Temple de l'Étre-Suprême (Notre-Dame
1° Pétition adressée à la municipalité du IX° arrondissement par des citoyens de Paris, domiciliés, la plupart, dans cet arrondissement, suivie de la décision de la municipalité, sig. Phélipon, président, Virvaux, Nogaret, Vergnaux, Roussel, etc. : 12 prairial an V (31 mai 1797), 5 p. gr. in-fol.
Parmi les pétitionnaires, au nombre de plus de deux cents, on remarque beaucoup de personnages célèbres de la Révolution, d'anciens conventionnels, des membres de l’Institut, etc. Nous citerons Chemin, le fondateur du nouveau culte, Goupil-Prefeln, Sobry, Dandolo, Patrin, Creuzé-Latouche, Chénier, Andrieux, Servcan, ex-ministre de la
uerre, etc. Ils demandent, en vertu de la loi du 11 prairial an III, l'usage commun de Péglisé de Notre-Dame, avec leurs frères les catholiques, pour l’exercice du culte théophilanthropique. Il leur suffit d’avoir la jouissance du temple trois heures dans la matinée de chaque dimanche et de chaque décadi, au moment qui gênera le moins les catholiques dans leurs offices. Les lois sont précises à cet égard, et ils auraient le droit d'établir le culte qu'ils voudraient dans un édifice consacré à cet usage; mais le culte théophilanthropique, qu’ils vont exercer dans Paris, sous les mêmes voûtes que le culte romain, est la tolérance mise en pratique; il exclut toute controverse, s'appuie sur les principes admis par toutes les sectes, et doit être plutôt considéré comme une institution de morale que comme un culte, car il n’a ni sacerdoce ni cérémonies. — La municipalité se déclare incompétente et renvoie les pétitionnaires à l’administration départementale.
2° Pétition adressée à la même municipalité par des citoyens du IX° arrondissement ou des divisions circonvoisines du canton de Paris ; 30 frimaire an VI (20 décembre 1797), 3 p. gr. in-fol.
Cette pièce est revêtue de cent vingt signatures, parmi lesquelles celle de ARE l'instituteur des aveugles, l’un des principaux fondateurs du nouveau culte, et celles de beaucoup d'anciens révolutionnaires, tels que le général Rossignol; Corchand, président de la commission militaire de Lyon après le siége; Combaz, accusateur public du tribunal révolutionnaire de Brest; l’imprimeur Lamberty, complice de Babeuf, etc.
Ils demandent à jouir de l’église de Notre-Dame, tous les jours concurremment avec leurs frères les catholiques, pour y exercer le culte théophilanthropique, de onze heures du matin à trois heures de l'après-midi. « Ils demandent aussi à jouir de l’orgue, des galeries et de tout ce qui fait partie de ce même temple, ainsi qu’en jouissent les citoyens qui suivent les exercices du culte catholique. »
(Ces pétitionnaires sont beaucoup plus exigeants que les autres, ce qui nous montre qu’il y avait déjà deux camps parmi les théophilanthropes, les modérés et les révolutionnaires ; les deux camps, d’ailleurs, marchent au même but, la ruine du catholicisme. Il est clair aussi, par l'ensemble des signatures de la dernière pétition, que les débris des Jacobins se servaient de la nouvelle secte comme d’un moyen de lutte politique.)
3° Lettre de l'administration du département de la Seine, sig. Sawzay et Picard, à la municipalité du IX° arrondissement; 6 floréal an VII (25 avril 1799), 1 p. 1/2 in-fol.
Le ministre de l’intérieur a examiné les réclamations des théophilanthropes du temple
de Mr es contre la décision de la municipalité qui leur interdit le chœur de cet édifice ; il approuve cette décision, mais il pense qu’il est de toute justice de rembourser à ces citoyens les frais de construction qu'ils ont faits dans cette partie de l’église, lesquels
s'élèvent à 925 fr.
4° Trois pièces relatives aux constructions dont il est parlé dans la précédente, 18 floréal an VI au 14 brumaire an VII (7 mai au 4 nov. 1798), 3 p. in-1.
éotièei "D
5° Discours aux théophilanthropes sur les bienfaits de l'agriculture, manuscrit aut,. de l'abbé Danjow, ancien membre de la Commune de Paris, 10 p. 1/4 in-4. (Ce discours a dû être prononcé à Notre-Dame, où l’abbé Danjou était sans doute un des
orateurs des D np Son nom figure dans la liste de ceux qui ont demandé la concession de cette église pour l’exercice du nouveau culte, première pièce de ce dossier.)
4. Temple de la Fidélité, puis de la Jeunesse (Saint-Gervais).
1° Pétition des théophilanthropes domiciliés dans le IX° arrondissement et autres circonvoisins, à la municipalité de cet arrondissement, pièce couverte de cent signatures, en tête desquelles sont celles de CAapuis, un des principaux fondateurs de la secte, et du peintre David; 21 vendémiaire an VI (12 oct. 1797), 3 p. gr. in-fol.
Ils demandent l’église Saint-Gervais pour y exercer leur culte concurremment avec les catholiques. Le texte de cette pétition est le même que la première du numéro précédent, à l'exception du serment ainsi conçu qui la termine : « Nous jurons haine à la Dr et à l’anarchie, attachement et fidélité à la République et à la Constitution de an III. »
20 Délibération de la municipalité du IX° arrondissement, sig. Frédin, secrétaire ; 24 vendémiaire an VI (15 oct. 1797), 1 p. 1/2 in-fol:
L'administration, faisant droit à la pétition qui lui a été présentée, accorde l'édifice dit de Saint-Gervais pour l’exercice du culte théophilanthropique, tous les jours, depuis midi jusqu’à trois heures. Chaque membre de la secte prêtera le serment de haine à la royauté et à jen, et il en sera fait deux copies, dont une pour être affichée dans l’intérieur qu temple.
3° Arrêté de l'administration centrale de la Seine, du 4 brumaire an VI (25 octobre 1797), sig. Dupin, secrétaire, 1 p. 1/2 in-fol., avec une lettre d'envoi sig. Lefebvre et Dumas, et un récépissé, sig. Sagel, théophilanthrope.
Approbation provisoire de l'arrêté précédent de la municipalité du 9% arrondissement, « jusqu’à ce qu'il ait été pris des mesures plus amples pour assurer le libre exercice des différents cultes. »
49 Organisation du culte théophilanthropique dans le temple de la Fidélité, connu d'ailleurs sous le nom d'église Saint-Gervais, expédition sig. Duplessis, administrateur et secrétaire ; 10 brumaire an VI (31 oct. 1797), 7 p. gr. in-fol.
C’est le procès-verbal de l'installation des théophilanthropes à Saint-Gervais. Ils adoptent un règlement en vingt-cinq articles, dont voici quelques dispositions : l'édifice s’appellera Temple de la Fidélité, nom de la division (autrefois de la section); il y aura un Lecteur-surveillant (ministre du culte), chargé de prononcer des discours de morale, de faire aux enfants, des instructions en forme de catéchisme, d'entretenir l’ordre dans le temple; il doit être marié ou veuf; les citoyens le nomment à la majorité, pour un temps indéfini; ses discours, avant d’être lus, sont soumis à une commission de censure; tout autre citoyen peut prononcer des discours, après les avoir fait agréer par cette commission, et avoir prêté le serment exigé, par la loi, des ministres des cultes ; il y a aussi une administration temporaire, nommée pour un an, et composée de sept membres.
5° Pétition du lecteur-surveillant et des administrateurs du culte théophilanthropique du temple de la Fidélité, à la municipalité du IX° arrondissement, sig. Chapuis. Duplessis, Collot, Donzel, Bernard, Cochart, Bully, David et Saget ; 28 brumaire an VI (18 nov. 1797), 2 p. in-4, d’une écriture serrée.
Ils se plaignent, avec amertume, de ce que la municipalité, par son arrêté du 24, ne leur a pas accordé tout ce qu’ils demandaient, suivant la loi, dans leur première pétition. Au lieu du temple tout entier, ils n’ont eu que la nef, et trois heures seulement au lieu de quatre. « Cet espace de temps ne nous est pas suffisant : outre nos exercices religieux, qui peuvent durer près de deux heures, nous avons des cérémonies de présentation d'enfants, de mariage, de sépultures ; nous avons l’instruction des enfants en forme de catéchisme, qui doit durer au moins une heure... »
6° Arrêté de l'administration départementale de la Seine, du 28 brumaire an VI, avec une lettre d'envoi à la mairie du IX° arrondissement, sig. Zeblanc et Dumas, 2 p. 1/2 in-fol. ou in-4.
Vu la pétition des théophilanthropes, l'administration, interprétant son arrêté du 4, « ar-
rête que les citoyens théophilanthropes jouiront de la totalité de l'édifice connu sous la dénomination de Saint-Gervais, aux mêmes clauses que les citoyens qui en sont déjà en jouissance (les catholiques). »
7° Rapport sig. de Woülguin, commissaire de police de la division de la Fidélité ; 5 pluviôse an VIII (25 janv. 1800), 1 p. 1/4 in-4.
Les théophilanthropes ont célébré aujourd’hui la commémoration de leur établissement dans le Temple de la Jeunesse (nom donné à l’église Saint-Gervais par l'arrêté de l’administration départementale du 22 vendémiaire an VII). « Il y avait musique vocale et instrumenmentale, et il a été prononcé un discours par le citoyen Sachaut, digne de son érudition et très-persuasif, sur les avantages de la religion naturelle (la théophilanthropie). Tout s’y est passé avec la plus grande tranquillité. »