MÉMOIRE
DE TOUT CE QUE FRANÇOIS VaNDER MeULEN A PEINT ET DESSIGNÉ POUR LE SERVICE DE SA MAJESTE DEPUIS LE Ier AVRIL 1 664 (i).
Premièrement :
J’ay peint le vieux chasteau de Versailles du costé de l’Orangerie (2).
Plus, la vëue du chasteau du bois de Vincennes, même grandeur (3).
Plus, du temps du premier Carousel de Versailles, j’ay fait plusieurs esquisses et desseins.
Plus, du temps du Cardinal Légat, j’ay fait plusieurs desseins de Fontainebleau de ce qui s’est passé dans ce temps là.
Plus, j’ay peint le tableau de Fontainebleau veué du costé du grand parterre : le Roy à cheval qui court le serf avec sa suitte, de dix pieds de long et de sept de haut (4).
* Plus, la marche du Roy, accompagnée de ses gardes, passant sur le Pont Neuf et allant au pallais, de même grandeur.
Plus, j’ay peint deux esquisses de chevaux sur deux toilles.
Plus, j’ay peint dans la grande escurie plusieurs chevaux qui servent de modelle sur deux toilles (5).
Plus, j’ay peint en petit l’entreveuë du Roy et du Roy d’Espagne après un dessein de Monsieur Le Brun , qui a servy pour modelle pour celuy qu’on a fait en grand pour la tapisserie.
Plus, j’ay peint l’entreveuë des Suisses, d’après Monsieur Le Brun, pour le même sujet.
( 1 ) L’ astérisque (*) désigne les tableaux déjà cités par Bailly.
(2) Actuellement au musée de Versailles, n° 725 : H. o m. 95 — L. 1 m. 27.
(3) Actuellement au Louvre, n° 2045 : H. o m. 96 — L. 1 m. 26.
(4) Actuellement au Louvre, n" 2044 : H. 1 m. 90 — L. 3 m. 35. — Restauré, en 1783, par Godefroid, dont voici le mémoire : « La grande chasse de Louis XIV au bas de Fontainebleau par Vandermeulen, l’avoir nettoié, levé des repeints dans le ciel et les avoir refait à l’outremer, 48 livres » (A. N. O' ig33).
(5) Peut-être au Louvre, n° 32 1 du catalogue Villot : H. o m. 55 — L. o m. 60 ?
Plus, j’ay peint une bataille derière un portrait du Roy à cheval (1).
Plus, j’ay peint une autre bataille du même sujet, derrière un autre.
Plus, j’ay peint derière le Roy à cheval de Monsieur Le Brun la marche du Roy faisant son entrée dans la ville de Dunkerque (2).
Plus, j’ay fait un grotesque, la veuë de Fontainebeleau, le Roy sur le devant et plusieurs figures, serf et chiens, dans ledit grotesque.
Plus, j’ay peint pour une des Saisons une ovalle le Roy à cheval en carouselle.
Plus, j’ay peint dans une autre Saison le Roy à la chasse, aussi ovalle.
Plus, j’ay peint le dedans de l’esquisse des douze Mois.
Plus, j’ay peint et fait l’esquisse de l’Isle en Flandre, qui a servy pour peindre en grand, pour la tapisserie (3).
Plus, j’ay peint le Roy devant Marsal, là où le gouverneur présente les clefs au Roy, pour le même sujet.
Plus, le Roy dans la tranchée devant Douay, pour le même sujet.
Plus, l’entrée de la Reine devant la porte de Douay, pour le même sujet (4).
Plus, la deffàite du comte de Marsein après la prise de l’Isle en Flandre, pour le même sujet (5).
Plus, j’ay fait une esquisse le Roy dans une bataille, qui a servi pour peindre en mignature.
Plus, j’ay fait un dessin sur vélin, le Roy a cheval à la teste de son armée.
Plus, j’ay peint derrière deux tableaux inventez de Monsieur Le Brun les figures, scavoir : celle du Roy et de madame de Montespan peint par Monsieur Detroyes. J’ay peint dans l’un la Franche-Comté, et dans l’autre la Navigation.
(1) 11 s’agit vraisemblablement de l’un des deux portraits de Louis XIV par Mignard (voir l’article de cet artiste, n°“ 7 et 8, pp. 842 et 343 sup.).
(2) Voir l’article de Le Brun, n° 20, p. 325 sup.
(3) Actuellement au musée de Dijon, auquel il fut envoyé par l’État en 181 1 : H. o m. 49 — L. 1 m. 16. — Restauré, en 1783, par Godefroid, dont voici le mémoire : « Trois petits tableaux de Vandremeule, dont l’un est le siège de Lille, tous trois de même grandeur, pour les avoir nettoies, levé quelques repeints que j’ai repointillés, ainsi que quelques parties des remplissages à l’outremer dans les deux et dans les figures, 24 livres » (A. N. O’ 1 g3 3). — Au Louvre en 1785, où il est indiqué avec les dimensions d’un pied 8 pouces sur 3 pieds 6 pouces de large [Louv. 85],
(4) Actuellement au Louvre, n° 2o33 : H. o m. 63 — L. o m. 78.
(5) Restauré, en 1783, par Godefroid, dont voici le mémoire : « La deffàite du comte de Marsan, pour avoir nettoié, levé quelques repeins que j’ai repointillés et refait quelques remplissages à l’outremer dans les cieux et à quelques figures » (A. N. O1 2 3 4 5 ig33). — Au Louvre en 1785, avec les dimensions de 2 pieds sur 2 pieds 6 pouces de large [Louv. 85].
Plus, j’ay peint sur deux toilles des attitudes de chevaux différentes.
Plus, j’ay peint un cheval le tiers du naturel, un cheval galoppant.
Plus, j’ay peint la ville de Courtray enrichie de figures, que l’on a fait en tapisserie dans un coin de bordure (i).
Plus, le Roy avec ses gardes entrant dans la ville de Douay, pour le même sujet.
Plus, pour les douze Mois de l’année qui sont les maisons royalles (2) :
Scavoir : dans celle de Versailles, le Roy dans un carosse accompagné de ses gardes,
Dans celle du bois de Vincennes, le Roy à la chasse,
Dans celle de Marimont, le Roy à la chasse (près de Mons),
Dans celle de Saint-Germain en Laye, le Roy et la Reyne à cheval et les dames à cheval.
Dans celle de Chambor, la marche royalle,
Dans celle de Blois, le Roy dans sa calèche accompagné de ses gardes,
Dans celle des Thuilcries, le Roy dans sa calèche avec des dames,
Plus, Madrid, j’ay peint la pièce entièrement, le Roy à la chasse,
Plus, Moncou (lire Monceaux), je lay peint aussi tout entièrement, aussi le Roy à la chasse,
Plus, le balet du Roy, je l’ay peint aussi entièrement là où l’on voit toutes sortes de masquarades.
Plus, j’ay peint aussi entièrement la fassade du Louvre où est représentée la Psichée.
Plus, j’ay peint un entredeux de fenestre pour la tapisserie.
Plus, j’ay fait l’esquisse du passage du Rhin en trois morceaux : le premier est la marche de la cavallerie, le milieu le Roy qui commande, et le troisième là où on fait le pont de batteaux (3).
Les trois tableaux que j’ay commancez de peindre en grand font prez de soixante pieds de longueur, et cet ouvrage est beaucoup avancé.
Plus, j’ay peint quatre tableaux qui sont dans le cabinet du Roy, à Saint Germain en Laye,
* Sçavoir : le Roy allant à Versailles,
(1) Actuellement au musée de Versailles : H. 1 m. 33 — L. o m. 42.
(2) Cette suite est actuellement au musée de Versailles, nos 4680 à 4691 : H. 3 m. 21 — L. 5 m. 17.
(3) Deux de ces pièces sont actuellement au musée de Caen, auquel elles furent envoyées par l’État en 1811 : H. om. 81 - L. 1 m. 56; elles représentent le Roi commandant et le pont de bateaux. Deux tableaux sur ces mêmes sujets existent encore, l’un au Louvre, n° 2039 (H. o m. 5o — L. 1 m. 11); l’autre au musée de Dijon (H. o m. 68 — L. 1 m. 08) : tous deux représentent le Roi commandant pendant que la cavalerie traverse le fleuve.
* Le second, le Roy et la Reyne à cheval dans le bois de Vincennes,
* Le troisième, Saint Germain, le Roy gardant la chasse,
* Le quatrième, le Roy accompagné des dames au camp de Fontainebeleau.
Plus, j’ay peint dans le grand escallier de Versailles quatre tableaux : Sçavoir : la sortie du Gouverneur et la garnison de Cambray devant le Roy,
Plus, la ville de Valanciennes,
Plus, la ville de Saint-Omer (i),
Plus, la bataille de Mont Cassel.