I IO
celui de Jephté au musée de Laon (i) : H. 3 m. 65 ; L. 3 m. 90 ; celui du Jugement de Salomon au musée dAngouléme, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 3 m. 56 — L. 4 m. 53.
2° Don Quichotte.
En 1714, une tenture sur le sujet de Don Quichotte fut commandée, par les Bâtiments pour la manufacture des Gobelins. L'artiste, chargé de cette importante entreprise, ne fut, comme on le croit généralement, ni Antoine, ni même Charles Coypel, mais bien Belin de Fontenay, le célèbre peintre de fleurs ; l'ordonnance de paiement suivante, en date du 1" décembre 1714, l'atteste formellement :
Au sieur Fontenay, peinire, 1,100 livres pour son payement d'un tableau représentant Don Quichotte qui croit recevoir l'ordre de chevalerie, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la Manufacture royale des Gobelins (2).
(1) Ce tableau avait été envoyé, en 1872, par l'État au musée de Soissons, qui l'a rétrocédé en 1S91 à celui de Laon.
(2) Ce document et ceux qui vont suivre permettront de rectifier quelques assertions de M. Gerspach dans son livre La Manufacture nationale des Gobelins (p. 42) ; c'est ainsi qu'on lit a propos de cette tenture : « Le duc d'Antin avait commandé, en 1723, pour son usage personnel, une suite de Don Quichotte à Ch. Coypel ; la tenture eut un tel succès que le roi l'acheta à son cousin, en 1727. Cette resolution fut une bonne fortune pour les Gobelins qui montèrent aussitôt cette tenture distribuée non en 21 ou 23 sujets, mais en 28... »
Belin de Fontenay, sur le compte duquel on ne possède que très peu de renseignements, ne s'en tint pas exclusivement au genre où il excellait : il peignit des portraits et des tableaux de sainteté (Cf. Galette des Beaux- Arts, octobre 1897. Fernand Engerand. Un portrait prétendu de M— de Parabàre au musée de Caen); il est piquant d'ajouter à son actif le premier tableau de cette tenture de Don Quichotte, jusque-là exclusivement attribuée ù Charles Coypel. La gravure, qui en fut plus tard faite par C.-N. Cochin, porte, il est vrai, l'attribution à Ch. Coypel; mais cet artiste avait alors 20 ans, et il est parfaitement inadmissible qu à cet âge on lui ait confié une aussi importante entreprise. Il est vraisemblable que Fontenay dût exécuter à la fois le modèle principal et la bordure ; on verra, en effet, que les premières pièces de cette tenture furent comptées 400 livres à Coypel, et Audran, quelques années plus tard, percevait 900 livres pour les bordures (Cf. page 4 supra) ; pour Fontenay on dut faire un prix fort de 1,100 livres.
ANTOINK COYPKL
Ce tableau (n* 27 du classement de cette tenture d'après M. Gerspach) (1) se trouve actuellement au musée de Compiègne, avec attribution à Charles Coypel : H. 1 m. 40 — L. 1 m. 60.
Bclin de Fontenay mourut deux mois après le paiement de ce tableau, le i,r février 171 3; Antoine Coypel fut alors charge de continuer l'oeuvre commencée. Les autres pièces furent exécutées à partir de 1716; elles se succèdent sans aucun plan et l'artiste, pour les exécuter, ne suivit aucun ordre préalablement établi.
Dans la biographie de son père, Charles Coypel ne dit pas que celuici ait participé à l'exécution de cette fameuse tenture de Don Quichotte, dont l'honneur entier lui revenait. Cependant, le texte des ordonnances de paiement permet d'inférer que huit des tableaux de cette suite furent exécutés par Antoine Coypel en 1716 ; en effet, c'est seulement à compter du dixième que les paiements sont ordonnancés « au sieur Coypel Hls », les autres sont nettement libellés • au sieur Coypel », c'est-à-dire au père de Charles, à Antoine Coypel.
I,a première pièce, entreprise par Antoine Coypel — la deuxième de la tenture — fut le Combat de Don Quichotte contre les outres de vin (n° 17 du classement Gerspach) ; l'ordonnance suivante, en date du 1" octobre 1716, en fait foi :
Au sieur Coypel, peintre, 400 livres pour son payement d'un tableau représentant Don Qutxotte qui combat contre les outres, qu'il a fait pour estre exécuté en tapisserie aux Gobelins pendant avril, may et juin 1716.
Actuellement au musée de Compiègne, avec attribution à Charles Coypel: H. 1 m. 40 — L. 1 m. 60.
Cette même année 171G, Antoine Coypel exécutait encore sept tableaux de cette série, dont il ne nous a pas été donné de retrouver le détail, et dont le paiement eut lieu le 23 mars 1717 (Exercice 1716) :
A luy {Coypel) 2,800 livres pour sept tableaux représentais divers sujets dudit Don Quixotte qu'il a fait pendant 1716 (2).
En 1717, Antoine Coypel tomba malade et dut modérer son travail ; il ne put poursuivre la tenture de Ain Quichotte, qui dut alors être confiée à son rils Charles, alors âgé de 3.3 ans.
(1) Répertoire détaillé des tapisseries des Gobelins, 1893.
[1) VÊtat des ouvrages de peinture faits pour le service du Roy depuis iJ'Ojusquet compris /720 (A. N. ()' 1934 ») mentionne que l'artiste demandait pour ces sept tableaux J.ooo livres.
Charles COYPEL
Aux Gobelins.
i° Suite de Don Quichotte.
Le io* tableau de la tenture fut exécuté par Charles Coypel, en 1716; peut-être même précéda-t-il les sept précédents, car l'ordonnance de paiement est antérieure à celle sus-indiquée, bien qu'elle soit inscrite après clic aux comptes des Bâtiments de 1716; le sujet traité est la Rencontre de Don Quichotte et de la duchesse (n« 19 du classement Gcrspach) ; le paiement est en date du 1" janvier 1717 :
Au sieur Coypel fils, peintre, 400 livres pour un tableau représentant Dont Quichot qui rancontre la duchesse, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie aux Gobclins pendant l'année dernière.
En 1717, Charles Coypel donna trois nouveaux tableaux de cette suite; deux furent payés le i5 décembre 17 17 :
Au sieur Coypel fils, peintre, 800 livres pour son payement de deux tableaux qu'il a peints pour être exécutés en tapisserie à la Manufacture royale des Gobelins pendant l'année dernière.
Le troisième tableau, fait en cette année 1717, le Départ de Sancho pour Vile de Barataria (n* 2 5 du classement Gcrspach), fut payé le i5 janvier 1718 (Exercice 1717) :
Au sieur Coypel fils, la somme de 400 livres pour son payement d'un tableau représentant le Départ de Sancho pour l'isle de Barataria, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à ladite Manufacture des Gobelins, pendant les six derniers mois de l'année dernière.
Trois tableaux furent encore exécutés en 1718; ils furent payés à l'artiste 55o livres ; l'ordonnance est du 18 août 1719 (Exercice 1718) :
CHARLES COYPËL
Au sieur Cqypel fils, i65o livres pour son payement de trois tableaux représentai la suitte de l'histoire de dom Quichot, qu'il a peints pour être exécutez en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant l'année dernière.
Ces tableaux de 1718 sont, vraisemblablement, ceux relatifs aux noces de Gamache, c'est-à-dire l'Entrée des Bergers, l'Entrée de l'Amour et de la Richesse, Don Quichotte protige Basile qui épouse Qttitterie par ruse d'amour (n** i3, 14 et i5 du classement Gerspach). Ils sont, en eftét, désignés comme suit dans l'Etat des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis iji6 jusqu'et compris 172g (i) :
Un tableau de l'histoire de Dom Quichotte, représentant des bergers dansant et portant les chiffres de Gamache en guirlandes de fleurs 55o livres.
Deux autres tableaux de la même histoire 1,100 »
La dix-septième pièce fut le Repas de Sancho dans Vile de Barataria (n* 5 du classement Gerspach); ses dimensions étaient de 5 pieds de haut sur 6 de large; le paiement est en date du 10 février 1720 (Exercice 1719) :
Au sieur Coypel fils, 900 livres pour son payement d'un tableau représentant le Repas de Sancho Pensa dans Visle de Barataria, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.
Deux autres tableaux furent livres en 1721 et payés le 18 janvier 1722 (Exercice 1721) :
Au sieur Coypel fils, 1,000 livres pour faire, avec 1,000 à luy ordonnées le i*r septembre dernier, le parfait payement de 2,000 livres à quoy montent deux tableaux représentans la suitte de l'histoire de Dom Quichote, qu'il a faits pour estre exécutez en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant les années 1720 et 1721.
L'un de ces tableaux devait être Don Quichotte prend le bassin d'un barbier pour l'armet de Membrin(a* 24 du classement Gerspach); on relève, en effet, à cette date, dans l'état cité plus haut, au nom de Coypel, la mention d'un « tableau représentant un Amour, ayant en tête far met de Man-
(i) A. N. O' to34B.
brin, suite de la même histoire de Dom Quichotte, estimé 235 livres; c'était assurément un des accessoires du tableau susdit, et il n'a dû être fait qu'après la pièce principale ou tout au moins en môme temps qu'elle.
Le vingtième tableau fut exécute en 1732, et payé le 3o décembre de cette même année :
Au sieur Cqypel (1), 1,000 livres pour son payement d'un grand tableau de la suitte de l'histoire de Dom Guichotte, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant la présente année.
C'est la première fois qu'on rencontre dans le libellé des ordonnances de paiement relatives à cette tenture cette mention : « un grand tableau » : peut-être faut-il y reconnaître la plus grande pièce de cette suite, c'est-àdire Don Quichotte au bal chef Don Antonio Moreno (n° 10 du classement Gcrspach).
En 1723, nouveau tableau : Don Quichotte servi par les demoiselles de la Duchesse (a) (n» 4 du classement actuel); il fut payé le to février 1726 (Exercice 1723) :
Au sieur Cqypel, 1,000 livres pour son payement d'un tableau représentant Dom Guichotte à sa toilette, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant l'année 1723.
La pièce de Don Quichotte et Sancho montés sur un cheval de bois s'imaginant traverser les airs pour venger la Doloride (n« 3 du classement Gerspach), date de 1724; l'ordonnance de paiement est en date du 10 février 1736 (Exercice 1724) :
Au sieur Cqypel, 1,600 livres pour son payement d'un tableau représentant Dom Guichotte et Sancho sur le cheval de bois, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins et des quatre tableaux qu'il a retouchés.
Le vingt-troisième tableau de celte suite fut livré en 1725, en même temps que cinq tableaux, destinés à cette même manufacture, et dont l'État des
(1) 11 faut remarquer que l'ordonnance de paiement n'est plus au nom du « sieur Coypel fils en effet, Antoine Coypel était mort cette même année
(2) C'est à ce seul tableau que peut, en effet, s'appliquer l'indication donnée par l'ordonnance de paiement « Dom Guichotte à sa toilette ».
CHARLES COYPEL
ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis ijiô jusqu'et compris 1729 (1) donne ainsi le détail :
Un tableau de i5 pieds de large sur 11 de haut, représentant
Joseph vendu par ses frères ( 2 ) 3 , 5oo livres .
Le vingt-troisième tableau de Dont Quichotte. . 1,200 » Quatre petits tableaux pour des milieux de canapés, représentant les Quatre éléments à i5o livres chacun (3).. 600 »
Le paiement est en date du 1" juin 1726 (Exercice 1725) :
Au sieur Coypel, peintre, 5,3oo livres pour six tableaux de différen s sujets d'histoire, qu'il a faits pour être exécutez en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.
Le vingt -quatrième fut payé le i5 janvier 1727 (Exercice 1726):
Au sieur Coypel, 1,200 livres pour un tableau de l'histoire de Dont Guichote, qu'il a peint pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.
Le Mémorable Jugement de Sancho (n° 9 du classement Gerspach) fut exécuté ensuite et payé le 18 janvier 1728 (Exercice 1727) :
Au sieur Coypel, 1,200 livres pour un grand tableau représentant le Jugement des deux vieillards par Sancho, qu'il a peint pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.
On relève une interruption de huit années entre ce vingt-cinquième tableau et le vingt-sixième, qui ne fut livré qu'en 1734 et payé le 20 mai 1735 (Exercice 1734) :
Au sieur Coypel, 1,000 livres pour un tableau de la suitte
(2) Ce tableau était le dernier morceau de la tenture de l'Ancien Testament, entreprise par Antoine Coypel, et que la mort l'empêcha de terminer (cf. p. 108 supra). Il se trouve actuellement au musée de Cluny (Saônc-et- Loire), où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 4 m. 5o — L. 3 m. 3o.
{3) Cela prouve que la fabrication des dessus de formes commença aux Gobelins bien avant la date de 1748, officiellement admise, puisque, dès 1725, des modèles étaient commandés et livrés à cet eftet.
de l'histoire de Dont Quichotte, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant l'année dernière.
La vingt-septième pièce fut payée le 2 juillet 1738 :
Au sieur Coypel, i,3oo livres pour un tableau de l'histoire de Don Quichotte, qu'il a peint pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant l'année 1732.
Le vingt-huitième et dernier tableau Tut fait en 1751 ; voici le mémoire de l'artiste (t) :
Mémoire d'un tableau de l'histoire de D. Quichotte peint pour le Roi par Charles Coypel, sous les ordres de M. de Tournehem, pendant l'année i;5i.
D. Quichotte étant entré dans une hôtellerie et sentant un extrême besoin de manger, se trouva fort embarrassé parce qu'il n'osoit ôter son vieil armur qu'il avoit eu beaucoup de peine à s'ajuster et qu'il apprehendoit de ne pouvoir rcmetre. Deux demoiselles charitables se chargèrent de le faire manger et boire, l'une en lui présentant les morceaux au bout d'une longue fourchette et l'autre en se servant d'une eaune percée dont elle lui mit un bout dans la bouche et lui versa du vin par l'autre.
Ce tableau est composé de neuf figures ; il a 6 pieds 3 pouces de long sur 4 pieds 5 pouces de haut. Ce tableau estimé la somme de 2,5oo livres.
Ce tableau (n» 21 du classement Gcrspach) fut payé en 1757, après la mort de Coypel, à ses héritiers, en même temps que deux autres tableaux : l'ordonnance en sera transcrite ci-après (2).
En 1794, le jury de classement des modèles des Gobelins signalait vingt-un tableaux de cette suite, savoir : Don Quichotte se battant contre une outre. — Don Quichotte conduit par la Folie. — Le Repas de Sancho dans l'isle de Barataria (2 bandes). — Le Triomphe de Sancho Pansa. — La Princesse de Micomicon aux genoux de Don Quichotte. — La Conquête de
(2) Cf. p. 134, infra.
CHARLES COYPEL
Varmet de Manbrin. — Don Quichotte consultant la tête enchantée. — Don Quichotte servi par les dames (3 parties). — Don Quichotte dansant au bal d'Antonio. — Chasse de Don Quichotte. — Sancho nomme' Gouverneur. — Don Quichotte blessé par le chat. — Don Quichotte armé chevalier par le maître d'hôtellerie. — Don Quichotte suspendu à la grille de l'hôtellerie. — Don Quichotte étonné à la vue des enchanteurs. — Rencontre de Don Quichotte et de la Duchesse. — Don Quichotte (sujet inconnu au jury). — Le Combat de Marionnettes. — Les Noces de Gamache. — Don Quichotte au château de la Prudence. — Sancho à cheval sur le bât.— Voici l'appréciation du jury sur ces divers tableaux : « Tous les tableaux indiqués ci-dessus, quoique plusieurs offrent des détails pleins de mérite et que tous présentent un sujet qui, tournant la chevalerie en ridicule, les rend dignes d'dtrc conservés, sont rejetés comme peu avantageux à être exécutés en tapisserie, parce qu'ils sont trop noirs, »
Les tableaux de cette suite se trouvent actuellement au musée de Compiègne, attribués à Charles Coypel ou portés comme copiés d'après lui : les dimensions varient entre 1 m. 36 à 1 m. 63 de haut sur 1 m. 36 à 3 m. 63 de large.
20 L'Iliade.
Charles Coypel, relatant la vie de son père, déclare qu'à partir de 1716 « il partagea son temps entre les grands morceaux qui lui restaient à faire pour la galerie du Palais-Royal, et une nouvelle suite de tableaux des principaux sujets de l'Iliade, destinée à servir de modèles pour les tapisseries : mais le dépérissement de sa santé ht tort à ses dernières productions (1) u.
Nous n'avons retrouvé, au nom d'Antoine Coypel, aucune ordonnance de paiement se référant à un tel travail, mais par contre les documents qui suivent permettent d'établir que deux des modèles de cette tenture furent exécutés par Charles Coypel lui-même.
Le 10 février 1726 (Exercice 1733), on relève, ainsi, à son actif le payement suivant :
Au sieur Coypcly peintre, 3,ooo livres pour son payement d'un grand tableau qu'il a fait pour le service du Roy, représentant le Départ d'Achille pour aller retirer le corps de Patrocle des mains des Troyens% pendant l'année 1723.
L'État des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis iji6 jusqu et compris ij'-if) \i) décrit ainsi ce morceau :
(1) Vies des premiers peintres du Roy, t. II, p. 33. (3) A. N.O ' 19348.
Un tableau de i3 pieds et demi de long sur 1 1 pieds de haut représentant Achilles qui part sans armes par le conseil d'Iris pour aller retirer le corps de Patrocle des mains des Troyens ; Miherve descend du ciel pour l'assurer de la protection de Jupiter, elle fait marcher l'épouvante avec lui et fait briller une flame sur la tête qui épouvante les Troyens.
Le 18 décembre 1730, un second tableau, le Sacrifice d'Iphigénie, lui était payé :
Au sieur Coypel, 6,000 livres pour son payement d'un tableau représentant le Sacrifice d'Iphigénie, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobclins, pendant la présente année 1730.
Le jury de classement des modèles des Gobelins, en 1794, rejeta ces deux morceaux « sous le rapport de Part », tout en déclarant, que le sujet « du premier ne présentait rien de rcpréhensiblc » .
Le Départ d'Achille, se trouve actuellement au musée d'Auxerre, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 3 m. 3o. — L. 4 m. 10 (1) ;
le Sacrifice d'Iphigénie, au musée de Brest, où il fut envoyé par l'État : H. 3 m. 64 — L. 3 m. 70. — Signé : Ch. Coypel, ij3o.
3° L'Histoire d'Armide.
Indépendamment du Don Quichotte, la manufacture des Gobelins possède de Charles Coypel trois autres tentures dénommées : les Fragments d'opéra — les Scènes d'opéra, de tragédie et de comédie — la Tenture de Dresde.
La première de ces tentures, d'après le Répertoire détaillé des Tapisseries des Gobelins, comprend : i* Roland ou la Noce d'Angélique ; 20 Armide évanouie; 3° la Destruction du palais d'Armide; 4* Renaud endormi.
La seconde : r Roxane et Atalide; 20 Rodogune; 3* Alceste ramenée des enfers par Hercule; 40 Renaud endormi ; 5° Psyché abandonnée par l'Amour; 6* A t Italie interrogeant Joas .
La Tenture de Dresde, ainsi appelée parce que les tapisseries qui la composent furent commandées à l'occasion du mariage du Dauphin avec la princesse Maric-Josèphc de Saxe, est formée de quatre morceaux détachés des Scènes d'opéra; les n" 1, 2, 3 et 5.
(1) Une copie, faite vraisemblablement sous la direction de l'artiste pour les besoins de la manufacture des Gobelins, fut également envoyée, en 1872, par l'État au musée de Dijon : elle mesure 3 m. 48 sur 3 m. 06 de large.
CHARLKS COYPEL
Enfin, une pièce de Charles Coypel : f Amour et Psyché, est intercalée dans une tenture factice des Amours des Dieux.
Cette classification ne nous parait pas plus correspondre aux intentions de l'artiste qui exécuta ces divers modèles qu'à celles des ordonnateurs de cette commande, et il semblerait plus logique, en mettant à part la pièce de Roland, de partager cette suite de modèles en deux tentures qui pourraient être dénommées l'une l'Histoire d' Armide, l'autre les Scènes d'Opéra, de tragédie et de comédie, et dans laquelle on intercalerait la Tenture de Dresde.
La pièce suivante (i) démontre clairement qu'une suite de tableaux relatifs a l'histoire d'Armidc fut commandée à Coypel pour être traduits en tapisserie de haute lisse aux Gobelins :
Tableaux à ordonner représentant Y histoire d' Armide pour être exécutés en tapisserie de haute lisse dans la manufacture des Gobelins.
Son Éminence (2)aiant décidé que l'histoire d'Armide formeroit Tune des quatre suites du nombre de tableaux nécessaires pour servir de patron à une tenture de tapisserie d'hautelissc de 28 à 3o aunes de cours, non compris les bordures, il a paru à propos d'indiquer plusieurs des principaux points de cette histoire, pour y pouvoir choisir ceux qui seront jugés les plus convenables.
Ces points de ladite histoire ou sujets particuliers sont au nombre de huit, scavoir :
i° Armide arrivant dans le camp de Godefroy ;
2° Armide, voulant poignarder Renaud, est retenue par l'Amour ;
3° Armide refuse le secours delà Haine qu'elle avoit imploré;
40 Armide et Renaud au milieu des plaisirs ;
5° Ubalde présente à Renaud le bouclier de diamants ; et ce héros, confus et rendu à luy même, arrache les guirlandes de fleurs dont Armide l'avoit paré;
6° Renaud s'embarque à regret laissant Armide mourante sur le rivage ;
7° Armide fait détruire par les démons le palais qu'elle avoit fait élever pour renfermer Renaud et les plaisirs;
(3) Le cardinal de Fleury.
8° Après la défaite du sultan d'Egipte par Godefroy, Armide veut se tuer et est retenue par Renaud.
Il paroit que dans ces sujets l'on pourroit choisir de quoy composer les tableaux nécessaires pour servir de patron à une tenture de tapisserie de 28 à 3o aunes de cours sur 2 aunes et trois quarts de hauteur, le tout non compris les bordures et que le prix de cette suite de tableaux pourroit être réglé à seize mille livres, ainsi que l'ont été celles de même cours qui ont été ordonnées précédemment.
(Ici est écrit de la main de S. E. Mgr. le Cardinal.) Bon par le sieur Coeppel, 28 mars 1737.
En 1735, avant cette décision, Coypel avait déjà exécuté, pour les Gobclins, un tableau relatif à cette histoire, et qui peut-être donna l'idée de cette commande; il lui fut payé le i5 janvier 1 736 (Exercice 1735) :
Au sieur Coypel, 4,000 livres pour son payement d'un grand tableau, représentant Renaud qui abandonne Armide, qu'il a fait et livré dans l'année dernière à la manufacture royale des Gobelins pour être exécuté en tapisserie.
Au Salon de 1738 parut le second tableau de cette suite La destruction du palais d Armide :
Un grand tableau en largeur de 19 pieds sur 10 de haut, représentant Armide qui fait détruire par les Génies infernaux le palais qu'elle leur avoit fait élever pour s'y renfermer avec Renaud et les plaisirs; par M. Coypel, ancien professeur, écuyer, premier peintre de Monseigneur le duc d'Orléans.
Le paiement est en date du 21 septembre 1738 :
Au sieur Coypel, 2,000 livres pour son payement d'un grand tableau qu'il a fait pour le service du Roy, représentant la Destruction du palais d' Armide, pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant Tannée 1737.
Actuellement au musée de Nancy, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 3 m. 3g — L. 6 m. 29.
Le Sommeil de Renaud, qui vint après, fut expose au Salon de 1741 et se trouve ainsi mentionne au livret :
CHARLES COYPEL 12 1
Un grand tableau pour le Roy, en largeur d'environ 22 pieds sur 1 1 de haut, représentant Armide qui voulant poignarder Renaud, va céder à l'Amour, prenant ce Héros sous sa protection ; la suite de ce Dieu rit de la colère de l'Enchanteresse et célèbre d'avance le triomphe de son Maître. Comme ce tableau a déjà paru en petit, on a cru devoir se servir de la môme description (1).
Le paiement est en date du 22 avril 1744 (Exercice 1743) :
Au sieur Coypel, 800 livres pour faire, avec 2,000 à luy ordonnez acompte les 10 juillet et 3o octobre 1743, le parfait payement de 2,800 livres à quoy monte un tableau représentant le Sommeil de Renaud, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.
Ce tableau, qui par la suite fut agrandi par Clément Belle (3), se trouve actuellement au musée de Nantes, où il fut envoyé par l'État en 1873 : H. 3 m. 28 — L. 6 m. 3o.
La commande de la tenture des Scènes de tragédie, qui fut faite à Coypel en 1748, et à l'exécution de laquelle il consacra les dernières années de sa vie, ne lui permit pas d'achever cette suite, qui devait être complétée par les cinq autres pièces dont on a vu plus haut la nomenclature.
40 Roland attendant Angélique.
En 1733, Coypel exécutait pour les Gobelins un tableau sur le sujet de Roland attendant Angélique, qui fut payé le 20 mai 1733 (Exercice 1734) :
Au sieur Coypel, 600 livres pour son paiement d'un grand tableau représentant Roland qui se repose sur un ga\on en at-
(1) Ce fut au Salon de 1738 que parut ce tableau en petit, auquel le livret fait allusion; il était de 5 pieds de large sur 4 de haut. C'était, au reste, une habitude de Coypel pour ses tableaux destinés à être traduits en tapisserie, d'exécuter, au lieu de l'esquisse, fournie d'ordinaire aux Bâtiments pour l'acceptation, un tableau de chevalet, d'après lequel il composait le modèle en grand pour la manufacture, quand il ne se contentait pas de le faire copier par ses élèves, se bornant à le retoucher en cas de besoin.
(2) Voir page 27, supra.
tendant Angélique, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant Tannée dernière.
Ce tableau se trouve actuellement au musée de Compiègne : H. 3 m.— L. 6 m. i5. — Signé : Ch. Coypel, 17 33.
5° Les scènes d'opéra, de tragédie, de comédie et la Tenture
de Dresde.
Dans un état de distribution d'ouvrages de peinture en 1748(1), on trouve au nom de Coypel la mention suivante : « Au premier peintre, une suittc de tableaux de chevalet, sujets tirés des théâtres tragiques; et leurs copies retouchées de la main de l'auteur, sur lesquelles seront exécutées des tapisseries, dont quatre pièces sont destinées à orner le cabinet de la Reine de Pologne. »
Ainsi donc, pour les pièces qui suivent, il faut distinguer le tableau de chevalet, qui, par suite de la situation exceptionnelle de Coypel, remplaçait l'ordinaire esquisse d'admission exigée des autres artistes et lui était payé à part, et le modèle en grand, exécuté dans son atelier, sous sa direction et destiné aux tapissiers des Gobelins.
Il ne faut pas non plus perdre de vue que les sujets, qui formaient la Tenture de Dresde, servaient également à composer celle des Scènes d'opéra.
En 1748, Coypel livra trois tableaux; deux de chevalet, Psyché abandonnée par l'Amour, Roxane et Athalide, et le modèle en grand du premier sujet pour les Gobelins. Voici son mémoire (2) :
Mémoire de trois tableaux peints pour le Roy, sous les ordres de M. de Tournehem, par Charles Coypel, premier peintre de Sa Majesté, pendant Tannée 1748.
Un tableau de 4 pieds de haut sur 4 pieds de large, représentant Psiché dans le moment où V Amour l'abandonne ; sujet tiré du ballet de Psiché de Molière i,5oo livres.
Le même sujet, repetté par l'auteur pour être exécuté en tapisserie dans la manufacture des Gobelins, haut de 6 pieds 6 pouces sur 5 pieds de large 2,5oo livres.
Un tableau de 4 pieds de large sur 4 pieds de haut, représentant Athalide, qui s'évanouit en lisant la lettre par laquelle Amu-
CHARLES CÛYPKL
rat demande à Roxane la tête de Bajazet. Sujet tiré de la tragé-
Le paiement est en date du 22 mai 1752 (Exercice 1748) :
Au sieur Coypel 1,100 livres pour faire, avec 4,400 à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1748 les 23 may 1749 et 3i janvier 1751, le parfait payement de 5,5oo livres à quoi montent trois tableaux dont deux représentans Psiché et l'autre Athalide, qu'il a faits pour le service de Sa Majesté pendant l'année 1748.
Deux autres tableaux de cette suite furent exécutés en 1749; voici le mémoire de l'artiste (ij :
Mémoire de trois tableaux peints pour le Roy, sous les ordres de M. de Tournehem, par Charles Coypel, premier peintre de Sa Majesté, pendant Tannée 1749.
Un tableau de 6 pieds de longueur sur 4 pieds de haut, représentant Cléopdtre qui vient d'avaler le poison qu'elle avoit préparé pour Antiochus son fils et pour Rodogune ; sujet tiré de la tragédie de Rodogune, de Pierre Corneille ; composition fort étendue 2,3oo livres (2).
(2) Il se produisit, au sujet de ce tableau, une erreur de compte qui motiva la pièce suivante, que nous croyons devoir transcrire parce qu'elle renseigne assez exactement sur la procédure usitée dans l'administration des Bâtiments au sujet de ces commandes de tableaux :
« Erreur de compte sur un mémoire de feu M. Coypel, payé en entier, le 26 décembre 1732, 6,400 livres qui devoit monter à 6,600 livres.
« Cette erreur, qui n'est que de 200 livres, vient de ce que feu M. Coypel, présentoit à M. de Tournehem tous les mémoires de peinture simplement soldés au crayon, pour laisser ensuitte à M. de Tournehem, ou à celui qu'il commettoit, le soin de remettre à l'encre les sommes portées à chaque mémoire. Cette modestie étoit sujette à méprises, comme il est arrivé à un de ses mémoires qui contient trois tableaux, savoir :
La Cléopâtre qui avale le poison, grand et petit tableau, et la mort de saint François Xavier : le grand original, 3,5oo liv. ; le petit original, a,5oo; Saint François Xavier, 600 : total 6,600 livres.
die de Bajazet, de Racine
Total
i,5oo livres.
5,3oo livres.
Le môme sujet répetté par l'auteur pour être exécuté en tapisserie dans la manufacture des Gobelins, haut de 6 pieds 10 pouces sur 8 pieds 9 pouces de long 3,5oo livres.
Un tableau pour l'oratoire de Madame la Dauphine représentant la Mort de saint François Xavier ( 1 ) 600 livres .
Total 6,400 livres.
Le paiement de ces tableaux eut lieu après la mort de Coypel, le 26 décembre 1752 (Exercice 1749) :
Aux héritiers du sieur Coypel, premier peintre du Roi, 400 livres pour faire, avec 6,000 à lui ordonnez acompte sur l'exercice 1749 le 28 septembre de ladite année et le 3 octobre 1750, le parfait paiement de 6,400 livres à quoi monte le prix de trois tableaux, qu'il a faits tant pour le cabinet du Roi que pour l'oratoire de Madame la Dauphine pendant l'année 1749.
En 1750, Coypel achevait le quatrième tableau de cette suite, qui complétait ainsi la Tenture de Dresde, et il présenta pour ce travail le mémoire suivant, sur lequel figurent également un pastel et une gouache pour le Dauphin (2).
Mémoire de cinq tableaux peints pour le Roy, sous les ordres de M. de Tourneheim, par Charles Coypel, premier peintre de Sa Majesté, etc., pendant Tannée 1750.
Un tableau de 5 pieds de long sur 4 pieds de haut, représen-
« C'est sur le petit original de 2,5oo livres que le chiffre 5 de M. Coypel a été regardé comme un 3, et a donné occasion de libeller pour le parfait payement une ordonnance de 6,400 livres au lieu de 6,600 livres.
« La preuve certaine de cette erreur, c'est que les tableaux de cette grandeur peints par M. Coypel ont toujours été réglés à 2,5oo livres, et que celui-ci seroit seul excepté et exelud d'un tarif propose par M. Coypel et reçu de M. de Tournchem.
« M. le marquis de Marigny peut faire remédier à cette erreur, soit par une ordonnance particulière ad hoc, soit en ajoutant à l'un des mémoires qui restent à acquitter aux héritiers de M. Coypel, cette somme de 200 livres obmise par les raisons susdittes » (A. N. O' 1933).
(1) Voir. p. i32, infra, le chapitre concernant l'oratoire de la Dauphine à Versailles.
CHARLES COYPEL
tant Alcide, qui ramène Alceste des En/ers et qui la rend à Admète; sujet tiré de l'opéra d'Alceste, de Quinaut; composition fort étendue 2,000 livres.
Le même sujet répetté par l'auteur pour être exécuté en tapisserie dans la manufacture des Gobelins ; haut de 6 pieds 2 pouces sur 8 pieds de long 3, 000 livres.
L'évanouissement cTAtalide repetté par l'auteur pour être exécuté en tapisserie dans la manufacture des Gobelins; haut de 6 pieds 6 pouces sur 5 pieds de large 2,5oo livres.
Deux tableaux pour Monseigneur le Dauphin, avec bordures et glaces, savoir :
Un buste au pastel représentant Vénus Uranie. . 3oo livres.
Un petit tableau peint à guazze représentant une Bergère qui fait une couronne de fleurs 200 livres .
Ces cinq tableaux furent payés aux héritiers de Coypel, le i3 mars 1757 (Exercice 1 j5 1 ) :
Au sieur Coypel de Saint-Philippe, héritier du sieur Coypel, premier peintre du Roy, 800 livres pour le payement de cinq tableaux que le feu sieur Coypel a faits pour le service du Roy pendant l'année ijSi .
La cinquième pièce des Scènes d'Opéra fut Athalie interrogeant Joas; le tableau de chevalet seul en fut exécuté par Coypel, et voici son mémoire (i).
Mémoire d'un tableau, peint pour le Roy, sous les ordres de M. de Tournehem, par Charles Coypel, premier peintre de Sa Majesté pendant l'année 1747.
Ce tableau a 4 pieds de haut sur 5 pieds de large. Il représente Athalie interrogeant Joas ; sujet tiré de la tragédie d'Athalie, de Racine ; composition fort étendue. 2,000 livres.
Le paiement eut lieu le 28 mars 1731 (Exercice 1747) :
Au sieur Coypel, 2,000 livres pour son paiement d'un tableau
représentant Athalie interrogeant Joas ; sujet tiré de la tragédie de Racine, qu'il a fait pour le service du Roi.
Le modèle en grand pour les Gobelins ne dut pas être exécuté sous la direction de Coypcl; nous n'avons, en effet, retrouvé aucune ordonnance de paiement à ce sujet.
Le grand modelé de Psyché et l'Amour se trouve actuellement au musée de Boulogne-sur-mcr, où il fut envoyé par l'État en 187a : H. i m. 06. - L. 1 m. 5a ;
le petit tableau d'Athalide et Roxane au musée de Lille, où il fut envoyé par l'État en 187a : H. 1 m. 3o — L. 1 m. ta ;
le grand modèle de Rodogune et Cléopâtre au musée de Fontainebleau : H. 1 m. 35 — L. a m. — Signé : Charles Cqypel, 1740.;
le tableau d'Alceste au musée de Ncvers, où il fut envoyé par l'État en 187a : H. 1 m. a5 — L. 1 m. 60 ;
le petit tableau d'Athalie interrogeant Joas au musée de Compiègne : H. 1 m. 33 — L. 1 m. 68 (1).
Au concours de 1727.
Charles Coypcl fut l'un des artistes qui, en 1737, participèrent au concours ordonné par le duc d'Antin entre les différents peintres de l'Académie; il traita le sujet de Persée délivrant Andromède^ et le Mercure de France, de juillet 1737, décrivait ainsi son tableau :
« Cassiope, femme de Céphé, Roi d'Ethiopie et mère d'Andromède, avoit eu la présomption de préférer la beauté de sa fille à celle des Néréides, et ces Déesses de la Mer, offensées d'un tel mépris, obtinrent de Neptune, qu'il envoyerait ravager le Pais par un Monstre marin. L'Oracle ayant été consulte, la réponse fut, qu'on ne pour roi t en être délivré, qu'en exposant la fille de Cassiope, pour être dévorée par le Monstre : mais Persée, touché du malheur de cette Princesse, le combattit et sauva Andromède.
- C'est ce que représente ce tableau, où l'on voit la fille de Cassiope, attachée a un Rocher. Le Monstre s'est avancé, et se sentant blessé par Persée, il tourne sa fureur contre le fils de Jupiter. Le Roi et la Reine sont sur le rivage qui implorent la clémence des Dieux. Dans le lointain, on voit le peuple, monté sur les murailles de la Ville, qui encourage Persée par ses acclamations. »
La bourse de 5, 000 livres, donnée par le Roi pour ce concours, fut partagée entre De Troy et Le Moine ; mais le duc d'Antin fit acheter pour
(1) Un autre tableau de Charles Coypcl sur ce même sujet fut également envoyé par l'État au musée de Chartres : H. a m. — L. 1 m. 44.
CHARLES COYPEL
le Roi, te tableau de Charles Coypel, et il fut présenté, ainsi que ceux des deux autres artistes, le 20 juillet à Louis XV, qui en fut très satisfait (i). Le paiement est en date du 3o août 1737 (Exercice 1716) :
Au sieur Coypel, 2,000 livres pour un tableau représentant Persée et Andromède, qu'il a fait pour les prix de Tannée de 1 726.
L'État des tableaux faits depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à ij32 (3) signale ce morceau dans le cabinet des tableaux du Roi, avec les dimensions de 4 pieds de haut sur 6 de large.
Actuellement au musée du Louvre (n° 180) : H. 1 m. — L.i m. 34.
A Versailles.
in Hôtel du Grand Maître,
En 1734, Charles Coypel fut l'un des dix artistes employés pour la décoration de l'hôtel du Grand Maître à Versailles (3); le sujet par lui choisi fut celui d'Apollon et Issé. Son tableau fut livré en 1734 et payé le i3 juin 1736 (Exercice 1734) :
Au sieur Coypel, 400 livres pour son payement d'un tableau représentant Apollon déguisé en berger pour plaire à la nymphe Issé, accompagné de deux Amours, qu'il a fait pour les appartemens de l'hôtel du Grand Maître à Versailles pendant l'année
Les dimensions de cette toile étaient de 3 pieds et demi de haut sur 3 pieds de large.
Actuellement à l'Hôtel de Ville de Versailles, sous le titre Flore et Zéphire, H. 1 m. 03 — L. o m. o5.
20 Cabinets de Marie Lec^inska.
Les cabinets de la Reine subirent, du fait de Marie Lcczinska, vers 1738, des modifications profondes et un aménagement nouveau (4) ; d'importants embellissements y furent apportés, et Coypel, pour la nouvelle décoration de ces pièces, n'exécuta pas moins de quinze tableaux.
(i) Mercure de France, août 1727.'
(3) Cf. page 76, supra.
(4) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 118.
Ce furent, d'abord, en 1728, deux tableaux pour la petite galerie (1) qui furent payés le i5 mai 1731 (Exercice 1728) :
Au sieur Coypel, 800 livres pour deux tableaux qu'il a faits pour la petite galerie de la Reine au château de Versailles pendant l'année 1728.
Ces deux tableaux sont ainsi désignés dans l'État des ouvrages de peinture qui se sont faits pour le Roy depuis 1 -jiÔjusqu'et compris 172g (2) :
Un tableau, de 3 pieds 4 pouces de haut sur 2 pieds 2 pouces de large, représentant la Nativité de Notre Seigneur, avec la Vierge, saint Joseph et plusieurs têtes de chérubins.
Un autre tableau rond, de 2 pieds 4 pouces de diamètre, garni de plusieurs groupes d'anges, représentant le Gloria in excelsis.
Le premier tableau était estimé 600 livres et le second 200 (3).
— L'année suivante, 172g, Coypel exécuta deux autres tableaux pour l'oratoire de la Reine; il en fut payé le 8 janvier 1731 (Exercice 1729) :
Au sieur Coypel, 800 livres pour son paiement de deux tableaux représentant l'un la Salutation Angélique et l'autre le Père Éternel, qu'il a faits et fournis pour l'oratoire de la Reyne à Versailles pendant l'année dernière.
Voici une description de ces deux tableaux, d'après l'État des tableaux faits depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à 17^2 (4) :
Un tableau représentant la Salutation Angélique; ayant
(1) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 119.
(3) Ces deux tableaux sont ainsi décrits, comme décorant la petite galerie de la Reine, dans l'État des tableaux faits depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à 1732 (A. N. O' 1965) :
■ Un tableau, représentant la Nativité de N.S., où l'on voit un bœuf sur la gauche qui est couché; ayant 3 pieds de haut sur 3 pieds 3 pouces 5 li. de large ; » — « Un autre, au dessus de la Nativité, représentant un ange avec un ruban où est écrit Gloria in excelsis, et plusieurs enfants jouant de différents instruments ; ayant 2 pieds 4 pouces de haut sur 2 pieds 4 pouces de large. »
CHARLES COYPEL
3 pieds de haut sur 3 pieds 3 pouces 5 lignes de large ; dans sa bordure dorée.
Un autre, en rond, représente le Père Éternel dans une gloire d'anges, placé au-dessus de la Salutation Angélique; ayant 2 pieds de haut sur 2 pieds 4 pouces de large; dans sa bordure dorée.
— En 1733, Marie Lcczinska voulut avoir le portrait de sa fille Marie- Louise de France, dite Madame Troisième, qui venait de mourir ; Coypel, suivant le goût du jour, fit une composition allégorique, dont il fut payé le 20 juillet 1734 (Exercice 1733) :
Au sieur Coypel, 400 livres pour un tableau représentant Y Ange gardien qui enlève Madame Troisième dans le ciel, qu'il a fait pour le petit appartement de la Reyne à Versailles pendant Tannée dernière.
Du Rameau, dans son Inventaire de 1784(1), donne les dimensions de ce tableau, 2 pieds 3 pouces de haut sur 2 pieds 2 pouces de large; mais nous n'avons pu déterminer exactement la pièce à laquelle il était destiné ; c'était peut-être celle pour laquelle, l'année suivante, le même artiste exécutait deux dessus de cheminée, dont il était payé le 17 avril 1735 (Exercice" 1734) :
Au sieur Coypel, 600 livres pour deux tableaux de dévotion, qu'il a faits pour une cheminée de l'appartement de la Reyne au château de Versailles pendant Tannée dernière.
Ces tableaux sont très vraisemblablement les deux suivants, ainsi mentionnes dans V Inventaire des tableaux qui se sont faits pour le service du Roi depuis celui du mois d'avril 1 7.? 2 (2) :
V Apothéose de Mgr le duc d'Anjou, accompagné de plusieurs anges ; ayant de hauteur 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds 4 pouces de large.
Sainte-Geneviève et des moutons dans un fond de paysage ; ayant de hauteur 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds 7 pouces de large.
Il est à remarquer que le sujet du premier de ces tableaux est assez sem-
(1) Archives du Louvre.
blablc à celui de VApothèose de Madame Troisième et qu'ils semblent l'un et l'autre se référer à une même décoration.
— En 1736, Coypcl exécutait quatre nouveaux tableaux pour une pièce des petits cabinets de Maric-Leczinska, qui ne se trouve désignée ni dans les inventaires, ni dans les ordonnances de paiement. Voici ces ordonnances de paiement portées à l'exercice 1736, aux dates du 4 juin 1736 et du 8 avril i738 :
Au sieur Coypel, 35o livres pour deux tableaux représentant l'un Sainte-Amélie à la porte de son hermitage s'occupant à la lecture, et l'autre la Conversion de Saint-Augustin, qu'il a faits pour le cabinet de la Reyne à Versailles dans la présente année.
— 700 livres pour son payement de deux tableaux, qu'il a faits pour l'appartement de la Reyne au château de Versailles, representans l'un la Prière de Jésus-Christ au Jardin des Oliviers, et l'autre SainteThays dans sa cellule, pendant l'année 1736.
L'Inventaire des tableaux qui se sont faits pour le service du Roi depuis celui du mois d'avril /7.V3 (ij donne les dimensions de ces tableaux, en les signalant dans le petit appartement de la Reine :
Une Sainte (Thaïs) assise, joignant les mains dans une cellule ; ayant de hauteur 3 pieds 5 pouces sur un pied 10 pouces de large ;
Jésus Christ en prière au Jardin des Olives; ayant de hauteur 3 pieds 5 pouces sur un pied 10 pouces de large;
une Sainte (Azcllc) dans un désert, en méditation ; ayant de hauteur 21 pouces sur 16 pouces de large;
la Conversion de Saint Augustin; ayant 2 pieds de haut sur 1 6 pouces de large.
Ce même inventaire signale encore, dans ce même appartement, ces deux autres tableaux de Coypel :
Sainte Eustocie, accompagné d'une gloire d'anges; ayant 5 pieds de haut sur 2 pieds de large (2);
(2; Ce tableau, en 175a, se trouvait à Paris à la garde de Cochin, et ce
CHARLES COYPEI.
la Vierge et le petit Jésus dans un berceau, une gloire de chérubins ; ayant 20 pouces de haut sur 16 pouces de large.
Ces deux tableaux assurément faisaient partie d'une commande faite à Coype! en 1738, et payée le i5 avril 1739 :
Au sieur Coypel, 1400 livres pour des tableaux qu'il a faits et retouches pour l'appartement de la Reync au château de Versailles pendant l'année dernière et la présente.
Le tableau de Sainte Amélie fut, en 1819, mis par l'État à la disposition de la communauté des Soeurs de Montreuil (1).
— En 1747, Coypel exécutait encore deux tableaux destinés à orner la porte du « Cabinet de la Reine communiquant aux bains «(2); voici son mémoire (3) :
1747. Mémoire de deux tableaux pour le petit appartement de la Reine, peints par Charles Coypel sous les ordres de M. deTournehem.
Le premier représente Y Annonciation ; de 6 pieds 5 pouces de haut sur 2 pieds et demi de large.
Le second représente Sainte-F.ustochie lisant au pied d'un arbre à l'entrée du clos de son monastère ; de 6 pieds 7 pouces de haut sur 2 pieds et demi de large.
Lesdits ouvrages estimés la somme de 1200 livres.
Le paiement est en date du 19 janvier 1748 (Exercice 1747) :
Au sieur Coypel, 1200 livres pour son payement de deux tableaux, qu'il a faits pour le petit appartement de la Reyne au château de Versailles pendant l'année dernière.
dernier dans son inventaire (A. N. O' 1965) le mentionne ainsi : « Sainte Eustochie en prières dans son oratoire avec une gloire d'anges. 1»
(1) Nouvelles archives de l'art français, 1878 : L. Courajod. Objets d'art concédés en jouissance sous la Restauration.
{2) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 12?.
TABLEAUX COMMANDÉS POl'R LE ROI
3° Oratoire de la Dauphine.
Coypel, en 1745, exécuta pour l'oratoire de la première Dauphine à Versailles, deux tableaux, dont il ne nous a pas été donne de reconnaître les sujets, et qui furent payés le 12 juin 1 746 (Exercice 1745) :
Au sieur Coypel, 1000 livres pour son payement de deux tableaux qu'il a faits pour l'oratoire de Madame la Dauphine au château de Versailles pendant Tannée dernière.
— Lors de sou second mariage avec Marie Josèphe de Saxe, en 1747, de nouveaux aménagements furent faits aux appartements du Dauphin et une décoration spéciale fut commandée pour l'oratoire de la Dauphine (1).
Voici le mémoire de deux tableaux que fit Coypel (2) :
1747. Mémoire de deux tableaux pour l'oratoire de Madame la Dauphine, peints par Charles Coypel sous les ordres de M. de Tournchcm.
Le premier représente Sainte Landrade instruisant les veuves et les jeunes personnes qui s'étoient mises sous sa conduite ;
Le second représente Sainte Piame retirée avec sa mère dans un village d'Égypte.
Chacun de ces tableaux a 3 pieds 8 pouces de haut sur 2 pieds 5 pouces de large.
Lesdits ouvrages estimés 1 200 livres.
Le paiement est en date du 19 janvier 1748 (Kxcrcicc 1747) :
(1) Le i3 juin de cette année, le directeur des Bâtiments, Lenormant de Tournchcm, écrivait d'Étiolés à Coypel {Archives nationales. O' 1907) :
« M. le Dauphin demande trois tableaux pour l'oratoire de Madame la Dauphine. Un de V Adoration des Rois et deux autres de deux saintes du désert pour mettre à côté. Il désire que les deux saintes soient faites par vous et l'Adoration des rois par M. Vanlo. Je vous prie de dire à M. Vanlo de me faire une esquisse de celuy de l'Adoration des Rois, et si vous avez le temps, travaillez, je vous prie, à ceux des saintes du désert, et, quand elles seront faites, nous les porterons à M. le Dauphin pour les luy faire voir.
« Ce sont des tableaux de 3 pieds ou environ, la mesure ne me paroit pas nécessaire pour les esquisses. »
(2) A. N. O' to34A.
CHARI.KS COYPEL
Au sieur Coypel, 1200 livres pour son paiement de deux tableaux, qu'il a faits pour l'oratoire de Madame la Dauphine au château de Versailles, pendant l'année dernière.
Le tableau de Sainte Landrade fut, en 1819, mis par l'État à la disposition de la communauté des sœurs de la Charité de Versailles (t).
— Enfin, on a vu précédemment (2) qu'en 174g, Coypcl exécutait encore pour ce même oratoire de la Dauphine un tableau représentant La Mort de Saint François- Xavier, estimé 600 livres, et dont le mémoire a été déjà transcrit.
40 Appartements de Mmt de Pompadour.
L'installation de M** de Pompadour à Versailles, dans les appartements de la comtesse de Toulouse, donna lieu à des travaux considérables (3) ; en 1751, Coypel fournissait à la favorite deux tableaux peints sur glace, et ainsi décrits dans ce mémoire (4) :
Mémoire de deux tableaux, peints sur glace, pour l'appartement qu'occupe à Versailles Madame la marquise de Pompadour. Ces tableaux ont été faits sous les ordres de feu M. de Tournchem par Charles Coypel pendant l'année 1 75 1 .
Ces tableaux représentent un Ecolier et une Jeune enfant qui tient un poupard. L'écolier regardant la petite personne cesse d'étudier sa leçon et la petite fille oublie son poupard en voyant l'écolier.
Lcsdits tableaux estimés 1,000 livres.
Cette double composition fut payée le 24 décembre 1747 en même temps que le tableau suivant.
5° Chapelle de Trianon.
Cette même année 1730, d'importantes réparations furent faites à Tria-
(i) Nouvelles archives de l'art français, 1878. (2} Cf., p. 124, supra.
(3) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 207.
non (i), et Coypcl exécuta pour la chapelle un tableau dont voici le mémoire (2) :
Mémoire d'un tableau pour la chapelle du Roi à Trianon, peint par Charles Coypcl, sous les ordres de M. de Tournchem, pendant l'année 1751.
Ce tableau représente Saint Louis arme et prêt à partir pour la première croisade ; ce monarque est à genoux devant une table sur laquelle est posé le vase, où la couronne d'épines est encore aujourd'hui renfermée ; des anges et des chérubins environnent cette vénérable relique d'où partent des rayons qui éclairent tous les objets dont ce tableau est composé.
Ce tableau a 7 pieds 7 pouces de haut sur 4 pouces de large.
Ledit tableau estimé 2, 5oo livres.
l.c paiement de ce tableau, ainsi que celui des deux précédents et du dernier modèle de Don Quichotte, fut eflectué, après la mort du peintre, à Coypcl de Saint-Philippe, son frère, le 24 décembre 17^7 (Exercice 1752):
Au sieur Coypel de Saint-Philippe, héritier de feu Coypcl son frère, premier peintre du Roy, 4,000 livres pour faire, avec 2,000 à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1750 le 17 septembre 1753, le parfait payement de 6,000 livres à quoi ont été estimés et arrêtés trois tableaux représentant le premier Saint Louis, le second deux en/ans, le troisième un sujet de Don Quichotte, que ledit feu sieur Coypel a faits pour le service du Roy en 1751.
A Compiègne.
l>c 6 mai 1732, le Directeur des Bâtiments, de Vandiércs, futur marquis de Marigny, écrivait de Marly a Coypcl (3) :
•• La Reine veut, Monsieur, un tableau représentant une Magdcleine debout dans un désert, pour l'autel d'un oratoire que S. M. a fait faire pour Elle aux Carmélites de Compiègne... « Voyez si vos affaires vous permettent de faire ce tableau. Il faut qu'il soit en place à Compiègne avant que la Cour y arrive, le voyage prochain ; si vous ne pouvez le faire, ayez agréable
1) De Nolhac, op. cit., p. 209.
CHARLKS COYPEL
de choisir à Paris ecluy que vous eslimerez le plus capable de l'entreprendre, en lui recommandant qu'il faut qu'il soit fait et mis en place au plus tard la veille de l'arrivée de la Reine à Compiègnc. »
Coypel ne laissa pas à un autre le soin de faire ce tableau, et pour donner à la Reine plus complète satisfaction, il donna à la Madeleine demandée les traits de Madame Henriette, morte au début de l'année.
Dans un mémoire des tableaux faits par Coypel en 1752 (i), on trouve, en effet, cette mention :
Madame Henriette de France, vêtue en religieuse dans un désert.
Estimé 600 livres.
C'est là, bien vraisemblablement, le tableau commandé pour l'oratoire de la Reine aux Carmélites de Compiègnc, et il fut payé au frère de Charles Coypel, le sieur Coypel de Saint-Philippe, le 19 novembre 1760, en même temps que les deux autres tableaux dont il sera parlé ci-après.
Ce tableau, en 1753, se trouvait au Louvre, et Cochin dans son Inventaire (2) lui donne comme dimensions un pied 9 pouces de haut sur un pied .S pouces de large, et ajoute en note : « Remis à la Reine par M. Vandiéres, M. Bailly tenant le tableau. »
Il fut, en 1819, mis par l'État à la disposition de la communauté des soeurs de Montrcuil (3).
— Voici le mémoire de Coypel, auquel il vient d'être fait allusion (4) :
Exercice 1752. Mémoire de trois tableaux et quelques avances faites pour le service du Roi pendant l'année 1752.
1 « La France recevant dans ses bras M. le duc de Bourgogne, peint en pastel 600 livres.
2° Le Grand Seigneur, assis sous une tente, prenant du caffé au milieu de ses favorites 2,400 »
3° Madame Henriette de France vêtue en religieuse dans un désert 600 »
Cette dernière commande fut réglée le 19 novembre 1760 (Exercice 1756) :
(3) Nouvelles archives de l'art français, 1H78.
Au sieur Coypel de Saint-Philippe, 3,825 livres 4 sols, dont 3,820 en contrats sur les états de Bretagne à 5 0/0 et 5 livres 4 sols comptant, pour son payement de trois tableaux, représentant M. le duc de Bourgogne, le deuxième le Grand Seigneur prenant du caffé et le troisième Madame Henriette de France vêtue en religieuse dans un désert, que feu le sieur Coypel a faits pour le service du Roy pendant Tannée i;52.
Nicolas COYPEL
A Versailles.
A l'actif de cet artiste, fils de Noël et oncle de Charles Coypel, on ne relève qu'une commande, faite en 1724, lors des travaux de décoration de l'hôtel du Grand Maître (1); le paiement est en date du ô juin 1726
A Nicolas Coypel, peintre, 400 livres pour son payement d'un tableau représentant Arion porté sur un dauphin dans la mer, jouant de la lyre pour attirer les divinités autour de lui, qu'il a fait pour les apartemens de l'hôtel du Grand Maître à Versailles pendant l'année 1724.
Les dimensions étaient de 3 pieds et demi de haut sur 4 de large; l'artiste en demandait 800 livres.
Actuellement à l'Hôtel de Ville de Versailles : H. 1 m. 19 — L. 1 m.
(1) Cf. page 76, supra.
(2) Mentionnons, encore, qu'en 1727, Nicolas Coypel prit part au concours organisé par le duc d'Antin; voici, d'après le Mercure de France, la description de son tableau : « L'Enlèvement d'Europe. Métam., L. 3 ; de M. Noël Coypel. — Jupiter, devenu amoureux d'Europe, se transforme en taureau pour l'enlever. La scène du tableau est une mer agitée. La fille d'Agénor, Roi de Phénicie, est assise sur le taureau qui nage au milieu des ondes. Neptune et Amphitritc sont à droite, qui admirent ce prodige, et sur le devant on voit un Triton qui contrefait avec sa conque le mugissement du taureau, etc. »