II INTRODUCTION
i85o, Villot déclarait qu' « il méritait à tous égards les honneurs de Timpression » : il les aura attendu pendant près de deux siècles.
Mais la publication simple et toute nue d'un tel document, si intéressante fût-elle, n'eût peut-être pas répondu au but que Ton pouvait attendre. Il convenait d'entourer cet inventaire des notes et des commentaires susceptibles de lui donner toute sa valeur : il fallait donc prendre isolément chacun des tableaux signalés par Bailly, rechercher comment il était entré dans la Collection de la Couronne, mentionner d'après les inventaires antérieurs et postérieurs les emplacements divers qu'il occupa, indiquer ses états successifs et les restaurations dont il fut l'objet, reconnaître enfin sa place actuelle et à quel auteur il est attribué; en un mot, donner, autant que possible, l'histoire de chaque tableau.
Une telle entreprise devait avoir une réelle utilité, puisqu'elle ne tendait à rien moins qu'à fixer l'histoire générale de la majeure partie des tableaux de nos musées français, et qu'elle permettait d'établir, d'une façon précise et définitive, les catalogues de nos diverses collections artistiques.
La publication de l'inventaire Bailly aura, en outre, une exceptionnelle importance pour l'histoire de notre école française de peinture.
Le dédain immérité et systématique qui, pendant longtemps, frappa nos artistes nationaux, eut pour conséquence l'oubli de leurs noms et la dispersion de leurs œuvres. Bailly nous apporte une liste considérable de tableaux exécutés par ces peintres, et nous fournit ainsi d'inestimables renseignements sur leurs travaux : si, en effet, les attributions qu'il propose sont très contestables pour les œuvres des anciens maîtres étrangers, son témoignage, au contraire, en ce qui concerne les artistes français, est des plus sûrs et des plus valables, puisque son inventaire fut