LOUIS-MICHEL VAN LOO
Deux portraits de Louis XV, peints en petit, de même grandeur et dans la proportion de demie-grandeur naturelle. Sa Majesté est représentée en pied et vêtue du grand habillement royal.
Ces deux portraits, repettés par l'auteur, sont destinés pour Madame la marquise de Pompadour.
Lesdits portraits estimés chacun 4,000 livres, cy 8,000 livres.
Le portrait en buste, destiné à Madame Adélafde, se trouvait en 1783 au magasin de la Surintendance (1) ; il était de forme ovale, de 3 pieds 10 pouces sur a pieds 3 pouces de large. L'un des portraits, donné à M— de Pompadour, fut, après sa mort, racheté à sa succession et donné à Trudaine (a).
Le parfait paiement de ces six portraits est en date du 12 juin 1768 (Exercice 1764) :
(1) Archives du Louvre.
(a) Voici le mémoire relatif à cet achat : (A. N. O* 1934 A) :
« Mémoire d'un tableau, portrait du Roi, peint en pied, grandeur de demie nature, fait sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Louis-Michel Vanloo et donné par le Roi à M. de Trudaine en Tannée 1767.
• Sa Majesté, représentée en pied et dans le grand habillement royal, est dans la proportion de demie -grandeur naturelle. Estimé 4,000 livres.
m Plus une riche bordure, exécutée par le sieur Guibert. 490 liv. iosoIs.»
Et en note, on lit : « Ce portrait provient de la succession de M"» la marquise de Pompadour, il a été fait en 176a, payé par les Bàtimens en 1766 et cédé au Roi en 1767. Acquisition faite pour le service du Roi à la succession de M"* de Pompadour, ainsi qu'un buste en marbre représentant le Roi, exécuté par M. Le Moync et dont Sa Majesté a fait présent à M. de Laverdy ».
Voici maintenant le bon attribuant ce portrait à Trudaine, et qui fut présenté par Marigny au travail du Roi, le 7 avril 1767 : (A. N. O' 1073) : • Votre Majesté n'ignore point depuis combien d'années et avec quel zèle infatigable M. Trudaine remplit une place d'intendant des finances, dont un des principaux departemens est ecluy des Ponts et Chaussées. Depuis qu'il a été chargé de cette partie, la France a vu de toutes parts la circulationjntérieure s'ouvrir et s'animer par les beaux ouvrages qu'il a fait exécuter, il regarderait comme la récompense la plus flatteuse de ce qu'il a pu faire d'utile au service de Votre Majesté, si elle vouloit bien luy faire don de son portrait. Je la suplie très humblement de luy accorder cette grâce. Si Votre Majesté veut bien avoir cette bonté, je prendrai'Ia liberté de luy observer qu'il y a un de ses portraits, exécutés par M. Michel Vanloo pour feue ma sœur, qui pourroit être dès à présent donné à M. Trudaine. Bon. »
Au sieur Michel Vanloo, peintre, la somme de 1,000 livres pour faire, avec 29,000 à lui ordonnés acompte, savoir : 24,000 sur 1762 en billets de l'emprunt du 16 mars 17601e 12 octobre 1767, et 5,ooo comptant sur 1764 le 18 septembre 1766, le parfait paiement de 3o,ooo livres, à quoi montent tant six tableaux représentant le Roy en pied, qu'il a faits pour le service de Sa Majesté pendant les années 1760, 1761 et 1762, que les dépenses et frais de voyages qu'il a pareillement faits.
L'un de ces portraits est actuellement àTrianon (n« 8a) : H. 2 m. 27. — L. a m. 84(1).
Portraits des enfants de France.
L. M. Van Loo, indépendamment de celles déjà citées, exécuta un grand nombre de copies de ce portrait du roi : on trouve, en date du 1" avril 1771, (Exercice 1770) le règlement de ces divers travaux ainsi que des portraits du Dauphin et de ses frères les comtes de Provence et d'Artois, et de celui de Madame Infante dont il a été précédemment parlé :
Aux héritiers du sieur Michel Vanloo, 10,970 livres en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles pour faire, avec 3o,5oo à luy ordonnés acompte, savoir 24,000 sur 1762 en billets de l'emprunt sur l'Alsace du 16 mars 1760 le 12 octobre 1767, 5,000 comptant sur l'exercice 1764 le 18 septembre 1766, et i ,5oo sur l'exercice 1769 le 6 may 1770, le parfait payement de 41 ,470 livres, àquoy montent tant les tableaux représentant le Roy en pied que M. le Dauphin, M. le comte de Provence et M. le comte d'Artois et Madame Infante, duchesse de
(1) Un assez grand nombre de copies de ce portrait existent dans les musées de province, sous une fausse attribution. Nous croyons donc utile de donner la description de ce portrait, d'après la gravure qu'en fit Cathelin. L'artiste a été courtisan et Louis XV y porte de trente-cinq à quarante ans ; le corps est de trois quarts à gauche et la tète de face ; la main droite repose sur le sceptre dont une extrémité appuie sur un coussin de velours fleurdelisé, placé sur un tabouret; sur ce coussin sont également la couronne et la main de justice; de la main gauche, il tient le chapeau du sacre. Le roi est vétu du manteau royal ; à droite le trône, et dans le fond, draperies, architecture, colonnade.