‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 22 sur 130 · MICHEL-BRUNO BEI.LENGÉ · texte numérisé non relu

MICHEL-BRUNO BEI.LENGÉ

Il a été ordonne pour servir de modèle à un tapis, qui a été exécuté à ladite manufacture pour le boudoir turc de l'appartement de la Reine à Fontainebleau.

Au centre, on voit une étoile, ornée de croissans enlacés et laissant échapper des guirlandes de perles ; cette étoile est encore environnée d'une autre guirlande composée de fleurs se liant à divers autres ornements comme turbans, aigles, palmes, cassolettes, masques et corbeilles de fruits, le tout dans une bordure feinte d'or, chargée de perles et de rubis.

Ledit tableau estimé 1,200 livres.

Le paiement est en date du 3 août 1779 (1) :

Au sieur Bellanger, peintre, 1,200 livres pour son paiement d'un tableau, qu'il a fait, en 1777, pour servir de modèle à un tapis, qui a été exécuté en tapisserie à la Manufacture royale de la Savonnerie pour l'appartement de la Reine à Fontainebleau.

— En 177g, cet artiste composait un autre modèle, pour la chambre à coucher de la Reine à Versailles; voici son mémoire (2) :

Mémoire d'un tableau fait, pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Bellengê, peintre du Roy, pendant les années 1779 et 1780.

Ce tableau, destiné à servir de modèle pour un tapis de pied pour la chambre à coucher de la Reine à Versailles, a 28 pieds 2 pouces de hauteur sur 3o pieds 8 pouces de large, ayant une échancrure de cheminée de 7 pieds 4 pouces sur 2 pieds 6 pouces remplie.

Ledit tableau estimé 3,5oo liv.

Le parfait paiement est en date du 7 mars 1783 (3) :

Au sieur Bellengé, peintre, 1,000 livres pour faire, avec 2,5oo à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1780, le parfait paiement de 3, 5oo livres à quoi monte un tableau, servant de modèle d'un

1 1) Archives du Louvre. Registre d ampliations (1762-178?). (2) A. N. O' iq3 1.

^3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1783).

TABLEAUX COMMANDÉS POl R LE ROI

tapis de pied, exécuté en tapisserie pour la chambre à coucher de la Reine au château de Versailles, qu'il a fait pendant les années 1779 et 1780.

— En 1781, il travaillait encore pour les appartements de la Reine, comme l'atteste ce mémoire (1) :

Mémoire d'un tableau et autres objets faits pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller. par le sieur Bellengé', pendant Tannée 178t.

Ce tableau, destiné à servir de modèle d'un tapis de pied pour le cabinet intérieur des appartements de la Reine à Versailles, à 20 pieds de long sur 14 pieds de large, ayant une échancrure de cheminée. 2,400 livres.

Plus un modèle de banquettes de 6 pieds 6 pouces sur 2 pieds 6 pouces.

Trois autres modèles de banquettes de 6 pieds 6 pouces sur 2 pieds de large.

Trois modèles de tabourets de 2 pieds 6 pouces quarrés.

Trois autres modèles de tabourets plus petits ayant 2 pieds quarrés.

Plus deux objets de milieu pour varier dans les modèles de tabourets, ayant 17 pouces de long sur un pied de large.

Lesdittcs banquettes, tabourets et objets de milieu estimés

Total 3,576 »

Le parfait paiement est en date du 6 janvier 1784 (2) :

Au sieur Bellengé, peintre, 1,576 livres pour faire, avec 2,000 à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1781, le 4 juin 1783, le parfait payement de 3,576 livres à quoi monte un tableau destiné à servir de modèle d'un tapis de pied et d'autres objets exécutés en tapisserie à la manufacture royale de la Savonnerie

(1) A. N. O' iy3i.

(2) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (17G2-178V1.

MICHEL-BRUNO BELLENGÉ

pour le cabinet intérieur de la Reine au château de Versailles, que ledit Bellengé a fait en 178 1.

En 1783, on relève le mémoire d' ■ un tapis pour te cabinet doré de la Reine à Versailles, de 9 pieds 8 pouces de large sur i3 pieds 6 pouces de long », au prix de 1,200 livres (1).

Bellengé livra encore à la Savonnerie d'autres modèles de tapis; on trouve ainsi :

En 1780, le • mémoire d'un tableau, fait pour le service de M*1* la comtesse d'Artois, de 22 pieds 4 pouces de long sur 1 1 pieds 2 pouces de large, livré à M. Duvivier le fils, entrepreneur de la manufacture de la Savonnerie à Chaillot, le 14 juillet 1780, pour servir de modèle à un tapis qui s'exécute à la dite manufacture a; le prix de ce tableau est de 2,400 livres (2);

En 1782, un mémoire de 3,400 livres « pour un modèle pour un tapis de pied de la chambre du Roi à Versailles, de 2 5 pieds 7 pouces de long sur 20 pieds de large » (3) ;

En 1784, un mémoire de 2,000 livres « pour un tableau destiné à servir de modèle pour le tapis de l'intérieur de l'alcôve de la chambre à coucher du Roi a Versailles, de 19 pieds 5 pouces de long sur 1 1 pieds 5 pouces de large . (4) ;

Enfin, en 1785, uu autre mémoire de 3,6oo livres pour un modèle de 23 pieds sur 20 (5).

{1) A. N. O' 193t. — Le paiement est en date du 4 février 1785 (Archives du Louvre. Registre d'ampliations : 1762-1785).

(2) A. N. O' 1931. — Dans un autre mémoire, on lit: « destiné à servir de modèle pour un tapis de pied pour l'appartement de M- la comtesse d'Artois à Versailles. » — Le parfait paiement est en date du 29 avril 1782 (Archives du Louvre. Registre d'ampliations : 1762-1785).

(3) A. N. O' 1931. — Le paiement est en date du 3 avril 1784. Bellengé est alors qualifié pour la première fois t peintre du Roi » (Archives du Louvre. Registre d'ampliations : 1762-1783).

(4) A. N. O* 1933. — Le paiement est en date du 4 février 1785 (Archives du Louvre. Registre d'ampliations : 1762-1783).

Jean-Simon BERTHELLEMY

Eustache de Saint-Pierre.

Mémoire d'un des dix tableaux pour le service du Roy, fait par ordre de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Barthélémy, pendant les années 1778 et 1779(1).

Ce tableau a 10 pieds en quarré.

Il représente V Action courageuse d'Eustache de Saint Pierre, amené dans le camp d'Edouard III, roi d'Angleterre.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1779.

Le parfait paiement est en date du 4 février 1780 (3) :

Au sieur Barthélémy, peintre, 1,400 livres pour faire, avec 2,600 a lui ordonnés acompte sur l'exercice 1779, le parfait paiement de 4,000 livres à quoi monte un tableau représentant V Action courageuse d'Eustache de Saint-Pierre, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les années 1778 et 1779.

Actuellement au musée de Laon : H. 3 m. 19 — L. 3 m. i5.

Mort d'Étienne Marcel.

Pour le Salon de 1779, la Direction des Bâtiments avait donné à Jean- Baptiste Le Prince le choix entre les trois sujets suivants (3) :

(1) A. N. O' 19? 1 — Au Salon de 1777, Berthellcmy avait déjà exposé un tableau de 9 pieds de haut sur 12 et demi de large, intitulé le Siège de Calais, et dont le motif était également emprunté à la démarche fameuse d'Eustache de Saint-Pierre.

(2 Archives du Louvre. Registre d'ampliations [ 1 762-1785).

(3; A. N. O' 1923 : Propositions des sujets que MM. Le Prince et Renou pourraient exécuter pour le Salon 1 7 79 .

JFAN-SIMON BERTHF.LLFMY

« Pierre Maillard tue Marcel, prévôt des marchands, auteur de la révolte sous Charles VI.

• La Hire répond à Charles VII qui leconsultoit sur des habits de bal... « Sire, on ne peut perdre un royaume plus gayement. *

« Le maréchal de Biron, nommé cordon bleu, ne présente que quelques titres qu'il porte luy même au Roy, et, montrant son épéc, il dit : « Sire, • voicy le surplus de mes titres. ■•

Après quelques hésitations (i), on se mit d'accord pour le premier sujet, et Le Prince commença son tableau.

Trois acomptes de 1,000 livres lui furent versés les 27 janvier et

(1) Voici les conclusions du rapport :

« Le premier sujet a déjà été proposé et n'a contre luy que l'ancienneté. Le second est agréable puisque l'on peut y introduire la belle Agnès et sa cour. Mais il sent un peu la leçon et l'usage ne l'admet guères. Le troisième tient de cette ancienne bravoure qui frise la familiarité ; ce qui plaît entre un Roy gascon et son sujet gascon n'est pas certain de la réussite dans les cours actuelles qui ressemblent plus à celle de Xcrxès ou d'Assuérus qu'à celles du commencement de la troisième race et des tems de nos troubles. D'où l'on conclut que l'on pourroit donner à M. Le Prince le sujet de Bayard qu'il propose et dont il est si rempli que, par les détails qu'il en fait, il est à prévoir qu'il ne ressemblera ny par le fond ny par les accessoires à celui qui fut exposé au dernier Salon. Le voicy tel qu'il le sent :

« Bayard, après avoir été long temps malade chès un gentilhomme, refuse 2,5oo ducats que la femme luy présente dans une cassette, comme une marque de sa reconnoissance d'avoir épargné sa maison et sauvé l'honneur de ses filles, dans les désordres de la guerre. Le chevalier, pressé au point de ne pouvoir s'en défendre, accepte et demande a prendre congé des demoiselles. En faisant ses adieux, il remet à chacune d'elles 1,000 ducats et les prie de distribuer les 5oo restant aux couvents des religieuses, qui ont le plus souffert. Ce sujet admet beaucoup de personnages d'autant qu'outre la famille, les écuyers du chevalier s'empressent pour le départ.

■ L'on pourroit dire une seule chose : ne seroit-il pas convenable, afin de remplir le plan, de faire passer sous les yeux du public differens personnages vertueux'? à quoi l'on peut répondre qu'il est à peu près égal dé suivre un héros; ou de le reprendre à différentes fois, que le public est assez indifférent sur les sujets; et qu'enfin il y a tout a gagner si l'on profite de l'enthousiasme de l'artiste. «

Ce sujet de Continence de Bayard avait, en effet, été, au précédent salon de 1777, traité par Du Rameau ; on ne donna pas suite à cette idée, et l'on s'en tint au premier sujet indiqué.

8 avril 1779 (i) et 17 mars 1780 (2). Le tableau, toutefois, ne parut pas au Salon de 1779; l'artiste mourut en 1781, laissant vraisemblablement son œuvre inachevée, car la Direction des Bâtiments faisait état de ces trois acomptes pour parfaire le paiement d'un tableau, représentant un Cabaret russe, et de deux dessins, acquis de sa succession en échange de l'œuvre commandée et partiellement payée (3).

Pour le Salon de 1783, ce sujet de la Mort d'Étienne Marcel fut repris par Berthellemy ; voici son mémoire (4) :

Mémoire d'un tableau pour le service du Roy, fait sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Berthellemy pendant les années 1782 et 1783.

Ce tableau a 8 pieds de large sur 10 de haut.

11 représente Maillard qui tue Marcel, prévôt de Paris.

Estimé 3,ooo livres.

Le parfait paiement est en date du 21 janvier 1783 (5) :

Au sieur Berthellemy, peintre du Roy, i,5oo livres taisant, avec i,5oo àluy ordonnés acompte sur l'exercice 1783, le parfait paiement de 3, 000 livres à quoi monte un tableau représentant Maillard qui tue Marcel, prévôt de Paris, qu'il a fait en 1782 et 1783 pour le service de Sa Majesté.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1783; il passa ensuite aux Gobelins, et, en 1794, le sujet en était rejeté par le jury chargé du classement des modèles.

Manlius Torquatus.

Pour le Salon de 1785, Berthellemy proposa à la Direction des Bâtiments les deux sujets suivants : « La Mort du duc de la Force et le bonheur du dernier de ses fils qui échappa à la cruauté de Coconas et ses complices » — « Manlius condamne son fils à mort, quoique victorieux, parce qu'il avoit combattu, malgré la dctTcnse du consul ». Ce second

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations ( 1762-1 7851. (3) Journal du trésorier de 1778 ;.\. N., O' 2278"';.

(3) Voir cette ordonnance de paiement dans notre seconde partie, relative aux tableaux achetés pour le Roi.

\?) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-178!)).

JFAN-SIMON BERTHELLEMY

sujet fut agréé, et le tableau figura au Salon de cette année ; voici le mémoire de l'artiste (i) :

Mémoire d'un tableau pour le service du Roy, fait, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Berthélemy, peintre du Roy, pendant les années 1784 et 1785.

Ce tableau a 10 pieds de haut sur 8 de large.

Il représente Manlius Torquatus condamnant à mort son fils, quoique vainqueur, pour avoir combattu malgré la deffense des consuls.

Estimé 3,ooo livres

Ce tableau fut réexposé au Salon de 1791 ; il passa ensuite aux Gobclins d'où, en 1794, le jury de classement des modèles le rejetait « sous le rapport de l'art, bien que le sujet en fût vraiment républicain ».

Actuellement au musée de Tours, où il fut envoyé par l'Etat en 1806 : H. 3 m. 26 — L. 2 m. 65 — Signé : Berthélemy iy85.

Reprise de Paris sur les Anglais en 1486.

Berthellemy avait proposé ces deux sujets pour le Salon de 1787 : la reprise de Paris sur les Anglais en 14^6, ou la démarche, faite au nom de Charles V près de Du Guesclin, pour lui remettre son épée de connétable qu'il avait renvoyée (2); le premier sujet fut agrée.

Par un singulier hasard, le tableau de Berthellemy, qui figura au Salon' de 1787, fut omis au catalogue; M. Guiffrey en a cependant trouvé la mention suivante, manuscrite dans un livret appartenant à M. G. Duplessis (3) :

« Reprise de Paris sur les Anglais parjes troupes de Charles VII en 1436. Le connétable de Richcmont accueille avec transport Michel le Tellicr (lire : Laillier), et les fidèles Bourgeois qui avoient favorisé l'entrée de ses troupes dans la ville. Le maréchal de PIsle-Adam leur montre les lettres d'amnistie et de confirmation de privilèges. »

Voici le mémoire de Berthellemy (4) :

(3) Livret du Salon de 1 787.

Mémoire d'un tableau pour le service du Roy, fait, sous les ordres de M. le comte d'Angivillcr, par le sieur Derthellemy, peintre du Roy, pendant les années 1786 et

Ce tableau a 10 pieds de hauteur sur 8 de large.

Il représente le Connétable de Richemont accueillant favorablement les fidèles bourgeois de Paris, qui, lors de la prise de cette ville par les Anglais, l'avoient aidé à les en chasser.

Estimé 3,ooo livres.

Actuellement au musée de Versailles (n* 33) : H. 3 m. 33 — L. 2 m. 6a.

Constance d'Éléazar.

Mémoire d'un tableau pour le service du Roy, fait, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Berthellemyy peintre du Roy, pendant les années 1788 et

Ce tableau a 10 pieds sur 8.

Il représente la Constance dyÈléa\ar.

Estimé 3,ooo livres (1).

Ce tableau fut exposé au Salon de 1789; il passa ensuite aux Gobelins, d'où, en 1794 il était rejeté, par le jury de classement des modèles, « sous le rapport des idées fanatiques ».

Actuellement au musée d'Angers, où il fut envoyé par l'Etat en 1799 : H. 3 m. 3o — L. a m. 66. — Signé ; Berthelemy, 1789.

Nicolas BERTIN A Versailles.

En 1708 et 1709, cet artiste fit, avec Christophe et Dieu, les dessins d'après lesquels furent exécutés les vitraux de la chapelle de Versailles; le paiement est en date du 10 mai 17 10 :

FRANÇOIS BOUCHER 3û

Aux sieurs Bertin, Dieu et Christophe, 1040 livres pour le paiement des tableaux qu'ils ont faits pour servir aux peintures des vitraux de la chapelle de Versailles en 1708 et 1709.

Aux Tuileries.

En 1720, Bertin fut chargé avec Leclerc, Vernansal, Christophe, Cazes et Gallochc, de la décoration du plafond de la salle des Machines du palais des Tuileries. VÉtat des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis 17 16 jusqu'et compris 172g (i), décrit ainsi son travail : « Un tableau de 4 pieds et demi de diamètre, représentant des Enfants qui jouent de ta flûte. • 11 demanda 600 livres; les Bâtiments lui en accordèrent 3oo, dont il fut payé le iS novembre 1721 (Exercice 1720) :

Au sieur Bertin, peintre, la somme de 3oo livres pour son payement d'un tableau, qu'il a fait pour le plafond de la salle des Machines du palais des Tuilleries pendant l'année dernière.

François BOUCHER

A Versailles.

i° Chambre de la Reine.

En 1735, Marie Leczinska ht changer la décoration de la chambre qu'elle occupait à Versailles (2) : on employa à cet effet les peintres Belle, de Troy, Natoire et Boucher. Ce dernier eut à refaire les quatre compositions qui accompagnaient le plafond, à la place de celles que Gilbert de Sève avait exécutées pour Marie-Thérèse et qui avaient beaucoup noirci.

Il peignit donc en camaicu quatre allégories sur la Charité, l'Abondance, la Fidélité, la Prudence; l'ouvrage fut achevé en 1733, le paiement est en date du 20 janvier 1738 (Exercice 1735) :

Au sieur Boucher, peintre, 1,000 livres pour son payement

(3) De Nolhac. Le château de Versailles sous Louis XV. p. 10 1 et suiv.

de quatre tableaux en grisaille, qu'il a faits pour la chambre à coucher de la Reyne, au château de Versailles, pendant l'année i735.

Ces peintures se trouvent actuellement encore à Versailles, dans la chambre de la Reine (pièce n* 1 15) (t).

2° Cabinets de la Reine.

En 1732, des remaniements assez considérables furent apportes aux cabinets de Marie Leczinska (2); Boucher exécuta en 1738, très vraisemblablement pour le cabinet de retraite de la Reine (3), deux tableaux dont le parfait paiement fut effectué le ib décembre de la dite année :

Au sieur Boucher, la somme de 5oo livres pour faire, avec 1 , 5oo à lui ordonnez les 1 7 septembre et 5 novembre derniers, le parfait paiement 2,000 livres à quoy montent deux tableaux, représentant des Jeux d'en/ans, qu'il a faits pour le cabinet de la Reyne au château de Versailles dans la présente année.

3° Galerie des petits cabinets du Roi.

Les petits cabinets du Roi, qui devaient jouer un rôle si considérable dans la vie de Louis XV, comportaient, indépendamment des autres divisions, deux pièces principales, la bibliothèque et la petite galerie (4).

Pour orner cette dernière pièce, Louis XV, en 1736, commanda une série de six chasses étrangères : de Troy eut à faire la Chasse du lion; Parrocel, la Chasse de reïèphant ; Carie Van Loo, ta Chasse de l'ours; Lancrct, la Chasse du léopard; Pater, la Chasse chinoise; Boucher, la Chasse du tigre.

Sauf celui de Pater, qui ne fut porté qu'à 2,000 livres, ces diflérents tableaux furent évalués 2,400 livres ; le parfait paiement du tableau de Boucher est en date du i3 mars 1737 :

Au sieur Boucher, peintre, 1,200 livres pour faire, avec les

(1) En octobre 1785, les peintures de la chambre de la Reine furent « nettoyées » par Godcfroid : « Avoir ncttoié deux dessus de porte, l'un de Natoirc, l'autre de de Troye, et quatre bas-reliefs ou grisailles de Boucher, 72 livres. » (A. N. o'ig33).

(2) De Nolhac. Le château de Versailles sous Louis XV. p. 118.

(3) « On y remarque des tableaux de paysages et des sujets champêtres en dessus de portes, lesquels sont de Boucher. » (Bruzen de la Martinière, Grand dictionnaire géographique, p. 117.)

(4) De Nolhac, op. cit., p. 175.

FRANÇOIS BOUCHER 41

1,200 livres à luy ordonnés le 7 janvier 1737, le parfait payement de 2,400 livres à quoy monte un tableau représentant la Chasse du tigre, qu'il a fait pour la petite gallerie du château de Versailles pendant l'année dernière.

L'Inventaire général des tableaux qui ont été faits pour le service du Roy, qu'il faut ajouter à l'inventaire général fait en 1 70g, jusqu'en 17^7 (1), signale ainsi la composition de Boucher :

Un tableau représentant des Turcs qui combattent contre des tigres, dont un paroit très effrayé; dans le fond duquel paroit un beau soleil; haut de 5 pieds 10 pouces sur 3 pieds 1 1 pouces de large; cintré par le haut à oreilles; dans sa bordure dorée.

Indépendamment de ce tableau, Boucher eut encore à faire, en 1738, pour la même pièce, une Chasse au crocodile ; le paiement est en date du 20 avril 1739 (Exercice 1738) :

Au sieur Boucher, 1,400 livres pour faire, avec les 1,000 à luy ordonnez le 8 avril, le parfait payement de 2,400 livres à quoi monte un tableau représentant la Chasse du crocodille, qu'il a fait pour les petits appartemens du Roy à Versailles pendant Tannée dernière (2).

Ces deux tableaux de Boucher sont actuellement au musée d'Amiens, où ils furent envoyés par l'État en 1802, à l'occasion du Congrès de la Paix : H. 1 m. 74 — L. 1 m. 29.

A Fontainebleau.

i° Petits appartements du Roi.

En 1737, de grands travaux furent faits à Fontainebleau : le Roi avait, en effet, décidé d'apporter à la distribution des appartements de ce château des changements importants (3). La décoration des petits appartements fut répartie entre Carie Van Loo, Lancret, Parrocel, Chavannes, de Troy, Natoire, Galloche et Boucher; ce dernier eut à faire quatre tableaux, dont il fut payé le 4 décembre 1737 :

(2) En février 1773, la Chasse du crocodile se trouvait à la Surintendance des Bâtiments à Versailles, où le graveur espagnol Molès, demandait et obtenait la permission de le graver (A. N., O' 1909).

(3) Luynes. Mémoires. I. p. 264.

Au sieur Boucher, 2,400 livres pour son payement de quatre tableaux représentant divers sujets de paysages, qu'il a faits pour les petits appartemens du château de Fontainebleau pendant la présente année.

L'Inventaire des tableaux nouvellement faits pour le service du Roy pendant Tannée 17.I7 (1), donne la description, les mesures et l'emplacement de ces quatre tableaux.

Deux se trouvaient dans la • petite salle à manger du roy contiguC à la grande », et représentaient :

Un concert de deux figures sur un fond de paysage, beaucoup de plantes et d'herbages, un dôme s'élève dans le fond du tableau; cintré par le haut, à oreilles par le bas; de 3 pieds 3 pouces sur 2 pieds 9 pouces.

Une femme qui tient un pannier, une autre tient du poisson; mômes forme et figure que le précédent.

Les deux autres figuraient dans le cabinet du roi :

Une femme coiffée d'un chapeau de paille, un enfant sur ses genoux, des pesches et du raisin dans un' pannier, un jeune homme derrière un arbre s'amusant à prendre des oiseaux aux filets, sur un fond de paysage, beaucoup de plantes et d'herbages ; haut de 2 pieds 7 pouces sur 2 pieds 8 pouces ; à oreille haut et bas;

Des petites files qui entourent des moutons avec des guirlandes de /leurs, deux vaches et chèvres, sur un fond de paysage; mêmes forme et mesure que le précédent.

Ces quatre tableaux figurèrent au Salon de 17^7, ainsi désignes : «quatre tableaux ceintres représentant divers sujets champêtres, par M. Boucher, prolesscur »; la mention « faits pour le Roy » ne se trouve pas à la suite, mais, à ce Salon de 1737, elle ne fut portée pour aucune des commandes officielles (2).

(2) M. André Michel, dans son livre sur François Boucher, mentionne que le 7 juillet 1 7^7, où il fut nommé professeur titulaire de l'Académie, Boucher envoya à l'exposition intime qui précéda l'élection» trois tableaux de fantaisie, de figures, paysages et d'animaux, faits pour le Roy c'étaient évidemment trois de ces tableaux destines à Fontainebleau.

FRANÇOIS BOUCHER

Très vraisemblablement, le premier des deux tableaux du cabinet du Roi se trouve actuellement au Louvre (n* 34) : H. o m. 98 — L. 1 m. 45 (1).

2° Salle à manger du Roi.

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy pendant l'année 1748, suivant les ordres de Monsieur Le Normant de Tournehem, par le sieur Boucher^ peintre du Roi et professeur en son Académie (2).

Un tableau de forme contournée, d'environ 4 pieds de haut sur 2 pieds et demi de large, représentant deux Nymphes de Diane au retour de la chasse, peint pour la salle à manger du roi à Fontainebleau.

Estimé 600 livres.

Le paiement est en date du 26 décembre 1748 :

Au sieur Boucher, peintre, 600 livres pour son payement d'un tableau représentant deux Nymphes de Diane au retour de la chasse, qu'il a fait pour le service du Roy en la présente année.

3° Salle du Conseil.

Le !•' mai 1753, le marquis de Marigny chargeait Boucher de l'exécution du plafond de la salle du conseil de Fontainebleau : le reste de la décoration de cette pièce avait été réparti entre Pierre et Carie Vanloo. Boucher se mit activement à l'œuvre, et l'expédia en quelques mois (3).

(1) Cette différence de dimensions provient des modifications, encore apparentes sur la toile, qu'il a dû subir pour être inscrit dans un cadre rectangulaire. Au reste, il a été gravé par Lcmpcrcur « d'après le tableau original appartenant au Roy ». — Le 3o mars 1848, deux tableaux de Boucher, étaient placés au ministère de l'Intérieur; l'un était intitulé Pastorale {2 m. 96 x 1 m. 83), et l'autre Oiseau pris dans les filets (1 m. 5i x 2 m. 07).

(3) Voici, à la date du 14 juillet 1753, le rapport de Lépicié à Marigny sur l'état d'avancement de ces travaux : « Le sieur Boucher travaille sans relâche au plafond de Fontainebleau et le morceau principal et les autres qui doivent l'accompagner formeront un tout que Piètre de Cortone, suivant moi, ne désavouerait pas. Je souhaite, monsieur, pour le bonheur de l'artiste, que vous confirmiez mon sentiment. » (A. N. O, 1907).

Voici son mémoire (i) :

Mémoire de cinq tableaux (dont un grand plafond) qu'il a peints pour le cabinet du Conseil à Fontainebleau pendant Tannée 1753.

Le Soleil qui commence son cours et chasse la nuit.

Les quatre Saisons figurées par des enfants.

Estimés ensemble 4,000 livres.

Dans ce total, le premier tableau était compté 1,600 livres, et les quatre autres 2,400; Boucher dut commencer par ceux-ci, car seuls ils furent exposés au Salon de 1753. La commande entière dut être achevée au mois de novembre 1753, si l'on se réfère au libellé du premier acompte; le parfait paiement est en date du 2 juin 1759 (Exercice 1753) :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, 400 livres pour faire, avec 3,6oo à lui ordonnes à compte audit an, le parfait payement de 4,000 livres à quoi montent cinq tableaux, représentant le Soleil et les quatre Saisons, qu'il a faits pour le cabinet du conseil au château de Fontainebleau pendant l'année 1753.

A Choisy.

En septembre 1739, Louis XV acquérait pour 100,000 écus le château de Choisy, qui avait précédemment appartenu à la princesse de Conty {2). Des travaux importants furent décidés pour mettre cette nouvelle résidence en état (3) ; Francisque Millet, Carcsmc, Dumont le Romain, Aubcrt, et surtout Oudry, Dcsportcs et Boucher furent chargés de la décoration; ce dernier notamment, ne fit pas moins de douze tableaux.

Pour en reconnaître neuf, on ne peut recourir qu'aux seules ordonnances de paiement, d'ailleurs peu précises, en date des i3 avril et 3i octobre 1742 :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, la somme de 900 livres pour son payement de trois tableaux, représentans divers sujets, qu'il a faits pour le château de Choisy pendant l'année dernière.

Au sieur Boucher, peintre du Roy, la somme de 400 livres

(2) Luynes. Mémoires. III. pp. 51,67.

(3) Id. IV. p. 274.

FRANÇOIS BOUCHER 45

pour faire, avec 600 à luy ordonnés le 3 du présent mois, le parfait payement de 1 ,000 livres à quoy ont esté estimés cinq dessus de porte et un tableau servant de devant de cheminée, qu'il a faits pour les appartemens du château de Choisy dans la présente année.

Pour identifier quelques-unes des pièces de cette commande, il faut recourir à l'Inventaire des tableaux du château de Choisy-le-Roy fait le 3o mai i?g2 (1). A cette date, les œuvres d'art de cette maison royale en furent retirées pour être placées au dépôt des Pctits-Augustins, et on comptait cinq tableaux de Boucher, savoir :

Au 1" étage, un paysage, représentant la Vue d'un moulin de Charenton (3) ; deux trumeaux représentant des Groupes d'enfants ;

Au rez-de-chaussée du grand château, la Toilette de Vénus et l'Amour dans les bras de sa mère (3).

La dernière série de tableaux relatifs à ce château de Choisy fut payée le 19 mai 1 745 :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, la somme de 700 livres pour faire, avec 5oo livres à luy ordonnéz le 24 mars dernier des fonds de l'exercice 1744, le parfait payement de 1,200 livres à quoy montent trois tableaux, qu'il a faits pour les appartemens du château de Choisy pendant Tannée dernière.

Ces trois tableaux avaient été réduits de moitié de leur prix d'estimation, comme l'atteste le mémoire suivant (4) :

Mémoire des trois tableaux destinés pour l'appartement des bains à Choisy, faits par ordre de M. Gabriel, premier architecte :

i° V Amour qui caresse sa mère.

20 Vénus qui désarme son fils.

(1) Archives du musée des Monuments français, 2* partie, p. 11. (a) il s'agit peut-être ici du Moulin de Charenton, gravé par Basan.

(3) Deux tableaux à peu prés semblables, sont actuellement au Louvre (n** 43 et 44), mais ils sont dates de 174.), ce qui en rend l'identification assez incertaine avec ceux de la commande ci-dessous, qui furent exécutés en 174?.

3° Vénus qui regarde dormir l'Amour.

Estimé chacun

800 livres.

2,400 livres.

Cy

A la Bibliothèque du Roi.

En 1741, par suite des aménagements nouveaux nécessités à la Bibliothèque du Rot par l'installation du Cabinet des Médailles (i), Boucher eut à faire quatre panneaux, représentant la Tragédie, l'Histoire, {'Éloquence et Y Astronomie .

La Tragédie, signée et datée de 1741, Y Histoire, signée et datée de 1742, furent exposées au Salon de 1743, et ainsi mentionnées au livret :

Un tableau chantourné de 6 pieds de largeur sur pareille hauteur, représentant la Muse Clio qui préside à l'Histoire et à l'éloge des grands hommes : elle est représentée assise, écrivant sur un grand livre supporté par les ailes du Temps, regardant les bustes et médaillons des Héroz, placez au Temple de Mémoire.

Autre de môme forme, faisant pendant, représente la Muse Melpomène : elle préside à la Tragédie, c'est pourquoi on la représente tenant d'une main une épée ou poignard ensanglanté, et de l'autre des sceptres et des couronnes.

L'Eloquence et Y Astronomie figurèrent au Salon de 1746; Boucher fut payé du tout le 3 décembre 1 746 :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, la somme de 2,200 livres pour faire, avec i,8oo livres à luy ordonnés, savoir 1,000 livres sur l'exercice 1742 le i5 may 1743, et 800 sur l'exercice 1744 le 9 décembre de la môme année, le parfait payement de 4,000 livres à quoi montent quatre tableaux qu'il a faits pour la Bibliothèque royale pendant l'année dernière.

Ces quatre tableaux se trouvent actuellement à la Bibliothèque Nationale, dans la grande salle, proche le cabinet de l'Administrateur général.

(1; Voir page i3 supra.

FRANÇOIS BOUCHER

A Marly.

En 1746, à la suite de la mort de la première Dauphine, des modifications furent apportées en vue d'un second mariage du Dauphin, aux appartements de ce prince à Versailles (1). Boucher, à ce propos, eut une commande de deux tableaux sur les sujets suivants : Vénus demandant à Vulcain de forger des armes pour Énée (2), et l'Apothéose d'Énée.

Il advint, sans doute, qu'il y eut plus de tableaux que de places disponibles, par suite d'une commande imprévue de six toiles qui avait été faite à Oudry. Or, pour orner l'antichambre de la future Dauphine à Versailles, on avait tiré de Marly deux tableaux de Fontenay (de 3 pieds 6 pouces sur 4 pieds 5 pouces chacun) (3) ; à leur place, on proposa les deux toiles de Boucher; niais Louis XV, vraisemblablement, dut les trouver à son goût et les réserva pour sa chambre à coucher dans ce château.

La commande pour les appartements du Dauphin et pour la chambre à coucher du Roi à Marly est donc une et identique (4). Voici le mémoire de Boucher (5) :

Mémoire de deux tableaux pour la chambre à coucher du Roy, au château de Marly, peins par Boucher sous les ordres de Monsieur de Tournehem, directeur et ordon-

(ii DeNolhac. Le château de Versailles sous Louis XV. pp. 134 et 137.

(2) En 1732, Boucher avait déjà traité ce sujet, et le tableau figure au Louvre sous le n* 3i. Le catalogue porte qu'il était destiné à être exécuté en tapisserie pour Madame de Pompadour : cette assertion est au moins erronée, car, en 1732, M»' de Pompadour n'avait que 11 ans; et l'on verra, par la suite, que les tableaux sur ce sujet, destinés à être exécutés en tapisserie, étaient différents du n* 3i du Louvre.

(3) Piganiol de la Force. Nouvelle description de Versailles, t. 1, p. 3a6.

(4) Une note, prise à un Etat général des tableaux commandés pour le Roi (A. N. O' 1932}, corrobore cette affirmation : il y est dit, en effet, que les « quatre tableaux commandés pour le grand cabinet de Mgr le Dauphin » furent « placés ailleurs » ; ces quatre tableaux se réduisent donc aux deux ci-mentionnés.

Le changement de destination de ces deux toiles fut décidé pendant que l'artiste y travaillait, car le 14 mars 1747, de Tournehem écrivait à Boucher : « Je suis surpris de n'avoir point entendu parler des tableaux dont vous avez été chargé pour l'appartement du Roy à Marly. Comme la Cour est sur le point d'y faire un voyage, je désirerais fort qu'ils fussent placés pour ce temps » (A. N., O' 1922).

nateur général des Batimens, jardins, arts, académies et manufactures.

Le premier, qui a 4 pieds de long sur 3 pieds et demi de haut, représente Vénus qui prie Vulcain de forger des armes pour Énée; ce tableau est composé de huit figures.

Le deuxième, de même grandeur, est encore plus chargé d'ouvrage; il représente Y Apothéose d'Énée.

Estimés chacun 800 livres.

Cy 1 ,600 >»

\* paiement est en date du 14 février 1748 (Exercice 1747) :

Au sieur Boucher 1 ,600 livres pour son payement de deux tableaux, qu'il a faits pour la chambre à coucher du Roy au château de Marly pendant l'année dernière.

Le tableau des Forges de Vulcain fut exposé au Salon de 1747 (1). Il figure actuellement au Louvre (n» 161 de la collection Lacaze) : H. o m. 92 — L. 1 m. 23 ; ovale. — Signé : F. Boucher, 1 747 (2).

Au concours de 1747.

En 1747, « pour encourager le talent des peintres et les engager à s'y appliquer plus qu'ils ne le font présentement », le directeur des Bâtiments,

(1) Au livret, il est mentionné comme étant de forme ovale. — A ce même Salon de 1747 figura pareillement de Boucher « un tableau esquisse en grisaille, représentant un sujet allégorique d'une thèse dédiée à Mgr le Dauphin»; ce sujet était la répétition du tableau du Roi, et l'on peut l'identifier, vraisemblablement, avec le n° 49 de la salle Lacaze au Louvre, les Forges de Vulcain. Cette grisaille, signée des initiales de Boucher et datée de 1747, n'est point, comme on le pourrait croire, l'esquisse du n° 161 de la même collection, mais la composition spéciale que nous venons de signaler.

(2) Voici la description de l'Apothéose d'Enée d'après la gravure qui fut faite par P.-F. Courtois : Au milieu, Énée, debout, vu de profil, en armes et casqué ; sur un nuage Vénus, descendue de son char pour donner à son fils un casque et un bouclier que portent trois Amours; dans le ciel, à droite, trois femmes et deux colombes; sur la terre, à droite, deux femmes dont l'une assise sur une urne ; à gauche, un Fleuve endormi appuyé sur une urne renversée.

FRANÇOIS BOUCHER

Lenormant de Tournehem, avait décidé que, chaque année, un concours aurait lieu entre dix des officiers de PAcadémie; à cet effet, dix bourses de 100 jetons d'argent et une médaille d'or étaient mises à la disposition de ces artistes. Cette initiative eut peu de succès et ne fut pas poursuivie. Les académiciens désignés, en 1747, au lieu de dix, furent onze : Carie Van Loo, Leclerc, Restout, Galloche, Dumont, Collin de Vermont, Jeaurat, Pierre, Natoirc, Cazcs et Boucher.

Ce dernier prit pour sujet l'Enlèvement d'Europe ; son oeuvre figura au Salon de 1747 dans la grande galerie d'Apollon; ses dimensions étaient de 6 pieds sur 5 de haut.

Il perçut sa gratification le 29 septembre 1747 :

Au sieur Boucher, peintre, i,5oo livres pour son payement d'un tableau représentant Y Enlèvement d'Europe, qu'il a fait en la présente année pour le concours ordonné par sa Majesté.

Ce tableau entra alors dans la collection de la Couronne. 11 figure actuellement au I.ouvre sous le n* 712 : H. 1 m. 62 — L. 1 m. q5 (1).

Les Éléments.

Vers 1749, les Bâtiments commandèrent à Boucher quatre tableaux sur des sujets se rapportant aux Quatre Éléments; il ne put en exécuter que deux qui étaient terminés en 1749, et voici son mémoire (2) :

pendant l'année 1749 suivant les ordres de M de Tournehem, par le sieur Boucher, peintre du Roy.

Deux tableaux carrés longs de 4 pieds de large sur environ 2 pieds et demi de haut, dont l'un représente Arion porté

( i ) Quelques critiques se basant sur le peu de mérite du tableau, ont émis des doutes sur cette identification ; mais il ne faut pas oublier que les artistes ne s'étaient pas gênés pour ce concours, et que l'exécution de leur toile avait dû se ressentir de la pauvreté de leur enthousiasme, Boucher, notamment, fut quelque peu maltraité par la critique, et pour la première fois, il reçut des blâmes auxquels il fut sensible. D'ailleurs, les dimensions primitives concordent et sont aisément reconnaissablcs sur l'agrandissement de la toile.

sur un dauphin, accompagné de Tritons, de Néréides et autres dieux marins ;

l'autre représente Vertumne et Pomone dans un paysage agréable, où les arbres sont chargés de fleurs et de fruits.

Ces deux tableaux, sous les allégories des sujets ci-dessus, représentent l'Eau et la Terre et font partie des Quatre Eléments, desquels il me reste deux à faire.

Estimés chacun 700 livres.

cy 1 ,400 »

Le paiement est en date du 28 septembre 1749 :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, 1,400 livres pour son payement de deux tableaux représentant l'un Orion (sic) porte' sur un Dauphin, l'autre Vertumne et Pomone qu'il a faits pour le service du Roy, en la présente année.

Le tableau à'Arion se trouve vraisemblablement au « Metropolitan Muséum of Art » de New-York (1).

(1) En 1749, peut-être même en 1730, Boucher présentait à la direction des Bâtiments le mémoire suivant (A. N. O' 1934 *) :

« Mémoire d'un tableau pour le Roy, peint par ordre de M. de Tourne- « hem... par Boucher, professeur en son Académie, en 1749.

« Ce tableau, représentant Apollon et Issè, a 4 pieds de haut sur 5 pieds « de large. Issé, à demi couchée sur un lit de fleurs, paroit revenir d'un « évanouissement, et regarde tendrement Apollon dans le moment où ce « Dieu vient de quitter le déguisement de berger, ce qui est exprimé par « des groupes d'Amours auprès de lui, qui jouent avec différents attributs « de la bergerie.

« Le Dieu soutient d'une main cette Déesse et de l'autre il lui montre « la gloire qu'elle va partager avec lui. Cette gloire est désignée par le ■• char du Soleil, dont toutes les parties sont radieuses ; divers groupes « d'Amours volent devant et semblent semer des fleurs sur la route que « parcourre ce char. Un Amour debout sur le devant du char tenant un « flambeau paroit ajouter à l'éclat qui part de ce char. Un autre groupe « de deux Amours apporte à Issé la lyre d'Apollon, surmontée d'une « couronne de laurier.

« Estimé 2,400 livres. »

Le premier peintre Coypcl ajoutait cette note : « L'ordonnance n'est pas passée par mes mains 1» ; de fait, ce tableau ne fut pas payé par les Bâtiments, car il n'existe aucune ordonnance à ce sujet.

FRANÇOIS BOUCHER

Aux Gobelins.

i° Les Sujets de la Fable.

Dans son Répertoire détaillé des tapisseries des Gobelins, M. Gcrspach reconnaît les erreurs et les confusions auxquelles a donne lieu le classement des tapisseries faites d'après les modèles de Boucher : « Elles ont été groupées tantôt dans un ordre rationnel, tantôt arbitrairement ; les mêmes pièces se trouvent ainsi dans des diverses tentures et plusieurs tapisseries * isolées ont été incorporées dans des suites auxquelles elles n'étaient pas destinées. • Actuellement, on possède aux Gobelins deux séries principales : les Amours des Dieux et les Sujets de la Fable.

Or le musée de Tours possède un tableau de Boucher, représentant Apollon et Issé, de dimensions tout à fait concordantes (i m. 36 x 1 m. 53), signé et daté de 1750, et où l'on retrouve tous les détails mentionnés dans le mémoire de Boucher.

Ce tableau, provient du château de Chanteloup, qui appartenait aux Choiseul, et il était, disait-on, une allégorie au mariage du duc et de la duchesse de Choiseul.

Faut-il y voir, avec les rédacteurs du catalogue, MM. Laurent et de Montaiglon, « une réplique plus petite et avec variantes du tableau de 1749 ■«?

Non, puisque les dimensions concordent presque identiquement. D'autre part, si Boucher aimait fort à répéter ses œuvres, il est peu vraisemblable qu'il ait refait, la môme année, deux toiles de cette importance. II parait plus probable que ce soit là l'original de 1749.

Le point, qui est acquis, que ce tableau ne fut pas payé par les Bâtiments, le fait qu'il n'est mentionné dans aucune maison royale, témoignent qu'il ne fut pas acheté pour le roi . Boucher, qui, à ce moment, était accablé de besogne, aurait-il, par erreur, réclamé aux Bâtiments le paiement d'un tableau, qui ne lui avait pas été commandé par eux ? Le fait n'aurait rien d'invraisemblable; ce qui est certain, c'est que le tableau resta pour compte à l'artiste, en 1749 ou en 1750.

Or, le t2 décembre de cette même année 17S0, M. de Stainville, le futur duc de Choiseul, épousait la petite-fille du financier Crozat. Boucher alors était à l'apogée de sa gloire et Crozat, amateur distingue, fréquentait les artistes de son temps. Pcut-ctre, ayant vu ce tableau dans l'atelier de Boucher, eut-il l'idée d'en faire l'acquisition et de l'offrir au futur ménage ?

Ce n'est là qu'une hypothèse — et dans l'état de la question on ne peut présenter être autre chose — ; mais, en tous cas, elle aurait l'avantage de permetrait l'identification du tableau du musée de Tours.

L'examen des mémoires de Boucher et des comptes des Bâtiments permet de contester un tel groupement ; la division la plus exacte et la plus logique semblerait devoir être basée sur la destination même des tapisseries.

Ce classement réunirait ainsi, en un seul groupe, sept des pièces des Amours des Dieux et des Sujets de la Fable, qui curent primitivement la même destination, et furent commandés par les Bâtiments à l'artiste.

Le 7 novembre 1755, en effet, le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments, écrivait au roi (1) :

« Pour ranimer la manufacture, que les repétitions trop fréquentes des mêmes tapisseries, à défaut de nouveaux tableaux, ont fait tomber en ■ langueur, Votre Majesté voudrait-elle approuver qu'on en fit sept nouveaux, dont on laisserait la liberté du choix du sujet au peintre qui en serait chargé — pour n'être cependant exécutes en tapisseries qu'après que Votre Majesté en aurait agréé les dessins et les esquisses ? ■

Cette proposition fut acceptée; Marigny choisit Boucher (2), et il fut décidé que cette tenture décorerait l'appartement du roi à Compiègne. L'artiste ne se mit pas en très grands frais d'imagination : il intitula sa tenture les Sujets de la Fable, et en choisit les motifs parmi ceux qu'il avait déjà traités avec succès.

La première de ces pièces, Les Forges de Vulcain, fut faite en 1757, et, l'année suivante, l'artiste exécutait une sorte d'encadrement destiné à la compléter. Voici les deux mémoires qu'il présenta à ce propos (3] :

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy ordonné par M. le marquis de Marigny.... par le sieur Boucher, pendant l'année 1757.

Les Forges de Vulcain ou Didon [sic) qui fait forger des armes pour Enéc.

Ce tableau est destiné pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins.

Il a 10 pieds en quarré.

Estimé 3,6oo livres.

(2) « ... Son coloris — écrivait-il — réussira infailliblement en tapisserie. Le succès de la manufacture de Beauvais pour laquelle il a travaillé en est un garant et Votre Majesté aurait une tenture dont le double ne se verrait nulle autre part. »

FRANÇOIS BOUCHER

Mémoire d'un tableau fait pour la manufacture des Gobelins sous les ordres de M. le marquis de Marigny... par le sieur Boucher pendant Tannée 1758.

Ce tableau, destiné pour un panneau de tapisserie, représente des Enfants et attributs relatifs, faisant suitte au sujet des Forges de Lemnos, fait par le môme auteur pour cette manufacture.

Il a to pieds de hauteur sur 5 pieds de largeur.

Estimé 1 ,800 livres.

Le parfait paiement est en date du 10 novembre 1760 (Exercice 1758) :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, 200 livres pour faire, avec 5,200 à lui ordonnés à compte savoir 1,200 sur l'exercice 1757 le 17 décembre audit an, et 4,000 en contracts sur les aides et gabelles sur l'exercice 1758 le 11 septembre 1759, le parfait payement de 5,400 livres à quoi montent deux tableaux représentant l'un des enfants et attributs relatifs et faisant suitte au sujet des Forges de Lemnos, et l'autre les Forges de Vulcain où Vénus fait forger des armes pour Enée, qu'il a faits pour le service du Roy pendant les années 1757 et 1758.

Le tableau des Forges de Vulcain fut expose au Salon de 1757. Il se trouve actuellement au Louvre (n° 36) : H. et L. 3 m. 20. — Signe : F. Boucher, 1 757.

I^s quatre tableaux qui suivirent furent exécutes en 1765; ce furent : Vertumne et Pomone, que Boucher avait déjà fait pour la manufacture

de Bcauvais vers 173?, avant d'en répéter, en 1749, le sujet pour le roi ; L'Aurore et Céphale, dont le motif avait été traité par lui, en 1739, pour

l'hôtel Soubisc ;

Les Amours de Neptune et d'Amymone, le seul sujet sur lequel il n'eut point encore travaillé;

Vénus aux Forges de Vulcain, dont on ne comptait plus les répliques. Voici le mémoire de l'artiste à ce sujet (1) :

Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roi, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Boucher pendant l'année 1765.

Ces deux tableaux destinés pour la manufacture des Gobelins sont de même grandeur; ils ont 3 pieds 10 pouces de large sur 4 pieds 6 pouces de haut.

Le premier représente Vertumne et Pomone.

Le second représente V Aurore et Ce'phale.

Lesdits deux tableaux estimés 2,000 livres.

Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roi sous les ordres de M. le marquis de Marigny par le sieur Boucher, pendant l'année 1765.

Ces deux tableaux destinés pour la manufacture des Gobelins sont de môme grandeur ; ils ont 6 pieds 2 pouces de large sur 4 pieds 6 pouces de haut.

Le premier représente Les Amours de Neptune et cTAmymone.

Le deuxième représente Vénus aux forges de Vulcain

Lesdits deux tableaux estimés 3,ooo livres.

Actuellement les tableaux de Vertumne et Pomone et de V Aurore et Céphale «ont au musée du Louvre : H. 1 m. 40 et 1 m. 44 — L. 1 m. 20 et 1 m. i5. — Signés : F. Boucher 776*5

Ceux des Amours de Neptune et d'Amymone et de Vénus aux forges de Vulcain, Versailles, dans la bibliothèque du Grand Trianon (n«- 86 et 88i : H. 2 m. 3o - L. 1 m. 85 et 1 m. 85 (a); le premier de ces tableaux signé : F. Boucher j?65.

(1) Comme Trianon et le musée d'Amiens pour les Forges de Vulcain' le musée de Nancy possède un tableau de VAurore et Céphale (H. 2 m. 42 — L. 1 m. 69), qui est attribue à Boucher, et fut envoyé par l'État ; c'est là vraisemblablement une des copies agrandies, sous la direction de Boucher, pour l'exécution des modèles. Alfred Darcel déclare qu'il est probable que Boucher se lit aider pour l'exécution en grand des modèles et surtout pour les accessoires de cette tenture ; cela ne saurait, en effet, faire de doute, surchargé de travail comme il l'était alors, il n'aurait pas eu le temps matériel d'exécuter de tels ouvrages.

(2) Les tableaux ont dû être agrandis, car ces dimensions excèdent de 40 centimètres en hauteur et en largeur celles données par Boucher; mais actuellement il est presque impossible de s'en rendre compte, par suite d'un rentoilage que ces peintures ont subi.

Il existe au Louvre, sous les n»4 713 et 714, deux reproductions agrandies de ces tableaux (2 m. o5 X 1 m. 80), peintes sur fond doré semé de fleurs, qui durent être faites dans l'atelier du maître pour servir de modèle aux tapisseries des Gobelins.

FRANÇOIS BOUCHER

La sixième et la septième pièces de cette tenture durent être faites en 1 766 et en 1767 ; la sixième représentait Vénus sortant des eaux.

Nous n'avons pas retrouvé le mémoire de l'artiste ; mais on relève, dans un état des mémoires se référant à l'Exercice 1766 (0, la mention, au nom de Boucher, d' « un mémoire pour un tableau de 3 pieds 10 pouces de large sur 4 pieds de haut, représentant Vénus sortant des eaux; estimé 1,000 livres ».

La septième pièce de cette tenture reste donc seule à déterminer; le prix de 1,200 livres qu'elle fut payée indiquerait des dimensions à peu près semblables à celles de la Venus sortant des eaux (2).

Le parfait payement de ces six tableaux est en date du 1" avril 1771 (Exercice 1767) :

Aux héritiers du sieur Boucher, premier peintre du Roy, 4,200 livres en contracts à 4 0/0 sur les aides et gabelles pour faire, avec 3,ooo à luy ordonnés à compte sur l'exercice 1767, le 2 février 1 768 (3), le parfait payement de 7,200 livres à quoi montent six tableaux, qu'il a faits pour être exécutés en tapisserie à la Manufacture royale des Gobelins pendant les années 1765, 1766 et 1767.

Des documents ci-dessus, il semble résulter que sept des tapisseries d'après Boucher qui furent destinées à l'appartement du roi à Compiègne, devraient être classées ensemble. Ce groupe, qu'on pourrait nommer Les Sujets de la Fable, comprendrait donc :

i* Les Forges de Vulcain; 20 Vertumne et Pomone ; 3° L'Aurore et Céphale; 4* Les Amours de Neptune et d'Amymone ; 5* Vénus aux Forges de Vulcain ; 6° Vénus sur les eaux ; 7» Jupiter et Calisto (?).

20 Les Génies des Arts.

En 1761, Boucher exécuta pour les Gobelins un tableau représentant les Génies des Arts sous la figure d'enfants, qu'il livra en 1762; voici son mémoire (4) :

(2) Peut-être, serait-ce Jupiter et Calisto, qui fut remis sur le métier en 1859 en même temps que la Vénus sortant des eaux?

(3) Cet acompte du 2 février 176^ avait été ordonne sur des tableaux commandés en 1768 à Boucher pour le château de Choisy ; mais comme l'artiste ne livra jamais ces toiles, attribution fut faite de l'acompte perçu à ses livraisons des Gobelins.

Mémoire d'un tableau destiné pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins, fait sous les ordres de M. le Marquis de Marigny par le sieur Boucher pendant l'année 1761.

Ce tableau a 10 pieds en quarré.

Il représente les Génies des Arts : scavoir de la Peinture, de la Sculpture, de la Poésie et de l'Architecture.

Ledit tableau estimé 2,5oo livres.

Le payement est en date du 20 juillet 1763 (Exercice 1762) :

Au sieur Boucher, peintre du Roy, la somme de 2,5oo livres pour son payement d'un tableau représentant Les Génies des Arts, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la Manufacture royale des Gobelins pendant l'année 1761 (1).

Actuellement au musée d'Angers, auquel il fut envoyé par l'État en 1799 : H. et L. 3 m. 20. — Signe : F. Boucher ijôi.

(1) Dans un état de Distribution d'ouvrage en 1748 (A. N. O' 1932) on relève cette commande : « A M. Boucher deux tableaux de chevalet, sujets n tirez des Opéra ; et leurs copies en grand retouchées de sa main, sur « lesquelles seront exécuté deux pièces de tapisserie pour la Meutte. » Note : 0 II en a fait voir les Esquisses et travaille aux tableaux. »

Dans un autre État des ouvrages de peinture et de sculpture livrés ou commencés dus en entier, ou sur lesquels MM. les artistes ont reçu des acomptes, on trouve encore cette indication :

« M. Boucher. Deux grands tableaux destinés à être exécutés en tapissc- « rie dans l'appartement du Roy à la Meutte. Sujets tirés des fêtes Véni- " tiennes et des fûtes de Thalie. Ces deux tableaux ne sont que commencés. « Prix fait à 12,000 livres. »

Ces deux tableaux sont encore mentionnés dans un état analogue, daté de 1752, mais une note ajoute : « Il n'y a qu'un de ces tableaux qui soit commencé ; il souhaiteroit de faire d'autres sujets. » Le souhait de Boucher dût être réalisé, car on lit à la suite dans un état de la même année :

« Au sieur Boucher : Une Tenture de plusieurs tableaux destinés pour « M. le Chancelier ou pour M. le Garde des Sceaux, avec attributs relatifs • à l'un des deux. Estimés 12,000 liv. •

Nota : « Il n'a point encore commencé à y travailler. »

L'identité des prix donne à penser que ce fut la substitution demandée par l'artiste; mais il est à peu près certain que ce projet ne fut pas mis a exécution.

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