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l*s deux derniers tableaux de cette tenture furent exposés au Salon de 1741 ; ce sont : L'Éléphant ou le Cheval isabelle et Les Pécheurs indiens (a" 4 et 1 du classement actuel) :
Deux grands tableaux qui achèvent la Tenture des Indes, composée de huit tableaux faits par M. Desportes pour le service du Roy, pour être exécutez en .tapisserie à la manufacture royale des Gobelins.
Le premier en largeur de 17 pieds sur onze et demi de haut, représente un Cheval maron ou sauvage qui paroit s'inquiéter de l'action d'un grand léopard qui le regarde avec une fierté mêlée de fureur ; un éléphant et un pecon se trouvent derrière, avec un grand arbre chargé de poires d'acajou et de ses feuilles. On y voit un serpent monstrueux, comme il s'en trouve fréquemment dans les Indes. Autour du tronc d'arbre, et auprès des pieds du cheval, paroit l'animal appelé gobe-mouche, dont la langue étendue est chargée de mouches et de fourmis ; et au bas un aigle et un grand nombre de toutes sortes de fruits, d'oiseaux et animaux de ces contrées.
Le second, faisant le huitième et dernier tableau est en largeur de 1 2 pieds sur 1 1 de haut, représentant des Pécheurs indiens, une Négresse qui tient un panier de fruits et un autre Indien qui tire à l'arc sur des oiseaux. Il y a differens oiseaux perchez sur l'arbre appelé bananier, chargé de ses grandes feuilles et de son fruit ; quelqu'autres oiseaux et des poissons des mômes climats et quantité de fruits.
Le parfait paiement est en date du 3i janvier 1742 (exercice 1741) :
Au sieur Desportes, peintre, 2,000 livres pour faire, avec 2,000 livres à luy ordonnés à compte le 18 octobre dernier, le parfait payement de deux grands tableaux qu'il a faits pour être exécutez en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant les années 1740 et 1741.
Le tableau des Pécheurs indiens se trouve actuellement au musée de Marseille, où il fut envoyé par l'État en 1873 : H. 3 m. 60. — L. 3 m. 33.
A Marly.
Sur l'exercice «709, à la date du ta février 1710, on trouve mention du paiement à Desportes d'un tableau destiné à Marly :
Au sieur Desportes, 400 livres pour un tableau représentant un fonds de païsage avec chasse de bestès Jauvcs, qu'il a posé à Marly sur une machine du père Sébastien (1).
Peut-être pourrait-on reconnaître ce tableau dans la Prise du loup, qui se trouvait à Meudon en 1733, et dont nous avons donné la description dans V Inventaire général des tableaux du roy, par Bailly (page 5 18 f). Ce tableau est actuellement au Louvre ; il porte la date de 1709 et non de 1702, comme il a été imprimé par erreur.
A Paris.
i° Hôtel de Longueville.
En 1709, Desportes exécutait pour l'hôtel de Longueville, rue Saint- Thomas du Louvre (2), trois tableaux qu'il livra dans les premiers mois de 1710 et dont il fut payé le 25 novembre de la dite aunéc (Exercice 1710) :
Au sieur Desportes, peintre, 840 livres pour trois tableaux de divers animaux, posés au vieil hôtel de Longueville à Paris pendant février et mars derniers.
On peut vraisemblablement reconnaître ces trois tableaux dans les n" 17, 18 et 19 de l'Inventaire Bailly (p. 5 1 5), signalés à Paris au cabinet des tableaux (3).
(1) Peut-être s'agit-il ici du père Sébastien Truchct, célèbre mathématicien et mécanicien de l'époque (cf. Bricc, Description de la ville de Paris,
1725, t. II. p. 4&')-
(2) Bricc, Description de Paris, t. I, p. 170; — d'Argcnvillc. Voyage pittoresque de Paris, 1737, p. io3.
(3) Cet inventaire Bailly, commencé en 1709, fut continué et achevé en 1710, et ces trois tableaux ne sont mentionnes que dans l'édition de 1710. On peut supposer qu'ils avaient été commandes eu vue du séjour de quelque grand seigneur, à l'hôtel de Longueville, et que, par suite du départ du destinataire, ils furent remises au cabinet des tableaux. — En 1872, 61 ta-
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2« Hôtel du duc d'Antin (?)
Le 25 mai 1713, le paiement suivant fut fait à Desportes :
Au sieur Desportes, peintre, 1,000 livres pour son payement de deux tableaux représentant des légumes et des fruits, qu'il a faits pour le service du Roy pendant février dernier.
Peut-être faut-il voir là deux des tableaux, signales en 1715 à Paris, chez le duc d'Antin, et que nous avons déjà mentionés dans l'Inventaire Bailly (p. 319, k. /.) : l'un d'eux se trouve actuellement au musée de Lyon.
3° Aux Tuileries.
En 1730, les Bâtiments commandèrent a Dcsportcs deux dessus déportes pour l'appartement du duc d'Antin aux Tuileries ; l'artiste en demandait 1,100 livres, il n'en eut que 1,000, qui lui furent comptées le i3 avril 1720:
Au sieur Desportes, peintre, 1,000 livres pour son payement de deux tableaux représentant des animaux, qu'il a faits pour les appartements du palais des Tuilleries pendant la fin de l'année dernière et la présente.
Ces deux tableaux sont ainsi mentionnés dans un État des tableaux faits pour le Roy depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à ij32 (1).
Un chien, dont il ne paroit que la teste et les pattes de devant, regardant trois faisans cachés dans des plantes ; ayant 2 pieds et demi de haut sur 2 pieds 8 pouces de large.
— Un chien qui tient un canard par le col, embarrassé par des plantes; de mômes mesures et formes que le précédent.
Appartement de Mgr le duc Dantin aux Thuilleries.
blcaux attribués à Desportes et représentant des animaux et oiseaux divers furent envoyés aux musées de Calais, Rouen, Laval, Aubusson, Montpellier, Lille, Chambéry, Sedan, Angers, Agcn, Nice, Rennes, Roubaix, Maçon, Nîmes, Bordeaux, Limons, Pau, Cette, Carpcntras, Nancy, Perpignan, Tours et Charlevillc.
(1) A. N. O' 19/0 : le titre est, ou le voit, assez peu justifié.
A l'exercice 1713, chapitre « Paris et dépendances », on relève encore le paiement suivant en date du a3 juillet 1713 :
Au sieur Desportes, peintre, 2,35o livres pour son payement de trois tableaux représentant divers animaux, qu'il a faits pour le service du Roy pendant la présente année.
Ces trois tableaux sont peut-être les chiens en arrêt, signalés en 1733, à Marly, et dont il a été fait mention dans l'Inventaire Bailly (page 517, a. b. c.) ; l'un d'eux serait alors actuellement au Louvre, il porte la date de
— Enfin, en date du i5 février 1715 (Exercice 1714), on trouve le paiement suivant :
Au sieur Desportes, peintre, 3,5oo livres pour son payement de quatre tableaux, représentant des chasses, qu'il a faits pour le service du Roy pendant 1714(1).
Cette suite est probablement celle signalée à Meudon en 1733 et que nous avons mentionnée dans l'Inventaire Bailly (pp. 5i8 et 519, d. e. g. h) : deux de ces tableaux sont actuellement au Louvre et au musée de Besançon.
Au château de la Muette.
Au début du règne de Louis XV, le régent confia à Desportes la décoration du château de la Muette, qu'habitait alors la duchesse de Bcrry, et lui commanda plusieurs tableaux, « dont les deux plus grands étaient composes de Heurs, fruits, animaux, paysage, architecture (3). » Voici, d'après l'inventaire susdit de 1732 (3), la description détaillée de ces tableaux:
i° Un paon posé sur une balustrade près d'un vase de pierre, au haut duquel on voit une basse de viole proche un chien blanc, marqué de noir; ayant 6 pieds 2 pouces de haut sur 7 pieds de large.
2° Un canard qui boit à une fontaine, d'où il sort une nappe
(1) On relève encore, sur l'exercice 171 1, en date du 12 février 1712, la mention d'un paiement de Co livres à cet artiste « pour avoir agrandi un tableau de M** la Dauphinc à Fontainebleau pendant l'année 171 1 ».
(2) Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture, t. Il, p. 107.