RÉVOLUTION DU 9 THERMIDOR
Ce dossier, un des plus précieux de la série révolutionnaire, est, certainement, le plus important comme valeur historique. Il permet de suivre, heure par heure, la marche des événements, surtout dans la seconde partie de la journée, aussi bien au sein de la Convention et des Comités qu'à la Commune et dans les sections. La plupart des principaux acteurs y sont représentés par des pièces d'un intérêt capital. Il est à désirer que ce bel ensemble ne soit pas scindé. À quelque point de vue qu'on se place, la révolution du 9 thermidor a eu, il faut bien le reconnaitre, une influence décisive sur les destinées de la France, sur celles du monde entier même, et ses conséquences influent encore sur la situation présente du pays.
1° Deux heures du matin : Lettre des Comités de salut public et de sûreté générale à Payan, agent national de la Commune, sig. Prieur, Amar, Dubarran, Buarère, Voulland, Billaud- Varenne, Saint-Just, Louis (du Bas-Rhin), Elie Lacoste et Collotd'Herbois ; À thermidor (27 juill. 1794), deux heures après minuit, 1 p. in-4, vig..et tête impr. La pièce est de la main d’Amar.
Ils l’appellent à l'instant dans le local où le Comité de salut public tient ses séances.
(Cette pièce ouvre le.drame. La veille au soir, trois ou quatre heures seulement avant cette lettre, il s'était passé aux Jacobins des scènes significatives : Robespierre y avait lu son dernier discours ; il y avait été applaudi, tandis que plusieurs de ses adversaires, Collotd'Herbois et autres, s'étaient vus poursuivis d’outrages. A la Commune, comme aux Jacobins, on était dans l’attente de graves événements. C’est sans doute pour se faire rendre compte de ces faits que les Comités mandaient Payan. Ils restèrent assemblés jusqu’à cinq heures du matin. Saint-Just était présent. Il dut lui en coûter de signer cette pièce, dirigée contre ses amis : c’est peut-être la dernière au bas de laquelle il ait mis son nom.)
90 S'eance de jour de la Convention : P. À. S. de Zoutin, secrétaire agent du Comité de süreté générale ; 9 thermidor an II, 8/4 de p. in-fol., tète impr.
Ordre d’écrou du citoyen Couthon à la maison d’arrêt dite Labourbe. On voit que le décret d'arrestation avait été signé par Amar, Louis, Dubarran, Vadier et Rubl. .
90 4 heures du soir : Ordre de la Commune au cit. Mathis, commandant de la 3° légion, rue du Colombier, 161, sans retard et très-pressé, Sig. Lescot-Fleuriot, maire de Paris, Payan, agent national; 1 p. in-4.
« Tu feras proclamer, sur-le-champ, au son de la caisse, dans toute l'étendue de ta légion, que les officiers municipaux aient à se rendre, sur-le-champ, Maison commune. » A la suite est le post-scriptum suivant, sig. de Hanriot : « Tu feras, sur-le-champ, fermer toutes les barrières. »
40 4 heures du soir : L. S. par Hanriot au commandant de la gendarmerie du Luxembourg : 9 thermidor an Il, 1/2 p. in-4, tête impr.
« Toute la gendarmerie se rendra sur-le-champ place de la Maison commune. »
5o Délibération de la Commune, sig. Blin, secrétaire-greffier, 1 p. in-fol.
« Sur la proposition d’un membre, le conseil général arrête que, sur-le-champ, les barrières seront fermées. »
A la suite est un ordre, aut. sig., ainsi conçu du commandant de la section du Mont- Blanc, auquel cette expédition est adressée : « En vertu de l’ordre si-dessus, envoyé six volontaires et un caporal pour renfort à la barrière Blanche, à sept heures un quart. Allmer. »
Plus bas, la note suivante de la main de Barère : « Les Comités de salut public et de sûreté générale arrêtent que cet ordre soit exécuté. »
6° Fragment d’une adresse de la Commune à la Convention, minute aut. de Payan, agent national, 1/2 p. in-fol., papier avec sa tête de lettre.
« Citoyens représentants, le peuple de Paris est toujours le même peuple qui renversa la tyrannie et qui protégea la représentation nationale contre les conspiräteurs; il vient vous déclarer qu’il va la sauver des scélérats qui l... »
(Là finit cette pièce. Le rédacteur s'arrête court, I1 est vraisemblable que c’est au moment où l’on annonça à la Commune que Robespierre et ses adhérents avaient été mis hors la loi, nouvelle qui fit abandonner complétement la voie légale pour celle de l'insurrection. Payan fut chargé par le conseil de rédiger une proclamation au peuple. C'est la pièce qui suit.)
To & heures et demie du soir : Proclamation de la Commune au peuple de Paris, sig. Blin, secrétaire-greffier (décapité avec Robespierre), 1 p. 1/2 in-fol.
« La patrie est plus que jamais en danger, les scélérats dictent des loix à la Convention Nr oppriment ; Robespierre, qui fit proclamer le principe consolant de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme ; Saint-Just, cet apôtre de la vertu, ui fit cesser les trahisons au Rhin et au Nord, ainsi que Le Bas fit triompher les armées de x République ; avec Couthon, ce citoyen vertueux, qui n’a que le cœur et la tête de vivants, mais qui les a brülants de l'ardeur du patriotisme ; Robespierre le jeune, qui présida aux victoires de l’armée d'Italie (sont décrétés d’arrestation). — Quels sont leurs ennemis ? Un Amar, ex-noble de trente mille livres de rente ; Dubarran, vicomte, et des monstres de cette espèce ! Collot-d’'Herbois, ce partisan de l’infâme Danton, comédien qui, sous l'ancien régime, avait volé la caisse de sa troupe ; ce Bourdon (de l'Oise), qui calomnia sans cesse la Commune de Paris ; ce Barrère, qui appartient à toutes les factions tour à tour, et qui a fait fixer le prix des journées des ouvriers pour les faire périr de faim. Voilà les scélérats que le conseil te dénonce, peuple, Lève-toi ! Ne perdons pas le fruit du 10 août, du 31 may, et précipitons au tombeau tous ces traitres. |
« LescoT-FLEURIOT, #aûre ; BLIN, secrétre-greffier adj. « Pour extrait conforme : BLIN, secréi ce greff* adj.
80 G heures : Arrèté de la Commune, deux expéditions, l'une, adréssée à la section des Gardes Françaises, et sig. Bin, l’autre, adressée à la section du Finistère, et sig. Fleury, 2 p. in-fol. ;
Les quarante-huit sections seront convoquées sur-le-champ pour détibérer sur les dangers de la patrie et correspondre toutes les deux heures avec le conseil général. — En marge de la seconde pièce on lit : evécuté sur-le-champ.
9o 6 heures et demie : Délibération de la Commune, sig. Payan, agent national, et Moœñne, son substitut (tous deux décapités avec Robespierre), 1 p. in-4.
Les commandants des sections et les autorités constituées sont invités de venir prêter, dans le sein du conseil, le serment de sauver la patrie.
100 7 Aewres : Séance du soir de la Convention : Décret sig. Joseph Becker, Bar et Levasseur de la Meurthe, 1 p. in-fol., cachet.
La municipalité et le département de Paris sont mandés à l’instant à la barre pour recevoir les ordres de la Convention.
11° Décret sig. Monnel, Bar et Levasseur (de la Meurthe), 1 p. in-fol., cachet.
Mise hors la loi de Hanriot.
120 Décret sig. Auger, Bar, Levasseur (de la Meurthe), Voulland et Portiez, 1 p. infol., cachet.
Hanriot, le Maire de Paris, tous les membres du conseil de la Commune, s’étant déclarés en état de rébellion et ayant reçu dans leur sein les individus décrétés d’arrestation (Robespierre et autres), sont mis hors la loi.
13° Décret sig. Monnel, Levasseur, Bar et Portiez, 1 p. in-fol., cachet. Mise hors la loi de Robespierre et de tous ceux qui se sont soustraits au décret d’arrestation prononcé contre eux.
140 Décret sig. Monnel, Levasseur, Portiez et Bar, 1 p. in-fol., cachet. Nomination de Barras au commandement général de la force armée de Paris.
159 Ordre des représentants chargés de diriger la force armée autour de la Convention, sig. l’éraud et Goupilleau de Fontenay, 1 p. in-fol., cachet.
Le commandant de la section des Sans-Culottes se rendra sur-le-champ, avec la moitié de la force armée disponible de sa section, sur la place de la Réunion, en face du Palais-National, avec une pièce de canon. Le surplus de la force disponible se tiendra prêt à marcher au premier ordre des représentonts.
16° Arrèté des Comités de salut public et de sûreté générale, aut. sig. de Dubarran, et aussi sig. ÆuAl, Carnot, Barère et R. Lindet ; 9 thermidor, 1 p. in-4, cachet. Ordre d’arrestation du secrétaire de Saint-Just, nommé Thuillier. En marge est une note ainsi conçue : « C’est le dernier qui a accompagné Saint-Just dans sa mission, et qui, le 9 thermidor, fit beaucoup de bruit aux Jacobins.»
170 Arrèté des mêmes comités, sig. Billaud- Varenne, Barère, Elie Lacoste, Voulland, Prieur, Vadier, Dubarran, Carnot, R. Lindet, Ruhl et Louis (du Bas-Rhin); 9 thermidor, 1 p. in-4. La pièce est de la main de Barère.
Ordre d'arrêter Hanriot, ‘mort ow vif.
180 & Leures : Arrêté de la Commune, minute aut. de Payax, 1 p. in-4.
Fauconnier, commandant de la section de la Fraternité, sera mis sur-le-champ en arrestation.
(Ce commandant s'était déclaré pour la Convention.) Ë
190 Lettre circulaire du Directoire aux sections, sig. Damenne, président, Roubaud, E. J. B. Maillard, Reverdy, Lemit (vers minuit), 2 p. in-4.
Invitation à se réunir à la Convention nationale, centre commun d'autorité.
« Citoyens, le moment actuel est, le plus critique que nous ayons éprouvé depuis que nous sommes en révolution. — Le plus grand des malheurs que nous ayons à craindre, c’est la désunion entre les citoyens. Il ne peut y avoir dans la République qu’un centre commun d'autorité. Nous avons tous juré d’être unis à la Convention n', comme seule autorité légitime... Nous vous prévenons qu'Hanrioë a été mis hors la loi par un décret rendu en notre présence... DAMENNE, RouBAUD, REVERDY, E.-J.-B. MAILLARD, LEMIT. »
200 P. A. de Payan, 1 p. in-fol., tête impr. de la Commune.
« Le peuple qui veut...
« Le Comité d'exécution rapelle auæ citoyens qu’il faut partout sonner le tocsin. »
« Le conseil général de la Commune révolutionnaire du 9 thermidor (arrête), considérant que la Convention est opprimée, qu’elle (ne peut elle même) n’a plus les moyens de faire punir les traîtres qui la dominent, (arréte) déclare que leurs agents seront arrêtés. »
(Les mots entre parenthèses et en italiques sont biffés sur l'original. Dans cette rédaction fiévreuse et hésitante se manifestent clairement les incertitudes qui assaillirent les chefs de la Commune de Paris, à l'heure suprême. On sent que, chez eux, le respect dû à la représentation nationale était toujours vivant, et que la gravité du péril n'avait pu l’arracher de leurs cœurs. Ces sentiments sont tout aussi clairement exprimés dans la pièce n° 5.)
91° P.S. par le greffier Mettot ; 9 thermidor an Il, 3/4 de p. in-fol., vig. et tête impr. de la Commune de Paris.
« Le Conseil général arrête que la nomination provisoire du général Giraud sera sur-lechamp envoyée aux 48 sections. » i
990 Matin du 10 thermidor : Arrèté du Comité de salut public, sig. Billaud-Varenne et Barère ; 10 messidor (thermidor), 1 p. in-fol.
Ordre de tranfèrer sur-le-champ, à la Conciergerie, sous bonne et sûre garde, Robespierre Couthon et Goubeau (accusateur public près le tribunal criminel du département de Paris). (Cet ordre est du matin du 10 thermidor, au moment où Robespierre arrêté venait d’être
amené sanglant au Comité du salut public. Dans sa précipitation, le secrétaire a mis messidor, le mois dont on sortait.)
230 P. A. S. du secrétaire du Comité de sûreté générale, Zoutin; 10 messidor (thermidor) an I, 1 p. in-4, tête impr. |
Ordre d’écrou de la femme Couthon et de la nommée Bernard. (Cette pièce, r6008, comme la précédente, avec précipitation, porte messidor au lieu de thermidor.)
940 5 heures du matin : Lettre circulaire du département de Paris aux sections ; 10 thermidor, 1 p. in-4.
Invitation aux sections d'informer l’administration départementale de tous les désordres qui pourraient se produire dans leur arrondissement. « Les sections de Paris, en se ralliant autour de la Convention nationale, ont encore une fois sauvé la patrie. Il ne reste plus aux conspirateurs que l’opprobre et l’attente du supplice; mais il ne faut pas se lasser de veiller, car les méchants ne s’endorment pas... »
(L'administration départementale, hostile au mouvement, mais timide, avait attendu, pour se prononcer, que les chances se décidassent pour la Convention. Elle hérita du pouvoir
municipal, presque tous les membres de la Commune ayant péri sur l’'échafaud, du 10 au 11 thermidor.)
950 Les sections pendant le 9 thermidor : Procès-verbal de la section Lepeletier,
séance des 8, 9 et 10 thermidor, expédition aut. sig. de Cointreaux, secrétaire, avec le cachet de la section, 3 p. 1/4 gr. in-fol.
Le 8, la section ne s'occupe que de la fête en l'honneur de Barra et de Viala, qui devait se célébrer le 10. — Le 9, à huit heures du soir, voyant beaucoup d’agitation, elle s’est réunie en armes. On donne coup sur coup lecture des arrêtés de la Commune, de ceux du Comité de salut public et des décrets de la Convention. La section se prononce contre la Commune perverse et se rallie à la représentation nationale aux cris mille fois répétés de : Meurent les trattres! Vive la République! Vive la Convention! Vivent ses Comités! Effet que produit le décret d’arrestation contre Hanriot, puis sa délivrance. « Les nouvelles se succédent toujours sans s’accorder. » Députation de vingt membres à la Convention. Accueil empressé qu'elle y recoit; réponse que lui fait le président. La tête de Hanriot mise à prix : une couronne civique est promise à celui qui l’apportera à la Convention. Armand, membre de la Commune, monte à la tribune de la section et cherche à entraîner les citoyens dans le mouvement insurrectionnel de l'Hôtel de ville. Il est conspué, mis en arrestation. — Au petit jour on envoie des commissaires dans les autres sections pour avoir des renseignements. La moitié de la force armée de la section est requise pour renforcer la garde de la Convention nationale. Des commissaires des autres sections arrivent : « on s’embrasse, on se félicite mutuellement d’avoir déjoué les projets des traîtres. Tout va bien. Ils sont pris. Ils périront avant le coucher du soleil. » A six heures de matin, la section, apprenant que la Convention a suspendu ses travaux, lève sa séance. Ce soir de ce même jour, 10, « au retour de l’exécution des traitres, » la section se réunit. Elle fraternise avec les commissaires des autres sections et entend la lecture des arrêtés du département, des ordres de Barras, commandant en chef de la force
armée, des décrets de la Convention, etc.
96° Extrait des procès-verbaux du Comité révolutionnaire de la section du Mu-
séum, séances des 9 et 10 thermidor, sig. Morel, Bernier, Lazard, 5 p. 1/2 in-fol., cachet.
Après le décret d’arrestation contre Robespierre et autres, les membres de ce comité, alors
à la Convention, sortent pour rassembler leurs concitoyens. — Vers sept heures (du soir), la section reçoit un ordre du Comité de salut public de rester à son poste. Elle refuse de remettre ses canons au capitaine de gendarmerie Chéry, envoyé par la Commune, et ne tient pas plus compte de l'invitation qui est faite aux autorités constituées de venir prêter serment à l'Hôtel de ville. Cependant une partie de la force armée de la section était sur la place de la Maison commune, où elle était accourue, au premier moment, à l’appel du Conseil général. Ordre lui est donné de revenir; mais la municipalité met le commandant en arrestation; le maire, Lescot-Fleuriot, descend sur la place pour haranguer ceux qui hésitent. Informée de ces faits, la section engage les officiers &« à agir d'adresse pour faire revenir la force armée, » en disant à chaque garde national de se retirer l’un + ns l'autre, « pour que cela parüt moins. » Ce moyen fut couronné de succès, et, vers onze heures, tous les gardes nationaux de la section s'étaient échappés, à l'exception de soixante, postés dans les escaliers de la Maison commune.— La section fait publier dans les rues les proclamations de la Convention nationale. Trois mille citoyens armés, postés sur le pont Neuf, crient : Vive La Convention! Mort auæ traîtres! après avoir entendu la lecture du décret qui mettait Hanriot et le Conseil de la Commune hors la loi. -—- De onze heures et demie à minuit et demi deux officiers municipaux, Deltroit et Bernard, venant, l’un de la Commune, l’autre des Jacobins, ont cherché à soulever le quartier contre la Convention; mais on les a arrêtés, et, à deux heures, ils sont conduits au Comité de sûreté générale. — « A minuit, le citoyen Beauprey, représentant du peuple, vient prendre le commandement de la force armée de cette section, dont la moitié environ avait été envoyée pour la garde de la Convention, et y joint six cents hommes de plus et deux pièces de canon. » — Les soixante gardes nationaux, restés dans les escaliers de la Maison commune, sont de retour à une heure du matin. Le lieutenant Voyenne, qui les commandait et qui avait manifesté l'intention d’obéir à la municipalité, est mis en arrestation en arrivant, — Vers deux heures, un détachement de cent hommes est fourni pour arrêter les administrateurs de police de la Commune, qui sont conduits au Comité de sûreté générale. — Une partie des gardes nationaux se reposent de six à onze ñeures du matin. De midi à une heure, arrestation de l'officier municipal Legendre et de Vivier, président des Jacobins, etc. Ces prisonniers sont envoyés au Comité de sûreté générale (c’est-àdire à la mort). « Tout le reste du jour la tranquillité la plus parfaite a régné dans cette section, et au moment où le tyran Robespierre passe avec ses scélérats agents et conjurés, pour aller expier leurs forfaits, les cris de : Vive la République! Vive la Convention! deviennent le signal de la joie des patriotes....»
(Ces deux documents, dont nous ne donnons ici qu’une froide analyse, sont d'autant plus ere que l’on ne possède presque rien sur l’atittude des sections durant la journée du thermidor.)
27° Les détenus pur suite du 9 thermidor : Arrèté du Comité de sûreté générale, sig. Amar, Louis (du Bas-Rhin), Bernard, Goupilleau de Fontenay ; 16 thermidor an II, 1 p. in-fol.
Ordre de conduire à l'Abbaye, pour y être traduit au tribunal révolutionnaire, le nommé Mathieu-Gaspard Siter, réfugie liégeois, « prévenu de complicité avec le tyran Robespierre, et d’avoir porté les dépêches des Jacobins au Conseil général de la commune de Paris, dans la nuit du 9 au 10 thermidor. »
280 Six pièces concernant Ulrich, aide de camp de Hanriot, dont trois de la main même d’Ulrich.
Ulrich livra le mot d’ordre à la Convention, dans la nuit du 9 au 10 thermidor, pour faciliter l'entrée des troupes dans la Maison commune. Parmi les pièces se trouve la copie d’un procès-verbal de la séance de la Convention du 10 thermidor, ainsi conçu : « Le juge de paix de la section des Gravilliers apporte, à la Convention nationale, les arrêtés trouvés sur le bureau de la municipalité rebelle, un cachet, qui y était joint, portant une fleur de lys, et les effets trouvés sur le cadavre de Lebas. Le tout est renvoyé aux Comités de salut publie et de sûreté générale. » (Les thermidoriens firent grand bruit de la découverte d’un cachet fieurdelisé sur la table de la Commune de Paris; mais l’histoire n’a pas ratifié l’accusation dérisoire de royalisme portée, à cette occasion, contre Robespierre et les siens. Elle a pensé, avec raison, que la présence de cet objet provenait d’un fait fortuit et ne tirait nullement à conséquence.)
290 L. A. S. de la femme de Æeuwriot-Lescot (maire de Paris, décapité avec Robespierre), au président de la Convention ; prison des Carmes, 20 thermidor an IH, 1 p. in-4, avec le cachet de la prison.
Touchante lettre, dans laquelle elle demande sa mise en liberté.
300 L. S. de Zescot-Fleuriot, père du maire de Paris, au citoyen Harmand,
Ti ne
membre du Comité de sûreté générale ; prison du Luxembourg, 1° nivôse an IT, 3 p. in-fol.
Mis en arrestation le 10 thermidor an I, on l'a retenu, bien qu’innocent, sous le faux prétexte qu’il aurait eu des liaisons avec dom Gerle, la duchesse de Bourbon et la citoyenne Potu (qui faisaient tous partie des conciliabules de Catherine Théos). Il se justifie de cette absurde accusation, et il ajoute : « Mais je suis le me du dernier maire de Paris, qu’on a dit, à la Convention nationale, être le fils d’un noble autrichien. Serait-ce cette dernière qualité qui me donnerait des droits à une si longue détention? Il n’est qu’une petite difficulté, c'est que je suis né à Sarre-Libre, département de la Moselle. Mon père, chirurgien, était de la ci-devant Bourgogne, et ma mère de la ci-devant Champagne. »
310 Décret de la Convention, sig. Wiquy, Boucher Saint-Sauveur et Daunou ; 30 frimaire an II, 1 p. in-fol., cachet.
Autorisation au Comité de sûreté générale de statuer sur la demande de la mise en liberté de la citoyenne Sijas (femme de Prosper Sijas, adjoint de Bouchotte, né à Vire, décapité avec Robespierre).
390 Six adresses des sociétés populaires de l’Aigle, Blois, Vezelise (Meurthe), Agen, Tours et Ham, aux quarante-huit sections de Paris ; 13-21 thermidor an Il, 11 p. in-4 et in-fol.
Félicitations sur le coup d'Etat du 9 thermidor. Pour donner une idée du style, citons un fragment de l’adresse de la société de Vezelise : ! ;
« C'était donc sur les cadavres des républicains énergiques et intrépides montagnards que des modernes Catilinas méditaient d’affermir leur domination. C’est à travers des flots de sang, à la lueur des torches incendiaires, qu’ils voulaient relever un trône renversé par 24 millions d'hommes... Du sommet de la montagne est partie la foudre vengeresse.… C’est à l'énergie de l’auguste Sénat, c'est au courage des hommes du 14 juillet et du 10 août, c’est à la fidélité de nos frères de Paris que la République doit son salut... »
(Les adresses envoyées à la Convention ont été publiées dans le Bulletin; mais celles-ci sont restées tout à fait inconriues des historiens.)
390 Wéduille commémorative du 9 thermidor : L. À. S. de Mont-Gilbert, député de Saône-et-Loire à la Convention, au patriote Palloy ; Paris, 28 vendémiaire an IV, 1 p.in-4, cachet.
Remerciments pour la médaille consacrée auæ victimes de la tyrannie abattue le 9 thermidor. « Parmi les hommes que frappa le farouche Robespierre, j'en ai connu plusieurs dont l'âme douce et sensible commençait à s’unir à la mienne; la mort m'a privé de ces nouveaux amis ; je les ai pleurés en silence. Vous donnez un nouvel exemple aux hommes : vous ne vous vengez de vos oppresseurs qu'en immortalisant le souvenir de leurs forfaits ! »
340 Papiers de Courtois sur le 9 thermidor.
Fragments du rapport sur le 9 thermidor : 1° Préface du rapport, minute aut. de Courtois, 4 p. in-4.
Cette pièce est inédite : la préface imprimée en diffère entièrement : il annonce ici, dans une note, cette deuxième partie qui n’a jamais paru. « Les notes, dit-il, et surtout les anecdotes qui suivront le rapport et que m'ont fournies des cartons de pièces qui ne m’avaient point été communiquées d’abord, contiendront beaucoup de choses nouvelles. et serviront un jour aux écrivains qui voudront tracer notre histoire. »
9 Notes diverses, minutes autographes de Courtois, avec corrections, 9 p. in-4 ou in-8.
Ces notes sont en partie imprimées et en partie inédites.
350 Anecdotes sur le 9 thermidor : 1° Note autog. (inédite) d'André Dumont, 1 p.‘in-4.
Relative aux murmures qui accueillirent le discours de Robespierre, le 8 thermidor, et à la réponse que lui fit André Dumont, lorsqu'il se fut écrié : « Egorgez-moi, si vous le voulez. » — A la suite est une curieuse note aut. de Courtois, sur l'effet que produisit sur Collot-d'Herbois l'annonce qu’il venait d’être frappé d’un décret de déportation (an II).
20 Note (inédite) autographe de Merlin (de Douai), 1 p. in-4.
Anecdote sur le rapport qu'il lut à la Convention le 9 thermidor, vers dix heures du soir, relativement aux appositions de scellés.
30 Notes aut. (inédites) de Cowrtois, 13 p. in-8 et 2 p. in-4.
Anecdotes sur le représentant Louchet, sur l’arrestation d’Hanriot et les mauvais traitements que lui fit subir Amar au Comité de sûreté générale ; conduite équivoque de Carnot, tant que la victoire fut indécise ; projet de Robespierre de faire arrêter 144 députés; envahissement de la salle de la Commune par les gendarmes de la Convention; arrestation de Dumas; pansement de Robespierre ; projet que l’on avait prêté à Billaud et à Collot, de renverser tout à la fois Robespierre et la Convention dans la journée du 9; intérieur du Comité de salut public dans la nuit du 9 au 10; Couthon et Lebas, dans la séance de la Convention du 9; le Livre vert de Barère; projet de Live can d’un certain nombre de députés avant le 9 thermidor, et tentatives de plusieurs d’entre eux-pour renverser les décemvirs; chansons et anecdotes piquantes sur Duhem; mots de Barère et d’Hanriot sur les bibliothèques ; une curieuse lettre de Sylvain Maréchal à David, etc.
360 Anecdotes sur Robespierre et Danton : 1° Notes sur Robespierre, pour Courtois, pièce (inédite), aut, de Fréron, 4 p. in-4.
C’est un portrait malveillant de Robespierre tracé avec verve. Fréron avait été son condisciple. Il le peint d’abord au collège Louis-le-Grand, puis dans sa carrière de modeste avocat d'Arras, de député à l’Assemblée constituante, de membre influent des Jacobins pendant l’Assemblée législative. Il nous le montre éfremblant de frayeur le jour du massacre du Champ-de-Mars, obligé, pour se soutenir, en sortant des Jacobins, de prendre le bras de Lecointre, de Versailles, et de Lapoype(le général), et n’osant pas rentrer à son domicile de la rue Xaintonge. « Lecointre lui proposa la maison de Duplay et l’y conduisit. A dater de ce jour, il n’en sortit plus. C’est peut-être à ce changement de domicile qu’il faut attribuer le développement de son ambition. Tant qu'il avait habité chez Humbert (rue Xaintonge), il était accessible à ses amis et aux patriotes. Une fois chez Duplay, il devint peu à peu invisible. On le sequestra de la société, on l’adora, on l’enivra, on le perdit en exaltant son orgueil.. Robespierre étouffait de bile : ses yeux et son teint jaune l’annonçaient. Aussi avait-on l'attention, chez Duplay, de servir devant lui, au dessert, dans toutes les saisons de l’année, une pyramide d’oranges, que Robespierre mangeait avec avidité. {1 en était insatiable, personne n’osait toucher à ce fruit sacré... L’usage du vin et des liqueurs, qu’il buvait immodérément, lui avait fait sans doute commettre quelque indiscrétion. La crainte de laisser échapper son secret l’y fit renoncer, et, pendant les derniers mois de sa vie, il ne buvait que de l’eau. Il ne marchait qu’armé d’une paire de pistolets, et ses gardes du corps affidés l’accompagnaient partout... Vers la fin de sa carrière, il s’exerçait au pistolet tous les jours dans un jardin; on assure qu'il était devenu très-adroit à cet exercice... »
2° Trois notes inédites, 3 p. in-4.
Anecdotes relatives à Hanriot et aux liaisons de Robespierre avec Madame de Sainte-Amaranthe et de Sartine fils. On y trouve ces lignes de la main de Courtois : « Robespierre, en se regardant dans une glace, disait : Ne trouvez-vous pas que j'ai du buste, quand je suis à la tribune ? »
3° Notes (inédites) aut. de Courtois, 4 p. in-4.
Anecdotes sur la loi du 22 prairial an II; mot atroce d’'Euloge Schneider; curieuses lettres de Lebas, Levasseur de la Sarthe, Soulavie et autres, à Robespierre, sur Chasles, Charlotte Corday, etc. d
4° Notes (inédites) aut. de Courtois, 4 p. 1/2 in-4, d'une écriture fine et serrée. Anecdotes curieuses, relatives, la plupart, à Danton.
(Dans le courant des mois de janvier, février et mars 1816, plusieurs perquisitions furent faites au domicile du conventionnel Courtois, dans le canton de Souilly (Meuse), pour saisir “une correspondance secrète de Louis XVIII pendant l’émigration, et que ce prince avait le
lus grand intérêt à anéantir. Malgré les recherches les plus actives, cette correspondance ne
ut point trouvée; mais on découvrit là le testament de Marie-Antoinette et un grand nombre de pièces importantes relatives à la Révolution, particulièrement à l’époque de la Terreur. Beaucoup de ces pièces ont disparu on ne sait comment. Casimir Périer, après la révolution de 1830, fit remettre ce qu’il en restait au fils du conventionnel. Les documents que nous annonçons ici proviennent de cette dernière source. Ils sont tous relatifs au Rapport sur le 9 thermidor, publié par Courtois, en l’an IV, livre plein de partialité. Quelques-uns ont été insérés, par extraits, dans ce rapport; mais la plupart sont restés inédits : l’auteur se proosait de les faire entrer, comme pièces justificatives, dans une deuxième partie, ainsi qu’il ‘annonce dans la pièce n° 34; mais ce nouveau travail, saisi également en 1816, est perdu. Le fils s'exprime ainsi dans une brochure intitulée : Affaire des papiers de l'eæ-conventionnel Courtois, qu’il fit paraître en 1834 : « Cette histoire de la journée du 9 thermidor, faite longtemps après l’événement, avait été méditée dans la retraite et s’étendait sur une foule de faits
ee
et de noms propres que l’auteur avait cru devoir taire dans son premier rapport... Tout était rétabli dans cette seconde partie... C’est cette perte qui a le plus affligé mon père. »
ROBESPIERRE (Augustin-Bon-Joseph de), député de Paris à la Convention, frère puiné de Maximilien, n. à Arras, 21 janvier 1763, décapité le 28 juillet 1794.
L. A. S. au Comité de sûreté générale; Nice, 6 germinal an II (26 mars 1794), 7 p. pl. in-fol. — A. S. . — S. R2. (Recherché.)
Attaqué par Bernard (de Saintes), qui l’a dénoncé au Comité, il se trouve forcé, pour se défendre, de dévoiler la conduite tenue par son adversaire, dans le cours de sa mission. Long récit des actes de celui-ci, auxquels il oppose sa propre conduite. Il le peint avilissant la représentation nationale pee sa tenue indécente et ses propos obscènes; plus préoccupé de trouver un bon gîte que des vrais intérêts de son pays; créant des ennemis à la République pe ses déclamations et ses attaques inconsidérées contre les croyances religieuses des popuations.
« Le règne des fripons me paraît terminé. Le supplice des nouveaux conjurés (les Hébertistes) ramènera la tranquillité et la paix dans les âmes inquiétées par les brigands. Apprenez, citoyens collègues, que les tyrans n’ont recruté leurs armées que par les extravagances commises envers le culte... Il y a tel département, tel district, telle commune que le désespoir peut vendéiser…. Je n'ai pas suivi le système de ces hommes immoraux et pervers qui affectent le philosophisme pour ne point laisser voir qu'ils sont sans mœurs et sans vertus, qui abattent une croix pour que l’on ne s’occupe point de leurs dilapidations et de leurs crimes... J’ai fait adorer la Révolution, respecter et aimer la représentation du peuple. »
ROBESPIERRE (Augustin-Bon-Joseph de).
L. A. S. à son frère aîné ; Nice, 16 germinal an IT (5 avril 1794), 4 p. in-4.
Pièce très-importante. Détails sur la situation de l’armée d'Italie et sur les menées des ennemis de la Révolution qui cherchent à y trouver des complices. Selon lui, la mort d’Hébert et de ses adhérents n’a point conjuré tout danger de la part d’une faction dont ils n'étaient pas les vrais chefs. Danton et Lacroix, qu’il ne désigne que par les initiales de leurs noms, sont, à ses yeux, les premiers conjurés. L’armée révolutionnaire peut devenir, si l’on n'y prend garde, une armée contre-révolutionnaire, dirigée par les conspirateurs. Bouchotte n’est probablement pas coupable de connivence avec ces hommes; mais, n’ayant pas reconnu et dénoncé les conspirateurs dont les bureaux sont peuplés, ce n’est qu’un « sot ». — Il indique ensuite à son frère quelques patriotes dévoués, ct a rencontrés dans des lieux visités par lui. Quelques-uns ont été persécutés par Bernard, dont il dénonce les agissements. La lettre se termine par ce passage concernant Napoléon Bonaparte : « J'ajoute aux noms des patriotes que je t’ai nommé, (ceux du) citoyen Galmiche.... du citoyen Buonaparte, général, chef de l'artillerie, d'un mérite transcendant. Ce dernier est Corse; il ne m’offre que la garantie d'un homme de cette nation, qui a résisté auæ caresses de Paoli, et dont les propriétés ont été ravagées par ce traître. Hoche est arrêté et fait route pour Paris. Ricord et sa femme t’embrassent. »
TALLIEN (Jean-Lambert), conventionnel, septembriseur et thermidorien, n. à Paris, 1769, m. 16 novembre 1820.
L. S., sig. aussi par les représentants Richard, Ruelle, L. Turreau et Bourbotte, à leurs collègues, à Niort; Tours, 21 juillet 1793, 1 p. 1/2 in-4. — A. $. Fÿ. be
L'’échec éprouvé à Vihiers les met hors d’état de seconder le mouvement de l’armée de Niort contre les rebelles. I1 leur envoie le récit de cette malheureuse affaire. Le cit. Davoux Davout), adjudant général, qui se rend près d’eux, leur rendra, du reste, un compte détaillé de ce qui s’est passé. Tallien et Turreau se rendent à Chinon, où se trouve actuellement l’armée. Il les instruiront, de là, de la véritable situation.
FOUCHÉ (Joseph), ex-oratorien, l’un des membres les plus coupables de la Convention nationale, plus tard duc d’Otrante et, successivement, ministre de la police générale sous Napoléon If et sous
Louis XVIII, n. près de Nantes, 29 mai 1763, m. à Trieste, 28 dé-
cembre 1820. (V. à la série des Zommes d'Etat.)
L. À. S. au c. B., à Niort ; 16 messidor {an VII, 4 juill. 1799), 1 p. in-4, cachet. — À. S. R. — S.C. — (Réservé.)
Demande de renseignements secrets sur les hommes de la Vendée et des Deux-Sèvres, qui passent pour avoir le plus d'influence sur le parti jacobin dans cette contrée. Quelle est leur position de fortune et de famille ? « Vous me ferez parvenir, sans intermédiaire, ces renseignements, » ajoute Fouché en post-scriptum. — Au verso de la lettre se trouve la minute de la réponse au ministre de la police générale.
FRÉRON (Louis-Stanislas), député de Paris à la Convention, tour à tour terroriste et réactionnaire, chef de ia jeunesse dorée, n. à Paris, 1765, m. à Saint-Domingue, 1802.
L. S. à Goupilleau (de Montaigu) ; Marseille, 16 brumaire an IV (7 nov. 1794), 2 p. in-4, tête impr. — À. S.etsS.,
N'ayant 2 été nommé député, il craint que cela ne nuise à sa mission: Il engage, en con— séquence, Goupilleau, qui a été réélu, à venir se joindre à lui, afin de déjouer, par sa présence, les complots des malveillants.
ROVÈRE (Joseph-Stanislas-François-Xavier), député des Bouches-du- Rhône à la Convention, n. à Bonnieux, 1748, m. à Sinnamari (Guyane), où il avait été transporté, 12 septembre 1798. Activement mêlé aux troubles du Comtat en 1791, il fut, plus tard, un des plus ardents thermidoriens, et passa pour être l’un des chefs de l’insurrection du 13 vendémiaire.
L. A. S. à Goupilleau (de Montaigu), en mission dans les départements de Vau-
cluse et du Var ; Paris, 9 vendémiaire an III (30 sept. 1794), 2 p. 1/2 in-4, adresse. — À. S.R. —S$.c.
Il le presse d’écarter des emplois tous les partisans de Robespierre. Des vérités terribles ont été dites, hier, à la tribune de la Convention, à propos des excès abominables commis en Vendée. « La pâleur du crime et de la mort se mariaient sur les figures patibulaires des égorgeurs. »
ROVÈRE (Joseph-Stanislas-François-Xavier).
L. À. S.au même ; Paris, 29 vendémiaire an III (20 oct. 1794), 2 p. in-4, adresse et cachet avec initiales enlacées.
Il a lu, à la Convention, sa lettre qui a produit une sensation très-grande, ainsi que l'adresse des habitants de Carpentras contre Maignet. Les amis de Goupilleau ne sauraient prendre au sérieux la dénonciation qui s’est produite contre lui aux Jacobins. « Cette société, qui a rendu autrefois des services à la chose publique, n’est plus qu'une association d’intrigans, successeurs et complices de Robespierre. » Il n’a pas à s’en occuper. Il parlera encore le lendemain aux membres du Comité de salut public pour les presser de seconder ses vues.
LACOSTE (Elie), député de la Dordogne à la Législative et à la Convention, membre du Comité de sûreté générale, n. à Montagnac, m. dans la même ville, 1803.
P. A. S., sig. aussi de Vadier, Legendre, Bernard, Dubarran et Zouis (du Bas-
Rhin) ; 2 fructidor an II (19 août 1794), 1 p. 1/2 in-4. — A. S. Rf.
Arrêté du Comité de sûreté générale, ordonnant l’arrestation du nommé Molin, limonadier à Avignon, qui s’est permis d'arrêter des courriers envoyés à la Convention et à des représentants.
BOISSY D'ANGLAS (François-Antoine de), député à l’Assemblée constituante par le bailliage d'Annonay, élu à la Convention par le département de l'Ardèche, n. à Saint-Jean-Chambre, 8 décembre 1756, m. à Paris, 20 octobre 1826. Le L. $., sig. aussi de Cumbacérès et de Fourcroy, comme membres du Comité de sa-
lut publie, à la Commission des revenus nationaux ; Paris, 22 frimaire an IL (12 décembre 1794), 1 p. 1/2 in-fol, tête impr., cachet. — A. S. et S., C.
Informés que la couverture de l’église de la ci-devant abbaye de Cluny est en cuivre, et qu’elle pourrait servir aux besoins de la marine, ils demandent à la commission des renseignements à ce sujet.
DESCENTE DES ÉMIGRÉS A QUIBERON. , L. A., parafée, de Beaumarchais à Perregaux ; (Paris), 13 juin 1795, 3/4 de
p.in-4.
« Ami Perregaut ! hâtez-vous de faire parvenir le mot qui suit au Comité de salut public. Rien n’est aussi certain que cet avis, que je reçois dans l'instant de Londres. «a Londres, ce 2 juin 1795. .
« Les corps d'émigrés français à la solde de l'Angleterre ont ordre de se tenir prêts à s'embar-
quer pour Jerzay et Guernezay, ce qui fait croire à ceux dont je tiens cet avis à une descente
très-prochaine, pour laquelle on croit fort ue le gouvernement a des intelligences dans l’intérieur. Tous en général font leurs paquets en grande hâte. Quel que soit l'objet de cet embarquement, il va s'effectuer très-prochainement.
N « Je vous embrasse. »
(Beaumarchais était bien renseigné : le débarquement eut lieu à Quiberon le 16.)
DOULCET (Louis-Gustave), comte de Pontécoulant, député du Calvados à la Convention, n. à Caen, 26 novembre 1766, m. 13 avril 1833.
L. S. à Guezno, sig. aussi de Murec, Rabaut, Treilhard et Sieyes, membres du Comité de salut public ; Paris, 7 messidor an II (25 juin 1795), 1 p. in-fol., tête de lettre imprimée du Comité de salut public. — C. ra
Le Comité renvoie à Guezno une lettre des réfugiés du district de Clisson, où ils se plainent de faits graves. Il l’engage à user, dans cette circonstance, de beaucoup de fermeté et d'agir en même temps avec justice.
RITTER (F.-J.), député du Haut-Rhin à la Convention, puis au conseil des Cinq-Cents, commissaire du gouvernement français près l’armée d'Italie et des Alpes.
P. A. S.; quartier général de Finale, 16 nivôse an IV (27 déc. 1795), 2 p. in-fol., tête impr. — À. S. FR.
Projet de traité de paix entre la République française et la cour de Rome. Document des plus importants. Ce projet est divisé en deux parties : la première ostensible, la seconde, secrète. La première est ainsi conçue :
6 « 4° La cour de Rome renoncera à toute prétention sur le ci-devant comtat Venaissin et "Avignon.
« 25 L'enseignement public des arts à Rome, pour les Français, sera rétabli et continuera d’avoir lieu comme avant la guerre.
« 3 La cour de Rome donnera à la République française l’Apollon du Belvédère, avec cette inscription sur le piédestal : À LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, PIE VII, LAN IV DE LA RÉPU- BLIQUE FRANÇAISE.
« 4° Elle y ajoutera le don d’une frégate de 42 canons, qui est en ce moment dans le port de Gênes, avec les 7,000 émines de blés, dont elle est chargée. »
DE BRY (Jean-Antoine), député de l’Aisne à la Législative et à la Convention, où il fit décréter la translation des restes de J.-J. Rous-
seau au Panthéon, ministre plénipotentiaire au congrès de Rastadt, n. à Vervins, 1760, m. à Paris, 1834.
L. À. S. au Directoire ; Paris, 22 ventôse an IV (12 mars 1796), 1 p. in-4, timbre du Directoire. — C.
. € Citoyens, le témoignage d'intérêt que vous m'avez accordé, en me nommant au grade d’adjudant général donne lieu à des malintentionnés de me suspecter de vues ambitieuses ou personnelles. Je n’ai jamais voulu et je ne veux encore que le bien de mon pays. Toute mon existence lui appartient, et c’est ce que j'avais considéré, quand j'ai désiré l’armée pour retraite. Mais il faut ôter tout prétexte à la malveillance et à la calomnie : je dépose entre vos mains le grade où vous m’avez promu. Si, après mes fonctions législatives, la République est encore en guerre, et que vous me conserviez la même bonne volonté, je le reprendrai,
et, certes, j'en saurai remplir les devoirs. Agréez, à ce titre, ma démission. Salut et fraternité. »
646. MOUREAU (Agricol), rédacteur du Courrier d'Avignon, membre du directoire du département de Vaucluse, correspondant de Robespierre et de Payan, n. à Avignon, 1766, m. 23 novembre 1842. Il était oncle du jeune héros Agricol Viala.
L. A. S. à Goupilleau {de Montaigu) ; Avignon, 17 germinal an IV (6 avril 1796), 2 p. in-4, adresse.— F+. |
Renseignements sur l’état des esprits dans le département de Vaucluse. « Le mal empire chaque jour dans ces contrées. Les assassinats redoublent dans le Haut-Comtat. Les déserteurs y arrivent en foule et sont accueillis par les prêtres et ceux qu’ils séduisent, à bras ouverts. A Vaison, la municipalité les a armés. » — Après la lettre, vient le post-scriptum suivant : « N’abandonnez nee ces contrées; il y a un plan de trahison, bien organisé, pour y faire éclater la guerre civile la plus sanglante, et pour y détruire tous les républicains. Le général Bonnaparte (sic) le déjouera sans doute... »