L. S.; Bordeaux, 6 août 1746, 2 p. 1/4 in
Ra à une affaire qu’il a avec les trésoriers de France, et à « la justice » de Saintorillon.
MONTESQUIEU (Charles SECONDAT de).
P. À. S.; 1 p.in-4.
Brouillon de lettre à l’évêque de Soissons, rédigé pour son frère, le doyen de Saint-Séverin,
PT ur
ie remercie ce prélat de lui avoir fait obtenir un bénéfice. — Elle est signée Secondat de
PIRON (Alexis), auteur dramatique, poëte épigrammatiste et érotique, n. à Dijon, 9 juillet 1689, m. à Paris, 21 janv. 1773.
L. A. S. « à M. Piron, apotiquaire, au bas du Bourg, à Dijon » ; (Paris), 10 sept. 1749, 2 p. 1/2 in-4, adresse. — À. S. R$. — À. R?. — Pièces de vers : C: — (Piron signait parfois Alexis Piron, mais rarement. Tous ses manuscrits ayant été dispersés, les pièces de vers sont très-communes.)
Belle lettre signée : Alexis Piron; l’une des plus intéressantes qu’on ait de l’auteur de la Métromanie. Il raconte l’arrivée à Paris d’une jeune parente, qui est venue y chercher fortune. « La pauvre fille, dit-il, m'a fait un long récit des misères de sa famille, vive image des misères de la nôtre; a déclamé, a pleuré, m’a fait pleurer aussy et a attendu enfin ma réponse. Je l’ay plainte très sincerement ; luy ai fait, en petit, le tableau de mes infortunes présentes et passées. .% . . . . Tout cela finy, l’ay congédiée en luy faisant prendre un louis. — Le louis m'a plus coûté qu’elle ne croit. — Cette jeune personne m'a rappelé mon arrivée à Paris : jy vins à peu Ë Ë près sous de pareils auspices. La plupart des pères, à Dijon, . ont là une étrange façon d'établir, ou, pour mieux dire, de WIL
se débarrasser de leurs enfants. »
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PIRON (Alexis).
L. A. S. aux comédiens du roi ; (Paris), 16 août 1763, 4 p. in-4.
Très-curieuse épître, qui débute ainsi : « A toute l’honorable assemblée, bonne pièce, ample recette, union et salut. » Vient ensuite, sous forme plaisante, l’énumération de ses justes griefs contre les sociétaires de la Comédie-Française, qui jouent moins souvent ses
ièces Fe par le passé et semblent leur préférer celles de Palissot et autres jeunes auteurs. Parmi es faits relatés à la charge des acteurs, il en est un qu’il importe de noter. « Ne vous adressé-je pas, il y a cinq ou six ans (en 1757), le recueil de mes Œuvres, accom agné d’une lettre, mesurée aux égards dûs à tout ce qui a, comme vous, l’avantage de s'appeler Société ? N’eutes-vous pas la politesse d'accepter l’offrande ? — Mais n'est-il pas vray encore que ce fut s’en m'en äccuser la réception, ny me faire la grâce d’un mot de remerciement ? N’est—il pas vray aussi, (je le tiens de bonne part), que ce petit présent vous fit naître l’idée d’avoir une bibliothèque dramatique, qui seroit mieux à sa place, en effet, dans votre Salle d’Assem- De LE dans les boutiques ignobles où l’on nous vend, ou les cabinets où l’on ne nous lit poin »
PIRON (Alexis).
La poule aux quarante cogs, pièce de vers aut., 2 p. in-4.
Satire contre l’Académie française. Feuillet détaché de la copie originale que Piron avait faite de ses œuvres.
PIRON (Alexis).
P. À., 2 p. in-4.
Autre feuillet du même manuscrit, contenant plusieurs épigrammes et son épitaphe bien connue.
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1063. PIRON (Alexis).
P. A.; (1755), 4 p. in-4.
Boutade pleine de verve et de bon sens contre le mauvais goût du jour. Il s’en prend d’abord aux orfévres, ciseleurs, sculpteurs en bois, auxquels il reproche l’absurdité de leurs conceptions décoratives et de leur style rocaille. Passant ensuite aux architectes, il les invite à « vouloir bien examiner quelquefois le vieux Louvre, les Tuileries ou autres maisons royales et à ne pas donner si souvent lieu de croire sr ne les ont jamais vuës. » — « Nous les prions, ajoute-t-il plus loin, de nous faire grâce de ces mauvaises formes à pans coupés, qu’ils semblent être convenus de donner à tous les avant-corps de bâtiments. Nous les assurons, dans l'intégrité de nos consciences, que tous les angles obtus ou aigus, lorsqu’on n’y est pas absolument forcé, sont absolument mauvais en architecture, et qu’il n’y a que l'angle droit qui puisse y faire bon effet. Ils y perdront leurs salons octogones; mais le salon quarré n'est-il pas aussi beau ? On ne serait plus obligé de suprimer les corniches pour sauver la difficulté de bien distribuer les ornements qui y sont propres. Ils ne seroient pas obligés de substituer des herbages et autres gentillesses mesquines aux modillons, denticules et autres ornements mâles, dont on se servoit cy-devant. Qu'ils veuillent bien regarderles pierres Em tire des carrières ; pour la plupart, elles sont naturellement droites et à angles droits ; il ne faut pas les gâter en leur faisant prendre des formes qui nous en font perdre la moitié, ce qui donne par là des marques publiques du dérangement de nos cervelles. »
Document artistique des plus curieux, qui fait honneur au goût de Piron, et qui mériterait d’être publié en son entier, s’il ne l’a été déjà.
1064. RACINE (Louis), versificateur estimable, auquel on doit le poëme classique de {a Religion, fils d’un illustre père, n. à Paris, 6 nov. 1692, m. dans la même ville, 29 janv. 1763.
L. À. S. (à Titon du Tillet) ; Soissons, 29 avril 1744, 4 p. pl. in-4. — F.
Très-belle lettre, prose et vers, sur les inscriptions à placer au bas de son portrait. — On y à joint un fragment autographe de son frère aîné, Jean-Baptiste.
1065. VOLTAIRE (François-Marie AROUET de). (V. la série des Znventeurs el Znitiateurs, n° 38.) L. A. S. Arouet, à l'abbé de Chaulieu ; Sully, 20 juillet (1717), 3 p. in-4. Rare et curieuse pièce; car on sait que les lettres signées Arouet sont très-difficiles à ren-
Ne
contrer. Chaulieu a beau se défendre d’être son maître, il le sera, quoi qu’il puisse dire : il a, d’ailleurs, trop besoin de ses conseils pour essayer de s’en
passer. Les critiques que le grand prieur et lui firent de sa ; à 72 FR tragédie (ll Œdipe), en certain souper de l’abbé de Bussy, lui 4 ont été très-utiles. «Socrate donnait ses leçons au lit, et Ve vous les donnez à table; ce qui fait que vos leçons sont plus
gaies que les siennes. »
VOLTAIRE (François-Marie AROUET de).
L. A. $. à Jean-Baptiste Rousseau ; Paris, déc. 1718, 4 p. in-4.
Intéressante missive, qui précise la date du changement de nom de Voltaire. Il est heureux de renouer le commerce de lettres que ses malheurs l’avaient forcé d’interrompre. Ayant voulu le suivre de loin dans ses succès, il n’a encore réussi qu’à lui ressembler par ses disgrâces; peut-être l'en aimera-t-il davantage, et recevra-t-il avec plus de bonté l'ouvrage qu'il lui envoie (la tragédie d'Œdipe). Il voudrait aller à Bruxelles pour recevoir ses conseils; mais il en est empêché. On attend une nouvelle édition des œuvres de Rousseau à Paris, où il n’est question que de ses nouvelles poésies. « Franchement les François doivent être bien honteux d’avoir laissé aux Allemans l'honneur d’avoir parmi eux un homme qui fait la gloire de sa patrie. » — On vient de siffler l’Electre de Longepierre, au grand étonnement de celui-ci. — Suivent quelques autres détails ; puis il signe VoLTaiRE, et ajoute : « J'ai été si malheureux sous le nom d’Arouet, que j'en ai pris un autre, surtout pour n’être plus confondu avec le poëte Roi. Si vous me faites l'honneur de m'écrire, adressez votre lettre à M. de Voltaire, chez M. Arouet, cour du Palais. »
VOLTAIRE (Françoïis-Marie AROUET de).
L. A. $. à J.-B. Rousseau ; Paris, 23 fév. 1722, 7 p. in-4. —( Réservé.)
Magnifique lettre; à coup sûr l’une des plus importantes qu’on possède de Voltaire, ayant trait, tout entière, à son poëme de la Henriade, qu'il composait alors. Le baron de Breteuil l'a averti que Rousseau s'intéresse à son poëme, aussi lui en envoie-t-il le plan. Il n’a point caché au baron qu’il désire aller consulter en personne son oracle, et réciter son œuvre devant lui et le prince Eugène, auquel il a rendu, dans son sixième chant, un hommage mérité. Il termine sa lettre en l’engageant à mettre à exécution le voyage qu'il a projeté aux Pays-Bas, où il ne manquera pas d’aller lui rendre visite, et demander ses conseils. — (Afin d'être à portée de voir J.-B. Rousseau, Voltaire demanda, en effet, au cardinal Dubois, de le charger d’une mission en Allemagne, et accompagna, à la fin de l’été de la même année, M: de Rupelmonde en Hollande, d’où il se rendit à Bruxelles trouver celui qu'il appelait son maître. Mais cette entrevue eut pour résultat de le brouiller à tout jamais avec lui.)
VOLTAIRE (François-Marie AROUET de).