L. A. S. à madame Clément; Paris, 27 fév. 1840, 3 p. in
Curieuse lettre où l’on trouve le passage suivant : « La Cour a été et est encore furieuse du rejet de la dotation Nemours. En apprenant le vote de la Chambre, la reine s’évanouit, le roi pleura; c’étoit une touchante désolation de famille. Il est vrai que cette famille voit très tranquillement mourir de faim des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, privés de travail depuis plusieurs mois, et qui, au train des choses, ne paroissent pas devoir en retrouver de si tôt. Que voulez-vous? Lorsqu'on n’a qu’une trentaine de millions à dépenser par an, et qu’il faut là-dessus doter fils et filles,qu’on en est menacé au moins, il est bien naturel de son-
De ve
ger d’abord à sa propre misère. D'ailleurs n’a-t-il pas fallu payer 40,000 francs à une dan-
seuse de l'Opéra, entretenue par M. de Nemours, pour la décider à quitter Paris, du moins pendant les noces du prince? Ainsi, pertes de tous côtés. Ce seroit à se pendre, si une corde ne coûtoit rien. »
1209. MILLEVOYE (Charles-Hubert), poëte tendre et dolent, connu par ses
élégies du Poëte mourant et de la Chute des feuilles, n. à Abbeville,
24 déc. 1782, m. à Paris, 26 août 1816.
L. A. S. à Fontanes ; Paris, 20 mars 1808, 1 p. in-4. ons (Recherché.)
Il demande une place dans la nouvelle organisation de l’Université.
1210. ABRANTÉS (Laure PERMON, duchesse d’), femme de lettres d’une étonnante fécondité, auteur de volumineux Mémoires sur la Révolution, le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Restauration, n. à Montpellier, 6 nov. 1784, m. à Paris, 7 juin 1838.
L. A. S. : Z. d’A. à un ami; Paris, 6 nov. 1837, 8 p. in-4. — C.
Très-curieuse lettre, écrite de ce style facile et rapide qui lui était propre, et remplie de commérages d'un intérêt piquant. Après avoir donné d’amples détails sur l’état dép orable de sa santé, sur ses goûts, ses habitudes de vie, ses préférences artistiques et littéraires, elle parle du cardinal Consalvi, que Metternich empêcha de coiffer la tiare, sur laquelle il avait déjà la main, de Charlemagne, de ses impressions de voyage en Italie, de Jules Janin, qui traça un jour sur son Album de cœur, ces mots plaisants : « Après le roi RL ne ne connais rien de plus respectable que le papier blanc; » de M. de Rochefort, de M. de Castellane, de Caroline Bonaparte, reine de Naples. — Ce qu’elle dit de cette dernière mérite d’être recueilli ; car il s’agit de l'intimité de sa rivale avec Junot et de « l’horrible tragédie dont elle faillit être victime. » Puis apparaissent le docteur Alibert, mort le jour même où elle écrit, et Koreff, qui demande 400,000 franes pour avoir guéri la fille du duc Hamilton. La lettre se termine par ces mots : « Adieu, je finis et vous demande de prier pour moi, ce soir, avant minuit. C’est le moment où, à pareille heure (onze heures et demie), ma mêre m'a mis en ce monde pour y souffrir. — Car les peines ont dépassé les joies. — En un mot, c'est au— jourd’hui mon jour de naissance. »
1211. DESBORDES-VALMORE (Marceline-Joséphine-Félicité), femme poëte, n. à Douai, 20 juin 1785, m. 23 juillet 1859. L. A. $. à un artiste ; 7 janv. 1855, 3 p. 3/4 in-8. — C.
Très-belle lettre, où elle demande un portrait de Dickens.
1212. ARAGO (Dominique-François), savant illustre, qui mit au service de l'astronomie un style d'une grande lucidité, n. à Estagel (Pyrénées- Orientales), 26 fév. 1786, m. à Paris, 2 oct. 1853.
L. À. S. à Breguet ; samedi (13 fév. 1847), 1 p. in-8. — C. (Recherché.)
Relative à une expérience scientifique.
1213. GUIZOT (François-Pierre-Guillaume), historien, publiciste et homme d'Etat, chef de la secte politique des Doctrinaires. (V. son article à la série des Zommes d'Etat, n° 404.) L. A. S.à M. Wurtz; 20 avril (1825), 1 p. in-8.
11 se chargera volontiers de la notice sur Du Plessis-Mornay, qui doit être mise en tête des Mémoires de cet homme d'Etat. Si cette notice ne dépasse pas six feuilles, Guizot demandera 1,000 francs; si elle a huit feuilles, le prix s’élèvera à 1,500 francs. Il sollicite aussi un tirage à part de 20 exemplaires.
1214. GUIZOT (François-Pierre-Guillaume).
ET
L. A.S. (à M. Léon Audé, secrétaire général de la préfecture de la Vendée) ; Paris, 30 avril 1869, 3 p. in-8.
Relative à l’impression des lettres de Marthe de Mornay, qui e compléteront le tome II des Mémoires de Madame de Mornay. 222 Il ne peut exprimer aucune opinion personnelle sur la part à faire, dans les Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, à M. de Barante ou à Mre de La Rochejaquelein elle-même.
MAGU (Eléonore-Marie), poëte tisserand, dont les compositions naïves et rustiques ont été publiées avec une préface de George Sand, n. à Paris, 1788, m. à Lizy-sur-Ourcq.
L. A. S. à M. Guérin, employé de la maison de librairie Furne ; Lizy, 12 oct. 1843,
3 p. in-4, adresse. — R'. .
Détails biographiques sur lui et sur sa famille. Il déclare
se nommer Éléonore-Marie Magu et être né à Paris, en
1788, d’un riche marchand de rouennerie, qui fut ruiné par
un escroc. Il désire publier une nouvelle édition de ses Œucvres, car Mme George Sand lui a promis une préface.
BERRYER (Pierre-Antoine), un des plus éloquents orateurs parlementaires de notre temps, n. à Paris, 4 janvier 1790, m. à Augerville (Loiret), 29 nov. 1868.
L. A. S. à un député; jeudi 14 décembre (1838), 2 p. in-4. — C. (Recherché.)
Il se plaint qu’on ait changé sa place dans la Chambre des députés. « J’occupe, dit-il, celle où siégeait M. de La Bourdonnaye depuis 1815 ; quand il quitta la Chambre, au commencement nc je vins m'’asseoir à la place qu'il laissait vacante. Depuis huit ans je n’ai pas siégé ailleurs. »
VILLEMAIN (Abel-François), célèbre professeur et écrivain, secrétaire perpétuel de l’Académie française, n. à Paris, 9 juin 1790, m. dans la même ville, 8 mai 1870.
L. À. S. (à l'intendant de la liste civile); Paris, 31 juillet (1835), 1 p. 1/4 in-4,
vig. et tête impr. de l'Académie française. — C.
Relative au don de 2,000 francs, fait par le Roi pour être réparti entre les descendants de Corneille. « L'Académie a reçu avec une vive et respectueuse reconnaissance cette nouvelle marque de la munificence du Roi pour les lettres, »
LAMARTINE (Alphonse-Marie-Louis de), un des poëtes les plus célè-
bres de notre siècle, orateur, historien et homme politique, n. à Mâcon, 21 oct. 1790, m. à Paris, 28 fév. 1869.
L. A. S. au baron (Mimaut); Beyrouth, 6 janv. 1833, 4 p. in-4. — C. (Recherché.) — (Lamartine avait une correspondance très-étendue ; il usa souvent de secrétaires, dont le principal fut sa femme. Les lettres iñtéressantes de ce poëte sont peu communes ; les pièces de vers sont, surtout, très-recherchées.) +
Superbe lettre sur la mort de sa fille. « Enfant accomplie, douée de tous les dons de l’âme et du corps, dont l'intelligence et l’affection précoce faisaient oublier l’âge, et dont la mort nous plonge à jamais dans l'indifférence et dans le vide. Je ne pense maintenant qu’à ramener au printemps Me de Lamartine dans les lieux où elle trouvera, sinon des consolations, au moins quelques sympathies à sa douleur... » Détails sur ses projets d’avenir et sur son
prochain voyage en Egypte.