DAVID (Jacques-Louis
L. À. S. au ministre de l'intérieur ; Paris, 7 frimaire an IX (28 nov. 1800), 1 p. 1/2 in-4.
Le ministre l’a invité, par sa lettre du 1% frimaire, à se réunir, le 45 de ce mois, à certains artistes désignés pour former ne société libre des arts du dessin. L'expérience à démontré que la décadence des arts, tant en Italie qu’en France, n’est due qu’à ces mêmes réunions d’artistes. La conviction qu’il a de ce fait l’a engagé à donner sa démission de membre de l’ancienne Académie de peinture, et l’a porté à présenter à la Convention un rapport, où il à fait ressortir les inconvénients de semblables associations. Il ne peut, dès lors, démentir aujourd’hui, par son acceptation, l'acte qu’il a cru nécessaire au progrès des arts, et il croira avoir
suffisamment rempli sa tâche en continuant de donner ses soins à des élèves qui ont mis toute leur confiance en lui.
LAIGNELOT (Joseph-François), homme de lettres, député de Paris à la Convention, où il siégea à la Montagne, et fut l’un des membres du Comité d'instruction publique, envoyé dans l'Ouest, où il se fit remarquer par sa modération el son esprit de justice, qui contrastèrent avec les agissements de son collègue Lequinio, n. à Versailles, 1752, m. à Paris, 23. juillet 1829.
L. A. au président de l'administration départementale de la Vendée ; Fontenay-le- Peuple, 5 nivôse an IT (25 déc. 1793), 2 p. 1/2 in-fol. — R°'. — ( Réservé.) F « Citoyen, la mission de confiance, dont m'a investi la Convention, ne se borne pas à pourvoir aux moyens d'activer l’action “évolutionnaire dans vos départements; elle a pour but aussi de m’enquérir de ce qui porte atteinte aux principes qui font la base de la constitution républicaine. Je ne suis pas seulement envoyé au milieu de vous pour chercher des coupables, mais surtout pour secourir l'innocence op rimée. On comprend qu'avec les événements qui se l'insurrection. Le salut du peuple est la suprême loi. On comprend même que, parmi un si grand nombre de mesures contradictoires, dictées par les circonstances el prises par des personnes différentes, il en est qui n'aient pas toujours été appliquées d’une manière conforme à la justice étroite... Quelques-uns de mes collègues, trompés par les apparences, ont vu des coupables là où il n’y avait que des égarés. C'est à vous, citoyen président, et aux administrateurs qui vous secondent, à réparer les erreurs que trop de précipitation a causées. Vous me résenterez la liste des détenus suspects ; après avoir consulté le comité de surveillance de Fontenay, je prononcerai, ensuite, en connaissance de cause sur chacun d'eux... Dans un département où le fanatisme a causé de si grands maux, il est des détenus incarcérés uniquement à cause de leurs opinions religieuses ; mes instructions m’ordonnent de faire respecter la liberté des cultes. Chaque citoyen a le droit d’adorer l'Etre suprême à sa manière, s'il ne trouble pas l’ordre public : ce n’est point être coupable que de suivre les rites de sa religion. Laissons la philosophie chasser les superstitions de la terre ; ne troublons pas son action bienfaisante par des actes d’intolérance semblables à ceux qu’on reproche aux ennemis de la Révolution. « Les administrations auront à s'inspirer de cette règle de conduite. Leurs rigueurs n’atteindront que les machinateurs de la guerre, pour épargner le reste des têtes faibles qu’ils
égarent. »
LAIGNELOT (Joseph-François).
L. A. S. au Comité de salut publie; Fontenay-le-Peuple, 11 nivôse an [I (31 déc. 1793), 1 p. 1/2 in-fol.
Sa mission accomplie en Vendée, il part pour Brest. Sous l'influence de ses conseils et de la conduite qu'il a tenue, l'esprit public s’est ranimé ; il est aussi bon à Fontenay que partout ailleurs. « Que n’a-t-on envoyé dans ce malheureux pays des hommes qui, au lieu d’étaler une morgue insolente, au lieu d’injurier tout le monde, eussent parlé au peuple, l'eussent instruit ; des hommes qui eussent fait chérir les nouvelles loix, en faisant respecter la représentation nationale ! Tout le contraire a eu lieu, et le peuple est calomnié. Vous m'avez
recommandé de la prudence avec. le fanatisme. Mes principes vous sont connus, Ct j'ose me flatter que vous n’avez nulle inquiétude sur la manière dont je les développerai. Mais je suis
de érrosmant ad à" d'en ns Or, A OS DS A
remplacé ici par un homme qui n’observe pas toujours, en voulant propager les siens, toute la mesure nécessaire, et qui ne calcule pas assez les circonstances et les lieux. Je viens d’arrêter la circulation d’une de ses proclamations qui, quoique bonne en soi, aurait pu produire un dangereux effet. Ecrivez donc à Lequinio de mettre plus de réserve dans ses discours ou ses écrits, et surtout de ne point effaroucher le peuple. La plupart des députés possèdent souverainement l’art de se faire craindre, et peu ont celui d'attirer les cœurs. Recommandez surtout à tous ceux que vous envoyez, de même qu’à Lequinio, de ne jamais oublier, pas un seul instant, dans leurs augustes missions, qu’ils sont représentants du peuple. »
613. LAKANAL (Joseph), député de l’Ariége à la Convention, où il rendit les plus grands services lors de la réorganisation de l'instruction publique, n. à Serres, 14 juillet 1762, m. à Paris, 14 février 1845.
L. A. S. à Fontanes, grand-maitre de l'Université, 1 p. in-fol.— R!.
Lettre sans date, mais écrite sous l’Empire. Il rappelle les services rendus par lui, pendant la Révolution, aux sciences et aux lettres, et termine ainsi sa missive : « Monsieur Delambre désire vivement que je cesse d’être ilote dans la république des lettres. Faites de moi ce que vous voudrez ; mais daignez en faire, de suite, Hdbique chose. »
614. PAYAN (Claude-François de), ancien officier d'artillerie, agent national de la Commune de Paris, n. à Saint-Paul-Trois-Châteaux, 4 mai 1766, décapité, avec Robespierre, le 28 juillet 1794.
L. À. S. (à Robespierre); Paris, 6 nivôse 1793, an IT de la République, 3 p. in-4. — À. S.R'.—$. R'.
Il lui envoie des lettres venant de la Drôme, où on lui signale la conduite du représentant Boisset, qui a été envoyé en mission, contrairement à la loi, à Montélimart, son pays natal.— La Drôme renferme peu de patriotes gras ; Si l’on élargit les contre-révolutionnaires, quel sera le sort de ce département ? — I] l’engage donc à faire rappeler Boisset, ou de lui ôter, du moins, l'inspection sur son département. Il y a de nombreuses dénonciations contre lui au Comité de sûreté générale; Voulland est surtout instruit des faits qu’on lui impute ; il pourra le consulter. « Ne devrait-on pes apporter plus de soin à la nomination des représentants en mission ? Combien en est-il qui ignorent les vrais moyens de conduire le peuple. Vingt savent tourner en ridicule ou faire des mascarades avec les vêtements des prêtres ; à
eine en est-il un seul qui, pour en dégoûter le peuple, ait pensé à l’éclairer et à créer des êtes nationales qu'il préférât aux tristes cérémonies de nos églises. »