LESAGE
ROUSSEAU (Jean-Baptiste), le premier de nos poëtes lyriques du XVIII siècle, n. à Paris, 6 avril 1671, m. à Bruxelles, 17 mars 1741.
L. A. S. (à Madame de Villette) ; Vienne, 18 août 1716, 4 p. pl. in-4. — A. $. R'. — À. R. (Kecherché.)
Détails sur la dernière victoire remportée par le prince Eugène. « Le pauvre comte de Bonneval, qui commandoit à la droite, y a esté blessé d’un coup de lance dans le ventre et a combattu plus d’un quart d'heure, en tenant les boïaux de la main gauche, après avoir tué, de la droite, celui qui l’avoit blessé. I1 a fallu que les grenadiers de son régiment l’enlevassent de force du champ de bataille. On m'’écrit du 11 qu’il est hors de danger. »
ROUSSEAU (Jean-Baptiste).
L. A. $. à Riccoboni ; Bruxelles, 12 mai 1732, 6 p. 1/4 in-4.
Très-intéressante lettre sur le travail que Riccoboni voulait entreprendre sur les œuvres de Molière. « J'ai étudié cet autheur depuis mon enfance et je l’ai toujours regardé et le re— garde encore comme le plus grand génie que la France ait produit, et le seul que nous puissions, dans son genre, préférer raisonnablement aux anciens. Il m'a même passe plusieurs fois par la teste de mettre sur le papier tout ce que j'ai appris de sa personne par ceux de
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mes anciens amis qui ont vécu familièrement avec lui, et tout ce que j'ai fait de réflexions sur ses ouvrages, depuis quarante ans que j'ai commencé à les lire et à les méditer. Ce dessein, que je n’ai pourtant jamais digéré, estant venu l’année passée à la connoissance de M. Chauvelin, maistre des Requêtes, qui songeoit alors à la nouvelle édition de Molière, qui se fait aujourd’hui, il m’écrivit pour m’engager à l’exécuter. Mais, comme j'estois, en ce tems là, occupé de choses fort différentes et plus intéressantes pour moi, je m’en défendis le plus honnêtement qu'il me fut possible, et lui marquai cependant de quelle manière j’aurois traité ce sujet, si j'avois eu à le traitter, et ce que je me serois fait fort de prouver à l'avantage de cet auteur contre ceux qui se sont mêlez jusqu'ici de raisonner sur ses ouvrages. Ma lettre s’estant grossie sous ma main, en lui détaillant mesidées à mesure qu’elles me venoient à l’esprit, je trouvai que j’avois fait une espèce de canevas d’un long ouvrage, et d'autant plus solide, peut estre, que les véritez que j'aurois eu à prouver sont les plus opposées aux erreurs receues communément, et, pas là, beaucoup plus utiles aux personnes qui aiment à estre instruites et qui se sentent capables de sacrifier le préjugé à la raison. Cette réflexion t'anghpe à retenir, contre ma coutume, une copie de ma lettre, et ce que vous me marquez dans la votre m'a paru si conforme aux idées que j'y ai exprimées, que je n’ai pu m'empêcher d’en estre suspris moi-même... »
ROUSSEAU (Jean-Baptiste).
Ode VI sur les divinités poéliques, pièce de vers autographe, 7 p. in-4 . Superbe pièce.
ROUSSEAU (Jean-Baptiste).
Pour mettre au bas du portrait de M. de l'Isle (le célèbre géographe), quatrain autographe, 1/2 p. in-4.
DUGUAY-TROUIN (René TROUIN DU GUÉ, dit), célèbre marin, dont on à des #émoires pleins d'intérêt, n. à Saint-Malo, 10 juin 1673, m. 22 sept. 1736. (V., plus loin, série des Z/ommes de querre.)
L. A.S. (au Régent) ; Brest, 25 avril 1719, 3 p. in-fol. — R*. (Recherché)
Il proteste avec indignation contre le bruit qui s’est répandu de son entrée au service de
l'Espagne, et lui annonce l’arrivée à Brest d’une frégate anglaise, portant le courrier dépêché par l’amiral Barcley.
CAYLUS (Marthe-Marguerite de VILLETTE DE MURÇAY, marquise de), arrière-petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, dont elle avait conservé les traditions littéraires, auteur de Souvenirs justement estimés, n. à Murçay, près de Niort, 1673, m. à Paris,15 avril 1729.
.L. À. à l'abbé Alary, 3 p. 1/2 in-4. — A. S. F6. — A. RS. — (Selon
PE a des femmes du xvin® siècle, madame de Caylus signait très-rarement ses
res.
Charmante épiître où elle parle du Dauphin, qui se porte comme un charme.
CRÉBILLON (Prosper JOLYOT de), le plus tragique de nos poëtes dra-
matiques du xvin® siècle, n. à Dijon, 13 janv. 1674, m. à Paris, 17 juin 1762.
L. À. 8. au président de l'Académie de Dijon ; Paris, 4 mai 1761, 2 p. in-4. — AS,h: — 5. R. (On trouve communément de Crébillon des signatures apposées, en sa qualité de censeur, à la suite de manuscrits de pièces de théâtre.)
Il le remercie, en plaisant langage, des louanges qu’il lui donne et de l’honneur qu'il lui fait de vouloir bien l’accepter comme membre de l'Académie de Dijon. « Je ne vis de ma vie une aussy belle vocation que la votre pour notre Académie (celle de Paris), sanctuaire où l’on se pique de chanter laudes perpétuelles, soit dit sans l’offenser. Vous me recrépissez comme une vieille femme qui auroit envie de se marier. » — Pour prouver que, malgré sor âge, si
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est encore capable de produire, il va donner au théâtre une tragédie. Ses amis en sont effrayés; mais il leur a répondu :
« Ouy, je pourrois encor prouver à Melpoméne
Que la peur du tombeau n’a point glacé ma véne; Que du feu pétillant qui m'échauffoit le sein,
Les dieux n'ont point fixé l’éclat ni la durée,
Et que, dans tous les temps, le fier autheur d’Astrée Peut toujours se montrer les armes à la main. »
Crébillon avait alors 87 ans.
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Ere Ein RESF SAINT-SIMON (Louis DE ROUVROY, duc de), aristocrate de génie,
dont les précieux Hémoires, écrits d’un style étonnant, se ressentent
trop souvent de ses préjugés de caste, mais ne témoignent pas moins d’une moralité austère, n. 16 janv. 1675, m. à Paris, 2 mars
L. A. (au duc d'Orléans) ; Paris, 4 avril 1714, 1 p. 1/4 in 4. — À. S. R. — À. FF. (Recherché.)
Curieuse épître. « Qu'est-ce que c’est donc que les amandes honorables faittes à d’Aubigny pour sa maistresse, et pour Orry individuellement, par le Bervick, jadis si roide, et chez le petit pot à miel, et l'audience si caressante dudit Aubigny dans le cabinet du Roy? Comment cela se lie-t-il avec le vray motif de l’envoy de cet Anglois.… Je ne sçay combien durera mon exil de la Cour et ma séparation du monde qui me tient à l'écart de tout... » — On a ET réponse autographe du duc d'Orléans à Saint-Simon, datée du 5 avril 1714,
P: in—#.
SAINT-SIMON (Louis DE ROUVROY, duc de).
L. À. S. à madame Mol; Paris, 28 mars 1734, 1 p.#pl. in-4. Légère déchirure n'atteignant pas le texte.
Relative à la mort de M. Du Gué. Bel éloge du défunt, dont il vante la politesse, la gaieté, si fine, mais si sage et si retenue, la justesse et la clarté d'expression, «en un mot ce tout particulier @ qui l’a toujours distingué, soit en parlant, soit en LS LUN écrivant, à ne s’y pouvoir méprendre. » + SAINT-SIMON (Louis DE ROUVROY, duc de).
| L. 4 S. à M. de La Leu, notaire à Paris ; Paris, 3 juill. 1746,1/2 p. in-4. Un peu Jaunie.
Relative au paiement de ses domestiques, qui aura lieu désormais par les mains de M. de La Leu.
SAINT-SIMON (Louis DE ROUVROY, duc de).
1° P.S. de Zowis XV (par le secrétaire de la main), contre-signée par le due de Choiseul ; Versailles, 21 déc. 1760, 1 p. in-fol., cachet.
Ordre de remettre au sieur Le Dran, premier commis du dépôt des affaires étrangères, le