‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 107 sur 130 · CHARLES-AMÉDÉE VANLOO · texte numérisé non relu

CHARLES-AMÉDÉE VANLOO

Parme, qu'il a faits pour le service de Sa Majesté, et pour frais de voyages qu'il a pareillement faits pendant le cours des années 1759, 1760, 1761, 1762, 1769 et 1770.

Les portraits du Dauphin, des comtes de Provence et d'Artois sont actuellement au musée de Versailles (n*» 3,889, 3,894 et 3899) : H. om. 61. — L. o m. 49 (1).

Charlea-Amédée VANLOO

A La Muette.

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Amédée Vanloo, pendant Tannée 1763 (2).

Ce tableau d'optique est composé des vendes royales ; les emblèmes qui les caractérisent et tous les accessoires de ce morceau, vus à travers une série à facettes, concourent à représenter très exactement le portrait de Sa Majesté.

Il est disposé à la Muette, dans le cabinet de physique de Sa Majesté.

M. le Directeur a accordé pour ce morceau. . 3,ooo livres. Plus, déboursé par l'auteur pour fixer la lunette d'une manière stable 72 »

Le parfait payement est en date du 12 juin 1768 (Exercice 1763) :

Au sieur Amédée Vanloo, peintre, 72 livres pour faire, avec

(1) Sur un relevé du compte de cet artiste, pour l'exercice 1771 (A. N. O' i93t), on trouve cette mention :

• Exercice 1771. « Aux héritiers de M. L. Vanloo. Payement de deux mémoires comprenant trois tableaux ; le portrait du roi en pied, et les deux autres Madame la Dauphine et Mgr le comte de Provence. Montants à 8,000 livres. »

3,ooo à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1763, en billets de l'emprunt du 16 mars 1760, le 12 octobre 1767, le parfait payement de 3,072 livres à quoy montent tant un tableau représentant le Roy, qu'il a fait en 1763 pour être posé à la Muette dans le cabinet de physique de Sa Majesté que menues dépenses.

Portrait du Dauphin.

Michel Van Loo mourut en 177!, laissant inachevé un portrait du Dauphin destiné au duc de la Vauguyon(i); pour le terminer on s'adressa à son frère Amédéc, et l'artiste perçut 1,000 livres pour ce travail (a) :

« Amèdée Vanloo, 1,000 livres pour un tableau représentant le portrait de Mgr te Dauphin, peint par M. Louis-Michel Vanloo, et terminé pour l'habillement par M. Atnédée Vanloo ».

Le paiement est en date du 14 février 1779 (Exercice 1771) :

Au sieur Charles- A médée Vanloo, peintre, 1,072 livres pour faire, avec 3,ooo à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1763, en billets de l'emprunt du 16 mars 1760, le 12 octobre 1767, le parfait payement de 4,072 livres, à quoi montent deux tableaux qu'il a faits, le premier, en 1763, représentant le Roy et le second, en 1770, représentant M. le Dauphin.

Comme on le voit, le portrait du Roi, visé ici, n'est autre que le tableau d'optique, dont il a été parlé plus haut. Le trésorier avait dû oublier l'ordonnance de 72 livres, du 13 juin 1768, et le réordonnancer avec le prix du portrait du Dauphin. L'artiste gagna 72 livres a cette méprise.

Aux Gobelins.

Au mois de mars 1754, Lépicié soumettait à de Marigny le projet suivant relatif à une tenture pour les Gobelins, dont l'exécution devait être confiée k Carie Vanloo (3) :

« Dans le 1*' tableau, on pourroit représenter une sultane à sa toilette, entourée de ses suivantes ; les unes occupées à la coeffer, d'autres à préparer ses ajustemens, et le reste employées à brûler des parfums. La scène se passeroit dans un appartement où le peintre donneroit carrière à son

(1) A. N. O' 1934» : lettre du 19 septembre 1771.

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imagination pour la richesse des ameublements et le goût de la décoration.

« Dans le 2* tableau, on feroit voir des odalisques s'amusant à différons travaux agréables comme de broder, de travailler en tapisserie et de filer. D'autres femmes, d'un ordre inférieur, prépareroient des laines, des soyes, du fil d'or et d'argent. Les odalisques auroient pour attelier une grande salle, dont les fenêtres donneroient sur un verger délicieux.

« Le 3* tableau représenteroit une sultane, fumant et humant le caffé avec ses favorites dans un bosquet, embelli de fontaines rustiques, de caisses de jasmins et de grenadiers. Pour jetter plus de variété et de contraste dans l'ordonnance du tableau, on feroit servir le sultan et sa suite par des eunuques noirs et des nains.

« Le 4* tableau auroit pour sujet un concert de voix et d'instrumens, exécuté à la manière du pays par de belles filles, toutes habillées plus richement les unes que les autres. Cette musique se feroit dans un grand salon rond, décoré de glaces et d'arabesques.

« Le 5* tableau donneroit l'idée d'une fête galante, qui se passeroit dans les jardins du sérail. Des odalisques en feroient les honneurs : les unes formeraient des guirlandes de fleurs, d'autres en orneraient la statue de l'Amour placé dans une niche de mirte, et le reste de la troupe danserait au son des tambours de basque et des castagnettes. Un buffet de verdure, couvert de différents fruits, que des esclaves africaines arrangeraient, achèverait de fournir au peintre la diversité des tons pour les chairs et pour le goût des étoffes. »

Les Bâtiments entrèrent dans les vues de Lépicié, et la commande dut être confirmée à Carie Van Loo.

Comme Coypel l'avait déjà fait pour la Tenture de Dresde (1), Van Loo, au lieu de présenter les esquisses des modèles, fit des tableaux de chevalet, que la marquise de Pompadour se réserva pour sa chambre à coucher de Bellevue.

Deux de ces tableaux furent exposés au salon de 1755, et le mémoire suivant était passé sur l'exercice 1754(2) :

Mémoire de trois tableaux placés dans la chambre à

coucher de Madame la marquise de Pompadour à Bellevue :

1 0 Deux Odalisques travaillant à la tapisserie. 1 ,5oo livres.

20 Une Sultane fumant et prenant son caffé. . 1 ,5oo »

3° Une Turque jouant d'une espèce de guitare. 1,200 »

Ensemble 4,200 livres.

Mais, pour une raison ignorée, Carie Van Loo ne poursuivit pas cette

(1) Cf. page 122 supra.

série et ne donna aucun des grands modèles pour les tapisseries des Gobelins. Après sa mort, la commande fut reportée à son neveu Amédée, comme l'atteste cette indication, à la date de 1772, prise d'un État des commandes officielles en 1774 (1) :

• Amédée Vanloo. A lui ordonné cinq grands tableaux dont les sujets sont choisis dans les modes ou costumes orientales (sic). Ces tableaux sont destinés à être exécutés en tapisserie aux Gobelins. Il y en a un fait et livré. Estimés chacun 4,5oo livres. Ensemble 22,5oo livres. •

L'artiste n'exécuta toutefois que quatre tableaux, dont voici le mémoire (2) :

Mémoire de quatre tableaux faits pour le service du Roy, etc., par le sieur Amédée Vanloo, pendant Tannée 1772, lesquels ont été déposés aux Gobelins le 6 juin

i° Tableau, de i5 pieds de long sur 10 de haut, représentant une Sultane fumant sa pipe, servie par des eunuques noirs et sultannes. Estimé 5, 000 »

20 — de 12 pieds de long sur 10 de haut, représentant la Toilette de la sultane . Estimé 4,000 »

3° — de 12 pieds de long sur 10 de haut, représentant la Sultane qui commande de l'ouvrage aux odalisques. Estimé 4,000 »

40 — de i5 pieds de long sur 10 de haut, représentant une Féte champêtre donnée par les odalisques en présence du sultan et o)e la sultane. Estimé 5,ooo »

Ensemble 1 8.000 livres.

Ces tableaux figurèrent aux salons de 1773 et de 1775; le parfait paiement est en date du 3 avril 1784 (3) :

Au sieur Amédée Vanloo, peintre du Roy, 5,ooo livres pour faire, avec i3,ooo à luy ordonnées acompte sur l'exercice 1776, le parfait payement de 18,000 livres, à quoi montent quatre tableaux, le premier représentant une Sultane fumant sa pipe, le second la Toilette de la sultane, le troisième la Sultane qui commande de l'ouvrage aux odalisques, et le quatrième une Féte

(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762- 1786).

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