‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 19 sur 130 · JEACQU ES-ANTOINE BEAUFORT · texte numérisé non relu

JEACQU ES-ANTOINE BEAUFORT

11 tigura au Salon de 1781, et le parfait payement est en date du 7 mars 1783 (1) :

Au sieur Bardin, peintre, 1,000 livres pour faire, avec 600 à luy ordonnées à compte sur l'exercice 1780 le 2 mars 1781, le parfait payement de 1 ,600 livres à quoi monte un tableau, représentant Y Adoration des Mages, qu'il a fait pour le service du Roi pendant les années 1780 et 1781 .

Actuellement à Fontainebleau, dans la chapelle Sainte-Trinité : H. 2 m. 38 — L. 1 m. 48.

Jean-Antoine BAUDOUIN

Portraits.

On trouve, à l'actif de cet artiste, le mémoire suivant, en date de 1766 (2) :

Mémoire de deux tableaux peints en miniature, pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sr Baudoin, en 1766 :

Le portrait de feu Mgr. le Dauphin 3oo livres.

Un tableau où sont trois figures portraits . . . . 600 »

Jacques-Antoine BEAUFORT La mort de Calanus.

Pour le Salon de 1779, la Direction des Bâtiments avait donné à Bcaufort ce sujet de tableau : le Président Mole saisi par les factieux ; mais ensuite ce motif fut attribué à Vincent, et Beaufort eut à traiter celui de Cjxlanus, philosophe indien, se bride en présence d'Alexandre et de son armée, primitivement destiné à Lagrenéc le jeune. Voici son mémoire f3) :

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785). (a) A. N. O- i933.

;3) A. N. O' nj3i.

Mémoire d'un des dix tableaux pour le service du Roy, fait, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Beaufort, pendant les années 1778 et 1779.

Ce tableau a 10 pieds de haut sur 8 pieds de large.

Il représente Calanus, philosophe indien, montant sur un bûcher en présence d'Alexandre, à qui il fit dire par un officier qu'il comptoit le revoir à Babylone dans trois mois : cette réponse fut une prédiction, car Alexandre mourut à cette époque.

Estimé 3,ooo livres.

Ce tableau lut expose au Salon de 1779; il passa ensuite à la manufacture des Gobclins, et, en 1794, le jury de classement des modèles le rejetait, « le sujet ne rappelant qu'une orgueilleuse folie ».

Actuellement au musée de Caen, où il fut envoyé par l'État en 1872.

La mort de Bayard.

Mémoire d'un tableau pour le service du Roy, fait, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Beaufort, pendant les années 1780 et 1781 (1).

Ce tableau a 10 pieds quarrés.

Il représente la mort du chevalier Baj'ard.

Estimé 4,000 liv.

Ce tableau fut exposé au Salon de t~Hi ; il passa ensuite aux Gobelins et le jury de 1794 le rejeta, trouvant le sujet « inadmissible ».

Actuellement au musée de Marseille, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 3 m. i() — L. 3 ni. 22.

Le duc de Guise chez le président du Harlay.

Mémoire d'un tableau pour le service du Roy, fait, sous les ordres de M . le comte d'Angiviller, par le sieur Beaufort, pendant les années 1782 et 1783 [2).

■3) A. N. O' io3 1.

ALEXIS-SIMON BELLE ig

Ce tableau a 8 pieds de large sur 10 de haut.

Il représente le duc de Guise che\ le président du Harlay.

Estimé 3,ooo livres.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1783 ; il passa ensuite aux Gobelins, et fut rejeté par le jury de 1794 « sous le rapport des idées républicaines ».

Alexis-Simon BELLE

Portrait de Louis XV.

A la mort de Belle, l'Académie demanda à sa famille la liste de ses ouvrages les plus estimés; on lui répondit : • Le portrait de Sa Majesté en pied, celui de la Reine et de mesdames de France, celui de Mme l'infante d'Espagne, princesse du Brésil, celui du roi Stanislas de Pologne, etc. (1). »

Le portrait de Louis XV fut exécuté en 1734, le roi avait alors quatorze ans; l'artiste fut payé le i5 juin 1724 (Exercice 1724) :

Au sieur Belle; peintre, la somme de 700 livres pour son payement d'un tableau représentant le portrait du Roy, qu'il a fait pour le service de Sa Majesté pendant l'année 1724.

Ce portrait figure actuellement au musée de Versailles (n» 4388), où le catalogue le porte aux inconnus de l'école française : H. o m. 99. — L. 1 m. 34; forme ovale (a).

Louis XV, âgé de quinze ans, porte un habit rouge richement orné de parements dorés, avec le cordon du Saint-Esprit; la main droite est légèrement placée sur le coté et il montre de la gauche un portrait en ovale de l'infante d'Espagne, qui lui était alors fiancée et qui est habillée d'une robe de brocart d'or et tient des Heurs. Le jeune roi est représenté jusqu'en dessous des genoux et les indications de la famille de Belle portent que le portrait fait par cet artiste était en pied ; mais cette contradiction n'est qu'apparente et elle est bientôt levée quand on observe, à la droite de la composition une téte d'Amour et, quelques lignes en deçà, une moitié de

! 0 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie de peinture, t. Il, p. 2 33.

(2) F. Engcrand, Les portraits de Louis XV et de Louis XVI au château de Versailles {Nouvelle Revue, i5 mars 1897). — De Nolhac et Pératé, Le musée national de Versatiles, p. 173.

TABLEAUX COMMANDÉS POl'R LE ROI

palette et des pinceaux. Cette constatation atteste, en eflet, que la toile fut fortement amputée et que l'artiste avait posé, à la droite de son tableau, un petit Amour, personnifiant la Peinture et montrant au Roi le portrait de la petite princesse; il arrive ainsi que les proportions restituées de ce troisième personnage complètent le portrait de Louis XV et témoignent que, primitivement, le jeune monarque fut représenté en pied.

Cette charmante peinture, que M. de Nolhac a placée dans les appartements du Dauphin réorganisés, concorde comme âge avec celui de Louis XV à l'époque où Belle le représentait; l'identification en devient certaine quand on compare le portrait de l'infante d'Espagne, exécuté par le même artiste (nn 4381 de Versailles), avec celui qui figure dans cette composition (1).

(1) L'un des premiers actes d'un roi était toujours de faire exécuter son portrait qui, multiplié à d'innombrables exemplaires par l'école des jeunes copistes qui travaillaient à Versailles d'après les modèles de choix, était oll'ert aux cours étrangères, aux bonnes villes, aux grands dignitaires du royaume. Voici, parmi les premiers portraits de Louis XV, ceux qui furent commandés, en dehors de la direction des Bâtiments, et que naturellement cette administration n'eut pas à payer.

Le premier portrait officiel de Louis XV, roi de France, date de 1716; il est de Rigaud. Le 18 août 1716, une lettre de cachet était envoyée au prieur de Saint-Denis aux fins de délivrer au peintre les ornements royaux (A. N. K. i36, n» 19) :

• De par le Roy, Cher et bien amè, ayant ordonné au sieur Rigaud, « peintre, de faire notre portrait en grand, habillé de nos ornemens « royaux, nous vous faisons cestc lettre de l'avis de notre très cher et très « amé oncle le duc d'Orléans, Régent, pour vous dire que notre intention « est que vous remettiez audit sieur Rigaud ceus qui sont en dépôt dans le « trésor de votre abbaye pour lui servir de modcllcs, lesquels il aura soin « de vous remettre aussy tost que son ouvrage sera finy. Si n'y faites faute, « car tel est notre plaisir. Donné à Paris, le 18 aoust 1716. Louis. »

Ce portrait figure actuellement à Versailles sous le n» 36o.3 : H. 1 m. 89 — L. 1 m. 35. — Signé : Fait par Hyacinthe Rigaud en septembre Cette date désigne à coup sûr l'époque où le jeune roi posa devant l'artiste; car on fit dans le ÎS'oui'eau Mercure de juin 1717 : « Le portrait du roi, que le sieur Rigaud avoit commencé dès le mois de septembre 1716 et qu'il n'a fini que depuis quelques jours, fut présenté, le 7 juin 1717, parce peintre célèbre à Monseigneur le duc Régent. On le porta, le 10, à Sa Majesté, qui parut fort aise de le trouver dans son cabinet, parce qu'il est très beau et très ressemblant. ■•

Ln 1718, nouveau portrait du roi; l'artiste, désigné par le Régent, est l'un des élèves de Rigaud, Jean Ranc, qui sera, quelques années plus tard, I: premier peintre de la cour d'Espagne. Jusqu'à ce jour, on ignorait que Ranc ait exécuté le portrait de Louis XV ; il n'est plus permis d'en douter après la lettre de cachet suivante, réclamant pour cet artiste les ornements royaux, déposes à Saint-Denis (A. N. K. i3y A, n* 2; :

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