ARRESTATION DES GIRONDINS
1° L. A. S. de Birotteau à la Convention; Paris, 7 juin 1793, 1 p. 3/4 im-4, avec renvoi au comité de Salut public, aut. sig. de Méaulle, secrétaire de la Convention.
Il refuse les ôtages que l’on offre pour lui et ses amis à leurs départements. Pour lui, il veut être condamné s’il est coupable, ou vengé s’il est innocent. « Une dénonciation appuyée par cent cinquante mille hommes armés, rassemblés à-la hâte, au son du tocsin et au bruit du canon, suppose l'existence des preuves les plus fortes contre les dénoncés. Les départements
ne peuvent rester plus longtemps privés de l'intégrité de leur représentation... »
(Birotteau, alors en arrestation sous la garde d’un gendarme, parvint à s'évader, alla à Lyon
pour ÿ organiser la résistance et passa ensuite à Bordeaux, où il fut arrêté, et périt sur l’écha faud le 24 octobre. Né à Perpignan, il était député des Pyrénées-Orientales.)
A cette pièce sont jointes deux lettres aut. sig. d’un nommé Valant, compatriote de Birotteau, adressées de la prison du Plessis à la section des Sans-Culottes, 25 et 28 thermidor an IT, 4 p. in-fol. Accusé d’avoir favorisé l'évasion de Birotteau, il donne à ce sujet de curieux détails, et demande sa mise en liberté.
9 [,. À. S. de Bertrand de la Hosdinière, député de l'Orne à la Convention, adressée au Comité de sûreté générale ; Paris, 2 juillet 1793, 1 p. 1/2 in#ol. Arrêté comme membre de la commission des Douze, il est victime d’une erreur, car il n’a
été occupé, dans cette commission, que de l'examen des registres de la Commune et des sections de Paris. « Je vous somme donc, au nom de la justice, au nom des droits de l’homme,
méconnus à mon égard, de déclarer à la Convention qu’il ne vous est parvenu aucun indice, même aucune présomption d’inculpation contre moi... »
(Il fut mis en liberté, le 8, sur le rapport de Saint-Just, comme ayant résisté aux violences de la commission des Douze.)
3 Décret d'arrestation contre Duprat jeune, Mainvielle et Vallée, expédition avec deux lignes aut. sig. de Baudin des Ardennes ; 30 juillet 1793, 1 p. in-fol., cachet.
40 L. À. &. de la femme du député Gardien au président de la Convention ; 25 juin 1793, 1 p. pl. in-fol.
Elle apprend à l'instant le décret qui ordonne que son mari sera transféré de son domicile dans une maison de détention. Elle demande à partager sa captivité, avec ses quatre enfants. « C’est une faveur qu’il est de la justice et de l'humanité de la Convention dene pas refuser à une épouse et à une mère affligee.. Mon mari a besoin, depuis onze à douze jours, de soins particuliers, sa santé étant dangereusement altérée. »
5o Ordre de conduire à l'Abbaye le député Gardien, sig. des administrateurs de police de la Commune de Paris, Louvet (plus tard membre du tribunal révolutionnaire, décapité avec Robespierre) et Hichonis (décapité en 1794 comme agent de la conjuration de Batz) ; 31 juillet 1793, 1 p. in-4.
(Gardien périt avec ses amis de la Gironde.)
6° Ordre de perquisition dans la maison du représentant Savary, sig. Bar, membre du comité de sûreté générale ; 15 juillet 1793, 1 p. in-fol. hontil était arrêté, comme l’un des signataires de la protestation du 6 juin contre le mal.
70 Ordre d'arrestation du représentant Faye, en exécution du décret de la Convention du 3 oct. 1793, sig. Aeussé, Faro et Massé, administrateurs de police de la Commune de Paris ; 3 germinal an I (23 mars 1794), 1 p. in-4.
(Faye, député de la Haute-Vienne, un des signataires de la protestation du 6 juin.)
8o L. À. S. de Dubusc, député de l'Eure, au comité de sûreté générale ; maison de la Force, 25 brumaire an IL (15 novembre 1793), 2 p. in-fol.
Signataire de la protestation du 6 juin contre le 31 mai, il l’a fait sans y réfléchir, et il en a ressenti depuis une vive douleur. « Si vous vouliez, citoyens, vous reporter au moment où cette pièce a été souscrite, au lieu d’y voir aucune trace de conspiration, vous n’y eussiez remarqué autre chose que l'effet de l’effroyable terreur qu’avaient inspirée les mesures mystérieuses pour tous, dont personne ne connaissait le dénouement, et qui n'avaient pas moins glacé d'inquiétude et de crainte l'esprit des Lacroix, Danton et Barère.. . J'étais abattu, consterné, je croyais la Convention vraiment en péril. » Il n’avait aucune liaison avec ceux qui ont été jugés comme conspirateurs (les Girondins); il n’en avait même pas avec Buzot son com-
atriote, et il a blämé hautement l'insurrection du département de l'Eure. Il cite des faits qui établissent qu’il était patriote avant la révolution; il n’a pas attendu le 10 août pour défendre Se M dans son département. Il attend de la justice de la Convention sa mise en iberté.