise-Marguerite DE SÉVIGNÉ, comtesse de), fille de l'illustre épistolière, qui a reçu d’elle une sorte de reflet littéraire, n. 27 oct. 1646, m. 10 août 1705.

L. A. S. à M. de Lamoignon; ce 18, 4 p. pet. in-4, cachet brisé. — A. S. RS. —

Très-jolie lettre sur un procès qu’elle soutenait. « Je suis sy rebutée de chicanne que toute ma capacité s’est evanouye, et je ne puis pas entendre nomer sans horreur le nom de Louis Adémar. Je laisseray donc à sa postérité le soin d’aller défandre le château de Grignan et je me décideray à le garder et à ne le défandre que quand il sera attaqué par les armes... »

BAYLE (Pierre), célèbre philosophe sceptique, biographe et journaliste, rédacteur des Vouvelles de la République des lettres et du Dictionnaire historique et critique, compilation excellente, qui, traduite dans presque toutes les langues, et souvent réimprimée, a exercé une immense influence sur la littérature et la philosophie en Europe. — Que de gens y ont puisé toute leur science! — Né au Carlat, 18 nov. 1647, il est mort à Rotterdam, le 28 déc. 1706.

L. AÀ.; (Coppet), 31 juillet 1673, 4 p. pl. in-4. — A. S. PF. — A. F?.

Lettre écrite à l’âge de vingt-six ans et adressée à un ecclésiastique. Bayle annonce qu'il vient d'entrer comme précepteur chez le comte de Dona. Curieux détails à ce sujet. Il parle ensuite de la réponse de M. Claude au Traité des préjugés composé par M. Nicole. « Ce M. Nicole, à ce qu’on dit, et M. d’Arnaud connoissent si bien le caractère d'esprit, le stile et la manière l’un de l’autre que, l’un prenant la plume, lors que l’autre est las d'écrire, il résulte un livre de tout cela aussi uniforme que s’il étoit parti d’une seule main. De cette façon ils ont fait ce livre des Préjugez avec toute la finesse et les détours qui paroissent dans les livres de M. d’Arnaud. » Livre de M. Bossuet, évêque de Condom, où il prétend faire voir que les deux religions ne sont pas si éloignées de sentiments qu’il le semble. Détails sur La Mothe-Levayer, mort récemment, sur les lettres de Fra Paolo, sur la lettre de Huet à Segrais sur l’origine des romans, sur l’Académie de Caën, sur les diverses académies qui existent à Paris, outre l’Académie française. Bayle termine par des nouvelles de la guerre et des considérations sur la prise de Maestricht.

GUYON (Jeanne-Marie BOUVIER DE LA MOTTE), célèbre mystique, âme douce et tendre qui eut le tort, irrémissible aux yeux de Bossuet, d'avoir choisi Fénelon pour directeur. Née à Montargis, le 13 avril 1648, elle mourut le 9 juin 1717, à Blois, où elle avait passé, après de nombreuses persécutions, les dernières années de sa vie, dans les exercices de la dévotion et de la charité.

. P.A.S. de la Motte; (monastère de Sainte-Marie de Meaux), 6 avril 1695, 5 p. in-4. Pièce écrite sur papier, dont le filigrane est aux armes de Colbert de Torcy.

Document de la plus haute importance pour sa biographie. C’est l’exposé détaillé de ses doctrines dans la question des « Etats d’oraison », qu’elle avait dressé, sur l'avis de Fénelon, pour les quatre commissaires chargés de l’examen dogmatique de ses livres.

Nr précieuse et rare pièce a été retrouvée, après la mort de Bossuet, dans ses papiers.

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