‹ Inventaire des autographes et documents historiques (volume 4)Chapitre 35 sur 227 · NU · texte numérisé non relu

NU

RENNEVILLE (René-Auguste CONSTANTIN DE), historien de la Bas-

tille, où le marquis de Torcy le retint prisonnier pendant douze an-

nées, n. à Caen vers 1650, m. dans la Hesse, 13 mars 1723.

L. A. S. de Constantin, au marquis de Torcy ; la Bastille, 21 sept. 1712, 2 p.in-4, adresse. — R7.

Emouvante lettre dans laquelle Renneville supplie le ministre de l’arracher de l’abîme profond où il est plongé depuis près de onze ans, et implore sa miséricorde. Il lui rappelle les circonstances de son arrestation et proteste de nouveau de son innocence. « Laissez, lui ditil, agir votre clémence. Vous ne pouvez trouver un sujet plus favorable de faire briller cette vertu, qui a mis le comble à la gloire de César. Je ne suis pas criminel comme Cinna : au contraire; je suis le cadet et le seul qui reste de douze frères qui, tous, avons répandu notre sang pour le Roy; sept desquels ont été tuez en différentes actions, en combattant pour lui; et vous êtes plus que César, puisqu’étant chrétien, vous possédez la charité dans le sublime degré dont il n’avoit qu’une connoissance imparfaite. » 1 y

En tête de la lettre est écrit de la main de d’Argenson : Bastille. Le sieur Constantin. A joindre aux autres papiers et mémoires qui le concernent. 22 septembre 1712. M. V. D.

(Renneville ne fut mis en liberté que le 16 juin de l’année suivante, grâce à l'intervention de la reine Anne d'Angleterre. Il en profita aussitôt pour se réfugier à Londres, où il composa le livre qui a fait sa réputation.)

FÉNELON (François de SALIGNAG DE LA MOTHE), l’illustre antagoniste de Bossuet, dans la question du Quiétisme, auteur de 7#lémaque, n. au château de Fénelon, 6 août 1651, m. à Cambrai, 7 janv. 1715.

L. A. S. Fr. de Fénelon, à Bossuet; La Tremblade (Saintonge), 8 mars (1686), 3 p. 1/2 in-4. Ecrite sur papier marqué au type des jésuites en filigrane. — A, S. R*. — À. R. (Xecherché.) — (Les lettres signées J'énelon sont très-rares.)

Précieuse lettre, remplie de détails sur sa mission en Saintonge, et qui est une véritable page de l’histoire de la révocation de l’Edit de Nantes. « Nos convertis vont un peu mieux; mais le progrès est bien lent. Ce n’est pas une petite affaire de changer les sentiments de tout un peuple. Quelle difficulté devoient trouver les “ete pour changer la face de l’univers, pour renverser le sens humain, vainere toutes Îles passions et établir une doctrine jusqu'alors inouyie, puisque nous ne saurions persuader des ignorants par des passages clairs et fermes, qu'ils lisoient tous les jours, en faveur de la religion de leurs ancestres et que l'autorité même du Roi remue toutes les passions pour nous rendre la persuasion facile. Mais, si cette expérience montre combien l’efficace des discours des apôtres estoit un grand miracle, la foiblesse des huguenots ne fait pas moins voir combien la force des martyrs étoit divine. Les huguenots, mal convertis, sont attachés à leur religion jusqu’au plus horrible excez d’opiniatreté; mais, dez que la rigueur des peines paroit, toute leur force les aban-

donne. Au lieu que les martys étoient humbles, dociles, intrépides et incapables de dissimu-

lation; ceux-ci sont lâches contre la force, opiniatres contre la vérité, et prests à toute sorte d’hypocrisie. Les restes de cette secte vont tomber peu à peu dans une indifférence de reli— gion, pour tous les exercices extérieurs, qui doit faire trembler. Si on vouloit leur faire abjurer le Christianisme et suivre l’Alcoran, il n’y auroit qu’à leur montrer les dragons. Pourvu qu'ils s’assemblent la nuit et qu’ils résis-

tent à toute instruction, ils croient avoir assez fait. : C’est un redoutable levain dans une nation. » Parole profonde, qui montre combien était perspicace l’auteur du Télémaque, cette noble utopie gouver-

nementale.

REGNARD (Jean-François), le second de nos grands poëtes comiques, romancier et voyageur, n. à Paris, fév. 1655, m. à Dourdan, 4 sept. 1709. | | Sa signature inscrite sur le titre du Willebrequin de M Adam, menuisier de Nevers ;

Paris, Guillaume de Luyne, 1663, in-12. — À. S. R*. — A. R2. — S. R7. — (Les

fragments autographes de Regnard se rencontrent assez communément.)

REGNARD (Jean-François).

“lé P. A.,4 p.in-4.

Ce sont deux feuillets d’un de ces cahiers de notes où Regnard inscrivait certaines pensées, des mots heureux, recueillis au passage, et autres éléments de travail qu’il utilisait, plus tard dans ses productions. On y remarque particulièrement les phrases suivantes :

« — Une femme laide est comme la fausse monnoye, qui ne peut passer que de nuit.

« — Un bon ménage se fait d’un mary aveugle et d’une femme muette.

« — Une femme et un almanach sont deux choses qui ne sont bonnes que pour un an.

« — L’inconstance est le quinquina de l’amour.

« — La laideur, fille aînée de la chasteté.

« — Les femmes aiment mieux qu’on leur conte de l’argent que des fileurettes.

«— Vos yeux sont des clous à crochets qui tiennent ma liberté accrochée. »

FONTENELLE (Bernard LE BOUYER de), neveu du grand Corneille, mathématicien et philosophe, élégant écrivain, auteur des Z'ntretiens Sur la pluralité des mondes, n. à Rouen, 11 fév. 1657, m. à Paris, 9 janv. 1657.

P. A.S.; Paris, 27 nov. 1715, 1/2 p. in-4.— A. S.R5.— A. R.—$. R2.{ Recherché.)

Extrait des registres de l’Académie des sciences constatant qu’on a procédé à la nomina— fion de trois sujets pour la place de pensionnaire chimiste, vacante par la mort de M. Homberg, et que la pluralité des RES est tombée sur M. Geoffroy l’aîné, M. Geoffroy le cadet et M. Astruc, médecin de Montpellier.

FONTENELLE (Bernard LE BOUYER de).

L. A.S. à M. Bulfinger, professeur de chimie à l’Académie de Saint-Pétersbourg; Paris, 8 avril 1728, 2 p. pl. in-4, cachet. Légères déchirures et raccommodages.

I1 lui annonce que l’Académie des sciences lui a donné, la veille, le prix sur la Cause de la pesanteur, et il le remercie d’avoir traduit son Eloge du czar Pierre I*, « Votre traduction l’aura sans doute fait valoir dans votre cour, et, sur les avis que vous me donniés, j'ai fait les changements nécessaires et, grâce à vous, il est en meilleur état. C’est dans cet état que je l’ai fait imprimer, et il est dans notre volume de 1725, qui paroist depuis quelques mois ou deux. Si ce livre peut aller jusqu’à vous, vous vous apercevrés de ma déférence à vos avis, et c’est là, je crois, la meilleure façon de vous en remercier. » Il termine en lui annonçant qu’il vient de publier un gros livre intitulé : Eléments de la géographie de l'infini, sur lequel il désirerait avoir l'opinion des habiles géomètres de Saint-Pétersbourg.

FONTENELLE (Bernard LE BOUYER de)

L. A. à la marquise de Lambert, à Auxerre ; 3 décembre, 3 p. in-8.

Charmante épitre. «On fut à notre assemblée a si réjoui de mes éloges, que je crois qu’on le fut trop. Beaucoup de gens ont dit que le ton en étoit trop galant, trop enjoué, trop éloigné du funèbre; d’autres, ont pris mon parti. Il est certain, ce me semble, qu’à les lire on n’y trouve rien qui soit hors du ton, mais à les entendre réciter en public, la vérité est que les gens s’emportèrent les uns les autres à les trouver plus drôles que je ne prétendois qu'ils fussent. Puisque le monde veut estre ennuyé, je l’ennuyerai tout aussi bien qu’un autre. J'ai bien raison de le craindre, cet animal farouche de public et d'éviter ses griffes autant que je puis... »

SAINT-PIERRE (Charles-Irénée CASTEL, abbé de), l’auteur du Projet de paix perpétuelle. (V. son article à la série des Znitiateurs, n° 34.) P.S. C. Castel de Saint-Pierre; Paris, 14 mars 1711, 3 p. 1/4 in-4.

Cette signature est apposée au dos d’une pièce de M. de la Mésangère. Elle montre la manière dont l'abbé de Saint-Pierre signait les actes publics ; dans les lettres il signait tantôt l’abbé de Saint-Pierre, tantôt Saint-Pierre.

SAINT-PIERRE (Charles-Irénée CASTEL, abbé de) L. A. S. (au marquis de Torcy); Paris, 6 mai 1714, 2 p. in-4.

Envoi d’un mémoire sur l’amélioration des routes.

és DS

1032. SAINT-PIERRE (Charles-Irénée CASTEL, abbé de). L. A. S. à Monseigneur (le cardinal Dubois ?); 22 décembre (1722), 1 p. in-4.

Lettre relative au comte d’Evreux.

1023. BOULAINVILLIERS (Henri, comte de), historien original et systématique, qui considérait le régime féodal comme le « chef-d'œuvre de l'esprit humain », n. à Saint-Saire (Normandie), 11 oct. 1658, m. 23 janvier 1722.

L. A. S.; 6 mars (1717), 2 p. pet. in-4: 7%; Missive annonçant l’envoi de la Justification de la naissance légitime de Bernard, roi d'Italie, travail qui fut imprimé en 4717. A la lettre est joint le Mémoire, de la main d’un secrétaire,

1034. GRIMAREST (Jean-Léonor LE GALLOIS de), biographe peu exact de Molière, n. à Paris, 1659, m. dans la même ville, 23 août 1713.

L. A. $. au président de Lamoignon; Paris, 2 fév. 1705, 4 p. in-4. L’enveloppe porte une note de la main de Malesherbes, ainsi conçue : Ææplication de M. r'imarest sur l’anecdote du Tartujfe. — Fè.

C’est l'original de la lettre, adressée par Grimarest au président Lamoignon, au sujet du

trait satirique décoché par Molière au père de celui-ci, lorsque fut interdite la seconde re—

résentation de Tartuffe: — « M. le Président ne veut pas qu'on le joue. » — Grimarest, étant sur le point de publier la Vie du grand comique, ne voulait pas s’attirer, à cette occa— sion, l’inimitié des puissants du jour. — Son épitre semble, du reste, indiquer qu'il sr ti à l'authenticité de l’anecdote, quelque réticence qu’il y mette. — Taschereau a publié, en 1844, cette lettre, dans la troisième édition de son Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, Elle a été, dernièrement, reproduite par M. A. Poulet-Malassis, dans sa réimpression de

l'œuvre biographique de Grimarest.

Pres obeissant-Larvitai COEUR Ce 2 # ue 190$ | F

1035. ROLLIN (Charles), recteur de l’Université de Paris, qu'ont rendu célèbre son 7railé des études et son Æüistoire ancienne, n. à Paris, 30 janv. 1661, m. dans la même ville, 14 sept. 1741.

L. A. S. à Monseigneur [le cardinal de Fleury) ; 30 août 1730, 1 p. in-4. — A. S. F5. — S. R. (Recherché.) s) :

Hommage du second volume de son Histoire ancienne.

ROLLIN (Charles).

L. A.S. à Desforges-Maillard, au Croisic ; Paris, 23 janv. 1741, 1 p. 1/2 in-4, adresse, traces de cachet.

I1 le remercie des remarques qu’il lui a envoyées sur ses ouvrages, et dit qu’il tâchera d’en profiter. Suivent des détails intéressants sur Jean-Baptiste Rousseau.

MASSILLON (Jean-Baptiste), célèbre prédicateur, auteur du Petit carême, n. à Hières, 21 juin 1663, m. à Clermont-Ferrand, 28 sept. 1742. (V. à lasérie du Clergé catholique.)

LE SAGE (Alain-René), romancier et écrivain dramatique; auteur de Gil-Blas et de Zurcaret, n. à Sarzeau, en Bretagne, 8 mai-1668, m. à Boulogne, 17 nov. 1747.

L. A. $S. à M. Fuzelier, rue de l'Arbre-Séc, maison du vitrier, à Paris ; ce dimanche matin, 2 p. in-4, adresse. — R*.

Précieuse lettre à son collaborateur dans les joyeuses pièces destinées au théâtre de la Foire. « J’apprends que vous êtes disposé à publier la dernière pièce que nous avons faite ensemble, pour vous venger des refus de la censure. Je ne pense pas que cela soit; car vous ne voudriez pas faire de Ta peine à un de vos meilleurs amis, et moins encore l’obliger à réclamer contre vous, dans un temps où tout semble présager de nouvelles contrariétés. Je prépare, en ce moment, une réfutation contre le dernier article de nos ennemis, et je pense trop bien de vostre esprit, ainsi que de vos justes sentiments, pour croire que vous ne voudrez pas leur donner la satisfaction de comparer nostre amitié à celle des enfants de la Thé-— baïde. Enfin j'écris présentement au chancelier, pour qu'il daigne avoir égard à nostr, demande, et qu'il ne souffre pas que l'intrigue et la calomnie diffament plus long temps des hommes que le F.

public couvre de son suf- , À s frage. C’est pourquoi je AA e ani ein end H'o1C Rey vous supplie, mon ancien et e é cher camarade, de mettre int de côté vos ressentiments et d'attendre avec patience le résultat des démarches qu’on fait, à cette heure, pour nous, vous suppliant de me croire à tout jamais vostre entièrement dévoué ami. 2

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